PTÉROSOME APLATI
Pterosoma plana , ss.
COMTE SET OS NDrS CIS n)
Nous avons établi le genre ptérosome, en 1827 ( Mém. de la Soc. d'hist. nat. de Paris, t. 3, p. 414, pl. X, f. 4), pour recevoir un animal fort remarquable, tres-voisin des firoles, près desquelles nous croyons qu'il doit prendre place comme lien intermédiaire aux nucleobranches et aux nudibranches : 11 est méme probable que son nucléus mal entrevu, existe à la partie moyenne et renflée du corps, à l'endroit où un profond sillon semble le séparer en deux. Ce nucléus serait fusiforme. Nous caractérisons ce genre de la manière suivante : corps allongé, libre, cylindrique, renflé à son milieu à nucléus fusiforme, central? consistance gélatineuse et transparence hyaline, ayant une bouche, petite, sans trompe à l'extrémité antérieure et tout -à-fait au bout du corps ; deux yeux sessiles, oblongs, rapprochés, à cornée transparente, colorée; la queue cylindrique pointue, médiocre , terminant le corps qui est enveloppé en entier par deux larges nageoires latérales, horizontales, prenant naissance à la queue , se continuant en conservant une forme ovalaire, oblongue , au-delà de la tête, où elles s'unissent au-devant de la bouche, et forment alors un large disque, un peu convexe en dessus et concave en dessous. Le bord antérieur plus épais et comme tronqué, le postérieur rétréci et mince ainsi que les côtés.
Le ptérosome semble être tout nageoires. Il a sous ce point
de vue et comme mollusque la plus grande analogie avec la forme qu'affectent les raies par rapport aux autres poissons. Le corps, qui est grèle et arrondi dans sa moitié supérieure, offre souvent au-dessous de la tête une cellule remplie d'air. Cette cellule parait être le réservoir supérieur d’une trachée blanche et peu distincte, qui côtoie l'appareil digestif, reconnaissable à la matière rouge qui le remplit; ce dernier canal se contourne en spirale dans le plus grand élargissement du corps qui, de cylindrique et d’égales proportions qu'il était, se renfle dans sa partie moyenne et s'élargit beaucoup pour se diviser en deux corps arrondis, séparés par un sillon profond, et qui se réunissent près de la queue; là existe sans doute une issue pour l'appareil digestif, mais nous n'en avons pas vu de traces.
Une seule espèce de ce genre s'est offerte à notre examen : c'est le pterosoma plana que nous trouvâämes abondamment dans les mers chaudes de l'équateur, entre les Moluques et la Nouvelle-Guinée, le 31 août 1823. Ce mollusque a 3 pouces et quelques lignes de longueur totale sur 18 lignes de largeur et 3 à 4 lignes d'épaisseur. La face dorsale est légèrement convexe, parsemée de petits tubercules saillants, beaucoup plus proéminents et plus nombreux sur la surface inférieure, qui est concave. Ces tubercules sont surtout groupés et ramassés sur les parties externes du corps, dans l'endroit où il se renfle en se bifurquant. Des éminences légèrement inégales et mamelonnées couvrent aussi la face inférieure à son tiers supérieur, et elles sont d'autant plus colorées en rose qu'elles sont plus pres de la bouche. La nature de la substance propre du ptérosome est absolument analogue à celle des firoles. Elle est hyaline, muqueuse et assez dense, parsemée de vaisseaux ténus, roses, très-délicats; les yeux sont noirs et se touchent presque, tant est court l'intervalle qui les sépare; le conduit
digestif est d'un rose vif, et les tubercules qui recouvrent le cœur sont plus souvent d'un rose päle. La queue est colorée en rouge foncé, et le corps proprement dit est d'un blanc hyalin parfaitement transparent.
Le ptérosome se meut dans l'eau de mer avec une grande vivacité; ses mouvements sont brusques et rapides, et il nage horizontalement. Il meurt bientôt lorsqu'on le laisse séjourner quelques instants dans une petite quantité de liquide non renouvelée.