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Les maisons de débauche étoient un grand obstacle à la conversion des lin Mamjin« insulaires au christianisme; le» olitaos y vivoient en effet dans la plus » Hinoirt, horrible dissolution. D. Juan résolut de détruire ces foyers de désordre. 1678 (>“»*)• et y travailla avec succès. Deux des principaux chefs du pays, Antonio Ayihi et Alonso Soon , le secondèrent efficacement par leur prudence et par leur courage. L’extrême inégalité du nombre, l'âpreté des che- . mins , les pièges des insuh}ires, les nuées de traits et de pierres auxquelles les Espagnols étoient en butte, ne laissoient pas de rendre l’entreprise extrêmement périlleuse ; toutefois la discipline , la supériorité des armes et de la tactique militaire , parvinrent à vaincre tous les obstacles : on tua, dans divers engagemefis, un nombre considérable de Goamois; d'autres, au désespoir, se détruisirent eux -mêmes ou se sauvèrent à Rota ; et le reste des insurgés , hors d’état désormais de soutenir la lutte , demandèrent la paix et se remirent à la discrétion du vainqueur. Ainsi les Espagnols recouvrèrent enfin une tranquillité dont ils étoient privés depuis trois ans.
D. José de Quiroga y Lozada, d’une illustre famille de Galice, après avoir, comme S. Ignace de Loyola , passé une partie de sa vie au service, résolut ensuite, comme lui aussi, de se livrer aux pratiques les plus austères de la religion. Néanmoins, lorsqu’il apprit les circonstances du martyre du P. Sanvitores, il se sentit animé d’un nouveau lèle; et pensant qu’il pourroit être utile à la mission des Mariannes, il abandonna l’habit et la vie d’ermite , et quitta l’Espagne pour se rendre à Goam , où il arriva dans le mois de juin de l’année 1679. 1679.
Des affaires de famille appelant impérieusement alors D. Juan de Salas dans sa patrie, il n'hésita pas à résigner son emploi de gouverneur à D. Quiroga : mais, contre son attente, il eut beaucoup de peine à le lui faire accepter; celui-ci ne consentit même à en remplir momentanément les fonctions qu'à condition que le roi d’Espagne serait prié de pourvoir sans délai à son remplacement.
Cet objet fixé , le noüveau gouverneur prit possession de sa charge le 5 juin 1680, et commença par mettre en vigueur divers réglemens 1680. adressés par Sa Majesté aux commandans des Mariannes, dans le but d’y faire régner la justice et une sage industrie. Ces ordonnances coe-
Ytyigt tli l’ brunit. — Historique. T. IL g J)
Ile* Marianne*.
Histoire.
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tiennent, il est vrai, quelques dispositions sévères, mais c’est autant contre les coions que contre les indigènes qui trottbleroient l’harmonie : elles tendent à prévenir les excès en tout genre , et particulièrement ceux qui résultent de l’indiscipline et des passions des soldats; elles règlent les mesures à prendre pour réparer les ravages produits par les élémens, et * veulent enfin qu’on favorise l’introduction des arts mécaniques , pourvoyeurs puissans des nécessités de la vie, et véhicules favorables de la civilisation , qui adoucit les aspérité* dont est parsemée la carrière de l’espèce humaine. . ' .
D. Quiroga, comme ses prédécesseurs, eut à sévir contre quelques hommes turbulens, qui s’étpient réunis à Machaaté; heureusement tout étant bientôt rentré dans l’ordre, il parvint à s’acquérir, par sa conduite sage et mesurée, une grande autorité parmi les insulaires.
Toutefois, l’éloignement où les maisons mariannaises ctoient l’une de l’autre, et la multitude de petits villages répandus çà et là sur les montagnes, souvent dans des lieux d’un fort difficile accès , ne permettoient qu’avec peine aux missionnaires de rassembler les habitans pour leur • communiquer l’instruction religieuse. Quiroga remédia à cet inconvénient , en divisant file Goam en six districts, dont trois au Nord et trois au Midi; on en forma un septième l’année suivante au centre de l’île. Chaque district fut composé d’une grosse bourgade , où l’on bâtit une église, de plusieurs petits villages voisins, et des maisons disséminées dans le» intervalles. Cette mesure, contre laquelle on avoit craint d’abord de rencontrer beaucoup d’opposition, réussit cependant. Il est vrai qu’un très-fort ouragan , qui eut lieu les 1 1 et 1 1 novembre, fit tant de ravage et renversa un si grand nombre d’édifices, qu’il ne fut pas difficile de persuader aux insulaires de quitter d’anciennes demeures ruinées pour venir habiter les lieux qu’on leur avoit désignés. Indépendamment de ces travaux, et du tracé de plusieurs chemins qu’on ouvrit dans des endroits jusque là presque inaccessibles , on acheva les églises commencées à Pago, Inapsan , ûmata, Agat, &c., et l’on assigna à ces villages des officiers particuliers et des hommes de justice.
A dater de cette époque, la ferveur se développa parmi les nouveaux convertis. Les vieillards, qui jusqu’alors avoient négligé d’apprendre la
LIVRE III. — De Timor aux Marianne* incmjsivement. 195 doctrine chétienne, s’y appliquèrent avec non moins d'ardeur que les enfans. Au lieu de chansons profanes et impures, on n'entendoit chamer de tout côté que des cantiques spirituels. L’ordre le plus parfait ayant été établi dans l'ile entière, les jeudis furent particulièrement destinés à 4 l'instruction et à Ja conversion des slitaos, qui continuolent de corrompre la jeunesse en l’entretenant dans le libertinage. Les chefs les plus accrédités de l’ile favorisoient ces entreprises, qui firent concevoir pour l’avenir de grandes espérances; enfin le nombre des fidèles augmentant sans cesse, les missionnaires eurent lieu d’ôtre satisfaits du résultat de leurs travaux. '
Une chose cependant les chagrinoit: c’étoit de voir que Rota servît toujours de retraite et d’asyle àux séditieux , dont les émissaires , venant de temps à autre à Gaam , ne laissoient pas d’y -fomenter l'esprit de révolte. Les meurtriers des missionnaires et les auteurs des derniers troubles ayant trouvé l’impunité sur cette petite île , ne cessoient d’engager leurs partisans à prendre les armes contre les Espagnols.
Ce fut à la source du mal que le gouverneur résolut d’appliquer le remède; il s'embarqua- donc, et passa à Rota avec une partie de Ses troupes. Les habitans, d'abord effrayés, furent rassurés bientôt par l'assurance qu’il leur donna Je n’en vouloir qu’aux meurtriers et aux chefs des rebelles. Les insulaires affectionnés aux Espagnols ayant indiqué les lieux où se cachoient les coupables, un grand nombre furent pris et punis avec la rigueur que méritoient leurs' crimes : Agoarin se trouva du nombre ; quant à Matapung, blessé et arrêté par les habitans de Rota eux-mêmes , il ne put être remis vivant entre les mains des Espagnols.
Après une absence de dix jours, D. Quiroga revint à Gaam , ramenant avec lui 'plus de cent cinquante personnes que la peur en avoir chassées. Cette expédition augmenta la réputation de ses armes et affermit la- paix. Un accident pensa néanmoins devoir fa troubler encore; ce fut l’incendie de i’église d'Inapsan, qui eut lieu au commencement de 1681. On ne put savoir quel étoit l’auteurd’un tel attentat; mais les habitans du village, prévoyant les recherches qui auroient lieu, se' sauvèrent à Rota, d’où, quoiqu’on les rappelât, ils n’oscrent pas revenir; le gouverneur fut donc encore obligé de se rendre en personne sur cette île. Après un léger * Bb*
lies Marianne*.
Histoire.
1680 (suite).
Iles Mariannes.
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1661 (suite).
ij )6 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.-
engagement, qui mit les habitans en fuite , il brûla ie village où étaient les fugitifs, ainsi que plusieurs de leurs embarcations , et repassa à Goam. A peine délivras de cette crainte, les séditieux firent, par esprit de vengeance, des excursions sur les terres des amis des Espagnols , qu’ils ravagèrent, en y massacrant quelques personnes. Quiroga , irrité, alla promptement à Rota, et parvint, après beaucoup de fatigues et de difficultés, à réduire ces barbares, dont les plus opiniâtres furent tués et ie reste mis en déroute.
A peine l’expédition étoit de retour à Gçam , quand le vaisseau qui portoit le remplaçant du gouverneur D. Juan de Salas , mouilla à (dmata : il se nommoit D. Antonio de Saravia. Contre l’usage établi jusqu’à ce jour , il tenoit du roi lai-même sa commission de gouverneur général des Mariannes et des îles adjacentes , tandis que précédemment c’étoit le vice-roi du Mexique qui en avoit seul signé les brevets. Dès qu’il fût eHtrc en fonctions , ie nouveau gouverneur occupa ses soldats à construire à Agagna une forteresse capable de mettre la ville à couvert de toute surprise ; il perfectionna aussi le mode d’administration de l’île, en nommant, pour principaux officiers de chaque bourgade, ceux des chefs mariannais qui s'étoient montrés jusqu'alors plus attachés et plus affectionnés aux Espagnols. Antonio Ayihi, qui s’étoit sur-tout signalé à cet égard, fut mis en quelque sorte à la tête de sa nation, en recevant le titre de maréchal de camp des armées du roi, qui lui fut conféré.
Après leur conversion , un grand nombre des principaux Mariannais avoient demandé par leurs députés , au vice-roi du Mexique et au gouver ■ neur des Philippines , la protection du roi d’Espagne : quoiqu’elle leur eût été alors accordée , D. Saravia jugea devoir faire confirmer cette suzeraineté par un acte encore plus authentique. Dans une assemblée générale, convoquée le 8 septembre, et à laquelle furent réunis tous les notables du pays et une multitude considérable de peuple, un nouveau serment de fidélité fût prêté au monarque des Espagnes et des Indes. Le procèsverbal, signé de chacun des contractans, fût scellé du sceau de la colonie. Cette cérémonie terminée, le gouverneur traita splendidement tous les chefs qui y avoient pris part , et fit de grandes largesses au peuple.
Les Mariannais, à partir de cette époque, entrèrent avec moins de ré-
LIVRE III. - — De Timor aux Marianne* inclusivement. 197 •sistance dans les moeurs et les usages des Espagnols : on les habitua à 1]« Alariwui». se vêtir, à semer le maïs, à en faire une espèce de pain ou de galette, Histohe. et à manger de la viande; des artisans, ayant été envoyés dans les vil- 1681 lages, leur montrèrent aussi à filer, à faire la toile,- coudre, tanner Tes peaux et les cuirs, forger le fer, tailler les pierres, bâtir à la manière d’Europe, &c. Les enfans , élevés dans les séminaires, furent bientôt habiles dans toutes ces professions, et servirent plus tard de- maîtres à leurs compatriotes. Là , on leur enseignoit en outre à lire et écrire , à chanter, à jouer du violon et de la basse, instrumens que la plupart même savoient fabriquer avec beaucoup d’adresse. Les jeunes hiles, instruites également dans les travaux de leur sexe, devinrent sur-tout remarquables par leur chasteté et leur modestie. Les mœurs des femmes mariées ne lurent pas moins édifiantes.
Un changement si extraordinaire chez tous les habitans de l île, la 1683. docilité qu’ils montroient et leur soumission , laissèrent le temps aux missionnaires, toujours avides de nouveaux travaux , de voler à la conversion des Indiens qui peuploient les îles situées au Nord de Gaam , qu’ils avoient été forcés d’abandonner à cause des troubles. Le P. Communs partit en conséquence , visita d’abord Rota avec succès , puis continua son voyage avec les officiers qui lui avoient été adjoints : mais le gouverneur , jugeant plus tard devoir faire le voyage lui-même , pour être plus à portée d’aplanir les difficultés qui surviendraient , il s’embarqua et emmena D. Quiroga avec lui. Malheureusement un fort coup de vent les obligea de chercher un refuge à Rota; et D. Saravia, d’une santé déjà afToiblie , ne pouvant résister! ces nouvelles fatigues, succomba après quatre jours de maladie, le 3 novembre 1683.
D. Damian de Esplana, qui déjàavoit régi une fois les Mariannes , venoit d’arriver de Manille à Agagna, avec le titre de gouverneur, et un secours considérable en troupes et en munitions : à la mort de D. Saravia, il se mit naturellement à la tête des affaires ; et poursuivant les plans de son prédécesseur, il expédia, le zz mars 1684 , pour les îles du Nord , 1684.
D. Quiroga, à la tête d’une petite escadre composée d’une corvette à trois mâts et d’une vingtaine de pros ; un supplément de vingt autres pirogues fut pris en passant à Rota. Parvenu , le 1 3 avril , devant
Iles Maiiannei. Tbiian, les chefs de cette île s’assemblèrent en tumulte , et leur foiblesse Histoire. ne leur permettant pas de résister, ils se firent un mérite de la soumission. i6trç (suite). Sçlon eux, les actes d’hostilité auxquels ils s’étoient livrés étoient uniquement dus aux perfides suggestions des Saypanais , et non à leur haine contre les Espagnols , avec lesquels au contraire ils desiroient vivre en bonne intelligence. Quiroga n’ayant point d’autre but que de voir la tranquillité solidement établie, écouta les propositions qui lui furent faites par un insulaire, l’un des plus fidèles amis des Espagnols, et la paix fut aussitôt conclue. Comme preuve de dévouement et de bonne foi, les Tinianais offrirent de joindre un certain nombre de pros à la flotte de Quiroga , proposition qui fut acceptée avec joie.
Cette armée formidable ne tarda pas à paroître devant Saypan , et d’entrer dans le port. Les naturels firent de grands efforts pour empêcher le débarquement ; mais l’intrépide commandant, soutenu par un feu bien nourri de mousqueterie , étant sauté à terre le pistolet à la main , et ayant tué un des principaux ennemis, le désordre se mit parmi les Indiens , qui s'enfuirent épouvantés. Après cette victoire , . les Espagnols brûlèrent plusieurs bourgades, et particulièrement Arayao (1), où demeuroit Radahao, l’un des chefs les plus acharnés contre eux : celui-ci, ne pouvant résister à des forces aussi redoutables , se sauva aux îles Gani (2); les autres insulaires se soumirent. Dès- lors Quiroga se détermina à rendre Saypan le centre de ses opérations futures, et à y bâtir un fort. Pour poursuivre enfin la conquête du reste de l’archipel , il fit remettre en mer une partie de son escadrille ; mais les habitans des îles où l’on aborda ayant entendu parler des succès récens des Espagnols , se rendirent sans coup férir.
Tout alors paroissoit tranquille dans le gouvernement des Mariannes, et déjà le zèle des missionnaires se proposoit de nouvelles découvertes au Sud de ces îles, quand l’infidélité et la révolte des Goamois les obli-
( 1 ) Nous, n’avons pu connottre la position exacte de ce village saypanais, ni par conséquent le marquer sur notre carte ; il n’est pas douteux cependant que son gisement ne fût sur la côte orientale de Hle.
(1) On appeloit collectivement autrefois du nom de Gani, toutes les lies mariannaiseiqui sont au Nord de Saypan. • ;
LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement. 199 gèrent à tout suspendre. L’assujettissement des îles Gani fut une des prin- Iles Marianne!, cipales causes de ces troubles : quelques chefs de Goam, en effet, ne Hiiiohre. supportoient qu'avec peine l’ordre de choses qu’on venoit d'établir; |6!M (suue). néanmoins ils prenoient patience, dans l'espoir qu’une occasion favorable leur permettroit un jour de ^'affranchir d’une telle servitude. En leur enlevant les îles Gani, c’étoit leur fermer le plus facile point de retraite qu’ils eussent en cas d’échec. Ces pensées agitèrent les esprits : mais personne ne porta avec plus d’ardeur ses compatriotes à secouer le joug que D. Antonio Djoda (1), chef du village d’Aporgoan ; selon lui, l'absence de la plus grande partie des troupes espagnoles garanttssoit la réussite d'une si noble entreprise : c’est ce qü’il s’attacha à leur faire comprendre par le discours suivant , dont le texte, en langue mariannaise , donnera à -la -fois un échantillon de ce singulier idiome et de la logique des habitans ; nous l’accompagnerons d’une version interlinéaire, suffisante, à ce qu’il noue semble, pour en expliquer le sens.
• Pago naï hayan sa manmatchag«a
A présent [il est temps de (i)) donner le coup mortel , parce que sont séparés i ghilago. Manaïgoi goini nga(3) lano i manmaalig nga
les étrangers. Sont absens de ce pays les ( qui ) se portent bien
taotae, adja ha magnaga dja Agagha i manaïladji , gnég'néting
hommes , là seulement sont demeurés à Agagna tes inutiles , infirmes djan i manmalango. Ti mapod nga ta sosso djan
et les souffrant. Pas difficile pour /tous attaquer ( l'ennemi ) et
ta fanas; gain ta na halaman pago , ti o (4) ta
nous délivrer; si nous faire mauvais profit (du) présent, pas nous
halat larmena, djan o ha tchighit hit
devoir vaincre plus tard , et eux devoir étroitement serrer nous [ ils nous
( i ) Le Gobien et quelques autres ont écrit Yura ; cette incorrection m’a été expressément signalée à Gaam par des personnes fort instruites de Thistoire du pays.
(a) Les mots ou phrases entre parenthèses, sous-entendus en mariannats, sont ajoutés au français pour compléter le sens; ceux entte crochets ont pour bot d’éclaircir une expression qui précède.
(?) Nga, particule conjonctive, inconnue en français , servant à lier le pronom démonstratif avec le nom, le sujet avec l'attribut, &c.
(4) O > signe du futur, dont nous n’avons aucun équivalent dans notre langue; on a cherché à le rendre ici par le mot devoir, placé en avant du verbe.
lies Marianne*. ^fan
Hiiioire tesstrreront | dans un //ai finit et caché'] J et
hokok
( nous serons obligés de ) tout
naj.
donner.
i6$4 (suite). Ta, fanmalalng gai pinw-ts djan haani-ia
Meus . vivons à notre gré selon volontc-notre et vit-notn [ nos habitudes ] , ta gain ha hpto hamalat i prlo hga tanoan
garce que si eux achever dé avoir conquis *tes autres terres habitables
gai Timik, hokok ninanga-ta; mano ta falagai ! Delag djo
au Nord, 'fuir espérances - nôtres ; où nous enfuir ( alors ) ! Suive?- moi djan. ta fanntatana gai (aï hinikok sa ta na
et nous être loués à n’avoir pas (de) fin parce que nous (tre cause
mafnleg i ta no - ta.
vivre en liberté lé pays-nôtre.
Cf discours eut tout l’effet que Djoda s’en e'toit promis ; ses partisans, animés par son exemple, engagèrent dans la révolte plusieurs chefs influens des villages de Rilidianet de PagO. lis virent bien qu’il n’y avoit pas de temps à perdre ; aussi , après s’être promis une fidélité inviolable , fixèrent-ils l’exécution de leur dessein au 23 juillet. Chacun eut un rôle calculé d’avance, et voici comment il fût rempli.
Au jour désigné , soixante hommes pleins de résolution , sous prétexte de venir à la messe du dimanche, entrèrent à Agagna bien armés. A l’issue de l'office divin, ils se répandirent sur divers points convenus pour se mettre en mesure de surprendre les Espagnols par-tout en même temps. Le gouverneur, qui se‘promenoit sans défiance sur la place, est assailli à i’improviste et percé de coups par Djoda et trois de ses affidés; les sentinelles tombent égorgées :• une partie de ces furieux pénètrent dans les maisons, parcourent les rues et les places, tuent une cinquantaine de soldats et en blessent plusieurs ; d'autres révoltés courent au collège, proclament à grands cris que le gouverneur est mort, et font main-basse sur tout ce qui se présente : le P. Solorzano et le F. du Bois sont poignardés, quatre de leurs commensaux sont criblés de blessures; le sang ruisselle dans la maison. Sur ces entrefaites, paraît un domestique du gouverneur, qui annonce que son maître existe et qu’il demande son confesseur : un des missionnaires , quoique horriblement maltraité , s'empresse de s’y rendre.