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LIVRE III. — De Timor aux Mariantes inclusivement

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Parmi les instrumens de musique des anciens Mariannais, ta tradition cite deux flûtes en roseau, de deux pieds et demi de long et de la grosseur du petit doigt. L'une, coupée en sifflet, avoit trois trous en dessus pour chaque main et un en dessous pour chaque pouce; on ta jouoit comme notre flageolet, mais les sons en étoient doux -et graves : elle ne pouvoit donner des sons aigus. L’embouchure de la seconde ressemblent fort à celle de notre flûte traversière, avec cette différence toutefois qu’on en jouoit avec le nez. C'est tout ce qu'on sait de ces instrumens, aujourd'hui hors d'usage. D. Luis m’a assuré qu'il en existoit encore un petit nombre en 1760, et qu’on leur donnoit respectivemeut les noms d esilag et de bitngsi. Or ce dernier mot, étant purement tagaie, laisseroit croire que l’espcce de flûte traversière dont il s’agit, a pu être apportée jadis aux Mariunnes par les Philippmois qui vinrent s’y établir. Il est difficile de décider nettement aujourd’hui cette question.

Indépendamment de quelques instrumens d'Europe, introduits.par les Espagnols, tels que flûtes, basses , violons , guitares ( t ) , &c. , on possède maintenant encore des guimbardes et des monocordes en forme d’arc , terminés par une calebasse , et pouvant avoir en tout environ cinq pieds de longueur ; en frappant avec une baguette sur la corde que l'arc sous-tend , elle rend un son foible et monotone. Cet assemblage porte le nom tagaie de Ihtlimluio, ce qui doit aussi faire présumer qu’il est d'origine manilloise. C'est le même d'ailleurs qu'on appelle bobre (a) à l’Ile-de-France.

On se servoit anciennement et aujourd'hui on fait encore usage de la conque (pi, 58, fig. 7), soit à terre, soit en mer; mais c’est plutêft ,

( tj La plupart de ces instrumens sont confectionnés par les naturels eua-nMnies avec une adresse vraiment surprenante. Les cordes sont filées en fils de balibagt. . •

(*) LVi plus haut, t. 1, p. 665. a.»

\oo : VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

IM Marianne», comme chez les Carolinois, un moyen de signaler là position respective De l'homme Jes harques qui naviguent de conserve , et de transmettre des. ordres à eodcit ja ^uerre f qu’u,, véritable instrument de musique. Nous reviendrons sur cet objet.

Les Mariannaises avoient autrefois des assemblées particulières où elles alloient fort parées , ét où seules elles étoient admises. Réunies douze » ou treize en rond-, debout et sans se remuer, elles chantent , dit le » Gobien , les vers fabuleux de leurs poètes , avec un agrément et une » justesse qui pluiroient en Europe. L’accord de leurs voix est admirable,

» et ne cède en rien à la musique la mieux concertée. Elles ont dans » les mains de petites coquilles . dont elles se servent avec beaucoup » d’adresse au lieu de castagnettes. Mais ce qui est plus surprenant-,

» c'est quelles soutiennent leurs voix et qu'elles animent leur chant avec » une action si vive et des gestes si expressifs , quelles charment tous >■ ceux qui les entendent. »

On doit aux Espagnols, et aux Philippinois sur tout , l’introduction des combats de coqs (t),de certains jeux de combinaison (z) et de hasard, et plus particulièrement celle. des jeux de carte. A Agagna, dit-on, une,, maison spéciale est consacrée à la réunion des personnes qui ne craignent * pas de confier aux cartes le sort de leur fortune. - - ' ••

Agriculture.

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