BALISTE PRASLINOIDE
Balistes praslinoides , Less.
CNE eo Pan)
Sôme , dans la langue des naturels de Waigiou.
Tatou, en langue malaise.
1" dorsale 3 épin.; 2° dorsale 25 rayons; pectorale 13; ventrale épin.; anale 23;
caudale 12.
Tout, au premier aspect, rappelle dans ce baliste l'espèce nommée praslin (1) par M. de Lacépède. On ne sait en effet si la phrase de Commerson est applicable à l'espèce décrite anciennement , ou à celle que nous décorons du nom praslinoïde, pour rappeler les analogies avec la premiere. Balistes pinna dorsi prima radiatà ; triplici aculeorum ordine ad basim caude ; linea purpurea à supremo rostro ad basim pinnarum pectoralium ducta ; macula latissima nigra utriusque latus occupante, dit Commerson dans ses manuscrits, et cependant notre espèce de même taille et de la même patrie que le baliste praslin, en diffère lorsqu'on l’examine en détail, et lorsqu'on compare les deux espèces avec soin.
C'est au port Praslin de la Nouvelle-[rlande que nous rencontrames le baliste praslinoïde ou qui simule le baliste praslin. Ses dimensions les plus ordinaires sont d'environ huit pouces. Son corps est épais, peu haut et de forme oblongue allongée. La tête, comme chez tous les balistes , est longue, et forme toute la portion antérieure du corps, et celui-ci s'amincit vers la queue.
© Praslin, et non pas Pralin, comme l'écrit Lacépède. Ce nom est celui d’un ministre de la marine qui ordonna l'expédition autour du monde de Bougainville, et auquel ce célèbre navigateur consacra, parmi ses découvertes, l’île Praslin et le port
du même nom, placé près du havre Carteret, à la Nouvelle-Irlande.
Trois rangées d’aiguillons erochus occupent la partie postérieure du corps. L'ouverture branchiale est étroite, en fente haute, et s'ouvre en devant de la pectorale. Un gros aiguillon conique, suivi de plusieurs autres petits et réguliers constituent la ventrale. La première dorsale se compose d'une épine grosse, raboteuse et convexe en devant , élevée et suivie de deux plus petites unies par une membrane. La deuxième dorsale est peu élevée, mince, et un peu arrondie à son bord. L’anale de même forme est placée à peu près au niveau de la précédente sous le corps. La caudale est petite, un peu échancrée , et composée de 12 rayons plus épais sur le bord. La pectorale étroite à son insertion s'élargit et s’arrondit un peu à son extrémité libre. Les dents sont assez larges, rangées avec régularité, et très-coupantes. Les écailles sont soudées et en losanges chagrinées comme chez les autres espèces.
Bien que semblables par leur disposition générale avec celles du baliste praslin, les couleurs du praslinoide affectent cependant de nombreuses dissemblances dans les détails. Ainsi, les lèvres sont aurore, et la supérieure est entourée d'un cercle bleu azur. Une bandelette purpurine se dirige de la base de la pectorale aux narines, en imitant une bride tendue sur les joues. L'œil arrondi à pupille noire, à iris Jaune, est le point de départ d’une raie noire large, bordée de deux rubans jaune-orangé, qui descend verticalement jusqu'en avant de la pectorale et de l'ouverture branchiale. L'intervalle entre les yeux ne diffère point du dos. Toutes les parties supérieures de la tête, du corps et de la queue sont d'un brun marron luisant et à reflets marron. Cette teinte se dégrade sur les flancs, et s'arrête à la ligne rouge des joues pour faire place à un jaune olivätre qui s'étend sur le ventre, le dessous et les côtés de la tête. Mais sur les flancs est plaquée une très-large tache ovalaire d'un noir profond. Les épines de la première dorsale sont noires. La membrane
ZOOLOGIE. 119 qui les unit brune. La dorsale et l'anale sont d’un blanc lavé de jaunètre, à rayons jaunes, et rayées d'une ligne bleuâtre à leur milieu, ligne côtoyée elle-même par deux raies jaunes. La pectorale présente à sa naissance un petit ruban azur suivi d'un second pourpre. La nageoire est blonde. La caudale est jaunàtre, marquée de noir au centre, et orangée sur les bords.
Les modifications de couleurs aussi variées que celles qu'on observe chez certains balistes qui ne diffèrent point par l'ensemble des formes corporelles, seraient-elles dues à des différences d'âges ou de sexes? Les balistes verrucosus, praslin, viridis et praslinoides ne seraient-ils que des variétés d'une
même espèce ? Nous manquons de documents pour résoudre cette question.