CHAPITRE SElZliUE. 33B
Celte légende donne nae idée de l'inugioation poétique de ces insulaires ] il y aurait un volume à écrire sur les fables gracieuses que leur a inspirées chacune des beautés de l'admirable nature qui les environne.
La géologie de l'île était notre principal objectif ; j'en dirai quelques mots, d'autant plus volontiers que je les rattacherai & l'origine des Océaniens euxmêmes.
— La nature del'écorce terrestre à Tahiti est uniforme; elle n'est autre que le résultat d'éruptions volcaniques successives, qui déposèrent ainsi audessus du niveau des eaux les roches qui forment actuellement le relief de t'ile.
Ces éruptions durèrent sans doute pendant des siècles et parfois de longues années de calme intervinrent ; la terre avait le temps , comme aujourd'hui, de se couvrir d'une végétation puissante dont on retrouve les débris carbonisés sous des coulées de basalte et de lave. Des empreintes de a coléoptères n dont les espèces vivent encore aujourd'hui, nous donnent aussi une idée de la faune de ces époques.
Mais ces périodes tranquilles faisaient subitement place à des phénomènes dévastateurs; les trachytes, les doIérileSf les basaltetf en un mot toutes les
' Xolft giologiqvet tw Tahiti. — Dimod, éditeur. Pari*.
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3M U ROUTELLE.CALÉDOhlE.
roches figées qni forment aujourd'hui la charpente de ri]e , jaillissaient des prorondears du sol, dont elles inondaient la surface. — Qaelle désolation régnait alors sur ces roches scorifiées encore frémissantes! Plus de végétation, plus d'animaux, plus d'eau. Cependant le refroidissement s'effectuait, le retrait faisait fendre de toutes parts les roches non- Telles, les eani pénétraient dans ces crevasses et y coulaient suivant les pentes générales, c'est-fc-dire vers la mer. A la longue ces lits primitifs se modifièrent, s'élargirent, et formèrent les vallées que nous voyons aujourd'hui ; mais que de siècles furent nécessaires pour effectuer cette transformation '. Les surfaces des roches volcanique» en se décomposant fournirent la terre qni recouvre les flancs des montagnes et le fond des vallées; humus fertile, car il contient déjà les éléments les plus propres à la végétation.
C'est ainsi que la vie put revenir peu à peu avec les plantes, les animaox, les hommes eux-mêmes. An milieu de ce calme, les laborieux zoophytes qui donnent le corail s'établirent en abondance sur les rivages de la c6te ouest, où les alizés perpétuels ne venaient jamais soulever les flots contre leurs travaux el les retarder. Du jour où, par les soins de ces humbles animaux, nne barrière assez puissante fut établie le long de ce rivage , tous les débris et détritus que les eani jr apportaient de l'intérieur des
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GHAPITÇB SEIZIÈME. 337
terres purent s'y déposer dans une eau calme et s'y superposer de façon à donner naissance h cette bande de (erre horizontale et fertile qni s'étend sur toute la cAte occidentale au pied des montagnes érnptives, et qui repose souvent sur les bancs madréporiques eux-mêmes.
Sur la cAte est, la mer, toujours en monvement sous l'influence des brises du sad-est, s'est opposée à la progression aussi rapide des coraux ; d'autre pari, ces mêmes vents, lors des éruptions volcaniques, renvoyaient tontes les cendres an nordouest : c'est ce qui pourrait servir k expliquer l'orientation générale des îles volcaniques de l'Ocëanie dn sud-est au nord-onesl ; aussi c'est à peine si de ce cAté de l'île une plage étroite a pu se former çà et I& entre la mer et le pied des montagnes, que battent partout ailleurs les incessantes lames de l'Océan.
Tahili, en cela semblable aux terres volcaniques de rOcéanie, présente cette particularité, d'offrir malgré sa très-petite surface des pics d'une bautcur considérable ; ainsi , toutes les vallées prolongées idéalement viennent concourir aux environs du pic Orohéna, qui a deux mille deux cent trente-sept mètres de hauteur. — Ce sommet est encore vierge du pas des hommes, car sa partie supérieure se présente sous des angles infranchissables qui varient de 60* h 90°, et cela sur une altitude de mille mètres. — La structure de cette haute cime
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33S LA NOEVELLE-CALÉDONIE.
est colnmnaire ou massive, et il n'est pas probable, malgré les sappesilions faites à cet égard , que l'extrémité si déliée de ce beau pic ait servi d'embouchure an cratère d'un volcan.
Les vallées présentent une particolarité de forma curieuse et qui les rend tontes semblables : à une certaine dislance de leur embouchure elles viennent se hâter au pied d'un cirque vertical pins ou moins élevé, du haut daquel la rivière forme cascade. Si, an pris de mille fatigues, on franchit cet obstacle, ' on arrive sur une surface plane, plus ou moins importante , sur laquelle débouche «ne nouvelle gorge servant de lit k la rivière; mais bientôt un second cirque vient encore s'opposer an passage. Ce n'est donc qu'en gravissant avec peine cette série successive de marches gigantesques qu'il est possible de remonter la vallée. Ordinairement celle-ci se termine an pied d'un de ces murs verticaux de plusieurs centaines de mètres de hauteur et tout à fait i n f ranch îssables .
Mais c'est dans la vallée de Punauia que les choses se passent surtout ainsi ; après avoir franchi an premier cirque, du haut duquel se précipite la rivière de Panaurn, on se trouve sur le large plateau de Totnanu, dont les contours se terminent par des berges h pic, des précipices de quatre cents mètres de hauteur. Ces reliefs inaccoutumés de l'écorce terrestre sont encore dominés par les pici
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