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CHAPITRE XXI

Remarques sur les îles Rawak , Vaigiou, Boni et Manouar an,

Avant d’aller plus loin, nous réunirons, comme à nos précédentes relâches, dans un seul chapitre, nos observations relatives à l’atmosphère, au soi , aux productions , à l’homme , à son, industrie , &c.

: ; . •• # Géographie et physique.

Rawak, Vaigiou ( r).. Boni et- Manouaran , appartiennent aux îles des i>rog«£hiè.

Papous, et sont situés presque exactement sous l’équateur. Le gisement dé notre observatoire , Sur la première de ces île» , étoit par 0“ t'jij .j de latitude Sud, et 128* 3^ 4”', 6 à" l’Est de Paris. Cette ile, dune ^ formé irrégulièrement triangulaire, ^otfre, sur deux de ses côtés, de* enfoncemens , dont l’un, celui de l’Est , porte le nom de havre ■Rawak; elle a un mille dans son plus grand diamètre, et ji’est - séparée de Vaigiou que par un canal d’un quart de mille de largeur.

Manouaran est éloigné d’environ trois milles au Nord-Ouest de RawaC*, •

Boni, beaucoup plus voisin de Vaigiou, en est, ainsi que Rawak, comme un appendice. - , ■

L’examen attentif de notre planche 36 montrera, plus exactement que nous ne saurions le faire ici , la situation respective de ces différentes îles : aussi ne renouvellerons-nous pas les descriptions hydrographiques développées dans la partie Nautique de notre Voyage. Jf suffira de dire que les îles Manouaran, Rawak et Boni sont fort petites comparées à Vaigiou', qui n’a pas moins de 72 milles de diamètre, mais dont lé littoral ,est encore très-inexactement connu, sur-tout vers Ig, Sud.

L’extrémité méridionale de Rawak forme une presqu’île qui n’es't . réunie à sa partie opposéeque par une plaine basse et marécageuse, inter-

fî ) Les naturels du paya prononcent Vèghiüu.

3 ï VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

* lie* drs Papous, rompue par plusieurs- pitons généralement de forme adoucie; celui du Géographie. Nord-Ouest, Je plus élevé (i ), occupe à-peu-près le centre de l’ile : ces hauteurs, au reste, sont peu considérables à côté de celles de Vaigiou . qui se voit dessiné au dernier plan sur notre planche 4 5.

L’ile Manouaran, qui n’est guère plus él.evée que Rawak, a la forme d’un pentagone irrégulier, et* n'est séparée de Vaigiou que par un canal d’environ deux milles de large, que l'équateur partage en parties sensiblement égales. Quant à Ole Boni, elle est fort basse; et à la voir environnée de récifs étendus ,’où la mer brise avec fracas, on diroit quelle repose sur une base d’écume. • . • - ' *

• •> Le tableau calme et tranquille de file Rawak, vue du côté du havre de ce nom , offre un contraste absolu : une plage de sable blanc qui borde une plaine remplie d’arl’res divers; près du rivage^ des cabanes ombragées par des cocotiers , et à quelques pas de là d’autres habitations sur pilotis et baignées par la mer; à droite, un morne d’une hauteur moyenne, et tin autre moins élevé sur- la gauche,, tous deux couverts d’une, végétation vigoureüse. » (M. Pd/ioj^) ■ -

'Toutes les terres basses qui coqjposînt Je littoral de Vaigiou et des îlots voisins, sont, ainsi que Rawak, couvertes de marécages. Sur la dernière de ces îles, il faudroit creuser un puits près de ces terres humides si l'on vouloit s’y procurer de l’eau potable; car elle n’a que des ravines

• îjui restent à sec pendant la plus grande partie de l’année. L’ile Ma-

nouaran est plus favorisée ; sur la côte méridionale est un ruisseau moins chargé qu’ailleurs de détritus de plantes , et fournissant une aiguade salubre. • ■

Nous ignorons s’il y a sur Vaigiou des rivières de quelque importance’ ; mais nous sommes certains que cette île abonde en sources , en cascades et en ruisseaux. Le plus remarquable , tant à cause de la bonté de son eau que de la facilité de la recueillir , débouche dans le havre Boni en face de file de ce nom. L'Uranit a fait aiguade dans la petite baie d’inabiave , au Sud de Rawak , sur la,

* côte de Vaigiou : l’abord y qst difficile à cause des brisans, mais

( 1 ) Voyez le paragraphe suivant, pour ^estimation de cette hauteur.

• ' LIVRE III. — De Timor aux Marianne* inclusivement, 33

l'eau est excellente; à peu Je distance du village dit même nom se trouve Ile* des Papous. .

une rivière saumâtre , au moins près de son embouchure. -

RÉSUMÉ d^ nos observations, météorologiques à Rawak. , 1 - -

{ Maximum absolu, observe à ah du soir. . . = 3 ia,i.

{Observée à terre.! Miniirtum idetfi . à 4hdu «satin. = 19 ,0.

( Température moyenne. = 26 ,2.

( Maximum absolu, observe a 41' du soir. .. = 30 Observée à boirdJ Minimum idem. à jh du matin . — 2t ,5.

I * ■ ' i •„( Température moyenne. .... = 26 ,9.

Ten.pcra.orrd. la mer à sa (.Maaimom absolu.. = }o ,o.

r * < Minimum idem* ..'..*....7*. =26,0.

Météorologie

rpoquci

Observations du

barométre(i). ]

( Température moyenne 28 ,1.

Hauteur moyenne du baromètre, pendant U durée de» observations. 757"”

Maximum du matin , à 9h, le mercure élevé de 758

Minimum du soir, à f1*... ... . 756

Maximum du soir, à 9'* . 757

Minimum du matin, à 3^.: . . .« . •* 756

f D’après ces résultats : . . ?

La période de ÿ* du. matin à du soir, est égale à.;. : . 2m

de 5h du soir à 9* du soir.'.. 1

*— de'9h du soir à J4* du matin.. o-.

■ -, de 3b du matin i 9” du matin... »... ’i

Vents. — Tant que nous avons séjourné à Rawak, les vents ont été va-^ riabies et très-foibles , sur-tout la nuit, et ont soufflé bon frais une seule fois du S. S. E. , et deux de l’O. S. O.; souvent même l’air étoit calme. La brise regnoit pendant le jour avec plus de force; néanmoins nous ne lavons eue que huit fois bon frais, savoir, trois de l’Ouest, deux de i’Ol N, O. , puis des rumbs S. CL, Q. S. O. et N. N. O. Le jour, les vents d’Est, de îf.'E, et dè S. E. ont prévalu, quoique foibles; mais la nuit, lorsqu’ils souffloient, cetoit sur-tout du Sud et du S. E.

Les grains et la pluie tomboient ordinairement lorsque la brise étoit au S. O.; cependant nous avons vu des grains partir de tous. les points de l’horizon. Presque toujours les nuits t*t#ient belles, le ciel pur et étoilé;* il étoit rare au contraire qu’un jour entier se passât sans quelque apparence d’orage. .’ . . . ' J* .

. (l) Toute* ce* hauteurs du baromètre, observées à terre, sont, comme précédemment , corrigées de {'erreur du zéro, de Celles de température et de capillarité.' ..

Vcyetgt de l’ Uranie. — Historique. T. fl. • £

Ht des Papou Humidité. — -Les bois dont l’île Rawak est couverte concourent à y Mctéorologie. fixer les vapeurs, et larendent d’autant plus humide, que de sa situation sous la ligne équinoxiale résulte une évaporation plus considérable. Aussitôt que le soleil a quitté l’horizon , une rosée abondante pénètre tous les corps; il nous est mfme arrivé, par cette même caiise, de souffrir du froid, lorsque, couchés à terre, nous n’avions pour abri qu’un toit en feuilles de latanier. L’hygromètre à l’observatoire noüs a montré que

Le maximum d’humidité y arrive, terme moyen t h 7h du matin.

Et le minimum ....... êè ......... i» 2k do soir.

« D’abord on craignoit l’insalubrité du local ; cependant aucun de nos hommes n’y contracta de maladies sérieuses durant tout notre séjour, quoiqu’ils eussent beaucoup travaillé, et souvent même en se mettant dans l’eau. >> (M. Quoy.) . ' . *

Observations Nous nous bornerons à noter les principaux résultats de nos obser. de ghysi<|ue. varions de physique relatives aux oscillations du pendule , au. magnétisme et aux marées.-

Pendule. — Le pendule, qui faisoit à Paris 86 4oo oscillations en 24 heures solaires moyennes^ à zoJ centigrades de température; dans le vjde, et réduit au niveau de la mer, laisoit à Rawak., dans les mêmes ' circonstances, 86 27 j~“,48o.

Magnétisme. — Nous avons déduit d’un grand nombre d'expériences • qui ont eu lieu avec diverses aiguilles, les quantités moyennes suivantes :

Inclinaison de l'aiguille aimantée ss 1 4° 2 6! 57“. Pointe élevée Nord.

Déclinaison idem. .1 1 ...... .. ' — 1. 29. ja. N. E.

Marées. — On trouvera dans la partie Nautique de ceVoyage, d’amples détails sur les observations de marées faites à Rawak; yoici ce qu’elles nous ont offert de plus saillant •: •'

' ■ ' - .* 1 . * . . ‘ . ' \ supérieur. = 6h 38'

Éubliuement ^>”da du P»‘*8e,d« '* »“ mend.en. . j

des marées. ) Moyen = 6. 55.

* Marnage (1) t Plus, grand marnage observé. .................... . = lm,a 07.

de la mer. f Plus petit idem * . = 9 ,4*7*

•% (1) Marnage: différence entre le niveau d’une basse mer.ei celui de la haute mer consecutive*

» LIVRE III. — De Timor aux Maiuannes inclusivement, j'j

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