CLÉODORE DE LESSON
Cleodora Lessonii, RANc, Monog., ms. pl. V, fig, 1, 2 et 3. COR ho Sn)
Dans une monographie encore inédite, M. Rang a divisé le genre cleodora des auteurs en trois sous-genres : les vraies cléodores, les créseis et les triptères. Il admet six espèces dans son premier sous-genre, les cleodora Lessont, Rang, cuspidata, Bosc, quadrispinosa, Rang, lanceolata, Lesueur, pyramidata , L., et éalantium, et passe sous silence la c{eodora Brownii, figurée par M. de Blainville, pl. XLVI de son Atlas de Malacologie, et qui parait être la pyramidata. Depuis, il croit que l’espèce découverte par nous, et qu'il a nommée cleodora Lessont, ne diffère point de celle figurée par M. Bosc, pl. VI, fig. 5, 6 et 7, de son Histoire des Coquilles, sous le nom d’hyale cuspidate. 1] faut alors que la figure de M. Bosc ait été exécutée avec beaucoup de négligence, car plusieurs de ses caractères ne conviennent point à notre espèce.
Quoi qu'il en soit, la cléodore qui nous occupe était abondante. dans la mer des Indes qui baigne la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande. L'animal avancait sur la surface de la mer, à l’aide de ses deux nageoires latérales membraneuses, colorées en rose tendre. La coquille largement fendue supérieurement, semble formée de deux pièces qui seraient intimement soudées dans leur moitié inférieure. Renflé en dessus et en-dessous, rétréci sur les bords, à lèvres libres et espacées en haut, le test de cette cléodore se rétrécit, s'atténue en bas, finit en pointe qui se recourbe en crochet aigu. La lame qu'on pourrait appeler dorsale est marquée sur la ligne médiane d'une arète qui forme une pointe épineuse et libre au sommet, et qui se continue avec le crochet inférieur. Ses bords
sont ovalaires, puis ils se dilatent pour donner naissance de chaque côté à une pointe épineuse, allongée , acérée , et à peine recourbée en haut. La lame antérieure , au contraire, plus courte que la précédente , a son bord libre arrondi, sa surface convexe et lisse sur la ligne médiane, et en bas se continue jusqu'aux deux épines latérales, qui sont la limite de la fente supérieure. Vue de profil, cette fente simule une bouche d'autant plus ouverte qu'elle est plus voisine du bord supérieur.
La coquille a 6 lignes de longueur totale. Sa texture est extraordinairement fragile; ses couleurs sont translucides et comme vitrées. De légères stries régulières et arrondies couvrent sa surface. Ces stries sont dues aux lamelles successives que produit l'accroissement de taille de ce petit ptéropode.