‹ Voyage autour du mondeChapitre 39 sur 98 · CHAPITRE XXtïI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXtïI

POULO-PIWAWO. — MALAQQA. — •IWQAPOVR.

Après avoir fait éclielle à Padang , mon capitaine hollandais remit à la voile ponr Halacca. Le 28 juin , on vira sur Tancre dans la nuit, et une jolie brise de terre servit merveilleusement notre appareillage. Le 29, au soleil levant, quand je reparus sur le pont, la côte sumatrienne nous restait à quelques lieues à tribord, et la goélette naviguait pour doubler l'île par le N. Pendant cinq jours, nous nous ttnmes ainsi en vue de terre jusqu'à ce que la pointe d*Âchem fût restée au S. O.; après quoi on laissa porter à TE. plein pour donner dans le détroit de Malacca. Dès que la goélette eut doublé la grande tle et eut senti Tabri de la côte, une mer calme et plane s'étendit devant elle; la brise, passant sur les hautes terres, lui arriva plus molle et plus variable. Bientôt les hauts-fonds du détroit se révélèrent, Teau changea de couleur, les lits de marée rendirent la mer bruissante; les courants drossèrent le navire presqu'à vue d'œil. Le 4 juillet , on releva Pouio-Bouton, et le 5 parut Poulo-Penang ou Ile du prince de Galles, qui semble n'être que la pointe avancée du royaume continental de Quedah, tant se trouve étroit le canal qui les sépare. Poulo-Penang (lie de Tarek en malais] git à rentrée du détroit de Malacca par 5"* 26^ de latit. N. et par 98* de long. £. Vue du large, elle s*oRjre dans la forme d'un carré long , et sous l'aspect d'une de ces terres enchantées, si communes dans l'archipel austral. Sa côte étale des bois de mangliers, tandis que ses sommets intérieurs dressent leurs forêts vierges toutes tapissées de lianes sarmenteuses et de bambous épais. Ces grands massifs de verdure se prolongent jusqu'à la ligne des plus hautes eaux. Au point culminant de l'ile et vers le nord saillit un pavillon de signaux qu'entourent des habitations clair-semées. C'est là que les malades du Bengale et des comptoirs anglais des Holuques viennent chercher la santé, ce qui a valu à Poulo-Penang le surnom de Montpellier des Indes. On se ferait difficilement une idée de la salubrité, de la transpai*ence , de la douceur de l'air dans cette partie montagneuse de 1 île. C'est à peine si, dans le courant de l'année, le thermomètre y varie de 6** à 6\ Aussi ces hauts plateaux sontils pour les Européens un but de pèlerinage et un rendez-vous de plaisirs. Montés sur d'excellents chevaux de Sumatra, les créoles s'y rendent en gravissant des sentiers rocailleux que la hache a frayés au travers d'aii)res de haute futaie , serrés comme des pilotis.

La seule ville de Poulo-Penang est George-Town, que les natifs appellent Tanjong-Peinaigue : George-Town est bâtie au N. E. de l'ile ; ses rues, qui se coupent à angles droits, sont larges, aérées et bien entretenues , ses marchés de ravitaillement abondent en denrées de toute espèce. En voie de progrès , la ville s'enrichit chaque jour d'établissements nouveaux. Plusieurs hôpitaux , un asile

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