AGAME DES MOLUQUES
Agama moluccana, Less.
CPE SAS En)
Ce reptile saurien est remarquable par l'extrême allongement et la grande minceur de la queue, relativement aux proportions du corps. Il est figuré de grandeur naturelle.
Peut-être pourrait-on créer un sous-genre dont cette espèce serait le type; car elle unit aux caractères des agames ceux de quelques galéotes et des lophyres, et a comme eux une crête palléacée sur le cou, mais les écailles du corps ne sont point imbriquées en tuile, et la queue, également cylindrique, n'est point comprimée sur ses côtés.
Quoi qu'il en soit, cet agame a de longueur totale 16 pouces, et encore la queue est-elle comprise dans ces dimensions pour 13 pouces environ. La tête est légèrement allongée, conique, renflée au-dessus des yeux, déprimée sur le museau. Elle est partout également recouverte d'écailles petites et arrondies, écailles qui revêtent aussi les voiles palpébraux. Une convexité
assez notable marque l’arcade orbitaire. L'orifice de l’ouie est
ZOOLOGIE. 30 ovalaire, nu, très-ouvert. Les narines sont arrondies, et percées à l'extrémité du museau. L'œil est ovalaire et petit. Les dents, courtes et coniques, tricuspidées, sont régulièrement rangées sur le maxillaire inférieur. La bouche est peu fendue, et derrière le renflement des machoires existe un sillon assez prononcé. Les membres antérieurs sont plus courts que les postérieurs. Ils sont terminés par cinq doigts libres, minces, grèles, à ongles ténus : les doigts du milieu sont les plus allongés. Les membres postérieurs sont plus longs que les antérieurs; ils sont terminés par cinq doigts remarquables par leur minceur. Le pouce, très-court, est distant de l'index qui est un peu plus long; mais les deux doigts du milieu du carpe, surtout l'annulaire, sont presque aussi longs que la jambe. Enfin le petit doigt est le troisième par la taille. Les ongles sont ténus, gréles, presque droits.
À partir de l'anus, la queue à 13 pouces. Dès sa naissance elle est arrondie et grèle, et finit en une sorte de cordonnet très-fin. Elle est entièrement recouverte d’écailles petites, imbriquées, et libres à leurs pointes, ce qui donne à ces écailles une disposition lâche. Les écailles du corps et des flancs sont
$ moyenne du corps, pour donner naissance sur le cou à une
excessivement petites, régulières ; elles s'allongent sur la ligne
rangée d'écailles minces, pointues, au nombre de douze, et formant une crète élevée sur cette partie de deux à trois lignes au plus. Ces écailles se continuent sur la ligne médiane par une rangée peu discernable de petites lamelles pointues. Les membres sont eux-mêmes recouverts de petites squammes libres et aigués à leur sommet; mais celles du ventre, plus espacées et plus isolées, sont aussi comme carénées et libres à leurs bords. Tout ce système écailleux est d’ailleurs fort petit.
Le lacerta alia ceylonica de Séba(t. 1, pl. CVE, f. 2), et son
lacerta ceylonica(t. IT, f. 4), vert, marbré de noir, ont quelque GE
analogie avec notre espèce. Celle-ci toutefois nous parait bien distincte et se rapproche, quant à l’ensemble de ses caractères, de l'agama vultuosa, de Harlian (Journ. ac. Ph.,t. IV. p. 2, pl. XIX ).
Cet agame n'est pas rare dans l'ile de Bourou, l'une des Moluques. Nous le rencontrimes fréquemment sur les feuilles des arbres, dans les lieux frais et humides, aux environs de Cajéli, où sa couleur le dérôbait aux regards sur le fond vert du feuillage. Ce saurien en effet est du vert le plus tendre sur le corps et les membres, et n'offre du blanchàtre rosé que sur le ventre eten-dedans des pattes ; il peut cependant, lorsqu'il est inquiété, changer de couleur, et le vert de son corps passe alors pour quelques instants au vert-brun foncé. Ses mouvements sont peu agiles ; nous le prenions du moins très-aisément.
>. GALÉOTE DU CHILI.
Calotes chiliensis, Less.
(PI 1, fg.2, sn.)
Ce saurien du genre tropidolepis, Cuv., a la tête recouverte de plaques comme dans le genre lézard, mais il n’a point de pores apparents en dedans des cuisses. La langue est charnue, non extensible, et seulement bilobée à son extrémité. Les écailles du corps sont imbriquées, carénées, mais très-petites, sans épines et sans crête dorsale, comme celles des galéotes. Celles de l'abdomen sont arrondies , régulières, comme celles des scinques.
Ce galéote a 18 lignes, du bout du museau à l'anus, et deux pouces et demi de l'anus à l'extrémité de la queue. Le corps est mince : l'ouverture du conduit auditif est quadrilatère et libre, derrière la commissure de la bouche. La tête est conique, peu renflée, et couverte de 26 plaques. Les dents sont très-fines, peu
ZOOLOGIE. 37 apparentes, régulièrement disposées en un seul rang sur chaque maxillaire. Les écailles qui revétent le corps et les membres sont peu apparentes, imbriquées, libres et pointues à leur bord, légerement carénées dans leur milieu et lisses. Celles de la partie inférieure du corps sont aplaties sous la gorge, à bord arrondi et en recouvrement sous l'abdomen, et également trèspetites. Les doigts des pieds postérieurs sont très-sreles, et les second et troisième plus allongés : ceux de devant sont presque égaux. La queue est cylindrique, se terminant par une pointe déliée. Elle est revètue en totalité et très-régulièrement, de peutes écailles triangulaires et pointues.
La couleur générale de ce saurien est fauve, marquée de taches noires, petites, disposées par rangées latérales. La gorge est bleuûtre, le ventre blanc.
Il habite la presqu'ile de Talcahuano, dans la province de la Concepcion, au Chili.