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LIVRE III. — De Timor Aux Mariannes inclusivement

hité les îles Sandwich pendant plusieurs années, dirigeoit le travail, et II» Mjrànm.

y prenoit lui-même une part active'; il avoit sous ses ordres un grand Industrie ..I • i - es ■> • • . , manufacturière,

nombre de charpentiers du pays. bi 1 ouvrage navançoitpas tres-rapide-

ment, du moins ii se ikisoit avec soin et intelligence.

Nous levons observé un procédé curieux , qui permet de mettre immédiatement en œuvre des bois fraîchement coupés, sans avoir à redouter, dit-on, quils se déjettent, qu’ils se fendent ou qu’ils soient piqués des vers: il consiste à soumettre ces bois encore verts à une forte température, dans l’espèce de four mariannais que nous avons décrit ci-dessus (p. 307); on les y laisse d’autant plus long-temps que les échantillons sur lesquels on Opcre sont plus forts; ordinairement un jour suffit pour les plus grosses pièces. Les mêmes moyens préservatifs sont employés aux Sandwich : est-ce de ces îles qu’ils seroient parvenus aux Marrannnes ! Je ne sais; mais il est digne de remarque qu’une multitude de pratiques se retrouvent presque identiquement les mêmes chez la plupart des peuplades de la Polynésie océanienne , sans qu’aucune notion certaine vienne nous mettre sur la voie des communications qui om pu exister entre elles.

Sera-t-il jamais donné à l’homme de percer les obscurités qui environnent l’origine de ces nations sauvages!

■ Outils dt charpentief. — "Les chantiers d’Agagna sont fournis des principaux instrumens dont nos charpentiers font usage; fherminette cependant se distingue par un agencement particulier. En Europe le fer de cet outil est percé d’une ouverture ovaloïde que traverse un manche rectiligne, et ces deux pièces gardent entre elles une position invariable : aux Mariannes, au contraire, le manche se terminant en crochet, et le fer par une douille arrondie, on peut varier à volonté leur situation respective;

Disposé ainsi que l’indique notre planche 80, figure c, -l’outil se rapproche de notre hache ordinaire; mais quand on fait tourner le fer d’un quart de révolution de plus, il représente notre herrainette. H est au réste trèsfacile de lui donner une inclinaison intermédiaire entre ces deux-là, ainsi que le fait au besoin l’ouvrier. Sou s certains rapports, l’instrument mariannais est donc supérieur à celui de nos charpentiers.

Privés de fer, jadis les insulaires employoient une pierre cylindrique, • en lave fort dure, qui, tranchante par une extrémité, étoit arrondie à

Iles, Mar» rrnén

J odusirie manufacturière.

l’autre bout; on la fixoit, avec une petite tresse [ fifok ] de kair, à un manche coudé , dans lequel on avoit ménagé une loge pour la recevoir {voy^i pl. 7.O1 fig. t ). La forme cylindrique du haut de la pierre lui permettant de tourner dans tous les sens, l'outil pouvoit à volonté devenir, soit utie hache, soit une herminette. Tel étoit Xhigam, que l ot^faisoit de diverses grandeurs, en lui conservant toujours la même forme. On avbit aussi des espèces de râpes, faites avec des morceaux de madrépore. , Voilure , griment. — .Les voiles des anciens Mariannais, pareilles à celles des Carolinois d’aujourd’hui, «e composoient de bandes en nattes [ grMifak hiiljnh } cousues ensemble : la même conformité existoit pour la disposition des mâts, des vergues, et pour les cordages [talin gapb j qui servent au grément. .

. Cùtifatetgc et peinture. -‘-•On càifatoit les grandes pirogues . toutes composées de plusieurs pièces de bois cousues ensemble, avec une espèce de tresse grossière ou de bourrelet [intima] en kair, qu’on recouvrait avec un mastic Lait de chaux en poudre et d’huile de coco. Le lait de rima, réduit sur le feu, donnant une sorte de résine concrète, on eût pu s’en servir pour le même ob|et ; le major D. Luis pense que les anciens habitans en faisoienr usage dans quelques cas. • . - ' ■

Mais c’est sur-tout pour peindre leurs pirogûes que ce lait de rima étoit précieux; nous avons dit ailleurs (pqg. 4 r 3 ) comment on se le procurait. En le mêlant avec des terres colorantes, ou avec l’espèce de noir qui ré» suite de la combustion de locale de coco (tj, on avoir des teintes plus ou moins brillantes, qu’on étendoit ensuite sur le bois, à l’aide d’un pinceau ingénieux et simple, composé d’un fragment de -brou de coco ( pl: ja, fig. 2 1 ). Ce même vernis servoit en outre à recouvrir, certains ustensiles de ménage en bois, et à- les rendre ainsi parfaitement imperméables â l’humidité. Les couleurs les plus généralement employées éloient le noir et le rouge brim. 11 en est encore de même aujourd'hui aux' Carolines (voy. pl. 50 et 58)'. ■ ■ ...

( 1 ) ci-dçjsu», p. 1831

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