‹ Voyage Autour du MondeChapitre 86 sur 165 · LIVRE III. De Timor al* Marunnes iftixtwiv£MENT · texte numérisé non relu

LIVRE III. De Timor al* Marunnes iftixtwiv£MENT

Boissons. — Les habitons primiiils «les Mariait nés ne eonnoissolent lin Hàrwnei. pas de liqueurs eùvrantes; l'eau étoit leur seule boisson : mais-aujounl’hui D* fhomnte l'art de faire ieau-de- viéde coco., ou, comme ils disent , le tuba, leur ayant été apporté dè Manille , il rte leur est que trop facile de se livrer à l’attrait d’un breuvage perfide, dont des excès et même l’usage frequent sont si pernicieux. Quelques métis Sont parvenus à extraire du maïs une sorte d’aicool ^ inférieur pour la force au précédent, et qtti par cette raison n’est que peu recherché. Jl-en est de même de la liqueur tirée de ht: plante^ exotique- nommée barra de Satt-Jose : Codeur qui s'en exhale est forte et désagréahlé. Quant à. la fabrication du rum. on n éroit point encore parvenu, malgré quelques essais, à en taire à l’époque où nous quittâmes ces parages, '* *9 ur. , vr - .

; tour mariannais. Le tour des anciens étoit nomme u hnmm , et disposé ainsi. qu’il suit : dans un trou lait en terre, et d’une dimension convenable à l’objet quon se proposoit d’y cuire, on plaçoit urilir de pierres plates, et du bois sec-par-dessus, puis de petites pierres encore. Ce bois étant séduit .-en braise; on retiroit de la fosse, avec un bâton, tous les fumerons qui pouvoient s'y. trouver, et l’on étendoir ensuite les pierres, lortement chauffées > au-dessus des charbons ardens, après les avoir éga* lises le mieux possible. L’objet à cuire.éceit déposé sur ces pierres ; enfin on recotmoit -le tout, d'abord avec «le "larges /etiilics , pois avec des pierres chaades encore et de la terre; dp manière qu’aucune vapeur ne pût s’échapper. Quatre heures suiirsoient pour cuire le «ma, et ii n'enfalfoit pas moins de six pour la.yiandode baîuf. I.es indigènes font encore aujourd’hui usage dè ces- fours;, mais depuis, que les Espagnols leur en ont construit a la manière d’Europe ( pis 6 8 ),- ceâdemiers sont en général préférés.

Manière de Servir- les mets.. — - .Sur une natte Je -6 â H pieds de long et de deux pieds environ: dè large, -étend ûç «àr le sol . Sont placés les mets destiné s au repas. Les convivus-t accroupis et assissur leurs talons , se rangent de part et d’autre sur deux lignes; deâ. plateaux tissés en vacoua * ou. du simples feuilles de bananier, servent à -recevoir les mets non liquides; tics morceaux -de: calebasse ou «les étalés de- coco' sont employés dans l'autre cas; enfin la marmite même où, les mets ont, été préparés, paroit satts autre façon au milieu de tn table, a wftfe >

jo8 • • . VOrAGE AUTOUR DU MONDE. t , .

H«i AVruhiw» Repos, r— fis sont au nombre de trois : le déjeûner , ou sinhak , te » ^ho“Jme ptertoit et se prend encore vers les -sept heures do matin ; -le dîner , *■

nti talo-ioam [ répas du milieu du jour] , à midi ou une heure;, enfin %

le son per [ htmgap j a Heu le soir A huit. Aucun de' ces repas ne se fait distinguer par la présence d’un mets particulier - *

Depuis l'arrivée des Espagnols , divers usages se sont introduits chez le». personnes aisées , et surtout dan» la classe des- métis : indépendamment du chocolat , que l’on boit tous les matins , nous citerons le refresto . sorte de collation qui'se prend debout avant le diner, ainsi que nous l avons tait connoître dans une autre partie de cé volume ( 1 ).

Véiemens. Les anciens Mariannais aljoient souvent entièrement nus : le laagouti néanmoins n'était pas inconnu chez eux (pi. 6 x et 63 ) ; iis le nommoient stidi [couverture]: les femmes en fai soient, dit-on, pius particulièrement usage. Mais il est difficile de savoir aujourd’hui rien de bien précis sur l'espèce d’éfofîê qu'on employait A ce vêtement. Le Gobten (z) raconte quelles a voient, pour les jours de fête, certains tissus déracinés d'arbre ressemblant plutôt à des cages qu’à des habits, tant ilsétoienc grossier» et mal entendus. Pendant la guerre et sur mer , une casaque ou gilet sans manches, tissée» feuilles de vitcoua , et nomm é gii&fii gtxi/ak, était porté par tes hommes : je ne puis lui concevoir d’autre utilité que de garantir des impression» de l’air , car ii est impossible de trouver à ce tissu les qualités. 'de la pius mauvaise xuirasse, et* raison de 'sa flexibilité ét de son peu d’épaisseur. * . 4 • . .7

,Des chapeaux [i/adjtij, faits de là même substance, étoient et sont eiiçore. portes par les deux sexes. Le chapeau des femmes (pf. 79, fig. 19 ) a une. forme un peu différente dfe celui des hommes { pl. 79, fig. 20; et pl. 62;). Quelquefois on' se contentait, pour se couvrir latéie, d’un fragment de calebasse [ tahang haoagan ] , taillé en forme de calotte^ pl. 63 ); mais a- moins qu'ils Be doivent s’exposer à un soleil ardent, les habitans préfèrent aller nu tète. »■ s •*. . y ,

fiailoit-il, à la pèche, marcher sur des coraux tranchans , on chaussait des espèces de sandales en feuilles de palmier (pi, 79, fig. 22), d’une

(1) Hlsi. des iUs Marianne:. . " jt« •> i «.* «t tin . «*»v

LIVRE JII. — De Timo* àvx MaimannEs incldsivement. 309 contexture semblable à celle» qui ont été trouvée» depuis peu dans de très-anciens monumens égyptiens. Ce» sandales , moins sujettes à glisser dans l'eau que celles, en cuir (pl. 80, fig, f), dont le* soldats et les colons métis font ordinairement usage , avoient , sous ce dernier rapport, un avantage décidé sur les autres. On ne se sert de sandales, au reste, que pendant les marches forcées ou dangereuses; dans tout autre cas, on . va nu-pieds. *.

Les femmes avoient l’habitude de laisser croître leurs cheveux dans toute leur longueur , et de Je» nouer p ar derrière en forme de catogan ; la même chose se pratique encore. Chee les femmes nobles, les cheveux étolent partagés en deux parties, dont chacune se nouoit séparément (pl- 67 , 68 et dp). Les plus coquettes se blanchissoient la hase du toupet avec de. certaines drogues appropriées pour eet; usage , et de manière à former, un ■ cordon de la largeur d’un travers de doigt. Cette pratique, abandonnée ici.' se conserve encore aujourd’hui aux île» Sandwich ( toyei pl. 88 et 8p) ; on peut remarquer qn’elle n’est pas d’un effet désagréable. • J •

- Quelquefois les homme» portoient eux- mêmes le» cheveux long», noues comme ceux des femme», ou bien flot tans (pl. 61 et 6 3»): Mat* .la coutume la plu» répandue étoit de se tondre ja tète de diverses façons,, et de manière à laisser subsister certaines touffes de cheveux , d’où R résultok des dessins plus ou moins bizarres , dont on peut prendra une idée sur notre planche 61 j cette mode , qui se retrouve également au Japon et aux Sandwich (voy. pl. 83 et 89), est constamment suivie aux Mar Humes. Les soldats de la garnison et quelques autres individus appartenant tous à la race métisse ou philippinoise, réunissent en queue leurs cheveux par derrière. ( Voy tri pl. 6 \ , 66 et 70.) , , .

; A beaucoup d égard», les habitait» de race primitive suivent, quant au» réteraens, les ancienne* coutumes. Cependant, lorsqu'ils viennent à la .Ville, ou bien le» jours de iète, il» se conforment à l’usage , généralement adopté aujourd'hui, de se vêtir, le» homme» d’un demi-caleçon fort large et d’une vareuse en toile bleue -(■ pL 6p); les femmes, d’un jupon de couleurs variée», -et d’une chemisette ou camisole fermée , le plus souvent blanche (pl. 64. b jet ). A la campagne , sur-tout aux heures de

lit» Mariannes.

D« rhomme en tiim H lr.

K» -Martenit»!

i>e l'homme

travail , les deux1 sexes ont presque -sans cesse le -haut du corps entièrement découvert ( pl. 68 et 70 ).

« Les personnes riches, dit.M. Guérin , ajoutent les 'dimanches à ce ■>

costume ühe chemise blanche, un pantalon à l’européenne « une veste à manches { pL 66 ) t ceux qui n’ont ' pas de veste,, mettent leur chemise par-dessus le pantalon ,• sorte de parure A laquelle , pour le dire en pas-r sant ,- nous avons eu quelque peine à nous habituer, ti y en a, mais etr petit nombre, qui portent aussi des souliers pointus et très-découverts. »

Jusqu’à l'âge de sept ou huit ans, et même plus pour les garçons ,les enfans voutous (pi. 69) ? dans quelques circonstances, on les revêt cependant , soit d'une petite chemise", soit d’un demi-caleçon. dmÉteto».

Les chapeaux ronds en cuir (pi. 66 et 70 ) , plus rarement ceux de feutre, remplacent, chez les habitâns les plus aiscr, les chapeaux en. tonifies de vacoua (pl. 77 >, que portent principalement tes geiis du peuple; d’antres se bornent à s’entourer la tête d’un fichu (pl. 61 ; (t6 et 6p‘). Les femmes, quand- elles se rendent A i'église , mettent, en guise de voile, un mouchoir ordinairement en couleur (pi. 6 5 ) , garni d’une petite dem.

«He ôu -d'une broderie,- et rappelant, A quelques. égard» , la mantille espagnole ; comme ce dernier vêtement , ce voile sert à couvrir la presque totalité dè la figure. Les dames , dajis tes grandes circonstances , . garnissent leurs pieds de mules jaunes ou noires,- dont le- exion est élevé d’environ 8 lignes ; cette chaussure signale à la vérité- l’opulence de celles qui la portent , mats elfe donne A leur démarche i apparence’ fa plus pénible et la plus guindée. *- * •'

■ Ornement. — Les individus de tout âge et - Je tout séxe aiment- beau-' coup à porter, soit un scapulaire, soir un rosaire, ornement auquel ifs attachent un très-grand prix (pi: 6t , 64,^5 >. 69 et 7®) : heureux qui est assez riche pour s’en procurer ! Presque toujours le rosaire supporte une croix ou utrmédaillon en argent: Quand leurs facultés le permettent , les femmes- se parent en outre de bague» et de pendant d’oreülé (pl. 61),'. dont tes plus communs sont en argent.^ v: « •« • •«foi»

. Dans les temps qui ont précédé la Conquête , elles se mettoient autour du front, les jours de -cérémonie; des pendeloques eà écaifie -de-tort*» ,en coquillages rares , ou en grains- d'tine sorte de’ jais-, qu'onemreSaçôit

LIVRE IH. — Dt Timor aux Marianne*, inclusivement, jri de fleurs (i) ; elles avoient aussi des colliers en écaillé, composés de rouelles de cette précieuse matière, minces et d'égale épaisseur^, 79 , 6g. 1 j et 14) , qui , enfilées les unes à la suite des autres , et travaillées avec perfection , sembioks» ne former qu’une seule pièce polie et flexible. Ce* colliers étoiern connus sous le nom générique d’ahis; il y en avoit de deux sortes; les un», goim (i), d'une grosseur un peu moindre que le petit :doigt, servoient exclusivement de parure aux dames (pL 79); la longueur en étoit telle, qu’après avoir passé deux fois autour du cou , dis descendoient jusqu'à la hauteur du nombril. Les autres, d'environ un pouce de diamètre, se nommoient lakao - hagaa : ceux-ci, placés en écharpe , dévoient descendre jusqu'à la hanche. • - » • —

Le gaiae'ia jamag&oH { 5 ; , autTe objet de parure , étoit aussi compose de rondelles d'éçailie, mais non polies sur les bords ni d’égale épaisseur-: sa forme approchoit communément de celle d'un cône tronqué, extrêmement alongé , ayant six pouces de diamètre au gros bout, et un pouce seulement à l'autre. Cet ornement de grand apparat n'étoit qu'à la portée des hommes opuletis; iis .se le mettaient au cou , en laissant pendre les bouts inégalement sur la poitrine. Nons.revkndnons sur ce •mguiier joyau i ainsi que sur les colliers d'écaille , lorsque nous imiterons des monnoies mariannaises.

Un article de toilette non moins estimé, mais destiné exclusivement aux dames riches, c'étoit une plaque entière d'écaille [makm </«*&.], polie sur ses deux faces, et qui se fixent en guise de tablier, autour des reins, avec un double cordon. Certaines coquilles précieuses et de petits cocos proprement travaillés; aidoieur encore à orner leur ceinture.

L’habitude que les femmes avaient autrefois de se teindre les dtmts en noir en se le* frottant avec de certaines herbes , est aujounifvtiitouttombée en désuétude.- • •

\ i ) Voyez le Gobien, oj^cit. Les CarujÜpois mdletit d^s graios noir* de la menu» -substance dans quelques-uns de leurs càllitrrs. (PI, 58 ». fig. 2.)

(2) En faisan» le dernier i bref ; car le mot gmtni exprime l'origine, te tien d'oii t*bn r'tenrr c'en noue Je , ou fe /rom des Anglais, '» \ V ..

( 3) Moi à mol, richesse d’enfant. Nqus disons -Tç^m^logie de celle expression dans le paragraphe suivant, où nous devons nous occuper des usagés sociaux propres aux hahiians 3ë ces contrées. ’ * * '*

Ile» - Marianne?.

■De l’hotnme en famille.

Iles Marianne!, Dp l'homme en famille.

Habitations.

Le* habitations «tes anciens Mariannais étaient vulgairement construites de deux manières : les unes s elevoient sur des piliers en pierre; les autres étaient immédiatement assises sur le sol. Parmi ces dernières, noua citerons d'abord le simple abri , dressé d’une manière accidentelle pour se préserver de l'ardeur Ju soleil ; ii portait le nom d' akkagoa. L ’anagong , hutte d’une construction fort simple , étoit destiné au logement des gens les plus misérables. Le sttAi gam [ Couverture échouée ] , cabane de forme conique, ne semble propre qu’à recevoir un gardien oinun homme placé en vigie; construite en bois, et recouverte en. feuilles de palmier, cette cabane n’a, comme l'anagong, qu’une porte pour toute ouverture : 011 fait particulièrement usage aujourd’hui des sadi-gani pour le logement de ceux qui travaillent, au bord de la mer, à la fabrication du sel (pl. 81 ). . • .

Il existe une autre espèce de maison, de la même catégorie, remarquable par une capacité plus grande et par sa. forme en carré long ; ce n’est souvent qu’iin refuge passager, construit en bois et en feuilles de palmier, dont la destination est de mettre- le voyageur à couvert d’une averse, ce que son nom guma padja [maison d'orage] rappelle assez.; on s’en servoit aussi jadis pour déposer momentanément ies produite d’une récolte (pl. 61 ). ■ ' ■ • r -

. Les maisons de la seconde catégorie , ou ies gamet saga [ maisons d’habi talion] , seules demeures permanente» des Mariannais, étaient toutes supportées par des piliers en maçonnerie. Le grand nombre de pierres -debout que l’on rencontre encore, tant à Gaam que dans les filtres des de l'archipel, met hors de doute ùn fait que la tradition et l’histoire confirment d'ailleurs si parfaitement, •• , . . ,

Dans l'abrégé qn’il donne du Voyage de Legaspi, exécuté- plus d'un siècle avant tout établissement espagnol dans les îles qui nous occupent, l’historien Gaspar dit expressément - que les habitations des insulaires sont » hautes, proprement. bâties, et bien divisées en plusieurs appartemens ; ■» et que le tout , élevé d’un étage au-dessus de terre, est porté sur de forts » pilier» de pierre, Indépendamment de ces maisons où ils demeuraient, » poursuit -il, les naturels av oient des espèces de hangars, bâtis éga- » iement sur de grands piliers en pierre. L’un de ces hangars, situé

LP/ RE m. — De Timor aux Marianne* inclusivement. 3 13 » près de l'wgaade , contenoit quatre de leurs plus grandes embarca- H» Marianne*

» tions ( 1 ). * : ^ SuSSîT

Les piliers les plu.» élevés , parmi ceux dont il reste aujourd'hui des «mes , se voient «ur f'îfe Tinian ; ils ont été décrits , pour la première fois, dans te Voyage d’Anson. Un de nos plus habites observateurs,

M. Bérard , les a examinés lui-même, et ils Ini ont fait concevoir une haute idée de l'Industrie, du goût et de l'adresse des habitans de ces «on- * trées; Voici, à ce) égard, comment il s'exprime: «Nous avons admiré, à Tinian, les ruines d’un édifice situé à environ une encablure du rivage (2), et qu’on eut dit avoir appartenu a une nation civilisée : ce sont des piliers pyramidaux, au nombre de dix, remarquables par leur volume et la régularité de leur espacement ; sept sont debout, et trois renversés. La description .qu'on en trouve dans le Voyage d’Anson est exacte (3}; mais tes racines-et tes branches d’arbres qui sont aujourd’hui incorporée» en quelque sorte- avec la maçonnerie , donnent à ces monumens un aspect tout autre que celui qu’ils avaient alors : les angle» das pHiers se sont aussi émoussés, -et les demi-sphères qui les couronneht nom plus la même rondeur ( pf. 74 ). 0n rie sait à. quelle causé attribuer k chute des trois qui giseijt sur 1e sol ( 4 ! ; peut-être. est-elle due à quelque commotion souterraine. Ce* constructions , H est vrai » n’ont point de fondations et sont assises à ia surface du terrain r mais leur» volumineuses proportions et leur forme particulière sont suffisantes pour en assurer la stabilité. Chacun de ces piliers est d’un seul bloc, composé de chaux, desable, et, en quelques endroits, "de grosses pierres englobées

( i ) Voyez Conquist. temp. ÿ- spir. dt las islas Fi li pi nas , por fray' Gaspar , I. j, c. 17, êt.J.Burney, 4 Chtvtfbl. Hist. of the disiov. in the South Sfa, t/l.

(a). II paroit .que c’est auprçi du village de-J'mnharom. • ’ »

{ 3 ) « On trouve en divees endroit? de Tinian , dit le rédacteur de ce Voyage, dri .ruine* qui » prouvent suffisamment que le pays doit avoir été fort peuplé; ce» ruine* consistent presque » toute* en deux rang* de piliers de figure pyramidale, ef ayant pour haie un carré. Ces pilier*

»*ooti’iin de Cautre à la diwance d’environ 6 pied* (amgUî*)'[,in,^3 ]•, et le double de cet «espace sépare ordinairement les rangs. La base drs piliers a autour 6e ^.pieds en

» carré, et leur hauteur est d’environ 13 pieds [3m,£6]: tnr le‘sommët*de chaque pilier est «placé un detrtt*g!obe‘ la surface plafi» est en dessus. Les pilîerf-ei le* demr»glabes sont'Je «sabla et,d* pierres cimentes ensemble, et recouverts de plâtre.» ( Voyage d’Ansoh, hv. irr, chap. 2 , page 247 de U traduction française, in-4-*J * " •

(4) Cetttr circonstance ayant permis à M. Bcrard 4’avOtr la mesure exauce dui drverttt

Voyage dt TU fouit. Historique. T. IL RT

Ues MirUnnes. dans un mastic commun. U est permis de douter que ia couverture de De rhonmi» plâtre dont AnsOn a cru les voir revêtus ait jamais existé; toujours est-

en famille. . . e ,

il certain qu n b en reste maintenant aucune trace ; leur surface a ia couleur grisâtre et même la dureté du rocher, tandis que l'intérieur est cassant et presque friable-( i •). .. ' : * ." . " ’ •

» Non loin de Jà on voit beaucoup d’autres ruines ; mais les piliers * en sont incomparablement plus petits. Dans un endroit, ils sont alignés, et forment une avenue de plus de îoo toises [ 390™ } de longueur, sur une direction Est et Ouest : l'un d'eux étoit entouré.des branches d’un figuier multipliant. Toutes ces constructions, au reste, paraissent -être composées des mêmes matériaux, et sont- plus du moins dégradées par le temps. Sur lés mOntdgnes, dans les plaines, sur quelque point de l ife en un mot qu'on aille, par-tout on trouve de ces-débri» en grand nombre, preuve évidente de l’étendue de-la population ancienne.

•» Je pense que les grands piliers que j’ai décrits plus haut iront pu appartenir qu’à un édifice public, car iJ y. a une différence trop -sensible entre leurs dimensions et celles des autres oUvragesrde cette nature, La plupart de ceux qui sont -disséminés sur ia surface de l’îie nom pas âu-delà de 6 à.7 pieds { 5 à arajï7 ] dejtaut; il y en a de plus petits

ancore. On ne peut s’empêcher de’reconnoître qu'ils ont, à une époque

parues de ces prüer» , nous les -rapporterons ici, en. pieds français et en mètres:

- w - - • • * *.* * *•.** , Pyramide» : •. .* *

t fs . inférieure rectangulaire. - • \.

Côté latéral » =3 1 ”,6.2. ,

; . CÔfé ira naversql. ............. a= }. l/i£=*| ,14.

Base supérieure èarrée.-, • *- . * v , *

• . * Côté du. carré. 3c 3. i/X =' 1 #i 4/ ...

» Hauteur du rronc de pyramide. . |6, . ^ 5 ,30,

. - * • . # Chapiteau. *

*, „ Hauteur verticale.,. ... » pc 4. = 1 V

Diamètre supérieur., s 7. ±t' 2 ,27. . ,

{Voyez fl. 8f frg. a, h etc.) ; * • ,

’ ( l ) <« Jusqu’ki , «dit encore M. Bérard , je n'ai parié que des grands piliers qui sont réuni! en detyc Airs tomme les . colonnes .restantes d’un ancien édifice. Nous eh avons rencpntré d'autres j nfais moins élevés et moins gros. Prés de là grève la plus voisine du mouillage, on reniarquotr un pilier unique et 4*seagrapd> placé au milieu tfuntas de ruines. *> * , - * *

LIVRE III. — De Timor aux Mariannes inclusivement.' 3 1 5 reçûtes, servi de supports à, des- toitures d’habitations : en effet, ieurs tin Muiimn. ruines reçoivent encore aujourd'hui, dans le pays, de nom de cauû dt los De l'Homme

r . , . -, en tamille

aùtiguos [ maisons des anciens ], » • • . .'.j

Quant à ceux qui’ se font distinguer par une ampleur et une élévation beaucoup plus considérables, ils avoient pour- objet, d'après la tradition locale, de supporter la toiture de vastes hangars, destinés à mettre à ‘ » . l'abri du soleil les pirogues 1 talées momentanément sur le rivage ( I ) :*on cite néamoins des chefs puistans qui en avoient fait ériger de la. même nature’, pour donner à leurs demeures une apparence plus somptueuse'.

,A laide des renseignemens qui m’ont été fournis à G «afin ,j’ai cherché à donner une idée d’une de ces maisons monumentales, et j’en présente, sur la planche 8 1 , les élévations, de plan et la perspective. Un fort plancher soutenu par des piliers, et ayant au milieu une large ouverture par laquelle on monte, servoit au logement de la famille : là étoient contenus tés lits , les provisions et les objets précieux. Le dessous formoit une espère de hangar, où Tort se tenoh pendant le jour et où l’on travaiiloit. On remarquera que le toit, qui descendoit fort bas, ombrageoit cette partie inférieure de l’édifice , et y enuetenoit une fraîcheur toujours agréable dans les régions équatoriales. Probablement, ainsi qu’on le pratique aux Mes Caroline* (2) et aux .Sandwich , le sol étoit recouvert d’une couche de pierres, de gravier ou de coquillages, sur laquelle on plaçoit quelquelois des nattes, pour le rendre moins accessible à l'humidité. * ‘

Notre planche 81 contient en outre une esquisse de. la disposition dés maisons ordinaires des temps antiques. A gauche , surfa- même planche; se voient encore l'élévation et te plan d’une des' maisons actuelles du plus gçand nombre -des habitant,, et déjà J’oh peut y reconnoitre une sorte d-’imltation de l’architecture européenne. Ainsi que dans les habitations

* { 1 ) Nous verrons, dans une autre partie de et* chapitre, que l'usage tde cetf grands halfgars sé conserva encore à <u»am ; comme autrefois, ils sont supportés par des piliers an pierre) mois maçonnes à la-maniéte européenne. 'J,n general, ces hangar] paraissent plufdi. déminés aujourd'hui à mettre les ouvriers à l’abri, ou à servir de lieu de réunion pendant les jours de fete, qu'à recevoir des pirogues. . V

(2) Les maisons de Kadak , dans l'archipel dty îles Caroline, , dh le capitaine Kotrehue , sont de simples hangars avec un planche, plus élevé où. se logent le bagage et les efiéta; de plus, des- huttes en forme de tentes rondes. Lo sol est recouvert de petits fragmeos de c'oraj) et de coquillages. ( Vot/açc <umvr d* mande, (tr 1X1 de la traduction anglaise.) " v-

Rr *

31 tf - . VOYAGE AUTOUR DU MONDE. / /

H» Marianne*, précédentes, le plancher y est élevé au-dessus du sol , mais d’une quan~ U« rhomme tité qui ne surpasse pas a ou 3 pieds. L'édifice est un carré long, ayant 18 pieds sur rç de côté, et séparé en deux parties inégales : l'une, qui est de moitié moins grande que l’autre, forme la chambre à coucher des ' * chefs de la famille; elle communique par une porte à la pièce prinei- • ‘ pale , et deux petites lucarnes servent au- renouvellement de l’air et À

l’introduction de la lumière. Cette dernière est à-ia-fcd* salon, salle à

manger et dortoir pour les enfans ; elle reçoit le jour par deux portes fatéraies de sortie , où l’on -arrive à l’aide d’échelles ou de petits escalier», en bois comme le reste de i’-édiftce. La toiture est recouverte en feuilles de palmier, assez serrées pour intercepter tout passage à i’eau.

La cuisine est toujours établie en dehors et à peu de.distance du logis: son foyer consiste en plusieurs pierres propres A recevoir les marmites , et- te tout est abrité par un toit léger, que soutiennent quelques perches. fîehées en terre. Il y a des habitations plus vàstes, sans doute; mais toutes sont établies sur les mômes, principes. : les plus grandes sont distribuées en quatre pièces ; la chambre à coucher , celle où l’on mange, le magasin où l’on serre les provisions, et une salie de travail qui sert en môme temps de dortoir. Quelques fenôtres sont percées de distance en distance ( pl. 70) ; la cuisine est toujours isolée du corps

de logis principal. • • • • • f

Ce dernier usage est encore suivi par quelques habitans métis , et môme par les dépositaires de l’autorité, dont les maisons sont bâties en pierre et couvertes en .tuiles, à l'instar de nos constructions européennes. Ainsi, par exemple, dans la maison du gouverneur, à Pago, dont notre planche 80 offre l’esquisse , le n.° ÿ indique, la cuisiné, qui communique au reste die bâtiment par ia chaussée ou terrasse n.° 8. Les maisons de ce genre, on le voit, ne sont portées ni sur' des pilotis, ni sur des piliers en maçonnerie , et cependant le plancher sur lequel on

marche est encore exhaussé de quelques pieds. Le ritTe qiii règne en •

dessous n’est ni habité ni môme habitable, à cause de l'humidité qui s'y ■ entretient : quelques personnes néanmoins en font un magasin pour les objets qui ne craignent pas la moisissure. Des vitraux en nacre de perle bu en feuilles- minces de corne garnissent les fenôtres des habitans Içs

LFVRE IH. — De Timor aux MarjaMnes inclusivement. 317 pin» riches ; chez d’autres elles sont closes avec de* stores ou de simples lies Mutent*». Battes ou claies diversement fabriquées. fiMSe**

Meubles ckei lesanciens. — Les Mariannais ne côuchoient autrefois que Meublit sur des nattes [gaafak"\\ le hamac en filet, récemment introduit chez eux, •'« ustemîK^ leur étoit inconnu (1) : ils avoiem, pour (es enfans à la mamelle, une espèce de berceau [fagapsan] tissé en feuilles de vacoua, consolidées par > * de petites côtes d’un bois léger, dont on peut voir l’emploi et la forme sur notre planche 62. Alloient-ils en voyage, un. panier de forme prismatique £<?At»], garni de deux cordons croisés en diagonale, .servoit A coucher ces jeunes créatures; le tout ensuite étoit .porté au bout d’un, béton placé sur l’épaule. Ce moyen de transport, qui n’est plus aujourd'hui en usage, étoit encore employé à Goam dans le cours de 1807. • . . . • • - ' - '

L’alan mtvrtaott [boîte au bétel] est maintenant, mais sur-tout elle étoit dans les temps antiques, ün meuble obligé, destiné à recevoir l’attirail du précieux mastkatoine. Cette boîte , d’une forme prismatique , et surmontée de deux arceaux en guise d’anse, avoit 8 pouces carrés d'ouverture, et étoit tissée en feuilles de vacoua avec beaucoup d’élégance et de soin. (Voy. pl. 61.) • • ■ • . .

Pendant les repas, les metsétoient servis sur une natte [rç£rn] qu’on étendoit par terre. On nommoit alan ' tchin-o un panier qui servoit â renfermer, au logis, les provisions de bouche; sarghi, un plateau où, pendant certaines cérémonies, on plaçoit le gâteau de riz nommé hinigsa sinargan , dont il sera plus particulièrement fait mention dans la suite: le katad étoit un vase rectangulaire, tissé, comme les précédons, en feuilles' de palmier, et destiné à transporter, d’un point à un autre, le riz qu’on envoyoi t en cadeau (pl. 79 , fig. p), .

Nous citerons encore , comme objets analogues , le salon , sorte de sachet formant en étui et précieusement travaillé (pl. 7p. fig. 25), qu’on tmployoit , les jours de grande fête, à mettre les boulettes de bétel qu’il falloir offrir aux personnes de considération. Le bahgbag, sac de moyenne dimension, formant à recouvrement, et le kagog, énorme panier en

(1) Les Càrolinois des îles Radak s’étendent sur une pagne grossière, et un morceau de bois ieur sert d'oreille*. ( Voyez Kptzebm.’ , voyage cftc. ) • 4 *

Ile, Marianne*, forme d’étui (pi. 79 , fig. 26), servoient en voyage au transport des De rhorume provisions de guerre et de bouche : le premier se portoit en bandoulière* à la hauteur des hanches , et le second , avec des cordes ou bretelles , '■ derrière les épaules; la plus 'grande dimension de ce dernier était au » moins de 3 pieds. Il y en avoit aussi de même construction, mais de . « 10 pouces seulement de côté , qu’on appeloit da tiglon. Les akm tsigTog

étoient des paniers divisés en deux com parti mens égaux; le pepang et \'a!a (pi. 53 et 68 ) , corbeilles grossièrement tissées en feuillet de cocotier , l’une grande et l'autre petite-, propres seulement à contenir des objets de peu de valeur, tels .que des. racines d’igname , &c. ; le gaégke, destiné à mettre le poisson pris à la pêche; le tataho, sac tissé en vacoua, pour recevoir le riz après la récolte- (pL 62) ;;ie làman , vaste natte, sur laquelle on faisoît sécher le poisson ou toute, autre espèce de denrée.

Des calebasses de dimensions variées permettoient de faire un nombre assez considérable d'ustensiles de ménage ;■ les plûs spacieuses, à large gouiot [sstmag], étoient ordinairement réservées pour l’eau douce, ou pour conserver ie poisson salé ; dans ce cas , elles prenoient le nom-de tagoa : on faisait des seaux avec l’espèce plus petite [ Itnghtg ] - enfin, on tiroit aussi parti des fragmens mêmes de calebasse.. • • '

Les tronçons de bambous n’étoient pas moins utiles , soit pour contenir certaines substances (.pl. 69 ), soit pour transporter i’eau en voyage (pl. 67 et 80, fig. m). . . . - , •

Au nombre des objets en terre cuite connus- des anciens, il faut compter des marmites [ pitoi ] de plusieurs dimensions [ pl.' 79, fig. 28 J, qui , sans être vernissées , aiioient sur le feu , et servoient à faire cuire certains alimens; d’autres avoient- depuis un pied « demi josqu’à 4 pieds d'ouverture , sur une profondeur égaie aux trois, quarts de ce diamètre [pi. 62}: on avoit, aussi des vases de la forme indiquée ph'79, fig. 8. Toutes ces-poteries portaient le’nora générique de sahadjan; les plus grandes étoient employées, les jours de fête » à la préparation du riz. . / • • . ’ • *

Chaque ménage avoit aussi son grattoir de coco ( kamdja ] (pl. 79, fig. 2), pour réduire l’amande de ce fruit en poudre; son auge en bois [ ioluhan ] (pl. 61 et 79, fig. 17), ses grands mortiers en pierre [lasong\

LIVRE III. — De Timor aux Marianne* inclusivement. 3 19 (pi. 79, fig. ij, et pi. 62 et 71), sès petits mortiers en bois [patoJ ] lie» M»i«nn*i. (pi. 66 et 68 ), et ses pilons [foie] (pi. 62, 66, 68 et 71 ). p0™*

Meubles modernes. — L’ameublement des maisons modernes est en raison de i’opuJence des personnes qui les habitent , mais toujours extrêmement borné : un buffet , un grand coffre servant de banc , un lit en .bois grossièrement travaillé, et dès hamacs en filet (pi. 66), sont communément ce qui compose celui des gens aisés. Les personnes titrées du pays ont un mobilier un peu plus considérable; on. y voit en effet une table, des chaises, des bancs, quelquefois une glace, 'fet toujours, une estampe représentant un sujet religieux. * . ...

Les ustensiles de ménage sont certains vases de Chine [luihaéi] en métal fondu, dont 1er plus grands n’ont pas moins de 3 pieds de diamètre; de petites bassines [kesraJ>m\, de même forme et de même matière , n’ayant pas au-delà d’un pied et demi de largeur : cm peut voir le dessin d’une de ces’ dernières au-dessus de l’alambic de notre planche 68 ; les autres font l’office de nos chaudrons, celles-ci de'pôêles à frire. Il faut ajouter une chocolatière en laiton et son mouSseir, un ou deux plats, et des bols en porcelaine de Chine ; quelques bouteilles , des jarres en terre-. cuite [pi. 68] de fabrique phiiippinoise ; une pierre à broyer le maïs, et son rouieau (pi. 69 et 80); enfin des calebasses, bambous, mortiers , pilons et paniers , suivant l’usage ancien dn pays.- Un grand coco emmanché, placé à proximité d’une jarre pleine d’eau, fournit 6 tout venant la facilité de se servir à boire.

Pour l’cciairage intérieur, quelques habitaus placent une mèche de coton, humectée d’un peu d’huile de- coco, au fond d’un vieux bol de porcelaine, ou dans une lampe en fer d’Espagne, ou dans une demi-noix de ceco- frais. On ne faisoit point usage de. lampes autrefois ; et quand on avoit besoin de s’éclairer en voyage ou à la pêche, on aliumoit une espèce de torche [lagos] composée, soit de roseaux secs simplement , -soit de roseaux- mêlés avec des feuilles de - cocotier, ou bien d'un assemblage de roseaux et 'de fleurs desséchées du cocotier. Ce même moyen d'éclairage est encore employé aujourd'hui. . • •

• Au nombre des ustensiles modernes , nous devons également citer un plateau en bôls- propre à vannerie grain ou à placer des tasses (pL do-,

J les Mariai nés.

De l'homme en famille.

Occupations et usages.

fig. d) ; la planchette. striée sur laquelle on- lave le linge ( pL 80 , fig. g)j puis le fer qui sert à le répasser (pl. 80, fig. h.).

Occupations des deux sexes. — Lors de la première arrivée des Européens aux Mariannes , les femmes prenpient généralement une part beaucoup plus active que les hommes aux travaux pénibles du ménage : cette habitude s’est maintenue parmi les indigènes , malgré l’exemple contraire que leur donnent la plupart des colons et des métis; il n’est pas rare néanmoins de voir les femmes de ces dernières classes se livra: comme Jet autres aux pêches .riveraines ét même à la culture des terres, sans négliger pour cela les soins nombreux et journaliers qu’elles doivent à la conduite de leur maison. . - ...

• * Les deux sexes, disons-nous, se livroient jadis en commun aux travaux de la pêche et de l’agriculture : mais la construction des cases ou maisons, celle des pirogues , la navigation , l’entretien des chemins et les transports difficiles étoient te partage pius particulier des hommes; celui des femmes consistoit dans la fabrication des tresses et des cordés employées dans la marine, le tissage des voiles pour les embarcations, celui des nattes, et généralement de tous les nombreux ustensiles qui se faisoient avec des feuilles de vacoua, tek que paniers, corbeilles , boîtes ,• berceaux d’enfans, sacs, &c. &c. , dont nous avons pius haut donné la nomenclature : les préparations culinaires et la pratique de la médecine étoierit en grande partie aussi de leur ressort.

De nos jours les gens de (a classe Inférieure ne songent nullement à la culture de& champs : pour approvisionner leur famille de végétaux , il leur -suffit d’aller le matin dans les forêts ou sur les montagnes -, et d’y ramasser les racines- nutritives , le fédériko , -les cocos, et le bois dont ils ont besoin ; la provision se fait pour ua jour ou pour deux , et rarement pour trois. La chasse ne leur est pas non plus étrangère.

Meures de repos. — L’habitude de se parler au lit, très-répandue chez nos insulaires, rend ^ssez difficile l’appréciation de-ia durée moyenne de -leur sommeil; ils passent ordinairement neuf ou dix heures de suite au lit, à moins que l’obligation d’une pêche au flambeau ne les fasse rester hors de cher eux une partiè de la nuit. Au reste , ifs dorment indifféremment à tous les iras tans de la journée, sans heures fixas.. Quelques habitans

LIVRE III. — De Timor aux MaWannes inclusivement. j*i modernes, à l'imitation des Espagnols, ont pris la coutume de Étire la llr» Marîannw. Muta. Autrefois , un de leurs- passe-temps étoit ia promenade après le De l’homm* coucher du soleil; elle avoit presque constamment pour but do jouir de 4mI la fraîcheur de ia soirce, ou de surveiller les travaux de leurs champs.

Propreté. — L'usage journalier du bain «toit général aux Marianne* , autant du moins que le voisinage des eaux pouvoit le permettre ;■ celui de se frotter le corps et la tête avec l’huile de coco^. tant pour se préserve» du froid que pour éloigner certains insectes , u'étoit pas- moins répandu ; les personnes qui aiioknten mer n’y ruanquoient jamais. A défaut d’huile, on empioyoit aussi l’amande de coco pilée ou simplement mâchée : quelques individus posèrent aujourd'hui, pour se frictionner la tète, le jus d'orange à l’huile de coco. - < . s. -, ...

Tatouage., — Il n « paroi t pas que les anciens Mariannais se soient jamais tatoués ; il est toutefois certain que cette pratique, si jamais elle a existé,. est maintenant chez, eux tout-à-fait oubliée : leurs voisins les Caroline» ont, au contraire , une prédilection particulière pour ce genre d'ornement. . .. ; ... v- S . * .' .. ..*■

Bétel. — Il n’en est pas de. même du bétel , qui, inconnu aux Caroiines , est, de temps immémorial, un. objet de première nécessité aux Mariannes. Là ce masticatoire ne se compose que- de noix d’arek, de feuilles du poivre bétei et d’un peu de chaux ; car le. tabac , introduit depuis peu dans ces îles , n'en faisoit et n'en fait encore aucunement partie.

Cigares. — C’est en cigares que la consommation de cette dernière plante y a acquis une grande vogue ; nul habitant de Goam ne sort sans en être muni et sans avoir sur lui son- briquet (ij, et, dans un étui, un. petit morceau de bois léger de balibago, qui, -prenant feu à ia moindre étincelle, forme un excellent amadou.

Manière d’allumer le feu. — Nous avons réfuté précédemment (t) la singulière assertion de ceux qui veulent qu'à l’époque de la découverte des Mariannes, leurs habitons ne connussent pas le feu. D'un autre côté,

(i) Les pierres à fusil, aujourd'hui assez communes à Goam, y ont été laissées pat les ** navires du capitaine Crozet. ( Voyri ci-dessus , p. zi &. )

[*) Voyez chap. XXV,p. 165. ’ *

Vtyogt dt ï U rouit. — HUloritjue. T. U. S $

Me* Marianne*.

I>« l'homme rn famille.

j il •••< VOYAGE AUTOUR DU MONDE, le* relations fréquentes de ceux-ci avec Manille , pourraient faire penser qu’Us employoient , pour obtenir du feu par le frottement , les même* moyens que les Philippin»» : il n'en était rie» cependant; et, ce qui étonnera peut-être , c’est que le procédé mariannais est identique avec celui des Papous de Vaigiou , que nous avons décrit ailleurs (i). On désigne ; à Gaam , sous le nom de djogdjag [ frottoir ] les morceaux de bois qui servent pour cet objet.

Aux Philippines, on fixe contre un arbre ou par terre, un éclat de bambou dans une position horizontale ou verticale ; on frotte dessus , en appuyant fortement des deux mains , un autre morceau plus court du même bois, ayant une cannelure perpendiculaire à sa longueur, et percée d'un trou à l’une de ses extrémités : une poussière fort ténue s’échappe bientôt de ce trou , et ne tarde pas à prendre feu.

Manière de recueillir l'eau de pluie. — — « Dans bAucoup de villages, dit M. Daperrey, le» habitant préfèrent l’eau de pluie A celle de rivière; mais comme ils ne sauraient avoir de citernes, iis posent une jarre au pied d’un cocotier ou d’un palmier quelconque; une feuille de l’arbre , fixée au tronc par un bout avec une corde, va aboutir par l’autre extrémité à l’ouverture do vase , et y conduit l’eau de pluie qui coule le long de la tige, en quantité suffisante pour fournira ia consommation de plusieurs familles. »

(i ) Ch»p. XXI, g. 63.

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