‹ Voyage autour du mondeChapitre 88 sur 115 · CHAPITRE QniNZIÈUB. SIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE QniNZIÈUB. SIS

Oaénégné. Celait un jeune garçon de onte h àovtp ans , à la physionomie intelligente et oaverle , aux traits réguliers ; ses cheveui étaient lisses et son type, différant beaaconp de celui de ses sujets, accusait nettement que c'était le sang des u Wallis » à peu près sans mélange qui coulait dans ses veines. — - Pen de temps après, Ouénégué fut amené r Nonméft pour étudier à l'école indigène, où il justifia pleinement les espérances qu'inspirait sa physionomie.

Dans l'entreTue que nous eûmes avec le jeune chef de Fayahoué , il était accompagné de ses deux oncles; l'un d'eux, Bem-Boula, que les missionnaires avaient aussi nommé Samson, était le régeni de l'île; le second était ministre de la guerre. Ces deux hommes étaient vraiment remarquables : ils n'avaient pas moins de six pieds de hauteur, leurs proportions étaient fort bien gardées, et une gigantesque chevelure rougie à la chaux ornait leur tête; c'est sa force prodigieuse qui avait valu à Bem-Boulo d'être appelé Samson par les missionnaires. — Quant an ministre de la guerre , — emploi réservé au frère cadet d'un chef, — il avait perdu un œil dant quelque escarmouche; du reste, nous étions, sam nous en douter d'abord, devant un homme bien supérieur à ses semblables ,* car dans sa jeunesse il s'était embarqué sur un navire anglais qui l'avail emmené en Californie ; il resta plusieurs années en

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316 La NOUTBLLE-CALEDONIB.

Amérique , vivant de son ïrvaail ; mais la civilisation ne l'empécbait poiat de songer à sa petite île. Il attendit longtemps une occasion favorable pour y revenir; enfin elle se présenta, et il revînt au village de ses pères aussi pauvre d'argent que par le passé, mais riche d'expérience; c'est avec délices qu'il reprit la vie de sauvage, qu'on ne lui aurait plus fait abandoDner pour tous ces palais et ce luxe qu'il avait cAtoyés dans les somptueuses villes du nouveau monde. C'est dans un anglais assez pur que ce ministre de la guerre d'une peuplade pacifique et sans armes nous raconta cette partie de sa vie, et lorsque nous lai demandâmes s'il voulait venir avec nous visiter l'Europe , « la belle France » , il s'écria : « Non, Messieurs, c'est fini, ce que j'ai vu de vos pays et de vos mœurs me fwt encore apprécier davantage mon ilôt et nos coutumes; chez vous, le soleil capricieux est tantâl froid, tantôt brûlant ; la mer est grise , tourmentée , opaque ; le ciel presque toujours chargé de nuages de pluie, de neige ou de gréle; les arbres, les plantes s'endorment, menrent pendant plusieurs lunes de suite, et l'on ne sait sur quoi reposer sa vue, fatiguée de ce spectacle d'une nature éteinte. L'homme lui-même ne cesse de lutter contre le froid , la faim . la mort, jusqu'à ce qu'un jour ses forces étant épuisées, il a le dessous; tandis que dans nos îles le soleil, la mer, le ciel, la végétation, tont est

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