Août. Tenhos, ou fénos
9. Septembre.. . Lômamlam — qui lance dit rclairs ; étoît-ce la saison des orages ! 10. Octobre .... FAGfflAua (tj = époque ai il faut ensemencer son champ. * "
tt. Novembre... SqmongsOgn 3 époque où l’on raccommode lesfilets. s * ta. Décembre. .. (Omadjanggan^ç inquiet , pirateur ; temps des pains pluiafrequentesj *3- • • • ©MAGAHAF = prendre des écrevisses !
L inspection du dictionnaire prouve que nos insulaires n’étoient pas dénué; de certaines connoissances astronomiques et nautiques. On y voit
»üs font de ce pointillé commencement de leur printemps. Le 15'.* degré du taureau déter- » mine pour eux le commencement de l’été; le 1 dulion , celui de l’automne ; et le 1 5.' du » scorpion , celui de l'hiver.
U II. ont douze mois lunaires , entre lesquels il y en , de petit», qui ne sont que de vingt-neuf »g.un,et de grands qui sont de trente. Tou, le» cinq ans, il. on. de. intercalaire, pour ajuster » les lunaison, avec le conrs du soleil. 11, divisent, comme nous, les semaines selon Tordre de» » planètes , a chacune desquelles Us assignent quatre constellation,, une par jour, teliemem
» qu apres les v.ngt-huit qui se succèdent de sept en sept , ils retournent à la première. ’’
» Leur année commence par la nouvelle lune la plus proche du mois de février, ce qui foit » que . pour eux, le signe de, poissons esi le premier, le bélier le second , et ainsi de. autres.- Cette » mantere de supputer et d'intercaler leur fai. de. années de treize mois, qui retournent de temps » en temps. .. ( Du Halde , Description de is Chose, t. J. )
( ! )- Cette lune ou ce mou .est appelé de trois, manière, par les autorité, que j'indique;
LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement. 381 en effet le nom de quelques étoiles : mais il est assez probable qu'il ne lie» Marianne» nous est parvenu , à cet égard , qu'une bien foible partie de leur science ; O* (homme nous n’insisterons donc pas davantage sur cet objet.
Croyance. — Aucun mot de la langue mariannaise n’esr employé à dési- Religion gner la divinité. Cette circonstance fait naturellement présumer que mar,anna,se* les habitans n'avoient aucune idée d’un être suprême , et le Gobien croit pouvoir en donner l'assurance positive.
Voici néanmoins, selon le P. Murillo Velarde (i) et D. Luis de Terrés, quelles étoient leurs idées sur l’origine du monde. Pontan (2), disent -ils , homme très - ingénieux , vécut un grand nombre d’années dans les espaces imaginaires qui existoient avant la création. A sa mort , il chargea ses sœurs de faire avec sa poitrine et ses épaules le ciel et la terre, de ses yeux le soleil et la lune, et de ses sourcils l’arcen-ciel.
Ils reconnoissoient l’immortalité de lame, et, selon eux, l’homme quimouroit tranquillement et sans aucune douleur, alloit en paradis, et y jouissoit des arbres et des fruits qui y sont en abondance (3); tandis que celui dont les derniers momens étoient violens et agités , alloit en enfer, qu’ils appeloient (4). Le diable portoit chez eux le
fagaalm , maighaof et pagman, noms qui appartiennent sans doute à différent dialectes maitannais. J’ai adopte la version qui m’a paru convenir aux usages d’Agagna.
( 1 ) Hist.de la protincia de riltpmas , t. II.
(i) D. Lui» prononce Fanfan. Voyez, pour la signification du premier deces mots, la note de U page 372 ci-dessus.
(3) Selon le Gobien ( loc . cif.),Jeur paradis est un lieu de délices, et placé, assez mal k propos, dh-fl, sous U terré’; fls en font consister toute la beauté dans des arbres de coco, dans des cannes à sucre , et dans le» autres fruits qu’ils disent y être d’un goût merveilleux.
(4) Le Gobien et- le P. Murillo écrivent zazarraguan , ce qui est évidemment- la même chose , d’après les remarques qui ont été faites plus haut ( note de la page 1 90 , et page 260 ). J’ai suivi Porthographe de D. Lub.
Ge mot signifie proprement , lieu où l’on distribue une chose quelconque, et’, par conséquent aussi, les peines aux coupables . • •
Les idées européennes ne teroienr-elles pas un pen mêlées ici avec celles des indigènes 1 Je ne sait; mais la tradition raariannaise est aujourd’hui si pauvre en renseignement de.ee genre, qu’il est bien diffiettede concilier ce que rapportent les auteurs , avec ce que nous avons nousmêmes recueilli. En admettant un lieu de punition et un lieu de récompense, il semblerait nécessaire d’admettre aussi ie juge qui condamne. On ne comprend • pas trop non plus comment les âmes peuvent être en paradis ou en enfer,- et cependant te trouver sur tetre
Ile» Marianne*.
De l’homme en société.
nom de kaïfi ou aniti [ mauvais esprit ]. Iis croyoient que «i quelqu'un eût traversé le pilier d'une maison , lame de celui qui l’avoit construite ne manquerait pas de venir invisiblement tirer vengeance d’une telle action. Selon eux encore, le diable se tenolt parmi les vivons, et ne s’y occupoit qu’à faire du mal. Les âmes de leurs ancêtres, au contraire, s’y opposoient , et venaient même à leur secours dans le danger.
If y avoit des âmes plus fortes, que le démon, d’autres qui i’étoient moins : les premières étoient celles des hommes valilans et intrépides ; les autres, celles des paresseux et de* lâches. Les femmes avoient aussi leurs âmes ; mais il n’est pas sûr qn’on en accordât aux mangatchangs. L’ame féminine étoit regardée comme moins forte et moins puissante que celle de l'homme. •
«(Ces peuples, dit le Gobien , sont persuadés que les esprits te- » viennent après la mort : soit que le démon les trompe en prenant la » figure de leurs pareils défonts, soit que leur imagination échauffée » leur présente ce qu’ils entendent dire aux autres , il est certain qu'Hs •> se plaignent d’être maltraités par des spectres qui tes effraient quelque- •» fois terriblement. C’est pour cela que quand iis ont recours à leurs •• antis ( 1 ), c'est-à-dire aux âmes de leurs morts , ce n’est pas tant pour •> en obtenir quelque grâce , que pour les empêcher de leur foire du » mal. C'est par la même raison qu’ils gardent un profond silence dans >■ leurs pêches, et qu’ils font de longs jeûnes, de peur que les antis ne » les maltraitent ou ne les épouvantent la nuit dans leurs songeât aux- ■» quels ils ajoutent beaucoup de foi. »
La puissance qu’ils attribuoient aux antis est considérable. Iis leur supposoieht la faculté de changer l’ordre de la nature, d'empêcher la
pour secourir au besoin leur famille; comment ces antis sont assez poissa us pour commander aux élémens, et assez foibles pour être retenus en -enfer par une puissance qu'on ne nomme même pas, &c. Je ne me permettrai pas de résoudre ces difficultés. Peut-être cependant scroit-il exact d’admettre que les idées rapportées par le Gobien et par Murillo, n’cioient pas, sur tous les points, la croyance primitive des indigènes , mais celle que plusieurs d’entre eux s'ctofçnt formée, à une époque tpoins reculée ,j<f après ce qu’Hs avoient vaguement ouï dire des principes .émis par les missionnaires à leurs néophytes. Les incohérences remarquées se réduhroieoti-peurprès alors à des erreurs chronologiques. . • . * > .
(1) Le texte porte aniti t , qui signifierait diables, démons ; or , le tens veut nettement qtfil y. ait ici ànti 9 [ anses de» nions ]. * . - •* .