S. IV
j . . . ’ . . ’ Fertilité du sol; productions.
L’admiration encore récente qu’avoit laissée dans notre esprit la pro- Fenilité. digieuse fertilité des îles des Papous et des /doluqaes ,- a dû affaiblir à nos yeux le charme du- riant tableau quêtaient réellement quelques-unes de*
Marian nés. 11 était en effet difficile, ici comme à Timor, de se garantir
lies Marianne!, de toute idée de comparaison; et c’est peut-être à un prestige analogue.
Fertilité du sol; quoique en sens contraire, qu’on doit ies.éloges outrés que certains navr- Itroducuons. .. «... . ,
.gateurs ont tait d une partie des -terres qui sont 1 objet de ce chapitre.
Mais passons au' résumé de nos propres remarques.
Geutm. — Les forêts de G©am, en général bien fournies, n’ont cependant nas- cet aspect brillant, et gigantesque qui semble être plus particulièrement l’apanage des contrées équatoriales ; néanmoins nous y avons vu quelquefois se reproduire un phénomène qui nous avoit beaucoup surpris à Rawak, celui <f une végétation arborescente sur un sol entièrement privé d’humus : là c’étoit le figuier multipliant qui couvroit de se? rejets des roches arides; ailleurs, des cycas qui se développoient sur les falaises les plus abruptes et les plus dépouillées.
Plusieurs cantons n’offrent que des forêts ; d’autres sont livrés à l’agriculture ou abandonnés aux grands bestiaux, qui y trouvent de précieux pâturages ; peu de localités- portent un caractère de stérilité absolue.
Si. l’on imagine une bande qui, partant d’Ynarahan, s’élève au Nord, en suivant la côte, sur une largeur de deux-milles, passe à Tarofofo , Tachia, Ylic, pour se rendre. ensuite à Tachagna, elle aura parcouru les terrains les plus boisés dé' la partie méridionale de l’île ; tirant ensuite Un trait de démarcation d’Agagna à Pago, tout ce qui restera au Nord-Est de cette ligne sçra encore couvert d’une immense forêt. A la vérité, les arbres n’y' sont point enlacés dans ces lianes sans fin qui ailleurs envahissent en tout sens les intervalles qu’ils laissent entre eux , ou qui , pendant de leur sommet, simulent les manoeuvres d’un vaisseau; mais il n’est pas plus facile de parcourir les terrains que ceux-ci occupent. « Un arbuste importé dans l’île depuis quarante ans. environ, le Umoncito , a singulièrement multiplié par l’intermédiaire des oiseaux, qui, aimant beaucoup les baies rouges et succulentes qu’il porte , en sèment (es graines , qu’ils ne peuvent pas digérer, sur toute la surface du soi ; or cette plante étant armée de fortes épines , il devient impossible de traverser les fourrés quelle forme. » ( M. Quoy. )
Les savanes les plus remarquables par leur étendue sont, sur la même fie , i celle de Lâgoigna , qui se développe sur tout l’espace compris entre la rivière de Sempahone et celle de Tarofofb, en commençant à
LIVRE JIL. — De- Timor aux Mariannes inclusivement. 257 unè demi-lieue de la met, et tirant au Nord -Ouest jusqu'au village d’Agat; 2." celle qui, de la rivière de Sempahone, va d’abord à Taehogna, puis jusqu’à Tinkio. Quand de là tirant au. Sud et suivant la crête des montagnes, oh passe à Talisay, pour Tallier les hauteurs qui dominent (i)maja, et qu’on tourne ensuite à l’Est vers Ynarahan et les plainês de Dandan, on ne yoit guère qne des savailes. Il s’en trouve aussi , à Santa-Rosa, une de peu d'étendue. Outre leurs pâturages, tous ces terrains nourrissent des arbrisseaux d'un bois dur; mais il n’y croit ni arbres à pain, ni cocotiers, ni racines nutritives, à l’exception toutefois du gapgap; çà e» là encore, et à de grands intervalles, on rencontre. des bouquets d’afbras. • ’ - •
Quelques défrichemens ont été faits au milieu des bois par les Espagnols, dans le but de créer des savanes artificielles , où les nombreuses bêtes à cornes dont on leur doit la naturalisation , pussent trouver un abri contre les ardeurs d’un soleil dévorant.
Les districts les plus fertiles de Geam sont ceux de Mérizo , fflmata, Assan, Agat , Sinahagna et Ynaharan; cepêndant Agagna l’emporte par le développement doses cultures, ainsi que npus le ferons voir plus bas. De tous les sites que nous avons visités, le plus agréable, par son paysage et sa .belle végétation, est l’espace compris entre Tépmngan -et la-'ville capitale. Le joli dessin que M. Pellion a donné d'une des vallées qu’on y rencontre, a été. gravé pi 70. de notre, Atlas.
Agaigait. • — «• Avec des. flancs entièrement rocailleux , cette -île est cependant couronnée d’un bois épais* qui' s’étend- jusqu’à ses partie» le? plus élevées. -Vue- à grande distance, elle paraît- sèche et aride t mais quand on s’en approche, on la juge bien diflèremment. • ••
Rota..1 — « Lès points inhubitcs-sont ici tellement hérissés de broussailles, qu’il est difficile d’y pénétrer; l’aspeft de ces épùis-halliers adroit même quelque cltose de fort triste, si des groupes de rimas,, de «jogdogs-, de tamariniers, de figuiers muitiplians , de cocotiers, et d’autres beaux arbres, disséminés de loin à. loin , n’en rompoient agréablement la fatigante uniformité. Eij. général, la vue s’arrête avec plaisir -sur. lès terrains boisés de "T île ; les traînées de roches qui parfois les traversent, et da/is lesquelles de grands végétaux Incrustent leurs racines pour y puiser ia
Voyait dt i' Uranie. — Hiitoritjue^T, IL
lies Marianne*.
Fertilité 3û*ol; production*.
Ile» CUriannn. vie comme en pleine terre, sont îles accessoires au tableau qui -peut-être Fertilité du sob ne le déparent pas. La côte Nord , où- U y a dés plages de sable assez ** étendues, est -parsemée de cocotiers depuis -le bord de la mer jusqu’au"
>• pied de la montagne; de là jusqu’au- sommet, se développe une Ibrêt non interrompue. - •
Tiiimir. — » Quand on arriyeda côté dn §ud:Ouesr , l’aspect de Tirvian n’a rien d’agréable; puis , à- mesure: qu’on approche , on distingue de.' distance endistancé un peu de verdure, éf quelques grands végétaux sur les moutagrtes; tout le reste est couvert de-broussailles et d'arbres secs-, qui donnent- au- Sol une couleur jaunâtre. Aussi, dans nos courses, avonsnous rarement rencontré ces sites délicieux qUe les descriptions brillantes de nos- prédécesseurs -nous âvoient fait espérer de découvrir à chaque pas. Le terrain qul-avoisine la mer, en face du yillagè de Sonharom (pi, jp), est mêlé de sable, et de gflivfert vêts l’intérieur, il prend une teinte de plus en plus rouge, et se montre propre à -recevoir tonte ^espèce de semences. Rierr.n’est singulier comme faspect de ces plaines arides, en présence d’un sol qui paroît bofi. et trcs-coilvenable à -l’agriculture.
•• Sur quelques - points sont accumulés de grands arbres morts et . • renversés; sur d'autres,-, végètent un petit nombre d’arbustes et des
plantes qui s’élèvent à peine de terre;-on dirait qu'un vent brûlant a tout dévoré. Cependant, et d'après ces débris mêmes, .tout porte à croire que Je pays a été jadis bien boisé, et que peut-être lés rédacteurs du Voyage d'Anison n'ont pas tant exagéré safeiliLité qu'on serait tenté de les en accuser au prentier abord. L’état -languissant de -la végéta.tion a sans doute aujourd’hui pour principale cause la grande rareté de l’eaH douce sur Is surface de File, provenant à soh lourde la destruction trop grande des bois.
.» La- densité des foriêts-qui-tapissent le sol montueux de la partie Sud- Est de Tinian , la rend en divers endroits inaccessible. » .f Al. Bér/ird. )
- Saypan. 7— -NouSne 'donnerons pas dés-détails aussi circonstanciés sur File Saypan , où nos- observateurs n’ont pu descendre :■ considérée à quelque ijistahce au large, la-végétation y parait magnifique; ainsi nous ne saurions douter qu’elle ne soit susceptible d’ol&if de^rartdes Vèssources a une nombreuse. population. " • .*
J les du Mord. — Les îles qui gisent au Nord dé Saypan , nous ont, eh
LIVRE lit. — De Timor aux Marianne* inclusivement. ,259 général,. paru peu fertiles , et quelques-unes même frappées d'une stérilité Ile» .Martannn. complète, si toutefois il gst possible , et, nous; avons fait souvent l'expc- FmiRiéda.soJî
production*.
ricnee du contraire, de bien juger des objets, vus à grande distance.
Peu de pays sont aussi" favorisés que ies Mariannes, sous le rapport des substances végétales propres à la" nourriture de l'homme : plusieurs espèces d’arbres à pain, de palmiers, de bananiers, d’ignames, diverses autres racines farineuses, le riz. le maïs enfin i-telles-sont les principales ressources- alimentaires qui viennent com me. à, ienvi- s'offrir à ses besoins.
Nous ne "répéterons pas c* que déjà nous avons dit du cocotier dans notre description de Timor ; oit l’emploie ici aux mêmes usages , ainsi que l’aréquier, qui donne aux, consommateurs' -son fruit pour -leur bétel et son chou pour leur table. Le cycas, palnfier très-mulliplié, fournit aujourd'hui une abondante provision de fécule t c’est seulement depuis l’arrivée des Espagnols que les naturels ont appris l’art d’extraire cette substance nutritive, et de la dépouiller du sut délétère qui jusqu’alors leur en avoit interdit l'usage.
L'introduction du maïs est encore plus récente* on la doit au gouverneur Di Tobias, qui apporta cette graminée de Manille en 1771. Le riz, n’en déplaise à quelques voyageurs, est ici indigène : le nom mariannais qu’il conserve en est un indice presque certain , que confirme d’ailleurs l’usage avéré qu’en faisoient, comme nous le verrons bientôt, les habiians primitifs.
Le rima et le dogdog , arbres de la' même espece et dont il existe id de chacun- deux variétés, fournissent, le premier sur-t.out, un fruit abondant et précieux pour la nourriture des insulaires , à laquelle contribuent non moins utilement une foule de racines féculentes qu’ils désignent par les noms, de dago , tiika , senti , piga , papao , baba , gapgap , & c.
Les fruits indigènes n’étoient pas en grand nombre; mais ies Espagnols en ont naturalisé plusieurs à Gaam , parmi lesquels on compte la mangue, l’orange, le citron, l’ananas, la goyave, la grenade, le raisin, &c.
Considérée dans ses rapports avec l’architecture navale et les arts- industriels, la végétation des Mariannes n’est pas non plus sans importance. Beaucoup de bois qui conviennent à la construction des vaisseaux ; diverses plantes textiles propres à la fabrication des cordages .ou des
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i6a VOYAGE AUTOUR DU MONDE. > . ’
lies Marianne». toiles ; d’autres dont on peut extraire des huiles , des baumes , des -vernis Fmjlité du sol ; qui renferment des propriétés médicales où Fart de guérir peut puiser d’utiles spécifiques ; enfin de forts bons pâturages : tel est le surcroît de richesse que la terre étale dans ces contrées. Mais des détails (dus circonstanciés seront beaucoup mieux à leur place dans les. tableaux méthodiques qui vont suivre. ■ • •*.-•-
Nous croyons devoir prévenir le lecteur que les lettres o et a {ou), se prenant sans cesse l'une poür l’autre aux Mari in nés, de même que les lettres J et r, nous -avons fait usage, pour ne pas multiplier Indéfiniment les mots de recherclie , de l’orthographe la plus généralement suivie. Le seul mot pagaa, par -exemple, eût pu no.us. fournir les combinaisons 'pogoa, pogoh et pagoa. On devra donc chercher avec un o, dans les tableaux ci-après, les mots qu’on ne trouveroit pas avec o, avec r ceux qui ne seroient pas écrits avec /, et réciproquement.