CHAPITRE SEIZIËUE
aigus et noageux de VAorai et de VOrohena, qni Be dressent majestueusement à mille mètres de hauteur. Quel magnifique spectacle I
u II ig in ail tbe world thé mosi instrucliire and wonderful sbout Wcanic rocks ! n s'écriait en présence de cette grandiose scène le savant Dana, habitué cependant aux paysages renommés du nouvean monde.
Depuis combien de siècles les monstrueux cratères qui vomirent ces îles ont-ils cessé leur œuvre? La u dénudation n complète des sommets, aujourd'hui dépouillés partout des couches de cendres, laves et scories friables qui les recouvraient, amis longtemps pour s'efiêctuer; ces vallées profondes de plus de mille mètres, longues de plusieurs lieues, ces cirques verticaux dont Tœil peut à peine embrasser les contours , ont mis un temps énorme pour se former; les cratères mêmes, à Tahiti, ont disparu sous l'action du temps; au moins n'en a-t-on pu encore trouver aucun : et cependant l'homme vivait sur la terre alors que tons ces phénomènes avaient lieu! Il fut sans doute témoin des derniers élans volcaniques, mais, comme dans notre Auvergne, ces tommotions ne laissèrent aucune trace dans ses souvenirs. En effet, la géologie, cette science indispensable à l'étude de l'homme antéhisloHque , Qous'a démontré depuis peu qu'un continent tertiaire ou quaternaire s'était effondré sous les eaux en Océanie , laissant la vaste surface de la mer se mon-
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S« LA NOEVELLK-CALÉDONIR.
trer sente sar une immense surlace. L'équilibre était rompu, les feus souterrains et les travaux des zoopbytes se chargèrent de le rétablir. La nature employait ici deux moyens tout à fait opposés pour arriver k son but; le volcan brutal, qui déchire la croûte terrestre et répand à sa surface des smas de roches Qoavelles, et l'humble zoophyle, qui élève du fond des mers jusqu'à leur surface d'immenses murailles, mais avec tant de calme et de lenteur que ce n'est qu'avec les siècles qu'on s'aperçoit des résultats. Qui le croirait? Dans cette lutte entre la brutalité violente des feux intérieurs et la patiente manœuvre des coraux , ces derniers eurent la victoire; ils couvrirent le Pacifique de trois cents iles dont la surface totale est de quatre millions d'hectares, pendant que les volcans n'ont fourni que (rois millions d'hectares :
Palieoce et loogueur de tempa Font plut que'force ni que rage.
L'homme existait donc alors qne l'Océanie se formait, et je le répète, l'examen de l'écorce terrestre autour de la Polynésie proprement dite fait ressci'lir jusqu'à l'évidence que, pendant l'époque tertiaire et jusqu'au quaternaire, on continent pins ou moins vaste se montrait en Océanie ; en s'affaissant au commencement de la période géologique qne nons traversons, il a dû laisser le relief de celle
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partie du monile à peu près comme nous le voyons aujourd'hui, si toutefois nous en sortons les îles volcaniques; le Pacifique formait donc alors nn désert d'eau plus immense encore que de nos jours. Avant sa disparition, le continent océanien pouvait être habité par l'homme, puisque la science, Giée aujourd'hui par un grand nombre de faits, ne met plus en doute l'homme quaternaire et même tertiaire. En Californie, par exemple, prés de Olumhio, dans les alluvions recouvertes par nn banc de grès surmonté lui-même de coulées de basalte , on a trouvé des objets façonnés par la main des hommes, associés h des ossements d'espèces éteintes. Mais ces habitants anciens ne durent point suivre le sort du sol qui les supportait, et leurs débris se réfugièrent snr les îles on les continents voisins.
L'Australasie — ces terres si isolées des autres — avec sa race humaine la plus dégradée de toutes , nous a peut-être conservé le type de ces peuples primitifs; nous les avons trouvés là tels que les siècles écoulés les avaient vus : ils n'avaient rien fait pour améliorer leur sort , ils ne savaient compter que jusqu'à trois , ne construisaient pas de maisons et encore moins de villages ; ils erraient çà et U par petites troupes, portant avec eux leurs grossiers ustensiles de chasse ou de pèche qui formaient tout leur bagage, et, comme le fauve, ils n'avaient de souci que la recherche de leur nourriture, pour la-
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Ui LA NOUVELLE-CALÉDONIE,
quelle encore tout était bon , car on les voyait , triste spectacle! dévorer les gros pons qui fooriuillenl dans leurs têtes laineuses, les fourmis, les vers, et jusqu'à leurs semblables. Il faat avoir va, au milieu de celte bizarre et grandiose végétation australienne, ces êtres mal bâtis, aux bras longs et grêles, au corps étroit, k l'échiné souple comme celle du singe , au front bas, A la tête cachée sous une loïsoa inculte; à la physionomie grimaçante, bestiale; à la voix aux notes rauques et inimitables ; au langage mal formé, semblable au grognement d'an animal, pour comprendre que certains voyageurs aient pu les regarder comme les parents, les dérivés des chimpanzés qui peuplent, à une faible distance de ces contrées, les forêts de Sumatra. Un fiait qui rapproche encore de la brute ces tristes spécimens de notre espèce , c'est la difficulté qu'ils ont à s'apprivoiser avec le blanc ; k notre contact ils disparaissent avec une si grande rapidité , que déjà de nos jours il n'en reste pins qu'un très-petit nombre; mais un point de ressemblance encore plus frappant, qu'un darwiniste exploiterait avec succès et considérerait comme un des derniers vestiges de notre origine, c'est la singulière habitude qu'ont les Papous et les Polynésiens de se frotter réciproquement le nez lorsqu'ils se rencontrent ; cet acte n'est pas un simple salut comme on le pense généralement : ce sont deux êtres qui te
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