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• Janvier.
. Séjour à/Raw.iL
Janvier.
Séjour à KawaL
feignant d’ignorer que le vin et les liqueurs fussent compris dans les prohibitions du Goran, ils ne firent .aucune difficulté d’en boire, et même d’en boire au point de me donner, des craintes pour le dérangement de leurs têtes. Cependant leur boisson de -prédilection étoit le café, et 'je leur en versai en abondance. Ils me firent aussi une énorme consommation de confitures.
Peu jaloux de conserver tous ces -étrangers à, bord pendant la nuit, je leur cédai une tente' qui restait disponible à terre, et dans laquelle il fut décidé qu’ils coucheroient; quelques-uns cependant préférèrent accompagner le kapitan Raouk à Kabaréi.
Il me fallut encore. tenir table ouverte le lendemain; et quoique nos opérations fussent finies à l’observatoire, je commençois à être fatigué de l'importunité indiscrète de mes hôtes. Après déjeûner, iis se mirent à brocanter à bord en gens qui n’éfoient pas novices : leur rapacité, leur vilenie, nous révoltèrent enfin ; aussi n’étions-nous pas fâchés de les voir regagner promptement la baie de Kabaréi. Abdalaga «voit déjà vu rapporter à bord une partie de nos instrumens , et je lui atffiol\çai que tout mon temps aiioit être occupé par les préparatifs pour appareiller : il comprit, dès-lors qu’il devoit m’accorder un peu de répit. Toutefois, ne regardant pas notre sépajption comme définitive, il manifesta l’intention de me faire une dernière visite quand nous serions sous voiles.
Le 5 nous appareillâmes de bonne heure, mais le calme nous força de nouveau à laisser tomber l’ancre; circonstance dont le kapitan Guébé et son frère profitèrent pour remplir leur promesse. On se fit mutuelle-’ ment des cadeaux d'adieu , et nous nous séparâmes bons amis.
Un fait qui nous frappa, c'est que tous les Papous dont nous étions, entourés depuis l'instant de notre arrivée, et qui fournissoient si exactement nos marchés, disparurent aussitôt que les gens de Guébé sè montrèrent. On put remarquer même que ces derniers leur inspiraient une grande terreur, d’où il étoit naturel de conclure qu’ Abdalaga et les siens traitoient en despotes les paisibles habitans de ces contrées, et ne récompensoient sûrement pas aussi généreusement que nous ies services qui leur étoiem rendus. Nous reviendrons sur cet objet dans le chapitre suivant.
La journée se passa toute entière à attendre la brise 3 éitfin elle se décida sur les heures du soir, ét nous gagnâmes le large. »