CHAPITRE QUATOBZtÈyE. SI
moulant alors sur les blocs de corail, les recouvrent, les soulèvent et semblent (aire corps avec enx. Enfin , pour ajouter an charme de ces lieux , une bnllante et nombreuse population emplumée anime constamment le àbme épais du Teuillage ; pendant que, par opposition à ta charmante perruche on à la tourterelle jaune et verte , le hideux gecko , ce reptile glacé, indolent, rampe avec lourdeur sur le tronc des grands arbres dont sa robe a la couleur : là tout est vie. Fraîcheur, parfum, et l'admiration, toujours éveillée, ne se lasse jamais.
Observant, analysant ces spectacles nouveaux, nous avions déjà parcouru l'espace d'un kilomètre , lorsque notre guide, faisant balte, nous avertit que nous étions arrivés. Il nons montrait en même temps sur le sol un trou un pea plus grand que la bouche d'un four : c'était l'ouverture d'une galerie inclinée qui s'enfonçait dans la ferre. Nous étions munis de bougies, et nous pénétrâmes dans cet étrange boyan. A cause de ses faibles dimensions nous étions obligés de ramper sur le sol, mais les parois de ce tuhe étaient polies par le passage des eaux et probablement aussi par celui des naturels des environs, qui, de temps immémorial, vont chercher de l'eau à cette grotte, malgré les difficultés que présente cette opération. Nous descendîmes ainsi suivant une pente rapide jusqu'à la profondeur énorme de vingtsept mètres. Le chemin présentait çà et là des roches
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qu'il fallait à grand'peine escalader ou contourner, en ayant bien soin de ne pas heurter la tête contre le plafoud. Enfin nons arrivâmes au bord d'une nappe d'eau que recouvrait une voûte irréguliëre et surbaissée , laissant suinter, le long de ses stalactites, de nombreuses gouttelettes d'eau qnî tombaient avec un bruit monotone sur la glauque surface de ce petit lac souterrain, sombre miroir de nos rares bougies. Nos yeux s'habituèrent peu à peu à cette obscurité, mais ne nous permirent pas de pouvoir apprécier l'étendue de cette nappe d'ean. Plus tard un de nos amis, M. Candelot, officier d'artillerie de marine, eut le courage de plonger dans ce lac, au milieu des aspérités du corail , pour mesarer sa profondeur, qu'il estima à deux mètres environ ; mais le niveau doit certainement varier avec les pluies. Ea tout cas, beaucoup de gens du pays pen'sent que le niveau de ce lac suit les oscillations de la mer et que ses eaux proviennent aussi de l'Océan, mais qu'elles perdent leur salure en filtrant au travers du corail. Si le premier phénomène est possible, quoique improbable , on ne saurait en dire autant au second.
, Nous restâmes assez longtemps dans ce gouffre, oii la température est agréable. Nos yeux étaient arrivés à distinguer les objets les uns des autres, mais pas assez bien pour définir nettement leurs contours; aussi chacun de nous, suivant le gré da
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son imagination , voyait-il dans ces stalactites et ces roches de corail des colonnes, des statues, des animaux bizarres ou monstrueux. Dans tons les cas, ce spectacle nous donna nne bonne idée de la constitution intérieure de ces iles.
Le retour au soleil se fit assez aisément ; mais, à notre grande surprise, en sortant de cet antre et nous regardant les uns les autres, nous nous primes réciproquement pour l'indigène qui nous avait accompagnés dans cette excursion souterraine; nos mains, nos visages, nos vêtements étaient noirs. Nous ne fûmes plus surpris lorsque notre guide nons dit que les naturels, poor descendre dans la grotte, s'éclairent avec des torches de feuilles de cocotier, dont la noire fumée se dépose sur les parois de la galerie et y forme une épaisse couche de suie.
En quittant la grotte nons errâmes un peu au hasard, chacun de nous se livrant à son occupation favorite. Mon ami Bavay fouillait sons l'ècoree des arbres, sous les pierres, sous les amas de tenilles. Quelques geckos- et lézards nonveaux qu'il rencontra ainsi le rendirent satisfait de sa chasse. Quant à moi , mon marteau se trouvait inutile sur ce sol uniforme; je profilai de ce loisir pour m'informer auprès de mes compagnons des détails les plus curieux de l'ile.
J'ai dit que nous suivions le sentier qui mène en
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ligne droite k Que, sur la c6le orientale. Un bcn marcheur le parcourt en deux jours, d'autant plus aisément qu'on n'a point de montagnes à franchir. Cependant il existe sur ce chemin un passage assez mauvais pour avoir mérîlé des Français le nom de cordillères. C'est un repli de terrain d'environ vingt mètres de hauteur, qu'il ne faut pas moins de trois qnarts d'heure pour traverser. Jusqu'ici rien d'effrayant; mais il faut ajouter que cette chaîne est formée d'an corail ponrvu d'aspérités telles que les indigènes ont été obligés de déposer sur le sol des quartiers de c bourre « de coco, sur lesquels ils posent la plante de leurs pieds nus. Pour qui connaît la dureté de celte partie de leur individu, ce détail suffit largement pour donner l'idée la plus effroyable du chemin de Chépênêhé à Oué.
Ouè est un village de la côte est, situé dans la baie Chateaubriand ; tl ne possède encore qu'âne source d'eau saumâtre creusée dam !e sable.
J'ai déjà dit que du mouillage on apercevait un morne sur la droite du poste, c'est Hiacho. Ving(~ cinq minâtes de marche suffisent pour s'y rendre du point de noire débarquement. Le sentier est partout ombragé de hauts cocotiers ou d'arbres énormes d'essences diverses. Çà et là, à travers les éclaircies, on aperçoit la mer, qui relève encore par son charme la beauté dn paysage. Cependant, comme Iq plupart des sentiers de l'ile, celui que nous suivions
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