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LIVRE III. — De Timor aux Marjannes inclusivement

penser de compter par années. Notez bien aussi que le nombre de Jix lies Caroline?, ■ * mois est conséquent avec l'arithmétique dont ils font usage.

Je n’exposerai pas néanmoins ici la nomenclature numérale des Carulinois, ces détails devant entrer, comme tous ceux du même genre que nous avons recueillis chez d’autres peuplades, dans la division de ce Voyagé qui a les Langues pour objet : cependant je dois dire par ami

De l’homme

Arithmétique*. 4

cipation , comme fait curieux, qu’ils suivent le système décimal , système

qui probablement leur est venu de l’Inde. Ils n’ont point de noms spéciaux pour les nombres i>; iz, J3, &c. ; mais ils disent dix-un, dixdeux , dix-trois , &c.

."’ On prendra certainement une haute opinion de l’intelligence de ces' .peuples, d’après la lettre naguère adressée par un de leurs chefs ou tantors , au capitaine Martinez, que M. Bérard a rencontré sur file'-. Rota. ( Vuy. pl. 58 , fig. 8.") Elle fut écrite primitivement sur un très- .. mauvais morceau de papier que le Carolinois s’étoit procuré à Guarn: une sorte de couleur rouge avoit servi d’encre. Le premier caractère, qui représente un homme les bras étendus, grossièrement dessiné, est un, ' -signe de salut ; duns la partie gauche au-dessous sont indiqués le nombre * et l'espèce des coquillages envoyés par le Carolinois au capitaine Martinez, savoir, cinq gros, sept plus petits-, et trois autres d’une, forme différente; à droite et vis-à-vis, sont marqués, sur deux lignes, A Épv objets demandés en échange, c’est-à-dire, trois gros hameçons et quatre petits, puis deux haches et- deux morceaux de fer. La vignette . ■ du milieu, et diHcrehtes lignes tracées çà et là, servent à séparer iésmembres de la phrase. Cette pièce est, si l’on peut s'exprimer ainsi, * un véritable modèle d’écriture idéographique.

. C'est encore au major D. Luis de Torrès que nous sommes redevables desdétaiissuivans, qu’il a recueillislui-mcme(r), sur la religion des habitans du groupe des Gouliay ; et selon toute apparence, les mêmes idées se reproduisent sur plusieurs des autres iles de la troisième province: j'en trouve la preuve dans ce qu’ftvance D. Luis lui-même. « Ayant demandé, dit-il, aux gens les plus âgés et les plus respectables de Gouliay , si les

Écriturt.

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t-'lÇi j. Ce» <icwi'« ont «û traduit» de l'espagnol par M. Gabcrt.

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Iles Caroline, l'homme

sider dans le ciel , savoir , Alouhilap , Loaghehng et Olifad; iis leur donnent l’origine suivante :

» habitans des autres îles qu’ils connoissent n’avoient pas une autre •> croyance, ils me répondirent que ce qu’ils m’avoient rapporté étoit cru " » dé l’univers entier; que tout ce qui existe dépc-ndoit de ces dieux, et » que de monde finirait quand il lçur plairait. Cette notice, ajoute ce » respectable officier, contient ce que les naturels ont pu me donner de » plus exact , et je la garantis , parce que je l’ai confrontée , sur les lieux » mêmes , avec les rapports de divers vieillards. »

.« Les habitans des Çarolines adorent trois- divinités qu’ils font ré-

» Ils croient que de tonte éternité existe une déesse appelée Ligopoup , et créatrice de l’univers. Elle mit au monde Alouhilap, inventeur de toutes les sciences et dispensateur de la gloire. Son (ils est Longheling,. dont on ignore et la mère et fa naissance. Lougheling eut deux femmes : l’une, /lamoulong, habitante du ciel; l’autre, Tariso', simple mortelle , mais d’une rare beauté. Elle accoucha d’OIifad quatre jours après le commencement de sa grossesse. On dit que ce dernier.,

' aussitôt qu’il fut rté.ise mij à courir. On le suivit pour lui oter lé „ sang dont il étoit encore couvert ; mais il ne voulut être approché de personne. Il répondoit à ceux qui l’appelojent qu’il s’acquitterait bien de ce soin lui-même, et se frotta au tronc des cocotiers et des palmiers- • ■' qu’il trouva sur son chemin : de là, dit-on, la rougeur du tronc de ces , arbres. Il se coupa de même le cordon pmbilical a coups de dents , prétendant qu’il se guérirait bien tout seul. Selon ia coutume dans ces I contrées de faire boire aux nouvcaux-nés du lait d’un jeune coco , sa mère. Tariso lui donna un de ces fruits. Obligé, pour boire, de lever les yeux, il vit dans le ciel son père -Lougheling qui l’appeloit ; il monta vers lui ainsi que sa mère, et dès-lors Olitad et Taristi se séparèrent du monde.

» Olifad , en entrant dans le ciel, rencontra des eufans jouant avec un requin qu’ils tenoient attaché par la queue; et tomme; et poisson faisait sembla ut d’être perdus, afin de ne pas être reconnu, ces cnfans le dédaignèrent (i). Le jeune dieu le leur demanda; mais tous refusèreut, -

' -’(i) Dan» le Itcyagc Jt Aotzehn(î. JH de l'tiiirion anglaise), le paoage en italique» irouv#

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