PÉRIOPHTALME KALOLO
Periophtalmus kalolo , Less.
Kalolo, dans la langue des habitants de Waïgiou.
PPniray Redon 2 Ad ne NCA op OP AOC 0
Ce petit périophtalme atteint généralement jusqu'à 7 pouces de longueur totale, sur 1 pouce de hauteur dans sa plus grande épaisseur au niveau de la tête. Le corps, légèrement comprimé sur les côtés, finit en pointe, en diminuant horizontalement par un abaissement régulier des 2 lignes supérieure et inférieure. Sa tête est conique , tronquée en avant, à chanfrein presque vertical ; la bouche petite et inférieure. Les yeux se touchent par la base, ils sont globuleux , saillants, verticalement placés au dessus du front, et comme pédiculés. La peau des opercules et du corps est lisse, muqueuse. La ligne latérale est droite. La première dorsale, à 15 rayons simples, est haute, dentelée, et taillée en quart de cercle. La deuxième dorsale, à 11 rayons anastomosés, totalement séparée de la précédente par un étroit intervalle, est médiocre, un peu arrondie et allongée. La pectorale, à 11 rayons simples, est oblongue. Les catopes, soudées à leur base, sont à 6 rayons rudes, et dirigées de dedans en dehors. L'anale est mince, placée au-dessus de la deuxième dorsale. La caudale, à 10 rayons anastomosés, est oblongue, arrondie.
Tout le corps de ce poisson est gris de lin, linéolé de bleuâtre, et marbré de roussâtre. L'œil est jaune doré; l'iris noir. Les nageoires inférieures sont grises blanchâtres. La première dorsale est rousse, tachetée de blanc, bordée de noir et dentelée de blanc pur. La deuxième est rubanée à son bord de noir, et bordée d’un liséré blanc, puis d’un rebord marron. La queue est roussatre.
Les habitants du havre d'Offack, de l'ile de Waigiou, nomment kalolo ce poisson qui y est singulièrement commun, et qu'on retrouve sur le pourtour du port Praslin à la Nouvelle-frlande, et même à l'ile d'Oualan.
Nous observames fréquemment les mœurs singulières de ce poisson sur lescôtesde la Nouvelle-Irlande, où ilestexcessivement commun. Souvent les vagues quise brisent sur les rochers ou qui déferlent sur le sable des grèves , l'apportent voletant sur leur surface. Jeté sur le sol, il y court avec prestésse , et a par son allure la plus grande ressemblance avec un lézard poursuivant les insectes qui lui servent de pâture. Mais c'est principalement dans les minces ruisseaux qui se perdent à la mer, qu'il aime remonter et nager dans l’eau douce. Fréquemment nous sommes restés des heures entières à épier ses allures dans l’aiguade où les gens de notre vaisseau prenaient l'eau douce destinée à la consommation du bord. Là , il attrapait de petites crevettes, des insectes d'eau, ou gagnait les pierres pour y saisir des mouches et autres petits animaux, que ses yeux toujours en mouvement savaient parfaitement distinguer. Les catopes de ce périophtalme ayant des rayons durs, et une disposition préparée pour la locomotion terrestre, il en résulte qu'il est véritablement amphibie, et qu'il se tient presque autant hors de l’eau que dans ce fluide, et qu'il est indifférent à la salure de la mer, qu'il abandonne sans inconvénient pour l'eau fraiche des sources.