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LIVRE III. — De Timor au* Mariannes inclusivement. 7 j

» Sur cas entrefaites, deux pirogues s’entre-choquèrent; te balancier de 1819.

l’une fût soulevé, et elle chavira. Cet événement nous fit de la peine, Ala'’'

, ... . . De Sawvk

parce que nous présumâmes que ces insulaires avoient perdu ainsi tous a«* Marianne».

les objets qu’ils avoient reçus de nous : quant à leur sûreté personnelle,

nous n'eûmes pas la moindre crainte, car ils sont exceliens nageurs.

Bientôt nous les vimes placés sur la quille de leur barque, occupés à

sauver ceux de leurs effets qui flottoient autour d'eux : ce fut avec

une adresse remarquable qu’ils retournèrent leur pirogue, la vidèrent,

et y replacèrent le mât et la voile : bref, en une demi-Iieure, tour le

désastre fut réparé, et l’embarcation remise en route. Il est vrai, et

nous . le vîmes avec plaisir , que deux autres pros qui couraient sur

nous à force de voiles et de pagaies, et qui certes avoient grande envie

de nous atteindre, se détournèrent pour secourir leurs compagnons. »

( M. Quoy. )

Comme nous nous éloignions beaucoup de ces îles, le reste des Ca* rolinois qui étoienf à bord se décidèrent à nous quitter : ils partirent , en nous laissant encore une assez bonne provision de poissons et de cocos , qui furent fort agréables à nos malades, auxquels on les distribua en partie. Cependant la situation de nos malheureux compagnons ne s'améliorait pas, et c’est le motif qui m'avoit empêché de m’arrêter pour étudier avec plus de soin les lies que nous venions d'abandonner si rapidement.

Je fis donc continuer de courir vers les Mariannes , où devoit se trouver , pour nous, le( port du salut. Enfin, le 17 mars, dix-huit mois après notre départ de France, nous aperçûmes ces îles tant désirées. Nous étant approchés à petite distance de la côte orientale de Guam, nous contournâmes cette île par le Sud, et arrivâmes promptement en vue du mouillage d'Umata, qu’il nous fallut atteindre en louvoyant.

A peine la petite ileDaneono, ou itux Cocos (pl. 59), fut-elle dépassée, que nous vîmes partir de terre une embarcation qui, portant pavillon espagnol, ne tarda pas à nous accoster. L’officier qui la commandoh , envoyé par le gouverneur, devoit s’informer de l’objet de notre mission, et du but de notre relâche. Après l'avoir satisfait à cet égard, je lui fis part de la situation de mon équipage , ainsi que du besoin extrême qqe nous avions de vivres frais. Il partit, et fut peu de temps à reparaître;

VojHJft de PU rouit. — Historique. T. II. jç |j r v, #

1819. mais mon étonnement et ma gratitude f urent au comble lorsque j’aperçus

dans son canot une ample provision de rafraîchissemens de toute espece. De Ravak 1 J », • ,

aux Marian nés. que le digne gouverneur de ces îles, nous envoyott pour subvenir aux

premières nécessités. La manne du désert ne fut pas accueillie , par les Israélites, avec tant de joie et de reconnoissance ; ce n’étolt IA cependant que le prélude de sa généreuse assistance : l’équipage, dans tout le cours de notre relâche , ne cessa de bénir sa bonté inépuisable et son zèle obligeant; mais dès aujourd’hui chacun de nous put oublier les privations et les peines auxquelles il avoit été livré , et s'abandonner à la joie que faisoit naître l’abondance. Nos malades, naguère découragés, se ranimèrent à l'espoir d’un rétablissement prochain, tandis que ceux de nos compagnons que l'épidémie avoit épargnés , se félicitoient d’avoir échappé à ce fléau , et goûtoient d’avance le bonheur de voir consolider leur santé, rendue chancelante par une aussi pénible traversée. Continuelles vicissitudes, telle est la vie du marin! Dangers aussitôt oubliés que passés, tels sont les hommes !

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