CHAPITRE TREIZIÈUE
enirironnaDtes une grande influence, à cause de son audace et surtout de la résistance qu'il opposait k notre envahissement, manifestant sa haine à notre égard par des guerres cruelles contre les tribus qui se soumettaient à nous. Jusqu'à ces derniers temps, on avait toujours trouvé Kabooa dans les rangs ennemis, et on le considérait, avec raison, comme le principal instigateur de tous les conflits qui s'élevèrent dans ces parages, soit entre les indigènes eux-mêmes, soit entre ceux-ci et les Européens.
Cependant, à l'époque de l'expédition, il avait fait sa soumission; gracié par le gouverneur de la colonie , il était notre ami. Mais si ce chef astucieux se ralliait ainsi à nous, lorsqu'il avait reconnu l'impossibilité d'une plus longue lutte, il est cependant hors de doute que cette amitié subite n'était pas entrée bien avant dans son âme , et pour s'en assurer il suffisait d'examiner un instant cet homme, de sonder ses yeux observateurs , auxquels aucun détail n'échappait et qui suivaient chacun de nos gestes et de nos mouvements, de surprendre enfin le sourire du dédain ou de la haine empreint sur sa sinistre physionomie, lorsqu'un jeune soldat passait insoucieux près de lui. I[ aurait fallu surtout comprendre les remarques moqueuses qu'il faisait h notre égard aux guerriers qui l'entouraient, et qui provoquaient parmi eux des éclats de rire méprisants.
Kahoua était venu nous rejoindre à la tète de ses
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gnerrîers ; il était vêtu d'un léger costume européen : une blouse et nn feutre mou. Il portait d'une main un parapluie et de l'autre un long fusil en assez bon étal. Sa figure, dont l'expression la plus ordinaire exprimait le plus parfait dédain, n'oBrait rien de remarquable, quoiqu'elle différAt cependant de celles de ses compatriotes dans ce sens que les traits en étaient plus réguliers. Sa peau était jaune et non de la couleur du bronze; tous ceux qui l'entouraient lui témoignaient la plus grande déférence que j'aie jamais vu accorder h un chef kanak.
Après l'escarmouche que nous avons racontée, nous reprîmes là route de Gatope avec notre jeune prisonnier nt le blessé , que ses amis kanaks transportaient sur un lit fait de lianes tressées entre deux pièces de bois parallèles.
Le chirurgien de l'expédition avait commencé par panser sa plaie, mais à peine avait-il tourné le dos que les docteurs indigènes arrachèrent les appareils de notre homme de l'art pour les remplacer par d'autres composés de plantes vulnéraires en usage parmi eux et retenus sur la plaie au moyen d'écorces et de lianes. Je ne peindrai pas la fureur de notre digne docteurlorsqu'à sa deuxième visite il s'aperçut de cette substitution; cependant, à la prière des Kanaks, il laissa les choses dans leur état actuel, leur promettant bien, toutefois, que le drôle n'en échapperait pas. Mais celte prophétie ne se réalisa
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