‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 42 sur 355 · ZOOLOGIE. 123 18. BALISTE A PECTORALE ROUGE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE. 123 18. BALISTE A PECTORALE ROUGE

Balstes erythropteron, Less.

CPE Sr 60)

Oiri , dans la langue des insulaires de Borabora.

1° dorsale 3 épin.; 2° dorsale 24 rayons; pectorale 15; ventrale 12 épin.;

anale 20 ; et caudale 72.

Au premier aspect, ce baliste serait pris pour l'écharpe de Lacépède, balistes rectangulus de Schn., ou le baliste Wedinilla de la pl. XLVT, fig. 2 de la Zoologie de l'Uranre, et cependant lorsqu'on le compare soit avec les figures de ces deux espèces, soit avec leurs descriptions, il offre plus d'une dissemblance , soit dans l'arrangement des couleurs, soit principalement dans la forme des nageoires. Ne serait-ce donc qu'une variété de pays ?

L'individu type de notre figure n'avait guère que 6 pouces environ de longueur totale. Sa tête conique et allongée prend presque le tiers de ces dimensions. Sa bouche est peu fendue, petite; l'œil est très-éloigné du museau; le front est haut et bombé. La première dorsale se compose de 3 épines unies par une membrane ; la première est très-robuste, très-rugueuse, et dentelée sur son bord antérieur, tandis que la troisième est peüte et à peine discernable. L'ouverture branchiale est en fente oblique au-dessus de la pectorale. Celle-ci est courte, taillée en biais, arrondie à son bord qui est pointu à la partie supérieure. Une douzaine de mamelons épineux saillent en avant du bassin. Une forte épine suivie de 11 plus petites décroissant de longueur va jusqu'à l'anus, et sont toutes soudées dans un repli membraneux ; la deuxième dorsale est à bord arrondi, médiocrement élevé, et à 24 rayons simples. L'anale à peu près de même forme,

de même hauteur, et placée sous la précédente, a aussi 20 rayons simples. Toutes les deux sont molles et finissent à l'endroit où le corps s’amincit postérieurement. La caudale est plus haute que large et com plètement arrondie, et traversée par des rayons épais et cylindriques, puis divisés et simples au sommet.

Nous n'avons observé aucun aiguillon sur le côté de la queue de l'espèce que nous avons figurée. Cela tenait-il au jeune àge de l'individu ? La peau est rugueuse , à losanges régulières et proportionnées comme on l’observe sur les autres espèces.

La tête de ce baliste est roux-cannelle foncé en dessus, plus - clair en dessous. Les lèvres sont presque blanchâtres. La supérieure est entourée par un démi-cercle d'un azur très-pur. Deux raies droites bleu de ciel partent du front, et descendent parallèlement jusqu'au-devant de la nageoire pectorale, renfermant dans leur intervalle un ruban intermédiaire jaune-nankin. La pectorale, molle et mince, est brune, mais sa naissance est traversée par un trait rouge de sang. Le dos est jaune orangé. Entre les deux yeux, dont l'iris est orangé pâle, est placée en travers sur le sommet de la tête une raie assez large d'un noir profond. Cette raie reprend au-dessous de l'œil, mais s'élargit bientôt du triple, et descend obliquement sur les côtés du corps, de l'anus à la moitié de la nageoire anale, en couvrant ces parties d'une large écharpe noir profond. Mais en arrière ce noir est cotoyé par une ligne bleue qui devient glauque, puis vert pomme. Un double chevron vert pomme se dessine sur la partie postérieure du corps. Leur intervalle est occupé par du jaune orangé qui y présente un large triangle. Mais le deuxième chevron vert pomme se trouve limiter le noir profond qui colore la parue postérieure du corps et la naissance de la queue jusqu'à la nageoire. Celle-ci, la deuxième dorsale et l’anale sont uniformément blondes. Les épines et la membrane de la première dorsale sont fuligineuses.

Ce baliste habite au milieu des coraux de l'ile de Borabora,

dans l'archipel de la Société. Les naturels le nomment oi, ainsi que les autres balistes de leurs côtes.

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