‹ Voyage Autour du MondeChapitre 56 sur 165 · ST · texte numérisé non relu

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(1) M. Puperrey, qui a examiné ce» espèce» de sphère* , leur donne 3 pied» de diamètre.

.» On en trouve, ditâl, dan» presque toute» i,es parties de l’ile, et même fur les fonds de coraux sous-manns compris entre le» récif* eç la côte.» ^ •

ip VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Ile» Al-mannei. la partie intermédiaire auroit été abîmée dans la mer par une catastrophe Gcologie. indépendante de l’action des vagues; car je suis porté à croire , au corh traire, que le niveau de l’Océan s’est abaissé, et n’a pu que favoriser le - développement de quelques-unes de ces îles. <

** M. Gaudichaud n’a remarqué à Tinian aucune trace de volcan, si ce n'est deux morceaux de lave roulée qu’il juge y avoir été portés; mais n’ayant pu parcourir toute l’île , il seroit possible que , dans quelque lieu écarté, un piton volcanique eût pointé à travers les couches de calciüre , comme la chose a eu lieu à Goam. Ayant au reste cotoyé Tinian d’assez près avec la corvette , nous avons vu que les falaises escarpées qui la bordent sont remplies de crevasses et de cavernes. • Farallon de Me'dinilla. — •> Les couches horizontales de l’île pinte nommée Farailon de Médinilla, paroissent avoir été fortement tourmentées par les tremblemens de terre, qui sont fortviolens dans cet archipel , ainsi que nous avons eu occasion de l’éprouver ( t ).

Sarigaan. — » Sarigraan est un piton tronqué , de 3 00 toises au plus d’élévation verticale, assez semblable pour la forme à Stromboii.

Farttllon de Torrès. — » Cette petite île, élevée-, aride et abrupte dans sa partie du Sud, n’est qu’un rocher tailladé dans le sens de sa hauteur; on y voit des couches horizontales et d’autres qui sont inclinées : tout annonce que cette île est volcanique.

Gagnait. — » C’est une île de foible étendue , et qui semble un peu plus élevée que la précédente. Sans doute autrefois ce n’étoit qu’un volcan : il paroît aujourd’hui ne plus lancer de laves, quoiqu'il s’en échappe encore constamment de la fumée. La plus vaste des ouvertures qui lui servent d’issue est placée entre des pitons, débris évidens des parois du cratère. Ces exhalaisons souterraines sortent par bouffées blanchâtres, et déposent sur un des côtés de l’entonnoir une substance d’un jaune de soufre.

( i ) « Ces rretnblemens de terre surviennent sans signes précurseurs, et sans que, pendant cft» après leur action, la mer grossisse. Le plus tort que nous ayons ressenti dura douze à quinze secondes", avec redoublement ver! la im; la terre ondulait du Nord au Sud, comme le font les eaux de la mer. Nous pensons que ces fecousses eussent été capables de renverser un grand nombre de maisons de nos villes d’Europe. Mais Ici, la méthode adoptée de lier toutes fes parties de» édifice» à des piHers dé bois fichés en terre, rend cet accident tréware. Les cabanes du peuple, entièrement en bois, n’ont rien à redouter de pareils accidens. »

LIVRE III. — De Timor aux Marianne* inclusivement. 153 • *> La partie du Sud est abrupte, inégale, et recouverte de cendres 11m Marianne-.,

rougeâtres; celle de l’Est, très-roide aussi, paraît sillonnée par d'an- Géologie, tiennes coulées de laves, formant divers pitons, qu’une végétation herbacée recouvre; des plantes croissent même jusque dans le cratère.

Sur la pente de la montagne, plusieurs -autres bouches livrent passage à la fumée. A proprement parler, cette île n’est plus maintenant qu’une solfatare.

» Les particularités que nous ont offertes celles des îles Mariannes Réflexions qui ont subi l’action du feu , et Goam sur-tout , semblent annoncer qu’à 8'ncril’ ' des époques très-reculées elles onr été formées par des volcans sousmarins qui, ayant soulevé le fond de la mer, comme cela est arrivé presque de notre temps dans la Méditerranée, se sont fait jour à sa surface.

Nous en avons la preuve dans les madrépores , les coquilles et les oursins sciliceux qu’on trouve au sommet des montagnes de Goam.

» Ensuite, et toujours sous les eaux , la mer a évidemment accumulé, avec beaucoup de régularité, à ia base de ces montagnes volcaniques, des lianes de calcaire mélangé avec des détritus de madrépores. Cette formation s’étendit très-au loin et d’une manière uniforme, puisqu’on la retrouve aux iles Rota, Agoigao, Saypan, Farallon de MédinjUa, &c.

En parlant de Goam, nous avons fait mention d’une falaise toute entière de cette roche , déposée sur une coulée de lave cachée au fond des eaux, laquelle ne manifeste sa présence que par dessables volcaniques.

» Quand l’Océan eut abaissé considérablement son niveau, toutes les couches calcaires, en se montrant au jour, contribuèrent à" l’agrandissement de ces îles, dont quelques-unes paraissent n’avoir été dans le principe que des volcans isolés. Il y en a même qui , ainsi que Rota ,

Farallon de Médinilla, &c., ne sont formées que de ce calcaire, sur lequel les madrépores avoient eu jadis le temps de travailler avec régularité; et ce qui vient à l’appui de cette assertion , c’est qu’on trouve à Rota des rameaux intacts de ces polypiers , à de grandes hauteurs.

» Aussitôt que des circonstances favorables au règne organique on[ pu avoir lieu , ia végétation s’est développée avec vigueur sur ces terres nouvelles; dans quelques localités néanmoins, elle a dû souffrir des bouleversemens qu’entraînent avec eux les. feux souterrains. C’est ainsi qu’oii

Ile» Marîxnites. trouve à Gaarn , sur les hauteurs de Dandan, des tronçons d'arbre enfouis («éolégie. et carbonisas. •'»' ...

•* Enfin, des éruptions se sont fait jour au travers du calcaire même, comme l'indiqué le piton de Santa-Rosa, dont, nous avons déjà parié.

» Les feux souterrains de Gaam paraissent éteints depuis longue» années : mais deux- des îles les plus septentrionales de l'archipel mariannais brûlent encore avëc beaucoup d’activité ; ce sont celles de Pagon et de l’Assomption ( i ). ’ . -

» De tous les faits que nous venons d’esquisser, il semble résulter que, dans cette partie du globe; la mer s’est abaissée (2), et'que les îles qui nous occupent sont bien éloignées d’avoir formé, ainsi, que le pensoit Buffori , une seule terre avec le continent indien , terre-que i’OcéaH aurait rongée et submergée insensiblement; tout annonce au contraire qu’elles sont sorties du sein des eaux. Si ce phénomène s’est opéré graduellement, comme on est tenté de le supposer , quelques-unes d’entre eHes n’ont dû , en raison- de leur peu de hauteur, paraître que long-temps après les autres. ■>

Minéralogie. Métaux. — Des personnes dignes de foi nous ont assuré qu’à Gaam le sable, de plusieurs rivières, et notamment de celles d’ïnarahan et d’Ûmata, contient des paillettes de fer. M. le docteur Quoy, pendant son voyage d'histoire naturelle dans l'intérieur de l’ile, a vérifié l’exactitude de cette remarque : vers l’embouchure de la première de ces rivières, il en a trouvé le jable ferrugineux. On prétend encore que les paillettes de fer de la rivière d’Ynarahan sont plus pures que celles de la rivière d'fflmata.

La tradition rapporte que les premiers Jésuites qui ont habité Goanv, tiraient d’une mine entre Ynarahan et Dandan un certain métal dont ou ignore aujourd’hui la nature : étoit-cq du cuivre? étoit-ce de l’argent l Terres à poterie. — Les environs de Tachagna, et quelques autres Ip-

(1} || y àvoit jadis un volcan sur Hle Grigan , voisine des deux précédentes; roatxîlest éteint maintenant. D. Luis de ToTtcv, de qnije tien* ces renseignement m * .dit qu’il existe même deux volcans sur l’tle Pa^on, ët que l\m de ceux-là est le plus considérable de tout l'archipel. Malheureusement nous n avons vu cette île qu’à grande distancé. /

<*) Ou que le terrain s’est élevé, par feflét des feux souterrain!, " ' - ' ' . . ' *

LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement. 2 5 5 calités possèdent des terres alumineuse* de diverses couleurs, d’ui» grain llei Mmîums. très-fin, qui seroient précieuses pour la fabrication des poteries. Les an- Minéralogie, ciens habitans en empioypient à cet usage.

Soufre. — On rencontre sur file Pagon du soufre en assez grande quantité, et l’on en trouveroit sûrement encore sur les autres îles de l’archipel où des volcans sont en activité; mais il n’y en a point à Guam.

Au reste, cette substance minérale, qui pourroit être de quelque importance commerciale, n’est nulle pan exploitée ici.

Houille et tourbe. — Plusieurs personnes ont cru apercevoir des échantillons de houille sur les hauteurs de Dandan; M. Quoy , qui les. a examinés, pense que c’est tout simplement de la lignite ou bois carbonisé fossile. Quant à la tourbe, il est probable, nous a-t-on dit , qu’on pourroit en retirer des terres marécageuses situées à l’Est ou plutôt à l’E. S, Ë. d’Agagna.

Salpêtre. — - Le salpêtre se récolte à Goam , et l’on y en a même fait Usage pour fabriquer de là poudre de guerre, ainsi que nous le . dirons plus particulièrement dans le paragraphe consacré à l’industrie manufacturière.

Analyse s de roches. — M. Huot, à qui M. Gauiichaud a communiqué de petits échantillons de roches recueillis sur cette île, y a reconnu de la chaux carbonatée appartenant à la cristallisation appelée primitive et cuboïde, de la chaux carbonatée acicülaire, de la chaux carbonatée argileuse tendre, des silex de diverses couleurs dont quelques-uns renferment des cristaux de quartz hyalin , et une roche siliceuse contenant des veines et des cristaux de chaux.

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