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CHAPITRE XXXV

OHIMB. — flAMTOM. — LIS TEOIS TtLLBS.

Henri Morton, devenu mon ami, fut bientAt celui de Norberg.Dès le lendemuii nous étions inséparables. Après le déjeuner que nous aUftmes prendre chez loi, il fut question de visiter {a ville, a Par la môme occasion, je la verrai, dit Hjenri^ Les Chinois ont des façons, si aimables vis-à-vis de nous que Jusqu'à présentée ni'étaîs dispensé de leur faire visite. » Puis, appelant son domestique : a Va chercher les parasols, Miou;.tu nous mënerasà Canton. » Nous partîmes peu de minutes ajNPës. laissant les factoreries, sur la. droite et le fleuve derrière nous, nous entrâmes dans des rues tortueuses et bordées de maisons. Les deux principales, qui ont reçu des noms anglais, I^etu-China-Sireet et China-Street^ pourraient figurer avec honneur dans une. capitale européenne. Elles sont longues, unies et admirablement tenues. Les maisons, bâties en bois, ont presque toutes une galerie couverte à leur premier étage, et un toit bizarrement découpé, qui forme une saillie extérieure. Toute la façade est badigeonnée de peintures brillantes, surtout dans les logements qui ont des boutiques au rez-de-chaussée. Au lieu du péle-méle confus qui règne dans la distribution de nos magasins d'Europe, Cauton classe ses détaillants par corps de métier : ici se groupent les marchands de porcelaine , là les marchands de thé ; dans ce quartier on vend les étoffes de soie ; dans un autre, les étoffes de coton. Toutefois, au milieu de cette diversité d'industries domine un fait conunun à toutes, celui d'un art prodigieux dans l'étalage, d'une grâce, d'un ordre, d'une propreté admirables. Rien de plus tentant pour le regard que cette disposition des produits manufacturés. Que ces meubles de laque sont beaux avee leurs dessins d*or mat, qui se détachent sur un vernis luisant I que de patiente finesse dans ces éventails d'ivoire, dans ces parasols ornés ! que de luxe dans cette, porcelaine 1 Et ces étoffes de soie brochées, ces tapisseries, ces écrans^ ces stores ! que de merveiHenses choses I *

Dans le centre des rues que bordent ces magasins, circulait une foule;^paisse et affairée. On se coudoyait, on se heurtait. Des hanistes en palanquin, des marchands ambulants qui portaient . leurs denrées sur une espèce de balance à deux plateaux dont le fléau pesait sur leur épaule , des Chinois de tous les rangs et de tous les métiers, encombraieut l'étroit passage, ménagé entre les maisons. Dans les Ueux où la rue agrandie formait une espèce de carrefour , s'installait d'ordinaire, avec sa boutique portative, avec sa clochette monotone, un barbier en plein vent qui, malgré le bruit et la cohue, passait son rasoir triangulaire sur la tête d'une pratique, lui peignait les sourcils et lui brossait les épaules. Près de lui se tenaient parfois le marchand de comestibles, avec sa cuisine nomade, la revendeuse avec sa manne pendue au cou et chargée de denrées, industriels

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