CHAPITRE TSEIZIÈUE
heureusement pas; bien au contraire, quinze jours après je rencontrai notre blessé se promenant sur ses deux janib<?s; un bâton qui lui serrait d'appui et une légère claudication étaient 1rs seuls indices de son ancienne blessure. L'adresse chirurgicale des Néo-Calédoniens est généralement bien reconnue. Je me souviens à cet égard d'un travailleur indigène qui se cassala jambe à Koé, chez M. Joubert; celui-ci envoya à Nouméa chercher un chirurgien'. Dans l'intervalle lés amis du blessé établirent un pansement avec des éclisses, des bandelettes d'écorce, et lorsque le docteur arriva, il avoua après examen qu'il n'y avait rien de mieux à taire.
Quant à mon jeune prisonnier, il arriva sain et sauf à Galope , où , conjointement avec deux officiers témoins des événements, je dressai un certificat qui au besoin pût lui servir de pièce d'état civil ou d'acte de notoriété publique.
Nous fixâmes approximativement son Age entre huit et dix ans. J'avais l'inleolion d'emmener cet enfant en France ; il paraissait très-doux ; je voulais l'instruire, et, si c'était possible, lui créer une position convenable; mais il n'est pas permis d'emmener un indigène sans l'autorisation de M. le gouverneur, et cette autorisation me fut refusée.
Il est vrai de dire que la seule tentative faite jusqu'ici pour emmener en France ces indigènes a été malheureuse. Eu effet, de jeunes Calédoniens, au
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see LA NOUVELLE-CALÉDONIE,
nombre de trois , je crois , furent conduits en France et y restèrent une année environ. Au bout de ce temps on les embarqua sur une frégate qui devait les ramener dans leur patrie. Mais bien près d'y arriver, aux environs de Sydney, ils moururent tous de la même affection : de la phthisie compliquée de laryngite. Il faut ajouter que ces jeunes gens étaient déjà trop Agés pour oublier leur patrie et pour ne pas souffrir beaucoup d'ea être séparés; ensuite, à bord de la frégate ils furent embarqués comme matelots , et par suite exposés à toutes les intempéries et les misères d'une longue traversée sur un bâtiment de guerre... Os périrent faute de soleil et accablés d'ennui.
Mon jeune prisonnier de Pamalé n'a heureusement pas en un sort aussi triste. 11 fut placé à l'école indigène; bieatôt il parla couramment le français; il était d'une nature douce et intelligente. Chaque fois qu'il m'apercevait, se rappelant toutes les circonstances qui avaient marqué notre première rencontre, il venait heurenx et souriant me donner la main , et restait auprès de moi aussi longtemps qu'il lui était possible.
Tels furent les principaux épisodes de cette expédition , qui fut la dernière entreprise contre les indigènes de cette partie de l'ile.
Parmi les événements dramatiques qui signalèrent encore cette époque de l'histoire néo-calédonienne.
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