‹ Voyage Autour du MondeChapitre 85 sur 165 · LIVRE III. — De Timor aux Mariannes tNCLisivEME>rr. joj · texte numérisé non relu

LIVRE III. — De Timor aux Mariannes tNCLisivEME>rr. joj

Poissons et eoquillagrs. — La consommation fles produits de- la- mer IWi Marianne».

nctoit nas moins considérable. On mangeoit le poisson sec ou salé , et De P10™"

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presque toujours cru; ce nétott guère quaux femmes en couche quon

en donnoit, mais non habituellement, de frais et cuit sur le gril: Quelquefois le poisson , au lieu d'étre salé à sec , étoit- mis dans la saumure: les vases employés à cet usage étoient dés espèces de grandes calebasses ; on •

préfère aujourd'hui les jarres ou cruches en terre vernissée ( t),. Six jarres demagnahalc salé, chacune de la contenance de litres environ, suffisent pendant un an a la subsistance d’une famille mariannaise, en- y joignant toutefois du riz, du maïs, des racines et du rima. En générai, on fait moins de cas de la viande que du poisson. Quelques personnes font mariner celui-ci dans le vinaigre avec des plantes aromatiques ; mais cette préparation est moderne et peu suivie, ; ’ „

Guindés. — ‘ On ne mangeoit jadis que la chair de tortue , de chauve-souris, et celle d'un petit nombre d'oiseaux, parmi lesquels nous citerons principalement les canards sauvages , les colombes , les martihs , et l'espèce particulière de gallinacée connue sous le nom de sesngket , et qui est un mégapode : mais lés rortnes seules étoient une ressource alimentaire de quelque importance. Ces diverses viandes étoient, soit rôties au. four ou sur le gril, soit bouillies dans des vases de terre. Depuis i'iatroduction des volailles et des grands bestiaux domestiques , ia manière de- se nourrir des Mariannais indigènes s'en est moins ressentie qu’on n’eût pu le croire. \ • j •-,* « - .

Mais. — La classe métisse, au contraire, s’est beaucoup rapprochée du genre de vie suivi à Manille et au Mexique, Au nombre des mets usuels, nous devons sur-tout faire. remarquer, ia tortille, l’eitolé et- le tamàks.

Ce dernier est un 'mélange d'atolé et de viande de porc ou de volaille, auquel on a joint du saindoux, des pimens, des tomates , et- du roucou pour donner de la couleur. Le tout ayant été cuit dans un.chaudron , on sert à chaque convive sa portion sur un morceau de feuille de bananier.

Ce mets ne. se prépare que les jours de grande cérémonie.- a -▼

La tortille, sorte de galette mince de maïs, de 9 pouces environ de

( I ) ’On peut voir U ferme éS tM vJKf.’N jujèr Jr lerf capacité refjtivc, n> (étant tn yeux fur notVe planche 68. •* » * • •*: *. * ' V, '

Vojwge de i Uranie. — Ht» torique. T. U. Q <j

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VOVAGE AUTOUR DU MONDE. 8 .'« /i i

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Ile» Mari«nn*. diamètre, -se (ait ctiiiV? comme no» crêpe» de Bretagne, sue une plaque De rhmyme en fer.posée sur des charbons ardens. ( Voyez pi. 6p. ). rn famiHe. L’a/o/é est tout simplement une bouillie de mai* assaisonnée d’un peu de sel : rm ia prépare en grand , soit dans un chaudron /soit dans une marmite en terre. Ce qui nous a sur-tout paru remarquable , c’est son • extrême blancheur, uniquement due à ia précaution prise de dépouiller

entièrement le grain de la pelücuie faune ou rougeâtre qui ie recouvre, et qui nous empêche d'en obtenir de la farine en France à un degré partait de netteté. Voici comment on opère aux Mariannes. v

-Pour .un kaban [50 Irtresjde maïs égrené, on prend 1 îMchopas 4 [ ^-litres ’ppsf de chaux. vive, que l’on fait bouillir à parc dans un grand chaudrOnpiein d’eau :*si le maïs cfoit frais, c’est-à-dire récemment cueilli, il faudrait 4 de tchopas ou -r* de litre de plus de chaux. On verse sur le mais , place dans un baquet, leau. de chaux bouillante, en ayant soin de remuer -avec -un bâton pendant l’espace de quelques minutes. On couvre le baquet; et après- cinq ou six heures de repos, on décante le liquide ; puis pn -soumet le grain à trois lavage» successifs pour déserger complètement le» sédimens de chaux qui pourraient y adhérer : on frotte, en même temps entre les mains-, de manière à détacher fa pellicule, qui s'en sépare effectivement sans peine et laisse tout-a-fait â nu la partie farineuse.

Parvenu à ce point de pureté , le maïs est mis aussitôt sous une pierre « -broyer , semblable à celle de nos chocolatiers (pi. 69 et 80, fig. n^-, et il y est promptement réduit en une pâte d’une extrême blancheur.- St i’bn vouloit q tiédit farine pût se conserver, il faudrait faire sécheF le grain mondé, -avant de le soumettreè la trituration. '

•La saveur de la bouillie frite avec cette pâte serait phi s agréable,- si, au lieu d'eau, on employait du lait- sucré et aromatisé : nous -en avons mangé long-temps-, préparé ‘de- ia sorte, pendant notre relâche à G«am ,

'mtir

sans avoir jamais pu nous en lasser.

Sur ia table des personnes riches, les œufs et les épices, les*pimens

^ur-tout , jouent un très-grand rôle': il n’est même pas rare d'y trouver tous les rafrinemens de la gastromanie, si l’on peut nommer ainsi ia profusion d£ choses capable* destituait/ et. satisfaire l’appétit plutôt. que de flatter agréablement le goût, •’ -s- «g •*.’.***

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