‹ Voyage autour du mondeChapitre 70 sur 115 · Chapitre douzième. sbs · texte numérisé non relu

Chapitre douzième. sbs

pratiquée dans le flanc de l'arbre une Tumée légère. J'arrêtai sur-le-champ mes compagnons pour la leur montrer. Évidemment elle venait de l'intérienr de l'arbre. En quelques secondes le pied du banian, entouré de verdure et de broussailles , fut fouillé , et nous découvrîmes bientôt une ouverture par la-' quelle un homme pouvait facilement ae glisser. Au moment même où ce passage fut mis à jour, je vis distinctement quelqu'un se mouvoir dans le vide de l'arbre, mais ce ne fut qu'une apparition d'un instant. Cependant, certain alors que le tronc énorme de cet arbre renfermait des êtres vivants, je dis k Ti de prendre la parole et de leur dire qu'ils eussent à se rendre et qu'aucun mal ne leur serait fait. Malgré toutes ses promesses , rien ne répondit aux paroles de Ti , qui , impatienté , plongea et regarda dans l'intérieur de l'arbre, a Je ne vois rien , me dit-il, il n'jf a personne ici. n Mais j'étais sur d'avoir vu quelqu'un , et , avançant la Eéle à mon tour dans l'intérieur, je sondai de l'œil les plus petits recoins

environ; qaelqae»-unea, pariul da troDO de l'arbre à une htuteur de quatre k cinq mèlres, loni l'enioDcer dans la terre k cinq ou six mètres de dûtaace du pied de l' énorme tronc, de sorte qu'une troupe nombreuse pourrait circuler tout à l'entoar eo passant BODsses racines, — L'écorcede cet arbre sert aux indi- ;fènes i fabriquer use étofTe à laquelle se rattachent certaines idées superstitieuse B. Le lait blanc qui s'écoule quand on pratique des incisions dans l'arbre leur sert de purgatif. Enfin, i l'ibti de ses vastes ramesai, leara prêtres accomplissent souvent des céréniDoies religieuses.

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SG6 LA NOnvELLE-CALËDONIE.

de cet antre : il était vide. C'était le rédnit misérable d'une famille kanaque. Il avait environ quatre mètres de diamètre ; aa milieu était un foyer fumant encore, entouré de nattes sur lesquelles plusieurs personnes avaient dû passer la nuit. Quelques ustensiles de ménage étaient suspendus aux parois de l'arbre, mais il n'y avait pas le moindre habitant. Cette disparition de l'être que j'avais vu me paraissait étrange. J'en voulus avoir le cœur net, malgré les instauces de Ti, qui m'engageait h quitter ce lieu , oii , disait-it , je ne trouverais rien , pour poursuivre les habitants du village. Je pénétrai dans la case suivi du sergent Rigaut. Là nous nous aperçûmes que les grosses racines du hanian étaient vides aussi et se prolongeaient au loin comme de larges boyaux au-dessous de la surface du sol. Le diamètre d'un de ces conduits était assez grand pour donner passage à un homme et l'abriter. Le sergent plongea sa carabine, armée de la biûonnette, dans ces différents canaux, mais il ne sentit rien, et aucun cii de crainte ou de douleur ne se fit entendre. Avant de m'éloigner j'eus l'idée d'éclairer le vide de ces racines au moyen de torches : ce procédé eut un plein succès, car à peine la lumière eut-elle pénétré dans l'intérieur de ces racines, qu'elle nous permit d'apercevoir, blotti dans le fond d'une d'elles, un jeune Kanak qui, aussilAt qu'il se vit découvert, se mit à pousser des cris lamentables. Le sergent,

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