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CHAPITRE XV

POBBBBBIOMB AMOLAIBBB. — MADRAB.

Aux approches de Madras, se déroula devant moi une plage sur laquelle battait la mer, et qui dans un de ses coudes formait la rade de Madras , rade foraine et moins abritée encore que celle de Pondichéry. Comme dans ce dernier poste , on voyait des cbslingues franchir la barre « et d'autres échouées sur la rive. Au loin se dessinaient déjà les hauts balcons ou vérandas de la ville, les algamasses ou terrasses, la tour du môle, le clocher pointu du temple, et le haut mât qui portait à son faite le pavillon britannique.

La ville de Madras commence de fait à Saint-Thomas , ville tour à tour portugaise, hindoue, française, et enGn anglaise. Elle n'est guère habitée pourtant que par des descendants mêlés des Portugais, nommés Topas ^ et que Ton confondrait avec les Malabars, s*ils ne portaient Thabit européen. Us professent une religion catholique aussi altérée que leur sang, et sont fiers de posséder un cv. que qu*on leur enifoie de Goa. Ce haut fonctionnaire ecclésiastique n*est pas toujours un Européen, et Grandpré trouva en 1789 un nègre évèque à Saint-Thomas; cet homme avait introduit dans le culte catholique toutes les bizarreries de ridolâtric indienne. UofGcier français vit à Saint-Thomas , pendant la semaine sainte, jouer dans Véglise la tragédie de la mort de Jésus-Christ et de la descente de croix. Des hommes, vêtus à la turque, allaient, au moyen de longues échelles , dépendre un cadavre bien sculpté, dont toutes les articulations étaient à genouillères , ce qui les faisait mouvoir de manière à ce que l'illusion fût complète. Les noirs l'accompagnaient ensuite au tombeau avec le même bruit , les mêmes instruments dont les Indiens se servent dans leurs pagodes. Peut>être ces cérémonies sont-elles un moyen de prédication plus efDcace que les autres ; car Saint-Thomas compte une foule de parias convertis au christianisme , et les prêtres catholiques n*y épargnent aucun moyen de propagande. Du reste , ils font en cela assaut de zèle avec un collège protestant , qui envoie aussi dans toute Tlnde ses convertisseurs. Une société des missions , dont le siège est à Londres , recueille et constate chaque jour les succès de ses prédicants.

Amvé au centre de Madras, toute pensée de comparaison avec Pondidiérj cessa en moi. Cétait bien là une ville de près de 500,000 Ames , la seconde présidence de l'Inde , riche de ses manufactures et de son mouvement maritime. On m*avait donné à Pondichéry l'adresse d'une maison où je devais trouver une hospitalité bourgeoise, quoique rétribuée. Je m'y fis conduire. Elle était tenue par une dame anglaise, veuve d'un officier mort au service civil de la Compagnie des Indes. J'y trouvai une société dont le ton était excellent, quoique froid. J'y fus l'objet d'égards et de ces prévenances de détail que les Anglais entendent mieux que nous. Le soir même, à table, je fis la connaissance d'un jeune créole de Calcutta, fils de mifiionnaire, arrivé depuis un mois d'Europe, et devant, sous peu de jours, repartir pour le Bengale. Affable, plein de savoir et d'esprit, M. Wilmot me convint , et je lui convins également. Le lendemain, au jour, il frappait à la porte de ma chambre , trop heureux , disait-il , d'être mon guide en pays anglais.

Nous sortîmes aussitôt pour aller sur le mAle , qui se prolonge pendant une demi'lieue avec une magnifique rangée de maisons et d'édifices. On y voit le palais de la douane et Tarsenal de la marine , vastes et imposantes constructions. Au loin se balançaient mollement dans la rade des milliers de navires de toutes les formes et de tous les tonnages. La mer était calme, et un long cordon d'écume marquait seul la barre de l'atterrage, a Quel merveilleux aspect ! dis-je à mon nouvel ami. — Il n'en est pas toujours ainsi , reprit-il. 11 y a quelques années , j'étais à Madras vers la mi-octobre, à l'époque du changement de mousson. L'atmosphère était embrasée, la chaleur suffocante, pas un souffle dans Tair; et pourtant quelques flocons nuageux avaient paru dans le N. E.: ils s'étaient comme déchirés, puis évanouis. Sur les eaux montait une brume qui devenait de plus en plus dense , sans pouvoir vaincre néanmoins la masse des rayons solaires qui pesaient sur elle. Vers le soir, les nuages et la brume eurent le dessus. Le soleil se coucha dans un linceul rouge et noir. Les groupes de nuées allaient grandissant; ils jetaient des grondements sourds qui semblaient un prélude et une menace. Alors le vent et la pluie commencèrent , par rafales intermittentes d'abord, ensuite avec la plus grande violence. Les tiges de ces cocotiers , que vous voyez si droites , formaient à la lettre des arches de pont ; elles décrivaient une courbe telle que leurs feuilles balayaient le sol. Le sable du rivage, d'abord soulevé par trombes , fut fixé par la pluie et par la lame ; il forma une masse inunobile et compacte. Des éclairs sillonnaient incessamment tout le ciel. La marée , qui survint , jeta sur la grève des masses d'eau bouillonnante ; eUe les lança cette fois à plusieurs centaines de mètres du rivage. Pendant le temps que dura la bourrasque, les poissons, vous le croirez à peine, les poissons venaient nous rendre visite sur les terrasses de Madras. J'en ai trouvé moi-même deux qui pouvaient avoir trois pieds de long. Une trombe de vent et d'eau les avait sans* doute portés là. Ce n'est pas tout : les insectes de mille espèces qui vivent sous ces climats chauds, sortaient tous de leurs retraites , comme effrayés de ce grand

ébranlement de la nature. L'eau qui les noyait, le bruit, la commotion, amenaient le long des murs et sur les parquets des fourmis , des lézards , des scorpions , des cancrelats , des myriapodes et jusqu'à des serpents. Us étaient plus que nous maîtres de nos chambres. >»

Ce récit n'était guère fait pour inspirer le désir d'habiter Madras dans la mousson du N. E., qui sévit d'octobre en décembre. Dans ce temps, d'ailleurs, la rade n*est pas tenable , et des centaines d'ancres qui s'y sont perdues contribuent à rendre le fond moins sûr encore. Pour avertir les bâtiments qui viennent du large , on hisse , à cette époque , ce qu'on appelle le pavillon du gros temps. Tant qu'il est déployé, toute communication cesse avec la terre.

Du môle nous all&mes au fort Saint-George , ouvrage d'une grande étendue et assez bien fortiGé. Bâti à diverses reprises, il est d'une grande irrégularité, non pas quant au polygone, mais quant aux fronts, qui sont presque tous différents les uns des autres. Quelques bastions ont des flancs retirés , d'autres non : les flancs de ceux do nord sont casemates. Tous les ouvrages sont revêtus en briques; le chemin couvert est palissade , les places d'armes sont spacieuses. Le cAté de la terre n'a pourtant qu'une simple muraille et un fossé. Autrefois la Ville- Blanche tenait tonte dans l'enceinte du fort : on y voyait les maisons et les magasins de la Compagnie , les logements du gouverneur et les comptoirs des négociants européens. Mais depuis que la suprématie britannique s'est consolidée dans F Inde, tout ce monde s'est senti à l'étroit dans la ligne fortiflée. La chaleur produite par la réverbération, l'encombrement, la poussière, ont paru insupportables à une population que la fortune avait rendue plus difficile. Les comptoirs et les caisses de paiement ont bien conservé leur domicile dans le fort; mais, hors de ses remparts, les créoles ont fait construire de vastes et fraîches habitations, dans lesquelles ils se retirent après l'heure des aH'aires, et où se tiennent constamment leurs familles. Le gouverneur lui-même occupe aujourd'hui un palais spacieux , dont la colonnade se prolonge jusqu'à la porte de la mer. Au nord des murs de la forteresse commence la Ville-Noire , qu'habitent les Hindous , les négociants arméniens et portugais, et quelques familles européennes.

Malgré sa fabrication active de mouchoirs et de toiles , Madras, aux yeux de la Grande-Bretagne, est plutôt un poste militaire qu'une échelle commerciale. Soixante régiments composent le corps armé qui garde cette présidence. Sur ce nombre une partie occupe le fort Saint-George; une autre, casernée à peu de distance de la ville, y veille sur les parcs d'artillerie ; le reste, formant encore un effectif de vingt mille hommes environ, séjourne à Bangalore, ville du Mysore, située à soixante lieues dans l'intérieur, cité montagneuse et saine , où conduisent de belles routes, et qui, pendant les grandes chaleurs, sert de résidence aux premières autorités de Madras.

Ces soixante régiments ne sont pas tous, comme on le pense, de personnel européen. La plus grande partie consiste en bataillons cipayes, nom générique sous lequel on désigne toute la milice indigène à la solde des Anglais. Sur deux

cent mille soldats qai constitaent Tarmée indienne, on compte à peine vingt* cinq mille blancs , que déciment toujours le climat et les molles habitudes de la vie coloniale; les autres sont des cipayes. Les cipayes, disciplinés à l'anglaise, ont un uniforme et touchent une solde. La solde est de deux pagodes et demie par mois. L^uniforme est rouge comme Tuniforme britannique. Les cavaliers ont des revers jaunes et des parements blancs sans collet « des habits rouges avec des boutons en métal blanc qui portent le numéro du régiment et les initiales N C (native Cavalry) ; un bonnet de carton entouré d'un turban bleu forme leur coif- Ture; leurs armes sont le sabre courbe, la carabine et les pistolets. Les fantassins ont l'habit rouge, avec brandebourgs blancs, la ceinture bleue et le pantalon tombant jusqu'aux genoux; on lit sur leurs boutons les initiales N I [native Infantry) ; ils sont armés d'un fusil avec sa baïonnette. Chaque régiment de cavalerie compte cinq cents hommes ; chaque bataillon d'infanterie huit cents , divisés en hait compagnies dont une de grenadiers et une de tirailleurs. On choisit parmi les naturels des capitaines, des lieutenants, des sous-officiers et des caporaux; les ofQciers de cavalerie sont pris surtout parmi les Européens, ou parmi les Maures plus habiles que les autres à manier un cheval ; les officiers d'infanterie se choisissent dans les Hindous des plus hautes castes, et surtout dans celle des Rajahpoutres, qui naissent tous soldats.

On ne saurait se faire une idée des sommes énormes que coûte à la Compagnie l'entretien des moindres corps de cavalerie. Chaque cheval , outre celui qui le monte , doit avoir deux hommes de service : l'un , le cavallaire est chargé du pansement; il fait cuire et donne au quadrupède le coulon (espèce de lentille), tandis que l'autre, therbaire^ cherche l'herbe, qu'il lui faut arracher brin à brin. Comme le cavalier, le cavallaire et Fherbaire sont ordinairement mariés, voilà six individus par cheval , sans compter l'es enfants qui surviennent. D'après un pareil attirail pour le simple soldat , qu'on juge des embarras qui marchent à la suite d'un officier. Il faut à chacun d'eux palanquin , chevaux de selle , calèche, cuisine, etc. Dix mille combattants dans une armée cipaye impliquent une suite de cinquante mille hommes.

Les cipayes de Madras sont réputés pour leur agilité et pour leur bravoure ; ceux du Rengale , pour leur taille et pour leur vigueur. D'autres bataillons hindous sont ceux des lascars, attachés d habitude aux corps du génie et de l'artillerie, et servant aussi comme équipage de marine. Ces lascars, dont le nom entraine une idée d'abjection et d'infériorité , sont d'assez bons matelots pour la navigation d'Inde en Inde. Sobres, agiles, intelligents, ils se montrent en outre bien plus dociles que les équipages arabes du golfe Persique.

Cette organisation militaire , presque entièrement appuyée sur des indigènes, offre des dangers qui se révèlent de plus en plus. A mesure que les cipayes se rompent à la discipline et acquièrent cet esprit de corps qui supplée au courage, ils prennent le sentiment de leur force et des services qu'ife rendent. Les régiments de Madras ont fait preuve de valeur dans la guerre récente des Rirmans ;

ils ne sont pas restés au-dessous des meilleurs bataillons Yenus d'Europe. Est-il impossible qu'un jour ces cent cinquante à deux cent mille Hindous , enrégimentés pour le compte de la Grande-Bretagne , se réveillent avec la pensée de donner ce vaste empire à un homme de leur couleur ? Un précédent d'insubordination leur a été fourni, il y a peu d'années , par les officiers blancs que la Compagnie entretient à si grands frais à leur tête : une réduction de so!de amena une révolte où les cipayes suivirent leurs chefs , sans pensée personnelle et par obéissance. Les autorités de Madras furent méconnues , les parcs d'artillerie enlevés, et il fallut, pour apaiser le mouvement, non-seulement promettre l'impunité aux rebelles, mais subir encore quelques-unes de leurs conditions. Sans doute , dans tout cela la troupe indigène était purement passive; elle prenait fait et cause dans une querelle entre Anglais, voilà tout; mais le résultat obtenu a dû lui donner la mesure de son influence et de sa force pour le jour où elle voudra en user dans un intérêt national.

En quittant le fort Saint-George, nous nous dirigeâmes vers les beaux et vastes quartiers de Madras. La ville européenne se montra lentement à nous, avec sa longue suite de palais et de maisons de plaisance. Chaque habitation avait sa pelouse sur le devant , et un jardin spacieux sur le derrière. Des pavillons jetés à droite et à gauche complétaient l'ordonnance de ces délicieux hAlels. On conçoit quelle étendue occupe une ville de cinq cent mille âmes qui prend tant d'air, d'espace et d'ombre , pour ses fortunés habitants ; aussi chaque visite dans Madras est-elle un voyage fatigant, même en palanquin. L'intérieur de ces palais ne donne pas un démenti à leurs dehors. Des meubles d'Europe et de Chine y garnissent de vastes et somptueux appartements. De toutes parts ce sont des glaces et des tableaux de prix, des pendules, des bronzes, des meubles, des tentures admirables, et , au milieu de toute cette richesse , une fourmilière de serviteurs indiens , reconnaissables à la livrée du maître.

Tout ce luxe est le résultat du monopole commercial de la Compagnie des Indes. Les hauts employés, qu'on nomme civiliens pour les distinguer des militaires, y dépensent dans un faste oisif leurs énormes émoluments. Mais au milieu de tout cet édat, au sein de raouts merveilleux et de festins splendides, règne on ne saurait dire quel air de tristesse, de sérieux compassé, de lourd cérémonial. Les seules fêtes qui sortent de cette ligne d'étiquette empesée sont celles que donne le gouverneur général dans la grande et belle salle que fit construire lord Clive en 1802, en conmiémoration de la défaite de Tippoo-Saeb. Cette salle contient mille personnes. Elle est ornée à l'intérieur d'une vaste galerie avec des colonnes de trente pieds de haut, revêtues d*un stuc blanc plus brillant que le marbre. Autour de l'édifice règne une galerie découverte avec des verrines de distance en dislance. Cette saile^de bal touche au palais du gouverneur, qui est vaste, massif, grandiose plutôt qu'élégant. Le temple protestant se distingue par une architecture correcte et sévère. Les autres fondations européennes à citer sont le Collège, l'Observatoire ^ la Société asiatique et le Jardin botanique.

La Viiie-Noire 8*étend en demi- cercle à ane portée de canon du fort; eUe occupe trois lieaes de terrain. C'est là qu'habitent les Malabars, parmi lesquels on compte de très-riches marchands. On en cite plusieurs à qui leur fortune permet d*ayoir un corps de cipayes à leur service et un harem de plusieurs centaines de femmes. Dans^ cette ville se croisent des individus de toutes les castes et de toutes les religions, Mdabars de sectes diverses, Mahométans, Arméniens, Catholiques, Luthériens et m^me Chinois. C*est le seul pays peut-être où Ton puisse rencontrer un iman , un bramine , un pasteur et un prêtre qui ne se querellent pas. Le nombre des pagodes , mosquées , églises et temples qui se trouvent entassés pêle-mêle dans ce qu'on appelle Madras , est impossible à préciser. On en peut porter le chiffre à 1,000. De vastes promenades, de magniGques avenues coupent en tous sans la Ville-Noire.

Malgré les essais de l'Anglais Popham , et d'autres tentatives plus récentes , Madras n'a point encore de produits territoriaux : la population de la ville et des alentours subsisté d'industrie manufacturière. Le commerce des mouchoirs teints, autrefois fiié à Paliakat, est, à llieure actuelle, centralisé à Madras, qui a tué par ruse les ateliers voisins. A l'époque de la haute prospérité dFtissage hollandais, la Compagnie anglaise des Indes sut se résigner à vendre avec une perte énorme des produits analogues, sauf à prendre sa revanche quand elle aurait ruiné la concurrence étrangère. Ce machiavélique calcul lui a réussi. Aujourd'hui Madras a le monopole de ces beaux mouchoirs à grands carreaux, dont les couleurs sont si vives et si solides.

Par suite de cette tendance plus industrielle qu'agricole, la vie est chère à Madras. Une maison de campagne coûte jusqu'à deux cents pagodes par mois. Tous les objets d'Europe y sont aussi à des prix fort élevés. La présence des riches délégués de la Compagnie des Indes, le séjour d'un gouverneur, la permanence d'une garnison énorme , dont la solde dépasse toute appréciation européenne , contribuent à maintenir les produits à un taux exagéré. Comme toute cette richesse part d'une autre source que le sol ou l'industrie locale , il s'ensuit que les chargements d'Europe ne trouvent pas à Madras des retours sufDsants, et qu'il faut gagner sur le bénéfice des importations ce que les exportations présentent de désavantage. Tant il est vrai que le commerce se compose dans le fond de doubles échanges, et que la richesse monétaire est chose stérile en soi quand elle ne se féconde pas par son application à des produits naturels ou manufacturiers.

Pendant plusieurs jours , je continuai ainsi mes courses dans Madras , sous la tutelle de Wilmot. Il me présenta dans les premières maisons anglaises , et j'examinai de près et en détail cette société si ennuyée et si fastueuse. Cette vie de repas magnifiques mais tristes , de fêtes brillantes mais monotones , ne me convint pas longtemps. Je voulus partir : je n'étais pas venu dans l'Inde pour y chercher l'Europe. Aussi, quelque insistance que mit Wilmot à me faire accepter le passage gratuit sur un navire de son père , en charge pour Calcutta , je préférai m'embarquer sur un caboteur malabar qui devait faire échelle plusieurs fois le

If

CORINGUI.— TANAOUN. — JAG6ERNAUT. 149

long de la dangereuse côte de Golconde. Un arrangement fut bientôt pris avec le patron : le 8 mai au matin, j'entrai dans la chambre de mon ami pour lui faire mes adieux ; mais quelle fut ma surprise quand il vint à moi en habit de voyage I « Je pars avec vous, me dit-il. Mes malles sont à bord de la goélette, d Je lui serrai la main, et nous partîmes.

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