LIVRE 1111 — De Timor aux Mariantes inclusivement. p
Circonférence de la jambe , à sa partie inferieure. , , 1 96 ...
Longueur du pied. . .'.1/ 1^6. • • .
Circonférence du pied, dans sa plus grande largeur. . 'ajo.
— du coude-pied » . n. .’.... : J07 .
v Nous avons vu , dans les pirogues d'Abdalaga, plusieurs Papous, oü nègres de la Nouvellé-*Guinée , remarquables par leurs cheveux noirs, laineux et crépus , ainsi que par lç caractère de leur figure. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous parierons des habitans de Rawak et de Valgiou. o ( M. Gaimard. }
Vêtement. ■*— Le costume des Guébéens n'étoit point uniforme : quelques-uns avoient des espèces de robes sans coller, et des pantalons d’indienne ( pi. 38); d’autres, des pantalons et une' camisole ( pl. 39 ); mais le plus grand nombre n’étoient vétüs que d’un pantalon fixé par un mouchoir . autour de la ceinture ( pi. 3 7 et 45 )• Abdalaga avoit, comme marque distinctive , une tuniqye blanche par-dessous sa robe : il émit coiffé d’un turban rouge à la turque; quand la chaleur étoit forte, il ne gardoit sur la tête qu’une sorte de calotte délicatement tissée en paille ou en feuilles de palmier. Les gens de l'équipage portoient, soit un turban • ( pl, 3 7 , 39 et 41 ). soit un simple fichu dé couleur qui réunisioit leurs cheveux ( pi. 37, 38, 4 a et 4 f ) ; pçur se garantir du soleil .ils se couvroient de leurs saraou, larges chapeaux dont quelques-uns , de forme conique , étoiènt faits avec les feuilles du sagoutier ( pl. 37) : ceux des chefs, de formes variées, et remarquables par leur élégance et la délicatesse minutieuse du travail, étoient ornés d’espèces d’arabesques artlstement dessinées- sur du papier, et recouvertes d'une lame mince de talc, qui en préserve les traits contre les injures de l’air , et les fait briller d’un éclat argentin. La figure n.° 7 de la planche 4° , représente le. chapeau même dont le kapitan Guébé me fit cadeau : je m’en procurai deux autres figurés aux n.®' 6 et 8 , dont le second , qui est proprement un chapeau de femme, n’a pas moins de 1 pieds de diamètre froy. aussi pl. 45).
Nourriture. — A fa mer, la nourriture ordinaire de nos insulaires se compose de sagou , de. riz, de cocos, d’ananas et de bananes ; à terre, ils y joignent des poissons grillés ou bôuillis , et Jçs coquillages. U y avoit', dans leurs embarcations, des chèvres et des coqs qu’ils névoulurent
Vcrf agt de FL'mit. — Historique. 7 . SL B . .
Décembre, Ile Gucbé
1818^ ; ' Décembre.
Ile Guébé!
! o VOYAGE AUTOUR DU MONDE.
pas nous- vendre , quoique ces animaux ne parussent pas faire partie de fetn-s provision» de bouche. * . -
On réserve le riz pour la table des chefs ; cuit à l’eau , et pressé fortement , il est conservé pour l’usage dans des vases en bois. Le sagou se façonne en galettes carrées, de la forme à-peu-près d’une brique à bâtir, que l’on fait cuire dans le moule od four en poterie de terre que représente notre planche 4° ( fig- < s et -t 3 ) : à, cet effet, après avoir disposé ce moule ainsi que la'fig. 13* L’indique, on l'expose au -feu ardent de charbons allumés sur une plate-forme ( fig. 1-4); puis on le retourne, et l’on remplit chacune de ses cases avec de la fariner de sagou ; la chaleur du çnoule suffit pour donner en peu de minutes , à cette substance , le degré de cuisson convenable. ■• ' . ■
La farine de sagou crue peut sè conserver, dit-011 , pendant un mois, sans altération ; mais rien n’empéche de garder beaucoup plus long-temps les galettes lorsqu'elles sont cuites. On fait encore , avec la même farine , une sorte de bouillie ou de potage assez agréable, s’il est convenablement.épicé; car le sagou seul , comme on sait, est fede. Quelquefois, dans le but d’en prolonger la conservation . on fait cuire à. sec cette farine , qui acquiert par-lè une consistance granuleuse ; et c’est en cet état qu’ellè nous arrive en Europe. -Nous parlerons, dans un prochain chapitre, des procédés que l’on suit pour extraire cette matière nutritive de l’arbre qui la produit.
L’eau paroit ctre la boisson habituelle et exclusive des Guébéens; ils la conservent à bord dans de gros et longs bambous...
Commerce,. — — Leurs échanges avec nous ont toujours été faits avec
beaucoup, de, finesse; jamais ils n’offroient qu’en dernier lieu- les objets les plus précieux et les plus rares qu’ils vouloient noos vendre ; souvent même nous avons cru reconnoître qu’ils joignoient la mauvaise foi à un caractère rusé et tenaae-. Si nous paraissions desirër quelques-uns des articles, quïts. éialoiertf à nos yeux , ils demandoient aussitôt en échangedes pantalons, des moucho.irs, &c, , qu’ils apprécSoient plus que tout ce que nous pouvions leur offrir; <a,sils s’apercevoient ensuite que nous missions le moindre empressement à les satisfaire, ils éludoient l’accom-* plissement du marché, ou bien exigëoient le double ou le triple dë ce
LIVRE III. — De Timor aux Majuannes inclusivement, i i qu’ils avaient d'abord juge suffisant; bientôt même leurs- prétentions n'avoient plus de bornes. ■> ( M. Goinard. )
« Les premiers objets qu'ils étalèrent à nos regards .furent des nattes et des chapeaux communs en feuilles de iatanier; les échanges languissant un peu, nous demandâmes de leurs ajrmes , et aussitôt nous vîmes paroître des faisceaux de flèches, dé sagaies, de lances, des arcs, des boucliers, mais en si grand nombre, les flèches sur-tout, que nous enfumes surpris (i). Fidèles à leur tactique, ils ne nous donnèrent d’abord que des flèches en bois ; les flèches armées d’os, ne parurent que lorsqu’ils virent que nous ne voulions plus de celles-là ; ils en. firent autant pour {es lances et pour les chapeaux magnifiques des chefs, „
» Nos épingles , nos couteaux , et autres objets de quincaillerie, avôient pour eux infiniment moins d’atlfait que les mouchoirs de couleur, suie tout les rouges, et les étoffés de coton, dont malheureusement nous étions médiocrement pourvus. - ( M. Quoy. )
Parmi les objets dont nous eussions pu traiter avec avantage, se trouvoient des oiseaux de paradis, des ‘perles fines, des muscades excellentes et du tabac', .
Corocores. — M. Pellion- a donné un dessin aussi exact qu'élégant des corpcores qui nous accostèrent devant Pisattg ( pK 37); nous lui en emprunterons aussi la description, .
. <• Ces embarcations , dit-il , ont environ 4 5 pieds de longueur de tête
en tête , et une largeur de 7 à 8 pieds au milieu, A partir de ce point, les deux portions de l'avant et de l’arrière sont symétriques, et se terminent en coins aigus. f.es pièces d’étrave et d’étambot , fort élancées d’abord , s’élèvent ensuite tout-à-coup, et presque verticalement , jujrçu a 6 ou 8 pieds de hauteur. Les bordages des deux côtés sont minces ..polis, et bien liés, quoique sans clous, ainsi qu’on le pratique à Timor (a).
•> Ces. vaisseaux ne manqueraient donc ni d’élégance ni de qualités, s’ils n'étoient 'déparés par un échafaudage monstrueux ; leur centre, en effet, est, dans la moitié environ de sa longueur, recouvert d'une
Décembre.
Ile i»uébé^
( j ) Nous en achetâmes plus de i 600, selon M. Lamarche.
(2) Voyr^ les details que nous avons donnes sur la construction des corocores de Coupsng^l. 1, p. 684. ■ - - -
Décembre, iiç Guébé.
■au.-
il . . VOYAGE AUTOUR DU MONDE,
plate-forme , ou d'un toit en feuilles de palmier , que soutient , de chaque côté , un double rahg d’épontilles : tout cela a l'air d’un hangar flottant, assez solide toutefois pour supporter une quarantaine xl’hommés. En -t outre , des traverses en bois ; solidement, fixées , font à tribord et bâbord une saillie de 3 à 4 pieds , et donnent ainsi naissance à deux galeries latérales que bordç en dehors un madrier assez épais , lequel sert de point d’appui aux avirons. Deux espèces de chandeliers fourchus, installés sur la même ceinture , reçoivent , au besoin , la mâture , la voile et les espars de. rechange, ce qui a l’apparence d’un bastingage.
» Sur ces galeries est pratiqué un clayonnage en lattes de bambou , où, s'assied la première .file des rameurs : il existe , de chaque côté , une seconde rangée de pagaies que manœuvrent des hommes placés en-dedans de la corocore. Quand le navire est à la voile ; ta galerie du côté du vent lui sert -de balancier, et â cet effet, on y multiplie le nertibre des hommes selon le besoin. La disposition des rames , telle que. nous venons de l’expliquer, fait encore concevoir qu’en plaçant en échelon une nouvelle galerie au-dessus de la -première, on arriveroit . exactement aux trirèmes des anciens. ‘ :
» Les avirons , comme les pâgaies , se composent de. deux pièces : une hampe ou manche, et une pale. La première est un morceau de bois dé t'a à T5 pieds de long, sur ï pouces de diamètre, dont un des uts est ouvert dans le sens de la longueur , pour recevoir ta Seconde pièce , consistant en une planche circulaire percée de plusieurs trous , dans lesquels passent les ligatures qui doivent les assujettir.
» Trois bambous, placés en triangle , et réunis au sommet, composent la iHUture : deux d’entre eux figurent nos haubans ; le troisième, mis de l’avatar, et venant afc-bouter à la jonction des deux premiers , sert d’étai. Ordinairement on dispose encore, au sommet de cette mâture, une sorte de crochet dans lequel passe la drisse de la voile. Celle-ci, de formerectangulaire „est tissée en feuilles de palmier; deux vergues en bambou ' servent à l’orienter , et sont placées l’unè au sommet et l’autre au bas de ta voile, dont tout le grément consiste en deux écoutes et une drisse. Au lieu de la carguer, on l’amèhe et on ta roule sur sa vergue inférieure . »■ '• % . •
u^oogle .
LIVRE III. — De Timor aux Marjannes inclusivement, i j ' » Les gouvernails , aii nombre de deux , fixés i’un à tribord l’autre à bâbord , offrent une disposition tout-à-fait conforme à celle des corocores de Timor , avec lesquelles , d’ailleurs , les embarcations de Guébé ont les plus grands rapports. ■ • ••••*' . •
La chambre du kimalaha étoit au centre de l’embarcation , sous le toit de feuillage; on y voyait un bagage considérable en malles, cassettes, paniers, matelas, coussins, &c. , attirail qu’on eût pu prendre, en un mot, pour celui d’un petit-maître français. A la cime de l’étrave, flottoient les couleurs guébéennes ( voyez pl- 37 )‘> l’autre corocore ne portoit qu’un pavillon blanc. Lorsque ces bâtimens s’approchèrent de nous, leur manoeuvre se faisoit au bruit d’une espèce de tambour ou de timbale dont la forme se trouve indiquée planche 40 ( fig. t i ). »
Armes. — Elles consistent en longues sagaies , terminées par des pointes en bois dur ou en os, en flèches, kris et sabres; leurs arcs, en bois de fer, et dont la corde est en rotin, ont jusqu’à 7 pieds de long; les flèches , en joncs longs et menus , sont toujours armées d’une pointe en os ou en bpis dur, barbelée et très-pointue. Ils ont, pour armes défensives, des boucliers en bois léger , recouverts d’une peau , longs de 1 pieds ÿ à 3 pieds , larges de 1 2 à 14 pouces aux extrémités , et de 8 seulement au milieu , lesquels sont quelquefois bordés de mèches de cheveux ; le champ , de couleur noire , est incrusté de coquilles de l’espèce nommée /ru/s Je Le'Ja , dont la blancheur y contraste agréablement. M. Lamarche nç croit pas exagérer en portant à 5- ou 6 000 les flèches qu’H y avoit à bord de chaque corocore, les arcs à 1 50, et les sagaies à un nombre égal.
Pêche, -r— Nous ne fîmes qu’entrevoir ici les engins dont les Guébéens se servent pour la pêche ; mais ayant pu à Rawak étudier plus à loisir leur habileté en ce genre, nous nous sommes assurés qu’elle n’est pas inférieure à celle qu’ils déploient dans les échanges. Comme les Papous , iis font Usage de seines, d’éperviers, defouèneset d’hameçons ;. mais nous donnerons bientôt de plus gWknds détails i ce sujet, en parlant de l’industrie des habitant de Rawak et de Vaigiou.
Le 8 décembre , étant débarrassés de. -nos commensaux , et le calme nous retenant encore près de Pisang, j’en profitai pqur faire visiter cette
Décembre lie Guébé
Décembre.
Incursion sur file Pisang,
petite ile par MM. Quoy , Gaudichaud-, Arago> Railiiard et Bérard. Le canot qui les portoit revint le soit'méme. •
Ainsi qu'il est facile d’en .juger, même lorsqu'on est encore à quelque distance de terre,- Pisang a ses rivages absolument à pic. Les gros bâti» mens pourroient donc rapprocher sans danger, car on ne trouve même pas le fond par 3.0 et quelques brasses, à demi-encablure de terre. Nos compagnons éprouvèrent des courons tellement forts dans son voisinage, qu’il ne fallut rien moins que tous les efforts de leurs rameurs pour atteindre la plage Je galets vers laquelle ils se dirigeoient. D’abord il crurent reconnoître que la base de. file étoit granitique, mais un . examen plus attentif prouva à M. Quoy- quelle est au conlrjÿre entièrement volcanique. <■ Ses faves trachitiques, dit-il , se décomposent facilement en une terre végétale, dont tout annonce la fertilité. C'est probablement entre les deux petits mamelons indiqués par le dessin ( pl. 37), qu’étoit placé le cratère du volcan qui a donné naissance à cette île. Dans sa partie Sud , on aperçoit des rochers séparés de file principale, dont quelques-uns ont une forme prismatique l'un d’eux" s'mciinoit à l’horizon d’environ to degrés. » ‘ - "
j .v'Sous les eaux, à la profondeur de zcv-pieds et plus, les madrépores travaillent sur les roches à -l'exhaussement du" fond, et y forment ces blocs de maricre calcairequi, détachés par l’effort des tempêtes, et roulés ensuite , sont enfin jetés sur la piage , où nous en avons trouvé de, plusieurs espèces. ». . * . ; , r : '
M. Railiiard en a rapporté quelques échantillons recueillis dans un ravin , à 1 o , i-j et 10 toises au-dessus du niveau de la mer ; ils y étoient , dit-il, en trop grand nombre pour qu’on pût supposer qu’ils y eussent été transportés par des hommes. » , '
«La végétation qui décore cette (nasse conique est vraiment admirable. Les plantes qui la recouvrent étendent leur verdure du sommet à la base , de telle sorte que beaucoup d’arbées dont les racines sont baignées par la mer , projettent encore leurs tiges inclinées et- leurs rameaux à 30 ptf 4° pïetfs au large, formant" ainsi un -rebord deverdure qui semble reposer sur les flots. A èette Circonstance est due la grande difficulté qu’on éprouve à contourner file à pied: les bords, en, "effet, eu sont tellement
LIVRE TH. — De Timor aux Mariannes inclusivement, i 5 obstrués soit par les arbres vivans et inclinés , soit par ceux tjui gisent . abattus pas l’âge et par les ouragans, que souvent on est oblige de se mettre dans l'eau , ou de se frayer un passage à travers des broussailles fort épaisses. . s
» De Ja principale échancrure de la montagne-, .part une petite ravine qui se prolonge jusqu'à la mer ; elle étoit à sec lorsque nousfa visitâmes , mais , dans les temps de pluie, elle doit fournir beaucoup d’eau.
■> Quoique nous n’y ayons pas vu de sources, je me garderai- bien de 'conclure qu’il n’y en a point; peutjêtre sommes-nous restés à terre trop peu de temps pour en découvrir. S'il étoit nécessaire d’étayer sur des probabilités l’opinion qu'il existe de l'eau sur cette plage, ja dirais que nqus y avons trouvé des débris de quelques palmiers nouvellement coupés, des leux à peine éteints , des coquillages fraîchement vidés, &c\, indices qui attestent suffisamment que si elle ifest pas habitée , les naturels des îles voisines la visitent parfois. Il est à croire même que le kimalaha de Cnébé, qui nous avoit accostés la veillé, s'y étoit arrêté; sans cela, continent les deux cents hommes dont se composoient ses équipages, n’ayant • que quelques bambous remplis d’eau, eussent-ils osé . s'aventurer en pleine mer, sans être certains de renouveler cette mjnee, provision sur tous les points choisis par eux pour y relâcher. JLa liqueur sucrée des palmiers, objectera-t-on , peut y suppléer suffisamment. La question, si ion veut, restera donc encore indécise; heureusement sa solution n’est pas d’un fort grand intérêt.
» Un sentier éttoit , dirigé' vers le sommet du morne, èt garni , dans les endroits les plus abruptes, d’une sorte d’escalier taillé dans lé roc , ou Je quelques marches en pierres artistement ajustées , nous eût probablement conduits à une source d’eau vive, si nous eussions eu le loisir de nous livrer à cette recherche. Mais entour» d’objets nouveaux , offerts par le règne végétal , leur vue absorba toute mon attention..-
» Les arbre» sont presque -tous ici d’une hauteur prodigieuse ; aussi liai- je pu me procurer que des échantillons de ceux qui, par-accident ou par toute autre.cause „ ét nient couchés ou plus ou moins inclinés vers la mer. • t
-.Dans des parages semés d’écueils, fréquens en calmes et en orages,
iSi«.
Décembre.
Ile Piiang.
Décembre.
Ite Pisang.
il est , je crois , intéressant de signaler les produits alimentaires et les autres ressources que peut offrir un îlot qui se montre comme isolé au milieu d'un espace immense.
« La famille des palmiers réclame le premier rang. Indépendamment des bananiers, qui ont fait donner à cette île le nom quelle porte (i}, et qu'on dpit y trouver en abondance , on y remarque une multitude de sagouriers, dont les feuilles en éventai) ont plus de 5 pieds de diamètre : on sait combien ces arbres sont précieux, en raison delà grande quantité de fécule que chacun d’eux peut fournir. Les aréquiers , les vacouas et ies cycas, tous splendidement dotés sic richesses nutritives, n’y croissent pas en moins grande quantité. ' • ,
„ En seconde ligne , nous placerons naturellement ies aroïdes , qui donnent presque toutes des bulbes alimentaires , ou susceptibles de ie devenir par des opérations à-ia-fois simples et faciles.
» Viennent enfin les fougères, extrêmement multipliées aussi, dont les tîges , et sur-tout les racines , prennent des dimensions extraordinaires ; leur fécondité , toujours croissante , présente un intérêt qu’au besoin H seroit facile de développer par ia culture , &c. » ( M. Gaudichaud. ) *
Nous citerons,, parmi les oiseaux remarqués à Pisang, une hirondelle dont la robe, d'un brun violet, brilie de reflets métalliques ; une espèce de rossignol, un gobe-mooche et plusieurs gros oiseaux noirâtres. Les oreilles de nos amis furent frappées d’un cri semblable à celui du babouin du Cap de Bonne-Espérance, oit à l’aboiement d’un gros chien qu’oit entendroit de Ip'm ; mais M. Gaudichaud ayant '-cwï depuis ie chant sourd et plaintif du pigeon couronné (2), ne douta plus .. que ce ne fut celui de cet oiseau.
. Suite • .Les calmes nous contrarièrent encore pendant une partie de la jourjusqu’â Rawak. née du p décembre; ie vent enfin s’étant élevé, nous permit, quoique foibJejnent, de continuer notre route, et de franchir, le n, le pas- ' . sage de Giioio, formé par i’île Guébé, d'une part, et ia petite île
• ( J ) Le nom AePiiang lignifie banant en nftiah.et ion doit ie prononcer Putaag. Au rejte, cenOra eit ici peut-être plutôt justifié par ta forme particulière qu'a fient- nie ou les rochers prismatiques qui Ra voisinent , que pat les bananes qu’elle produit.
(I) KeyrçpMi.
LIVRE III. — De Timor Alix Mariannes inclusivement. «7 Mouhor, de l’autre. Cette dernière paroit tenir par un banc à la pointe Tabo, c'estVâ’-dire, à l'extrémité orientale de l’ile Gilolo. De là nous continuâmes de courir à l’Est. \ •• •
Quoique je fusse le soir dans le voisinage d’îles jusque-là peu connues, je n’hésitai pas cependant à forcep de voiles pour profiter d’un vent favorable et d’un brillant clair de lune qui permettoit de distinguer nette- • ment les objets. Nous ne tardâmes 'pas à découvrir les basses terresde Bafabalak , et l’île Rouib , dont le morne élevé se fait apercevoir de loin. Au Nord , un autre groupe d’iles assez étendu se développent à nos yeux; c’étoient les’ îles Vayag,
1 Engagés, pendant un instant de calme, dans le détroit qui sépare ces dernières 4c l’ile Rouib', nous fûmes maîtrisés par des courons rapides ' qui, nous rapprochant assez vite des îles Vayag, nous donnèrent des .inquiétudes pour la sûreté du navire. A 3 heures -j- du matin, la lune, long -temps tachée par les nuages, se découvrit tout-à-coup, et -nous permit d’apercevoir , autour de nom , des taches alternativement Manches et brunes : je les pris d’abord pour des reflets de lumière; mais remarquant bientôt que ces taches varioient de forme et de position, je ne pus douter qu'elles ne fussent occasionnées par la présence d’un banc sur lequel nous naviguions. La Sonde, jetée aussitôt , confirma cette idée; d’abord elle ne rapporta que 9 brasses sur un fond de sable et de rochers; mais '60 eut 8 brasses immédiatement après. Tourmentés par la double crâinte d’échouer ou d’étre jetés a la côte par les courans , nous nous hâtâmes de mettre à J’aiûre. Nous pûmes plus tard envisager de sang-froid notre position , et-apprécîer toute l’impodance de cette rencontre fortuite qui nous avoir empêchés de iaisser dériver la corvette entre quelques-uns des canaux vers lesquels la fharée nous poussoit; il est en eflët difficile- de dire quelles, eussent été les conséquences de cette manœuvre désespérée. Nous attendîmes au mouillage , sur ce banc sauveur , le retour de la brise , qui n’arriva, le 13, que sur lés 1 1 heures du matin , accompagnée d’un fort orage r nous -en profitâmes pour appareiller.
Vayag n’éroit indiqué,- sur nos meilleures cartes, que comme une seule île ,• tandis que- c'est réellement un assemblage de près de cinquante îlots ou rochers, constituant la limite septentrionale d’un détroit
Vojaçt dtl'UraA'u. ■ — Hisiorujue. T, H. * - Ç
Décembre.
Renfle dp Pisang à Rawak.
Décembre.
nomme par nous Passage de P Uranie. Il est borné au Sud par Rouib, Baiabalak, et quelques autres îles qui , n’étant pas connues jusque-là des navigateurs , reçurent , ainsi que la plupart de celles qui composent je groupe Vayag , le nom de quelques-uns de nos compagnons de voyage et detios amis. ( VPX*l pi, 3 6.) . .. . ,
Un caractère singulier de ces îles (1), c’est que presque de tous côtés elles sont minées inférieurement , de telle sorte que chacune d’elles est monts large à sa base qu’à six ou sept pieds au-dessus du niveau dè la mer, circonstance qui leur donne assez exactement l'apparence de ces meules de paille qui reposent sur un cône tronqué renversé. Une telle configuration doit rendre ces îles inabordables -, et toutes le-serpiç-nt en effet, si plusieurs n’avoient çà et là de petites anses sablonneuses, seuls points où il seroit peut-être possible de mettre à terre. La plus admirable végétation couvre toutes ces îles ; même quelques îlots entièrement rocailleux ne sont pas dépourvus dç verdure. •
< Parvenus au Sud de l’jle Ine, nous aperçûmes sut' Vaigiou l’entrée du havre. Piapis : nous ne cherchâmes pas à y pénétrer; mais, dans la journée du 1 4. naviguant à petite distance des côtes septentrionales de la dernière de ces îles, notre habile observateur, M. Duperrey, chargé spécialement de la levée des cartes hydrographiques depuis notre départ de Timor, s’occupa d’en faire l’exploration. Nous dépassâmes successivementlabaie Aragoet lè h^vre Offâk, dont les abords sont reconnoissables par le. sommet aigu d’une montagne que le capitaine Fo'rest a ■Tmmmée Coriie-de-Bufile. . J . , .
A mesure qu’on s’avance vers l’Est , les montagnes de Vaigiou pa~ rôissent plus élevées; une végétation vigoureuse ies tapisse jusqu’à la cime. Les falaises qui bordent la côte’. Sont, comme- les îles Vayag, en général minées à ieur base par les eaux de la mer. On y voit plusieurs grottes ou crevasses considérables, d’un aspect assez pittoresque.
Nous allâmes le soir mouiller près de file Manouaran. Le. 1 5 , nous fîmes route pour nous rendre au havre Boni; mais le calme ayant suspendu notre course , nous fûmes accostés par une barque partie de* côtes
( 1 ) yp/fi U partie Navigation et hydrographie de noue Voyage, p. rt>i et wtv.