‹ Voyage autour du mondeChapitre 76 sur 115 · CHAPITRE TREIZIÈUE. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈUE. S

nison de cinquante hommes qui s'occupa aussîlAt de la construction d'un casernement. Le résultat de notre exploration, si pleine d'incidents, fut que l'on s'assura que cette c&le était généralement plus fertile que les autres parlif^s de l'île. Tous les villages de quelque importance que nous visitâmes sur les rivages ou le loog des vallées qui remontent jusqu'au centre même de j'ile sont dans des situations charmantes. J'ai parlé de la belle plaine de Galope, de la longue et fertile vallée de Voh; viennent ensuite les territoires de Gondou, d'Ounoua, qui présentent d'immenses pâturages toujours rafraîchis et fécondés par d'innombrables sources et ruisselels. Enfin des milliers de petits vallons, liches en humus, Bont autant de serres à l'abri des vents trop violents. Le café, la canne à sucre y poussaient vigoureusement. Sur les rivages que bordent ces territoires, des ports sûrs échancrent la cAte, qui est aussi la plus voisine des cités australiennes appelées à consommer ces produits de la culture de notre colonie. . A l'appui de mes appréciations sur les productions agricoles de cette île, je citerai le passage d'une lettre que m'adressait récemment de la Martinique nn de mes amis, M. Bava;, pharmacien de première classe de la marine, dont j'ai cité déjà plusieurs fois les travaux, et de qui l'opinion peut pour ainsi dire faire loi dans cette matière :

■ C'est, je vous le disais, nn splendide pays que

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la Guadeloupe , et cependant, malgré la richesse de sa terre, le luxe de sa végétation, on voit vite que l'homme le travaille depuis plas longtemps que le sol calédonien. Le café pousse presque tout senl ; la canne à sucre vient bien aussi, mais, malgré -. l'engrais qu'on ajoute à la terre et le soin qui préside à cette culture, je n'ai pas encore vu une cuine qui atteignit la moyenne des dimensions de celles , de la vallée de Voh. Joignez à cela le c Rocou ■ , et vous aurez les trois ressources du pays, » (Basse- ' Terre, 16 août 1871.)

L'AncBtPBL Dss LoYAUTï, — Les îles de corail : Libu. — Les grottes Boulerraiaea. — Des i Cordillères > de eiD£[l mèlres de hauteur. — Le ïilUge d'Hiacho. — Calholiquei et protestants. — Un étriDge mariage. — Chants iiidi<|ènes. — D'habiles nageun.

L'existence de ces îles fut signalée par Dumontd'Urville, qui les releva sous voile en 1827 et 1840. La carte qu'il en a donnée, malgré les nombreuses erreurs qu'elle contient, est encore la seule que nous possédions.

En réunissant ensemble les trois principales îles du groupe : Lifou, Mare et Ouvéa, on arrive à une surlace de deux cent quatre- vingt mille hectares, c'est-à-dire un peu plus que la superficie de notre colonie de Bourbon. Si l'on songe maintenant que ces terres nouvelles sont facilement accessibles sur tous les points, tandis que l'intérieur de la Réunion est hérissé de montagnes, on trouvera sans doute que ces iles méritent d'attirer un peu l'attention , et je serai heureux si, par le récit de l'exploration très-courte que j'en ai faite, je parviens à attirei sur elles les regards des colons.

n est certainement sur notre planète peu de terres

qui présentent à l'esprit un champ de réflexions plus vaste que ces il^s LoyaJty! Ici point de cours d'eau, point de montagnes, el aucune des roches que l'on est habitué à renconter ailleurs; mais de vastes plateaux qui s'élèvent à peine de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, pendant que, au-dessous de ce niveau, leurs parois exlérieures descendent verticalement jusqu'à des profondeurs immenses et telles que les ancres de nos navires ne peuvent les atteindre. Ces masses imposantes , aujourd'hui inertes, insensibles, ont été animées, et l'on ne saurait en extraire un seul fragment qui n'ait vécu. Pendant des milliers de siècles des zoophytes infatigables élevèrent sur les débris les uns des antres ces monuments prodigieux auprès desquels nos pyramides soni des jeux d'enfants. Ils périrent en arrivant au jour, mais des îles étaient formées. C'est ainsi qu'en Océanie la nature, poussée par celle ardente soif d'équilibre qu'elle montre partout , a racheté et rachète encore tous les jours le man'que de (erre, soit par les éruptions volcaniques, soit par ce travail des zoophytes. Toutes les îles de rOcéanie n'ont pas eu d'autre origine '.

En général le niveau des îles de corail diffère peu de celui de l'Océan, mais il n'en est pas de même aux Loyalty, où une série d'événements géo-

' Géologie de rOcéanie et de Tahiti, p«r Jule* Guider. — DuDDd , éditeur.

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