LIVRE III. — - De Timor aux Mariannes inclusivement
A D* Apodaca. succéda, en 1 776 , D. Felipe de Cerain, homme très, riche, mais original jusqu’à la folie. On concevra quels dévoient être le caractère et le gouvernement d’un tel homme, par ce trait de sa conduite intérieure. Occupations, repas, rien chez lui n’étoit réglé : il demandoit à dîner n’importe à quelle heure du jour ou de la nuit , et le domestiqua qui lui servoirun priât le premier recevoit de sa main trois réaux; quelque empressé néanmoins que fut le zèle de ses gens, son impatience le devait* çoit parfois encore; il couroit lui-même à la cuisine, et mangeoit sur le* fourneaux les. mets brûlans et à demi cuits. Maigre ces travers bizarres , plusieurs vertus le distinguoient ; il étoit humain , généreux , mais n’avoit malheureusement aucune tenue. - ' r ■ ?
' Au nombre des maladies importées par les Européens aux Mariannes; la petite vérole étoit une des plus redoutées : ses ravage* furent trèsmeurtriers en •1779'; et l’on remarqueen effet-, sur les états de population de cette époque, une diminution considérable. Six ans plus tard, une ordonnance du roi indiqua les mesures qui dévoient être prises à (avenir contre ce fléau.
D. Cerain fut remplacé, en 1786, par le lieutenant-colonel D. José Arlequi y Leos, qui à un grand mérite personnel joignoit toutes les qualités d’un bon gouverneur. Son administration futtalutaire et réparatrice ; cependant tous ses soins ne purent arrêter les crimes , conséquences nécessaires d’une démoralisation antérieure: il fit juger une femme adultère, pour avoir fait périr le fruit de ses coupable liaisons; plusieurs causes furent intentées aussi pour viol, vol, blessures, &c.
Le roi ordonna qu’à l’avenir la dîme perçue sur les terres possédées piar des Espagnols ou par des Indiens sujets de Sa Màjesté, seroit à la charge , non des fermiers, mais dés propriétaires..
Le gouvernement de D. Arlequi est remarquable en ce qu’il vit arriver la population de Geam au dernier terme du décroissement quelle suivoit depuis long-temps; parvenue à 1318 individu», elle a, dès 1786, pris une marche ascendante qu’ont arrêtée quelquefois mais que n’ont pu changer de légers incidens.
Trois tamors carolinois arrivent à Goam en 1787 dans deux pirognes poussées par la tempête; les treize hommes qui les roontoient sont ac»