CHAPITRE TRBIZIÈME. Kt
je signalerai la triste fin des sis parlementaires de Gondou, qui, on se le rappelle, vinrent au-devant de notre colonne et furent gardés comme otages.
Transportés sur la Bonite, où se trouvait le gouverneur, on les y garda prisouniers. Ils parlaient un dialecte que nos interprèles eux-mêmes ne comprenaient pas; il était donc difficile de rien Urer de ces captifs. Cependant le chef de la colonie voulut un jour les interroger de nouveau ; on les lui amena. Ces malheureux, croyant leur dernière heure venue, aussitôt sur le pont bondirent par-dessus les groupes épais des marins et des soldats, franchirent les bastingages et sautèrent à la mer. J'étais alors sur le Fullon, mouillé à une faible distance de Ik. La rameur qui s'éleva sur le pont de la Bonite attira anssitât notre attention; et nous vîmes les fugitiTs, éperdus, nageant vigoureusemen t vers la terre; mais les soldats s'étaient élancés sur leurs carabines et ouvraient sur eux an feu nourri. Les balles venaient par centaines trouer l'eau et siMer autour de la tète et du corps des hommes de Gondou... C'était un spectacle que je n'oublierai de ma vie, que celui de ces malheureux servant ainsi de cible vivante, pendant que, dans l'espoir de sauver leur misérable existence, ils faisaient des efforts suprêmes pour fendre les eaux et gagner le rivage. Le tir des soldats était trop précipité pour être juste; d'autre part, les fugitifs ne nageaient plus qo'entre deux
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eaux, et l'on ne. pouvait les tirer qu'au moment où leur tête apparaissait pour prendre l'air. C'est alors que les embarcations furent mises h la mer. Celles-ci eurent bientAI atteint les nageurs; mais, au moment où l'on pensait les prendre par la chevelure et les relirer de l'eau, ils plongaient et ne venaient montrer la tète à la surface de l'eau que dans nne direction incertaine. On fut obligé, pour s'en rendre maitre, de les assommer à moitié à coups de gaffe au moment où ils revenaient ainsi reprendre haleine.
Là ne se terminèrent pas les malheurs de ces parlementaires. Amenés k Nouméa, ils y étaient emprisonnés depuis trois mois environ lorsqu'ils parvinrent à s'échapper et à gagner !a campagne. La gendarmerie et surtout les Kanaks alliés de Watton et de Quoindo furent mis à leur poursuite. Ceux-ci atteignirent les fugitifs sur les bords de la rivière Tontouta. En véritables sauvages, au lieu de faire prisonniers les hommes de Gondou, ils les massacrèrent.
Telle est la triste histoire des six malheureux sauvages qui étaient venus demander à ces hommes blancs dont ils avaient à peine entendu parler auparavant, pourquoi ils venaient ainsi ravager leur territoire.
Les événements que je viens de décrire rapidement étant terminés, on laissa à Gatope une gar
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