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Tantes. 10. Filles

la considération sociale accordée aux parentes de même dénomination se règle-sur leur âge, ies plus vieilles venant d’abord. On doit observer

{ 1 ) Pris dans le sens littéral, pala-*an signifie femmes ; mais on dit familièrement paU-oan ho [mes femmes] , pour indiquer ses plus proches parentes.

(2) On s’est borné, pour ne pas compliquer trop le dessin , à ne tracer que la lignée féminine du côté du mui{ celle du côté de la fetrnné n*eüt offert qu’une répétition sans objet.

LIVRE HL — De Timor aux MaRunnes inclusivement. 373 toutefois, qu'une collaterale mariée l'emporte sur celle qui ne l'est poilu, quoique cette dernière soit parente d'un degré supérieur ; tellement qu'une tante , fille ou veuve sansenfans , cède le pas à une saur mariée , &c. &c. Les belles-sœurs et beaux-frères ne sont nullement regardés comme parens; ils appartiennent à la famille à laquelle est allié le frère ou la soeur. . . . , • '

Un fait vraiment digne de remarque, c’est qu’un peuple dont la langue est singulièrement abondante en mots propres à exprimer toutes les modifications d’un même objet •( 1 ), n’en possède qu’un trcs-pedt nombre pour désigner des degrés de parenté que des motifs journaliers obligent cependant à- ne pas confondre. - • . •

Pour désigner la bisaïeule , on est forcé ■ d’employer cette longue périphrase : - • • •

lies Marianne*.

De l'homme en société.

/ mmasutgea djatx i lètni/is sainan saint- ta.

Cette qui s'est mariée avec celui qui a engendré (la) mère de mère nôtre.

Le mot getld pour ditult, dérive évidemment du vieux mot espagnol aguela , qui a cette signification. Salua, qui s’entend en même temps de mère et de père, signifie proprement maître, seigneur ; pour être plus catégorique, on se sert des expressions i lamilis [celui qui a engendré], i fomagnago [ celle qui a enfanté]. Le si nanet moderne [ maman ] est imité de l'espagnol (marna), avec l’addition de la particule si, représentative de

(1) Prenons le coco pour exemple : une. vingtaine de mot» diffère o. servent à désigner ce fruit, selon qu’il est arrivé à tel ou tel degré de maturité, eu qu’jl possède telle ou telle qualité, tel ou tel défaut ; en voici la liste : nidjak ou ni» signifient à-la-fois cocotier et coco en général ; dpl»k, un Jeune coco qui renferme du lait, mais qui n'a pas encore de crème; manha, un côco tendre et doux; dadik, le même fruit lorsqu’il n’a point atteint tout-a-fatt ce degré de maturité; mastoti , coco d’une maturité plus avancée que le manha, sans être cependant toot-à-fait mur; lutnmon, coco encore mou, bon à manger jusqu’à sa première enveloppe; matayang, coco tendre et mou comme le manha, mais dont le lait n’est pas dou x\^afo, coco entièrement mur; p»man , coco mur et qui commence à sécher sur l'arbre; ragao , coco entièrement desséché; bangbang, coco dont )a crème s’est réduite en pulpe solide ; b»b»l»ng, coco topt-à-fait vide; s»fatig, çoeo vide, mais tenant encore à l'arbre; tchamtcha» , coco sec, dans lequel on entend du bruit quand on l’agite) b»iént coco pourri intérieurement; tcb»h»f, petit coco; baba, coco prodqit par un cocotier vieux, dépouillé de se* feuille», et »*ir le point de ne plus donner de fruits. Çes derniers servent, pour l'ordinaire, à raison de leurs petites dimensions , à renfermer la chaux qtiçTon mêle avec le bétel. Faha , coco sur le point de germer; tchéhdok, coco qui commence à germéf; hdtg #*,' coco dont les feuiltes commencent à pousser. * *

De l'homme en société.

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considération et de respect. Il feut également periphraser pour rendre nos expressions grand' tante et tante à la mode de Bretagne ; pour tante, on se sert du mot espagnol tia, ou plutôt de si tia. Le titre de saur, comme celui de frère , se dit tchila; mais on n’a qu’une seule phrase pour exprimer cousine germaine, cousin germain, nièce et neveu; ces» tchila dja hodjong [issu de frère ] . En revanche , les mots abondent pour qualifier les enfans : ainsi haga veut dire fille; lahi, fils ou garçon : le père, en pariant de son fils ou de sa fille, dira niais ho [mon engendré], et la mère, finagnago ho [ mon enfanté ] (s’il est permis de parler ainsi ) ; ninis-gha { fils ou fille légitime, ou mot à mot , engendré mien] ; (remarquons qu'ici niais ne signifie fils ou fille que par rapport au père, ce qui doit faire supposer, comme ceia a lieu en effet , qu’un enfant est toujours légitime par rapport à la mère); ninis he'gai [fille ou fils bâtard]; pinigsa'i [fille ou fils adoptif]; maga etmagtehaga [l'ancien de la famille, fille ou fils aîné, soeur ou frère ainé]; sologgha [le cadet, ou le plus jeune des frères]; i sotogghan inatnganan [le cadet (par rapport à l’ainé)]; atchafghag [sueur ou frère utérin] ; madjana nga pagon { enfant abandonné ], On n’a aucun mot pour désigner ses petits- enfans , ni ses arrières pehts-cnfans : on doit donc encore périphraser pour exprimer ces dernières idées.

Diverses coutumes. — Ai psi que nous le dirons en traitant du gouver? nement des anciens Mariannais , chacune de leurs îles se parta geoit jadis en un certain nombre de peuplades, régies par une autorité particulière, à laquelle ressortissoienl un ou plusieurs villages. Lorsqu'il. fidloit exécuter des travaux d'un intérêt général, la peuplade entière ailort y prendre part. Ces travaux étoient, soit l'érection de grands hangars pour remiser les pirogues , de maisons pour quelque habitant hors d’état d'en faire les frais lui-tnéme , ou pour un nouveau marié qui n’eri possédoit point dans laquelle il pût installer sa compagne ; Soit la culture du champ et la rentrée de la récolte de quiconque étoit notoirement empêché .d’y donner scs propres soins, &c. On nommoit hodjong songsong [sortie de la peuplade], toute réunion qui avoit lieu à cet effet.

Si quelque homme aisé d'une peuplade voisine pàssoit par hasard à proximité des travailleurs rassemblés pour un pareil motif, les femmes couraient s'emparer de lui et l’amenoient ; un ruban de feuille de latanier

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