LIVRE III. — ; De Timor aux Marianne* inclusivement, i
Quatre ans plus tard, l'amiral hollandais Olivier van Noort s’arrêta Ue> Mariànn«. deux jours près de G®am, où il embarqua des cocos , du riz et d’autres H moire
rafralchissemerts ; mais , ainsi que les Européens qui i’avoient précédé , il ,<So°reconnut dans les habitans une adresse surprenante pour voler tout ce qui flattoit leurs désirs.
Cette même année , la Santa- Margarita , navire espagnol , qui avoit perdu son capitaine et une partie des hommes de son équipage, vint mouiller à l’île Rota, celle des Marianne* qui est fa plus voisine de Geam.
Aussitôt, les naturels accourent, montent sur le vaisseau, et voyant sa détresse, ils s’en emparent, après avoir égorgé, plusieurs matelots; le reste ,' dispersé parmi les insulaires ,. ne fut point maltraité. Quant au butin , il devint la proie des capteurs , qui se le distribuèrent. Parmi les effets qui étoient à bord se trouvoit une assez grande quantité d’or et d’argent monnoyé , dont une partie fut suspendue aux' arbres, et le reste au cou des barbares , car ils ne pensoient pas qu’on pût en faire un autre usage.
Au mois de mai jéoi , le Sau-Thomas , galion espagnol , toucha aux 1601. mêmes îles, ayant à bord D. Antonio de Ribera Maldonado, récemment nommé juge â Manille, où il se rendoit. Cinq hommes de l’équipage naufragé de la Santa- Margarita étant venus à bord avec quelques-uns des insulaires, ceux-ci promirent que, si l’on vouloit rester à l’ancre seulement pendant deux jours, tous les Espagnols, au nombre de vingt-six personnes, dont une partie étoient alors sur les autres îles, seroient rendus. Mais Maldonado, pressé d’entrer en fonctions, et craignant que plut tard tes vents pe contrariassent sa route , exigea qu’on mit à la voile sans délai , s’embarrassant fort peu du grand nombre de tes compatriotes qu’il abandonnât ainsi aux caprices d’une population sauvage. Un bon moine , embarqué avec lui , touché du sort déplorable de ses malheureux compatriotes, alla les rejoindre dans une pirogue, déterminé à partager leur sort. La plupart moururent sur cette terre tf exil ; les autres trouvèrent par ia suite les moyens de se rendre aux Philippines.
Le 23 janvier 1616, le Hollandais Spilbergen s’arrêta aux Mariannes 1616. pouf y prendre des vivres, qu’ii obtint par des échanges; et neuf ans après, fa flotte de Nassau, sous le même pavillon) jeta l’ancre près de 1635.
Voyage dt l' Uranie. — Historique. T, 11. y
lies Mariannes. ia côte occidentale de Goam. Cent cinquante pirogues parurent aussitôt Histoire. ]e long des navires ; et bientôt un trafic mutuel s’étant établi , l’amiral (kjik). Schapenham parvint à se procurer les rafrafchissemens propres à rendre ia santé à quantité d'hommes de son équipage qui , atfoiblis par le scorbut, ne pouvoient prendre part aux manœuvres. •
* 63 H. Le navire ta Conception vint signaler l’année 1638 par son naufrage
aux Mariannes. Les insulaires se conduisirent mieux envers les malheureux qui te montoient qu’on ne devoir s’y attendre d’après les récits des précéder voyageurs :• on les vit en effet secourir généreusement ceux des Espagnols qurétoient parvenus à se sauver à terre, les recevoir parmi eux, et chercher à leur faire oublier leur situation fâcheuse. ii$<u. • . Parti d’Acapulco pour Manille , le navire te San-Damian arrive, en 1 661 , en vue de Goam. Selon leur coutume , les insulaires s’empressèrent d'allef offrir à bord de l’eau , des fruits, du poisson, en un mot tous les rafraiehissemens dont ils pouvoient disposer. Le P. Sanvitores ( 1), missionnaire jésûite, qui se trOuvoit sur ce vaisseau , fut touché de l’état d’ignoranceet de misère dans lequel croupissoient ces Indiens, et résolut'de tout teriter pour les convertir au christianisme. Afin d’atteindre ce but, il s’empressa, en arrivant à Manille, de faire des instances et des démarches auprès du gouverneur;, mais la politique” repoussa des projets dont elle 11’apercevoit pas dcs-lors tous les avantages. Au nombre des objections qui furent faites, on insista sur ce que le trajet des Philippines aux Mariannes étoit presqué impossible, à cause des courans çt des vents qui régnent dans- ces mers, et l’on ajouta même que la plupart des vaisseaux qui avoient tenté de suivre cette route avoient péri.
Excité plutôt que découragé par de tels refus, le P. Sanvitores crut devoir s’adresser directement à la reine d’Espagne , et l’engager à prendre les- îles Mariannes sous sa protection. Elle accueillit favorablement cette
< ( ; ) IX Diego Luis dp Sanvitores, issu d'une illustre maison de la Vieille, Castille, descendent, par sa mère, d'un neveu de Muy Diaz dt Vivarj surnommé le Cid ,. capitaine fameux dans les annales espagnoles: il dédaigna la brillante carrière que lui ouvroierit à la cour d’Espagne sa naissance et tes servicevde son père, pour entrer dans l’ordre des Jésuites, et se livrer à l'apostolat. Né à Burgo's,en 1617, il. fut martyrisé à tioam, à fige de 4 J ans. « C’étoit, dit son >■ panégyriste, un homme d'un génie élevé,' d’un jugement solide, et d’une grandeur d'ame i -capable dés entreprises les pins difficiles, s»