‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 32 sur 355 · PASTENAGUE DE HALGAN · texte numérisé non relu

PASTENAGUE DE HALGAN

Trygon Halgant, Less.

(PI. ITT, dess. aux 3/4 de 9. n.)

Pharr, dans la langue des naturels de la Nouvelle-Trlande.

Paré, en langue malaise.

Raya lymma, Forsk., An. descript., p. 17, n° 15; Lacépe., ROISS MAN Ip 20e

Trygon lyrmma, Rurrezz, Poiss., pl. XIIL, fig. r.

:ette pastenague a été décrite par Forskal, sous le nom arabe Cette pastenag été dé ; et vulgaire de /ymma, et recut de lui pour diagnose la phrase suivante . Corpore ovali, testaceo, maculis cœrulers; cauda pinnata, aculeo uno, vel duo ? I la trouva près de Lohaja, sur les côtes de la mer Rouge.

L'individu que nous avons figuré et qui est au Muséum, na qu'une épine à la queue , ce qui se rapporte à l'observation de Forskal, mais nous trouvons dans nos notes rédigées sur les lieux que plusieurs individus en avaient deux. Dans la planche de M. Ruppell qui est évidemment consacrée à la même espèce,

Ï I il y a deux aiguillons, et la figure que nous en donnons était gravée lorsque nous avons eu connaissance de celle insérée dans la zoologie de M. Ruppell, car sans cela nous l’eussions supprimée. C'est de cette race dont parle Commerson, lorsqu'il dit dans ses manuscrits : raia lœvis , è testaceo fuscescens , gut-

ts cærulers innumeris prono corpore sparsis ; aculers geminis in mediä cauda.

La pastenague dont le nom rappelle celui d'un amiral ami des sciences, qui a favorisé de tout son pouvoir la publication de nos travaux, est remarquable par sa forme discoïdale presque régulièrement ovale, très-mince, et terminée seulement en un petit triangle à l'extrémité supérieure. Elle varie de dimension , mais le plus grand nombre d'individus ont 6 pouces de longueur sur 5 et quelques lignes de largeur ; sa queue mince, cylindrique , a environ 8 pouces de longueur. Vers son milieu elle donne naissance à une épine (ou deux) longue, dilatée et aplatie à sa base, et rétrécie et finement barbelée sur ses bords. A partir de l'épine, la queue est garnie en dessous d'une nageoire mince, très-étroite, qui s'étrangle au bout pour s'élargir et former un feston arrondi à l'extrémité de la queue. Les deux nageoires anales sont obtuses, et dépassent légèrement le disque formé par les pectorales.

La peau de cette espèce est partout également lisse. Elle est en dessus d'un jaune un peu foncé et brunatre sur le corps | mais semé d'un grand nombre d'yeux de l’azur le plus pur, yeux ovalaires et d'autant plus petits qu'ils se rapprochent davantage des bords du disque. Deux raies d’un bleu tendre c6toient la queue dans toute sa longueur. Le dessous du corps est blanc-jaunätre uniforme. La bouche, garnie de dents serrées et petites, est bordée par un repli de la peau. Les branchies s'ouvrent en À fentes espacées et très-courtes.

Cette pastenague est extraordinairement abondante dans la baie d’Offack de l'ile de Waigiou et au port Praslin de la Nouvelle-Irlande. Elle fournissait la plus grande portion des poissons dont se nourrissait l'équipage de la Coquille. C’est dans le méme lieu que Commerson l'observa lorsqu'il montait le vaisseau de Bougainville en 1766.

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