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VÎT

’ Industrie agricole.

1 Nous destinons ce paragraphe à l’exposé des connoissances dans l’art agricole que possédoient anciennement fes Mariannais, et au développement de quelques pratiques européennes introduites plus récemment chez eux par les Espagnols, ^agriculture proprement dite , la châtie et I K pêche, en formeront les principales subdivisions.

L’enfance où se trouvent aujourd’hui les procédés relatifs à la culture

fx) Vayti ci-demi, p. i4J- 1 ‘ " '

jj-) Le ichooka ( voytz t. I, p. 666 ) e»t de ce nombre; man fe ti'ai pu savoir quel nom ce jeu poitott ici.

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LIVRE ILI. — De Timor aux MariaNnès inclusivement. 4p« des terres , dépend des besoins fort bornés de la population , du défaut presque absolu de débouchés pour l’écoulement des produits, non moins que de l’incurie et de la paresse excessive des basses classes de la société.

Instrument d'agriculture. — Jadis les indigènes etnployoient des outils simples et peu nombreux, parmi lesquels le dagao tenoit le premier rang: c’étoit un bâton de 2 pouces -J de diamètre sur 4 pieds -J- de longueur, ordinairement en bois dur de mangiier ou de gage [casuarina], et taillé en sifflet, sur deux pans, à une de ses extrémités (pl. 79, fig. 4)' il servait à-la-fois de pioche, de pic et de plantoir, de barre pour porter les fardeaux, et même, dans un caâ fortuit, d’arme défensive. Le tanam, autre instrument cylindrique de la même dimension , étoit employé pour planter le soni [ chou- caraïbe ] et pour briser les noix de coco destinées à la fabrication de l'huile. L'akoa avoit quelque ressemblance avec notre bêche; son manche, de 5 pieds de long, étoit armé, en guise de fer, d’une pierre de 3 pouce* de large sur t d’épaisseur , plate , dure et tranchante, fixée au bois par une forte ligature en petite tresse de kair. ( Voyez pl. 62.)

Au nombre des objets dont les Européens ont enrichi l'industrie agricole des Mariannes .nous citerons le eu ho , dont le manche, de 1 à 2 pieds de long, et garni à un bout d’une pointe en fer ( pl. 80 , fig. o), remplace avantageusement le dague, pour déterrer les racines nutritives; le pic , instrument bien connu , fa' focigno , espèce de racloir à long manche, qu’on pousse devant soi (pl. 80, fig. k), le cordeau, appliqué à l’alignement des plants de tabac, et le rateau, dont 6n fait sur-tout usage pour la culture du riz. La focigno, Instrument usuel en Galice, fin introduite de bonne heure à Gaam par les missionnaires; on Remploie pour donner aux terres un -léger labour.

On nommoit anciennement damang une espèce de coutelas , composé . d’un manche en bois garni d’une pierre ou d’un os tranchant; on en feisoit usage, non-seuleroent en agriculture et à la guerre, mais encore dans un très-grand nombre d’autres circonstances. Depuis long- temps abandonné, cet instrument a été. remplacé , chez les insulaires, par la mackete espagnole (pl. 8o < fig. a). Tout habitant porte aujourd’hui' à son côté une machete garnie de son fourreau et de son ceinturon en cult, Vsyagt de t Uranie. Historique. T. 11. E 6 6

lies Marianne*.

Industrie

agricole.

lies Marianne*.

Industrie agricole.

(pi. 68) : elfe lui sert, dans ies défrichemens , à couper les planté* (pl. 67) et ies racines nuisibles ; à retrancher d’un arbre les branches incommodes pour la circulation d’u{i lieu À l’autre, car la taille régulière et raisonnée des- grands végétaux est ici chose entièrement inconnue; enhn à suppléer en tout à la serpe et au hachpt. Les personnes qui dirigent ies tobaries [ fabriques de t»ba ou d'eau-de-vie de coco ] , font usage de notre serpette pour opérer et rafraîchir l’excision des spathes de i’arbre par laquelle flue le suc qui fournit cette liqueur.

Autrefois, quand le riz n’étoit mûr qu’en partie, on fàisoil la cueillette des bons épis à l’aide de là valve d’une coquille de moule [ pû/os J, qu’on plaçoit dans la main droite, et' sur le tranchant de laquelle on appuyoit avec le pouce la tige de la plante; les épis tomboient à mesure dans un panier tenu sous le bras gauche(pl. 70). Lors de ia moisson géhérale, on avoit recours à un outil plus expéditif; c’étoit une espèce de faucille fort ingénieuse , dont la figure 13 de notre planche 79 donnera une juste idée; elle se faisoit avec le coquillage représenté même planche, figure t 2 , auquel on donnoit la forme et le taillant en le frottant sur une pierre plane <fun grain un peu rude.- A cet outil , nommé saïnan dogas ( 1 ) , les colons espagnols ont substitué la petite faucille en fer dentée, représentée pl. 80, fig. i, qui diffère de fa nôtre à certains égards, quant à la forme, mais se manœuvre à très-peu près de ia même manière (voyrj pl. 70). *

Parmi leurs effets mobiliers d’exp’loitation rurale, les anciens Maridnnais comptoient des corbeilles carrées de diverse contenance, dont les plus grandes se nommoieut kotad hamakka ; elles serv.oient , avec les sacs de vacOuà (2), à faire la rentrée des récoltes. De vastes nattes , sur lesquelles le riz restoit déposé après son extraction , se plaçoient presque toujours sous les gerbes, lorsqu’on les piétiuoit , soit sur le sol (pl. 61), soit, sur une plate-forme [palapœla] élevée de 3 ou 4 pieds au-dessus . de l’aire. Cette dernière méthode', plus convenable pour la propreté, étoh

-.( 1 ) Dogas e*t le nom meme de ia coquille, connue de* naturaliste* sou* celui de stwmhe ou de ptéracère : notre dessin U représente au tiers de sa grandeur naturelle. Saïnan dogas signifie littéralement , qui provient du dogas , instrument t\ré du dogas.

{1) Vo/ez plu* haut, pag. 318, et la planche 62 de notre alla*. .

LIVRE III. — De TrMOR aux Mariannes inclusivement.' 4»j préférée par les agriculteurs opulens. Dans tous les cas , cette tâche étoit habituellement réservée aux femmes.

Un plateau en natte [bilao ], ayant a pieds -f- de diamètre , et entouré d’un cerceau formant un rebord d’un demi -pouce environ de hauteur-, servoit pour ramasser le riz et le mettre dans les sacs ; on l’emploie maintenant au vannage des grains , ainsi que nous l'expliquerons par la suite.

J’ai parlé ailleurs ( pag. 3 1 8 ) des mortiers et des pilons ; on en fait usage en agricultdre, pour dépouiller le riz de sa glume. Cette opération n’a lieu toutefois que lorsqu’on est sur ie point de consommer le grain, attendu quïl se conserve mieux dans sa coque, -à- l’abri.- de l'humidité et des insectes.

-Pour exécuter l’arrosage, on transportoit i’eau, soit dans de grandes calebasses, soit dans des bambous de 10 pieds de longueur, dont une des extrémités étoit ordinairement taillée en sifflet.: oit emploie encore ce dernier moyen aujourd’hui (roycjp 1. 67 et pl. 80, fig. m). .- . ' -

Tout ce que les Mariannais possèdent eh instrumens d’agriculture plus compliqués, leur est venu des Européens. Notre planche 70 donnera, je pense, une suffisante idée de la charrue dont on se sert ici dans certaines localités ; c’est simplement la charrue chinoise , connue â Manille, d’où elle a été apportée. Habituellement on ne l’atteHe ici que d’un seul boeuf, et ce n’est que dans les fermes royales qu’on en met deux.

La herse (pi. 70), qui paroît avoir la même origine, n’est qu’une espèce de grand rateau à l’extrémité duquel sont deux crochets en hpis où se Axe l’attelage ; deux montans verticaux, garnis d’une traverse au sommet, donnent au laboureur iç moyen de gouverner cette machine. L’usage du rouleau est encore inconnu.

A Goam, on emploie quelques charrettes, la plupart petites et en bambou, auxquelles on attelle un à quatre boeufs :-les roues , construites à la manière portugaise et espagnole, sont en bois plein et sans rai». Le peu de largeur de la plupart des chemins restreint forcément beaucoup l’usagé de ces voitures ; à peine , en effet , en compté-t-on douze ou quinze dans toute l’îte , celles des fermes royales comprises. T rànsformées, au besoia, en tombereaux, par l’addition de certaines pièces

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Iles Mariante».

Industrie

agricole.

Ile] Mariannes; industrie agricole.

assez bien entendues , elles servent à transporter le riz et le mais dans

les magasins de la capitale. . , ' .

Un petit nombre de brouettes sont également employées tant an service de l’agriculture qu'à celui des maçons.

Les échelles sont tout-à-fait inusitées : aujourd’hui comme jadis , on grimpe à la cime des cocotiers en pratiquant des entailles sur leur tige même. . , •

Engrais. — La coutume d’amender les terres n’est Suivie à Geam que depuis très-peu d'années , et dans quelques-unes des fermes du gouvernement. Les fumiers de cheval, de mulet, de vache, &c. ; sont les seuls qui s’y emploient : la fiente d’oiseau de mer est cependant connue aussi comme un engrais fort actif; mais on trouve difficile dç s’en procurer.

Travaux de culture. — Deux moyens sont mis en œuvre pour, défricher un sol vierge ; couper les bois ou les brûler.. Le défonçage des terres est inconnu, dans un pays où toute préparation se borne pour ainsi djre à eft gratter la sufface , et où la population peu nombreuse en a toujours à sa disposition assez de bonnes qui soient dégagées de racines d’arbres et de pierres. . •

. S’agit-il de la cjiiture du riz, dans les riches terres d’Assan, de Sassa et de Fonti, les labours se font à la charrue-; par-tout ailleurs, tant à G®am que dans les autres Hes , on n’emploie que la machete et le pic. Pour le maïs , on prépare les terres avec la machete et la focigno ; et .pour les racines féculentes, avec le tanom et le cubo. L’opération- préliminaire consiste presque toujours à débarrasser le sol des mauvaises plantes qui pourraient gêner le jeu. de la focigno ou des autres outil?. La- machete sert aussi à fouiller la surface des champs destinés au semis du riz et du maïs, dans lesquels la focigno ne pourrait que difficilement être manceuvrée. ■ ..*

On a coutume de sarcler les différentes cultures, sur-tout celles de tabac, de maïs et de riz; cette opération a Heu deux fois, pour cette; dernière graminée, depuis l'instant où la plante a été repiquée jusqu'à celui -où on la récolte. • ,

Dans les localités privées d'eau courante, on emploie, pour les arrosages, des puits où l’on arrive par un chpmin incliné, qui facilite singu-

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