‹ Voyage autour du mondeChapitre 68 sur 115 · CHAPITRE ONZIÈME. 3t · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME. 3t

sangl... A la marée haule le cotre flotta. Nous bissâmes la voile et nous pûmes sortir de ce récif funeste, mais le vent élait debout pour le retour. Nous essayâmes de louvoyer, et recounâmes bientôt que notre «oilure élail beaucoup trop faible pour nous permettre de gagner au vent. Nous luttâmes cependant jusqu'à ce que le courant, suivant la mirée, nous devint encore contraire. Au reste, k ce moment, la nuit s'avançait, et nous dûmes forcément mouiller le cotre au large, à l'abri d'un pâté de corail. Mon petit équipage s'embarqua ensuite dans la chaloupe et nous voici. Quant aux malbeureux matelots du Secret, les seules traces que nous ayons pu en retrouver, c'est du sang sur le pont, dans les chambres, dans la cale, du sang partout! i

D'après les renseignements que nous avait donnés Mango, le village de Pouangué avait un rivage bordé partout par des récifs ou des marais couverts eux-mêmes d'une forêt inextricable de palétuviers. Le débarquement était donc très-difficile; ^ poar se rendre dans ce village par terre, on avait aussi à traverser plusieurs marécages ou rivières. Certes, si M. Banaré, ses officiers et l'équipage n'eussent écouté que la colère que surexcita dans les esprits le récit des hommes de la chaloupe, on eût fait, malgré la nuit et les difficultés de l'atterrissage , une descente chez ces sauvages , afin de tirer une vengeance éclatante de leur perfidie et de leur

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tu LA NODVELLE-CALÈDONIE.

cruauté; mais la raisoo commandait d'attendre. En effet, il fallait d'abord esécuter les ordres reçns, c'est-à-dire reconnaître exactement les récifs et une passe commaniquant avec le large. Il fallait aussi ne pas brusquer la situation déjà si teodae avec les naturels de Gatope, dont nous aurions certainement besoin. Enfin notre équipage était peu nombreux, mal armé et peu exercé au maniement des armes. Une défaite aurait eu les conséquences les plus malheureuses. Quant à une victoire, elle n'aurait peutêtre pas été assez complète.

Le lendemain, le commandant et Peterson descendirent à terre. Mango , à la vue de son ami Peterson , consentit à s'approcher et même à revenir à bord; là, le commandant lui promit que son clan et lai n'avaient rien àcraindre des Français; que la vengeance s'exercerait seulement sur ceux qui étaient coupables, et que lui, Mango, devait être franc avec ses amis. C'est alors que le vieux chef raconta ainsi les détails du drame sanglant qui s'était passé à bord du cotre le Secret :

« Lorsque ce bateau échoua sur les récifs , les gens de Pouangué , encouragés par le succès qu'ils avaient eu quelques jours auparavant, dans l'attaque de la Reine des Iles, se préparèrent à s'emparer de cette nouvelle proie. Derrière le village de Pouangué se dresse une montagne assez élevée dont le flanc k pente douce est sillonné par de nombreux et fer-

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