‹ Voyage Autour du MondeChapitre 16 sur 165 · ÇA · texte numérisé non relu

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LfVRE UI. - — De Timor aux -Marianne* inclusivement. 71 d’eux fût voleur; aussi leplus grand ordre régna-t-il dans tous nos marché?. 1S19.

Un de nous ayant envoyé dans une de leurs pirogues un flageolet, dont. M*"'

I» I n, 1 . , f . * , . UC HiWil

il avoit montre I usage, 1 insulaire qui le reçut parvint a en tirer un son* et aux ‘Mariait un. en fut si enchanté, qu’il poussa de longs et bruyans éciats de rire, auxquels ses compatriotes firent largement chorus.

Voici Un fait qui pourra faire juger de ieur intelligence. Lorsque nous eûmes dépassé le travers de Pouiousouk,, et quoique nous en fussions à plus d’une lieue, nous aperçûmes le fond au-dessous de la corvette, ce qui donna de l’inquiétude à plusieurs d’entre nous. Un Carolinois l'ayant remarqué n et en ayant deviné la cause, parla d’abord1 avec beaucoup de vivacité; mais voyant qu’il ne se fàisoit pas assez bien, entendre; il nous montra du doigt le fond de la mer, puis indiquant par un signe négatif que .notre vaisseau n’avoit rien à craindre, il étendit les bras, et compta ensuite surfes doigts deux fois dix, pour nous expliquer que nous avions au-dessous de nous 20 brasses d’eau* craignant encore de ne pas être compris, il répéta le signe par lequel il indiqitoit une brasse , feignit de tirer une corde de l’eau , et désigna de nouveau le nombre 20, en comptant les dix doigts de ses mains et ceux de ses pieds. La sonde jetée à cet instant ne rapports toutefois que dix brasses; mais un instant après nous en eûmes 20, puis 25 , et enfin 30. Les pirogues, qui déjà avojent commencé à nous quitter, achevèrent alors de défiler vers la terre. :

Le t 5 ; nous vîmes plusieurs autres; iles du même archipel : Pou- Iouhot, Alet„ Tamatam, Oilap, Fanadik, et une dernière fort éloignée, dont nous 'ne pûmes savoir le nom. Bientôt on aperçût à l’horizon une quinzaine de pirogues , parfaitement semblables à celles de la veille, mais dont la moitié seulement nous atteignit; des amarres ieur furent données, et nous les prîmes à notre remorque; quelques-unes, meilleures voilières, nous suivirentsur les côtés; une seule por nous devancer, et s’amusa à naviguer devant nous . en passant d’un côté à -l’autre.

« Plusieurs des naturels grimpèrent à bord 'avec une surprenante agilité , et y montrèrent une confiance et une gaieté qui nous firent croire que leurs communications avec les Européens doivent être fréquentes.

L’aspect de quelques boulets de cation , qtf on vint à déranger par hasard,

1819. imprima une grande terreur à ceux d'entre eux qui les virent; il ÿ en ■ .eut un qui retourna- même dans sa pirogue. Auroient-ils eu occasion

aux Marianne», a éprouver I effet meurtrier de ces projectiles î

- « Nous leur donnions mille bagatelles , et ils acceptoient tout ce qu’on leur offrait, mais ne prirent jamais rien d’eux-mêmes : ilsmangeoient le biscuit.avec plaisir ; un d’eux crut qu’un morceau de tabac qu’on iüi présenta étoit également bon à manger, mais, l'ayant mis dans sa bouche, il l’eut bientôt rejeté avec d’affreuses grimaces. Un autrese mit à danser (v07.pl. y 4);

* d'abord 11 préluda en courbant lè corps, étendant les bras, et faisant ■ vibrer légèrement ses mains; il paroissoit profondément occupé, et rrrnrmottoit à voix basse quelques paroles; puis animant sa danse des mains, il se ffappoit le corps, et fnisoit avec les hanches mille contorsions. En- • suite il$ dansèrent à deux et à quatre; mais à deux ils nous firent plus de plaisir, tant à cause de leur ensemble que parce qu'ils s’atcompaguoient â • mi-vôix d'une cbansotvfoft mélodieuse. A la vue d’un miroir, l’un de ces insulaires fût frappé d’une surprise extrême; il jeta un cri d’étonnement, et parla à ses camarades avec vivacité. Ils parloient tTès-fort, et, sans être absolument insupportables, -ne laissoient pas d’importuner. Leur carac- - . tère est si léger, que ce ne fut qii’avec la plus grande peine que mous

punies obtenir quelques mots de leur vocabulaire; un rien les dîstrayoit;' et quand nous pensions le plus avoir fixé leur attention , au lieu de nous • répondre, ils se m'ettoieni souvent à danser, ou bien ils nous tournoient

le dos pour s’occuper de toute autre chose que de notre demande.

* Ces insulaires, si .vigoureux,, si aimables , si gais, et qui paroissent en général fort sains , ne sont pourtant pas exempts de ia.lèpre; deux ou trois d’entre eux en étoient couverts. Un autre avoir un sarcocèle trcsconsidérable , qui paroissoit le gêner beaucoup : nous l’engageâmes i monter à bord dans l'intention de l'observer; mais il ne le vbuiutpas, çt résista'à l’offre ordinairement irrésistible d’un couteau. Un Carolinois qui étoit à dos côtés , et qui avoit remarqué que nous cherchions à obtenir par moyen d’échange tout ce qui nous paroissoit digne d’attention , ne * ■ j>ensa-t-ii pas que /tous voulions aussi troquer pour un couteau ce qui ^ faiaoit l’infirmité de ce malheureux : cette idée lui parut si plaisante, qu’il se prit à en rire aux -larmes.

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