‹ Voyage autour du mondeChapitre 77 sur 115 · CHAPITRE QUATORZIÈME. «S · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME. «S

logiques ont parfois exhaussé le sol de soixante mètres au -dessus du niveau des mers. Géologiquement parlant, nous ne sommes pas éloignés de l'époque où ces îles apparurent, car en fouillant leur sol nous 3f trouvons partout des dépAls d'êtres qui vivent encore sur les lécib voisins. L'homme lui-même vivant sur les hautes terres de la Nouvelle-Calédonie assista aux différentes périodes par lesquelles passèrent ces iles avant d'être ce que nous les voyons aujourd'hui. Des pécheurs, émigrés de la Nouvelle-Calédonie, durent s'y installer aussitôt que le so! fut assez ferme pour les supporter. La végétation vint ensuite et se développa avec d'autant plus de rapidité que l'humus provenant du corail est plus riche et plus vite formé.

J'étais avec mon ami M. Bavay, pharmacien de la marine , lorsque je visitai ces terres curieuses ; comptant sur son érudilton, son esprit observateur et son bon naturel , .je me félicitai vivement de faire ce voyagé' en sa compagnie. Ce fut le malin que nous aperçûmes les îles Loyalty : noire navire était alors dans le canal, large de soixante milles environ, qui sépare la Nouvelle-Calédonie de cet archipel; l'île Mare, qui en forme la partie méridionale, se montrait en une ligne sombre, horizontale, immobile, qu'on eut facilement prise pour de la brume ; quant h Lifou, oii nous devions débarquer d'abord , on distinguait mieux ses côtes basses,

27i LA NOUVELLE-CALEDONIE,

plates, brusquement terminées sur leurs contours; nous les suivîmes pendant quelque temps, remontant vers le nord-ouest; enfin nous pénétrions dans la baie du Sandal, golfe immense dont le diamètre est d'environ trente lieues marines, et qui a mérité des Anglais le nom de Widehay.

Depuis que la terre était signalée, les amateurs des beaux spectacles naturels avaient promptement abandonné leurs cabines; appuyés sur les bastingages , se laissant aller aux légers balancements du navire , ils étudiaient du regard les contours réguliers de la côte, dont nous approcbions de plus en plus; bientôt nous fûmes assez avant dans la baie pour qae la brise qui nous arrivait eût passé sur la terre et nous apportât les parfums dont elle était cbargée. Il est assez commun dans les récits des navigateurs de parler de cette brise odoriférante qui frappe le marin au moment où il s'approche d'un de ces verdoyants pays interiropicaux ; ces senteurs sont en effet si fortes que j'ai constaté plusieurs fois qu'elles pouvaient être perçues par les sens des chiens à des distances énormes; ainsi, lorsque je traversai l'océan Pacifique sur la frégate la SibyUe, deux chiens que nous avions à bord ne manquaient jamais de renifler la brise fortemen*, de paraître émus, agités, chaque fois que nous passions au vent d'îles que nous ne pouvions apercevoir et qui étaient parfois à trente lieues de distance; au temps où il y

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