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CHAPITRE; XXV

Précis historique sur les lies Mar tannes , antérieurement a 1820.

L’histoire des îles Mariannes se divise naturellement en trois périodes,' qui , liées par l'ordre des temps , présentent chacune un caractère qui leur est propre.

• La première comprend les évéhemens écoulés entre les années 1521 et 1668. Tirées de leur isolement primitif, ces îles nous sont révélées, pour ainsi dire, par une seconde création, qui les met en rapport avec un univers nouveau pour elles. D’abord les liens qui les y rattachent sont foibles et sans cessse interrompus : les vicissitudes de la navigation , l’inconstance des vents, quelques excursions aventureuses inspirées par la curiosité, telles sont les seules causes qui de loin à loin contribuent à en renouer les fils. Peu à peu ', les relations, devenues plus multipliées, se fortifient; relâcher aux Mariannes est bientôt une habitude et presque un besoin pour les vaisseaux venant ou allantdu Mexique aux Philippines: de là naît chez les Espagnols le désir de conquérir ces îles à la religion , et de les soumettre exclusivement ensuite à leur empire. * •

Cette double conquête des Mariannes à la civilisation et à la domination espagnole, forme la deuxième période, qui s’étend de 166B à tôpp. On y voit les insulaires déployer successivement tout ce qu’ils-ont de force, d’héroïsme et de ruse, pour défendre leurs coutumes et leur indépendance: vingt fois abattus, vingt fois ils se relèvent; mais enfin, décimés par la guerre et par des maladies jusque-là inconnues parmi eux, ils cessent d’opposer une résistance désormais Inutile alix armes puissantes de l’Européen civilisé. Une émigration succède à tant de désastres; et ceux qui restent de ces tristes débris , arrachés pour la plupart à leurs cités et à leurs iles natales, sont rassemblés à Goam, à Saypan et à Rota, et placés en quelque sorte squs le canon des forts, garant de leur obéissance.

La troisième division.de 1 6yy jusqu’au départ de V Uranie , est l’histoire des Mariannes sous la puissance espagnole. Le plus- grand nombre

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lier M.iri.mnfi. des naturels regrettent profondément, mais en silence, leur ancienne li- Histoire. berté; le désespoir en porte plusieurs à se suicider, ou à détruire à leur naissance les enfàns issus de leurs unions : cependant tous vivent soumis et tranquilles; et si l'on voit encore par intervalles quelques troubles, c’est plutôt entre les Espagnols eux-mêmes. Les noms et les actes des gouverneurs composent presque tous les faits dont l’histoire ait tenu note pendant cette dernière période.

. J’ai consulté . pour écrire ce précis , un assez grand nombre d’ouvrages et de documens officiels. Les Archives de Caam , dans lesquelles j’ai eu la facilité dé fouiller, m’ont ou révélé des faits nouveaux, ou fourni lesmoyens de vérifier ceux qui étoient déjà connus : mes conversations avec D. Luis de Torrès ont été aussi pourmoi une mine précieuse sous cedouble rapport; enfin; j'ai puisé la cennoissartce d’un grand nombre d’événemens dans les ouvrages suivans : Historiés de Filipiuas, por el P. Pedro Murillo Velarde; Historiés general de Fihpinas, de! P. Fr.- Juan de la Concepcion ; Histoire des îles Mariapnes , du P. le Gobien; Lettres édifiantes ; Histoire des navigations aux Terres australes , du président de Brosses ; Histoire generale des voyages, de l’abbé Prévost; a Chrono/ogical History, & c. by J. Burney, et dans une quantité assez considérable d’autres relations de voyages. Ayant eu l’avantage de discuter à Goam même ce que la plupart de ces ouvrages contiennent de vraiment important, j’espère n’avoir commis, dans ce qui va suivre,- auctlne grave erreur. .

Depuis Lt découverte des Mariastncs par Al âge liait , jusqu'à l'arrivée du Pire Sanvitares '( i J 2 t — * 1 668 ).

if 21. . Magellan, chargé d’examirter s’il n’êxistoit pas de communication entre la mer qui baigne les côtes occidentales de l’Amérique et l'Océan atlantique, traversa le premier le détroit qui conserve son nom, et découvrit, le 6 mars 1511 , après une navigation longue et périlleuse, le groupe des îles Mariannes, qu’il nomma d’abord îles de las Vêlas latinas [des Voiles latines], puis îles de los Ladrones [des Larrons] , carie nom quelles portent aujourd’hui est beaucoup plus moderne.

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