‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 17 sur 98 · Ç VI · texte numérisé non relu

Ç VI

RELATION D'UN NAUFRAGE SUR LES CÔTES D'AFRIQUE, AU MOIS DE JUILLET 1824, ET OBSERVATIONS D'HISTOIRE NATURELLE FAITES AU CAP, PAR M. P. GARNOT ..

Embarqué comme chirurgien -major et naturaliste sur la corvette de Sa Majesté /a Coquille, partie de Toulon pour explorer les mers du Sud, je fus attaqué de la dysenterie à Payta, port du Pérou, à la suite d'une course entreprise pour mon service. Cette maladie devint chronique, et s'aggrava tellement, dans la traversée d’Amboine à la Nouvelle-Hollande, par le manque de vivres frais, qu'après dix mois de souffrances, encore malade au Port-Jackson, je me vis contraint de solliciter mon retour en France.

Mon passage est arrêté, et je pars sur le navire anglais {he Castle-Forbes, capitaine Ord, qui se rendait à Londres, et devait passer à l'ile de France pour y prendre un chargement. À peine arrivé au Port-Louis, le capitaine m'apprit qu'il était forcé de changer sa destination, et que, pour remplir ses engagements envers moi, il m'avait procuré le passage sur le bâtiment le Roi Georges IF (King Georges IV ), destiné pour Londres. Au bout de vingt-un jours, nous mettons à la voile le 31 mai 1824. Tout nous présageait une traversée prompte et heureuse, lorsque, dans les journées des 14 et 15 juin, par les 20° 39° de latitude Sud , et 30° 53 de longitude Est (méridien de Greenwich), nous essuyons un violent coup de vent de Sud-Est, qui nous enlève un de nos porte-haubans de grand mât et plusieurs de nos manœuvres. Ces avaries font ouvrir les yeux au capitaine, et il laisse échapper l'aveu que le bâtiment était trop chargé. La perte d’un portehauban, quoiqu'on puisse y remédier par un espar, est de nature à exiger une relâche avant de doubler le cap de Bonne-Espérance, dans la mauvaise saison ; mais au lieu de prendre ce parti, le capitaine juge à propos de continuer sa route,

Nous naviguons cependant sans nouveaux accidents jusqu'au 30 juin : ce jour, le vent souffle avec force, et nous présage une tempête. Le :° juillet, tous nos porte-haubans sont enlevés, excepté ceux d'artimon : le mât de misaine avait consenti. Pour retarder la chute des mâts, on passe sous le navire deux grelins que l’on fixe aux hunes.

Sur ces entrefaites, un matelot ivre cherche querelle à un de ses camarades : pour les séparer, le capitaine se voit forcé de frapper l'agresseur, qui, se croyant outragé, monte sur le pont et se jette à la mer. On lui lance des cages à poules; mais la mer était trop grosse, et il fut englouti. Le capitaine voulait faire mettre une embarcation à la mer; mais il dut renoncer à un projet qui aurait compromis d’autres hommes sans

espoir de succès.

1 Insérées dans le Journal des Voyages, cahier de septembre 1826 et dans les 4nnales maritimes et coloniales.

Dans la nuit du 2, le mât de misaine est brisé, et dans sa chute entraîne le grand mât de hune. Le bout-dehors de beaupré est enlevé en même temps; l'avant du navire est dans un état déplorable. Le grand mât, qui n'est plus soutenu, cède bientôt à Ja violence du vent, et il ne nous reste que le mât d’artimon.

Le 3, le temps devenant plus maniable, nous dressons des mâtereaux, et le maître charpentier Melle s'occupe avec activité à étancher les voies d'eau ouvertes par la tourmente.

Le vent commence pendant la nuit à souffler avec force, et, le 4, le mât d’artimon, ne pouvant plus résister, se brise; sa chute nous fait perdre une embarcation placée en porte-manteau , et nous réduit ainsi à un seul canot, que , quelques jours avant, on avait fort heureusement mis dans l’intérieur du bâtiment pour le réparer.

Dans cette circonstance, d'autant plus critique que nous ne pouvions faire usage de nos pompes, à cause de la melasse qui s'était répandue dans la cale, le capitaine, prenant l'avis des officiers et des passagers, décide de jeter à la mer une partie de la cargaison, principalement composée de sucre et de coton. Nous nous mettons tous indistinctement à l'ouvrage, et nous nous efforçons, par des chants, d'accélérer le travail et de nous distraire de notre pénible situation. Le capitaine, plein d'ardeur, donne une nouvelle activité partout où il se présente, et nos pesants fardeaux sont enlevés avec la rapidité de l'éclair.

Nous nous rappelons cependant, le docteur anglais Carter (l'un des passagers) et moi, qu'en visitant le Georges IV dans la rade du Port-Louis, nous nous félicitions de sa belle apparence : It is a good recommendation, me disait-il. Nous ne pouvions pas prévoir alors que le mât de misaine était pourri, et nous ne savions pas que le navire n'avait pas de chaloupe.

Trois jours entiers sont employés à alléger le bâtiment. Pendant ces travaux pénibles, un passager, officier de l’armée de terre anglaise, ne cessait de prier Dieu pour nous et de nous encourager à l'ouvrage, mais en n'y prenant lui-même qu'une bien faible part. L'heure du repas approchait -elle, on l'y voyait accourir le premier, et il n’en quittait point que son appétit glouton ne fût satisfait. Nous pourrions bien aussi faire quelques reproches à un aspirant (Midshipman ) sur sa lenteur à se décider à mettre la main à l'ouvrage; mais an moins lorsqu'il y fut, il fit comme les autres. Je ne ferai pas le tableau de notre navire en désordre. Il est facile de se représenter l'état affreux auquel nous étions réduits ; et pourtant une femme en pleurs, qui ne songeait qu à l'horreur de nous voir engloutis sous les flots, fondait encore des espérances en apercevant sur nos physionomies notre calme et notre sang-froid. L'aspect de nos figures et de nos vêtements barbouillés nous procurait même encore des instants de gaieté.

Durant tout ce tracas, notre seul délassement était de nous réunir le soir après l'ouvrage dans la chambre du capitaine, pour nous y livrer à des réflexions souvent afiligeantes. Un jour, après avoir concouru à ce travail, aidé du nommé le Baillon , matelot français de a Coquille, qui passait en France pour le même motif que moi, je transportai de la cale dans ma chambre, qui était déja encombrée, les caisses contenant les objets d'his-

toire naturelle, dans l'espérance de les sauver plus aisément si nous rencontrions quelque

navire, ou si nous parvenions à nous jeter sur une plage de sable. Pour en diminuer le nombre, je crus devoir débourrer les gros quadrupèdes et les oiseaux, précaution que la suite rendit malheureusement inutile.

Le 7, le vent nous permit de faire route vers la baie d’Algoa, dont nous étions éloignés de 55 lieues d’après les observations. Les hommes de l'équipage s'étant refusés à travailier, l'eau s’accrut tellement, que la cargaison flottait dans la cale et frappait avec force contre les parois du navire, ce qui nous causait beaucoup d'inquiétudes. La masse de la cargaison se jetant sur l'avant du bâtiment, nous nous occupons, d'après mon observation, à porter des poids sur l'arrière, et le bâtiment peut alors manœuvrer. Le temps s'embellit : nous faisons bunne route, quoique entrainés par les courants. Le dimanche matin, 11 juillet, on peut célébrer l'office divin.

Le lendemain, quoique le temps fùt très-beau, le capitaine, sous prétexte que son càble était embarrassé dans la cale, et sans avoir rien tenté pour le dégager, fit jeter à la mer la dernière ancre de bossoir, la seule qui nous restât, et nous priva ainsi trèsinconsidérément de ce précieux moyen de salut.

Cruelle incertitude! quinze jours sont déja écoulés sans savoir quel sort nous était réservé, lorsque enfin le 14, faisant route au Nord 1/4 Nord-Est, nous voyons la terre : la joie est universelle; nous reconnaissons 7able-Hill et le mont Cupola. Tout nous faisait espérer de pouvoir atteindre la baie de Saint-Sébastien ; mais contrariés par le calme et les courants, nous essayons, pendant la nuit, de nous maintenir au vent de cette baie, pour y entrer au jour. Vains efforts! nous sommes portés trop sous le vent pour y parvenir. Dès-lors nous cherchons à nous rapprocher le plus possible de la terre, dans l'intention de nous jeter à la côte; mais les courants nous en éloignaient, et l'équipage, craignant que nous ne fussions entraînés trop au large pour pouvoir nous sauver plus tard, demande à effectuer de suite le débarquement, sans s'inquiéter si nous devions trouver des obstacles au rivage ou quelque mauvais traitement de la part des naturels, que nous nous attendions à rencontrer en ces lieux.

Le capitaine fait mettre en panne, et l'embarcation est lancée à la mer.

Le débarquement devait se faire en trois fois. Désigné pour faire partie du premier détachement, il ne m'est permis de prendre avec moi que mon fusil, ma gibecière, contenant mon journal, mes instruments de dissection, et ma flûte, que je présumai pouvoir nous servir à nous attirer les bonnes graces des hordes barbares que nous craignions de trouver sur ces rivages. La côte est entièrement hérissée de rochers à pic et très-élevés, qui rendent l'attérage impossible à mer haute; heureusement elle était basse alors, et, après les plus pénibles efforts, nous arrivons au sommet de l’escarpement : nous contemplons avec douleur notre navire prêt à s'engloutir avec notre riche collection, fruit de nos longues recherches. On s'était tellement empressé de descendre dans le canot, que personne n'avait songé à se munir de vivres et d'eau. Le deuxième détachement arrive au rivage : mais les difficultés augmentées avec la marée montante rendent chacun de nos compagnons trop attentif à sa propre conservation, pour qu'on puisse penser à débarquer un sac de biscuit qu'on avait jeté dans le canot, et qui y reste oublié.

La nuit approchait : nous allumons des feux, pour écarter les bêtes féroces dont ces

parages sont infestés , et pour faire connaître notre position au troisième détachement, dont le capitaine faisait partie. Mais en abordant à la côte, il ne crut pas devoir s'exposer à débarquer, et prit le parti de passer la nuit dans le canot pour gagner le fond de la baie de Saint-Sébastien, éloignée de 6 à 7 lieues, et nous y donna rendez-vous pour le lendemain.

Après une nuit froide et humide, qui ne nous permit pas de goûter un instant de sommeil, à la pointe du jour, le 16 juillet, nous nous mettons en route”. Pour ne pas nous égarer, nous suivons le bord de la côte; mais les plus grandes difficultés se présentent à nous : des ravins profonds ; que nous ne pouvons franchir qu'à l’aide de nos mains, arrêtent notre marche à chaque instant; la faim, et surtout la soif, se font bientôt sentir. Nous découvrons les restes d’un feu éteint, et des débris de chaussure, qui nous font conjecturer que d'autres naufragés avaient passé la nuit dans cet endroit: nous y cherchons en vain à étancher notre soif; nous ne trouvons dans le creux des rochers qu'une eau saumâtre qu'il est impossible de boire. Nous avancons accablés de fatigue : nous apercevons les débris d'une habitation, près de laquelle une source limpide, qu'ombragent des géraniums sauvages et des arums, offre à nos gosiers altérés une eau excellente. Parvenus au pied de cette maison, bâtie sur un point très-élevé, nous découvrons dans la baie un navire, que nous reconnaissons être /e Georges IV. A cet aspect, la joie renaïit parmi nous : nous pensons que le capitaine était retourné à bord pendant la nuit, et que, trouvant le vent favorable, il en a profité pour conduire là notre.bâtiment. Nous apprimes plus tard que les courants et la marée avaient seuls dirigé le navire, et l’avaient porté sur une ligne de récifs au Nord de l'embouchure de la Breede, à peu de distance du rivage. Si effectivement le capitaine fût retourné à bord, en voyant le navire entrer dans la baie, il eût eu peut-être le bonheur de le sauver.

Nous espérions trouver le capitaine et des vivres au bord de la baie, et nous faisions les plus grands efforts pour y parvenir : notre attente fut trompée. Un grand nombre voulaient s'arrêter pour passer la nuit dans ce lieu, qui ne nous offrait aucune ressource ; mais nous parvenons à les décider à gagner les bords de la rivière la Breede ( /nfanta ), qui se jette dans la baie, où nous pourrions au moins nous désaltérer. Je prends l'avance sur la troupe, et ne tarde pas à apercevoir une maison sur l’une des rives : je reviens faire part de ma découverte à mes compagnons d'infortune. Quoique la maison nous parût encore très-éloignée, nous résolûmes de faire un dernier effort pour l'atteindre et nous procurer des vivres et un abri pour la nuit. Le capitaine en second du navire, quelques instants avant que nous eussions aperçu cette habitation, ayant envoyé deux marins chercher des moules sur le bord du rivage, nous restons lui et moi en arrière pour les attendre : nous gravissons un rocher élevé, afin de nous en faire apercevoir. Après une assez longue attente, ne les voyant pas revenir, nous nous décidons à rejoimdre notre troupe, que nous n'atteignons qu'à l'entrée de la rivière. À peine sommes-nous réunis à elle, nous apercevons une charreite attelée de douze bœufs, conduite par un

Hottentot , que le capitaine avait envoyé au-devant de nous. Nous montons tous suy

z La: troupe se composait d’une vingtaine d'hommes , d'une femme ct de deux enfants,

ZOOLOGIE. bg

cette voiture ; deux heures s’écoulent, et, harassés de fatigue, nous mettons pied à terre à la ferme de M. Lost, qui nous procura les moyens de réparer nos forces abattues, n'ayant mangé depuis au moins 24 heures qu'un misérable petit lapin que je tuai, et que nous divisâmes en une quinzaine de parts.

Le lendemain, nous traversons la Breede dans un bac, pour nous rendre à Pac-House, magasin d’approvisionnement de l'arrondissement, où le capitaine s'était déja établiavec deux autres passagers, dont une jeune demoiselle de douze ans. C'est cette maison que nous avions aperçue la veille et que nous avions supposé être une caserne, présumant que, si le pays était habité, il ne pouvait y avoir qu'un détachement de troupes.

Cette partie du pays porte le nom de Port-Beaufort, et l'autre côté de la rivière conserve celui de Sébastian-Bay. M. Puren, Français, commis de l'établissement de Pac- House, s’empressa de venir nous offrir ses services. Il était accompagné de M. Van- Reanen, propriétaire du voisinage, qui nous engagea, avec les plus grandes instances, à nous rendre dans son habitation, éloignée d'environ deux lieues du rivage. M. le docteur Carter et moi, nous acceptons ses offres obligeantes pour le lendemaim; nous nous faisons conduire le jour même, en charrette, au bord de la mer, pour voir si nous pourrions aller au bâtiment; mais la nuit déja obscure, quand nous arrivâmes au rivage, nous obligea à renoncer, pour le moment, à ce projet. Nous passämes la nuit sur notre charrette; le jour nous démontra l'impossibilité d'exécuter notre entreprise, parce que la mer brise avec une telle violence sur les rochers qui bordent la côte, que, malgré nos offres, nous ne pûmes nous procurer un canot, personne n'osant s'exposer au milieu des récifs; même avec un radeau, on n'eût pu s'engager sans les plus grands dangers, si les ressources du pays eussent permis d'en construire un. Nous reprimes la route de Pac-House, d’où, après avoir passé quelques moments avec M. Puren, nous allâmes, en chassant, à l'habitation de M. Van-Reanen. Nous nous proposions d'y passer quelques jours, dans l'espérance que la mer pourrait porter à terre quelques objets du bord. Effectivement, peu de jours après, en retournant au rivage nous vimes cà et là divers débris du bâtiment, parmi lesquels je trouvai un grand nombre de mes pièces d’histoire naturelle, que je ramassai à l’aide de Lebaillon, que j'avais laissé en observation sur les bords de la mer, avec quelques hommes de l'équipage que le capitaine avait placés là pour recueillir les débris du naufrage.

Les différentes pièces que je pus rencontrer me firent connaître que toutes mes caisses avaient été brisées. Une seule de mes malles, presque pleine d'objets d'histoire naturelle, au détriment de mes propres effets, parvint entière au rivage ; mais l'eau de mer l'ayant pénétrée de toutes parts, tout ce qu'elle renfermait a été très-endommagé.

La mer ayant dissous le sucre qui faisait la plus grande partie de la cargaison, le bâtiment ainsi allégé fut porté par la lame un peu plus près de terre; et environ une dizaine de jours après le naufrage, à la marée basse (la lune était alors dans son plein), on put sy rendre, quoique avec beaucoup de danger. Mais le navire était incliné par son flanc droit du côté où était ma chambre, et celle-ci ayant été submergée, il était devenu inutile pour moi de faire ce trajet. Le docteur Carter, dont la chambre était sur le flanc gauche, put sauver ses effets que l’eau n'avait pas atteints. Je fis transporter

Voyage de la Coquille. — %. Tom. I, Partie LI. 3

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à l'habitation de M. Van-Reanen (Rhenostes-Fonten) ce que j'avais pu ramasser au rivage, et je fis passer à l'eau douce et sécher les pièces d'histoire naturelle, qui, sans cette précaution, eussent été entièrement perdues.

Après avoir terminé nos affaires, nous louâmes une voiture pour nous conduire à la ville du Cap. Nous ne quittämes pas sans attendrissement une famille qui nous avait témoigné tant d'intérêt, et dont le souvenir me sera toujours cher.

À Zwellendam, chef-lieu du district du même nom, nous sommes retenus trois jours par la crue des eaux de la Breede, dont le passage était impraticable. M. Schonnberg, landdrost (intendant), nous accueillit de la manière la plus affectueuse. Les eaux s'étant

l'effroi des voyageurs , nous arrivons enfin à la ville du Cap, où j'espérais trouver les

écoulées, nous continuons notre route; et, après avoir gravi la montagne du Kloof,

moyens de sortir de l'état de misère où j'étais réduit. Le consul français auquel je m'adressai et présentai mes papiers, me recut avec bienveillance; mais il ne me procura aucun secours, par le motif que ses instructions ne le lui permettaient pas.

Combien ne serait-il pas à désirer qu'on prit des mesures à cet égard, afin d'éviter à l'avenir qu'un serviteur de l'état ne soit pas ainsi abandonné à lui-même!

Heureusement, je retrouvai M. Barry, propriétaire de l'établissement de Pac-House, dont j'avais fait la connaissance pendant mon séjour chez M. Van-Reanen, qui me prêta généreusement l'argent qui m'était nécessaire pour subvenir à mes premiers besoins et à ceux de Lebaillon. Je dois aussi de la reconnaissance à la famille Rouvière, pour les soins empressés qu’elle m'a prodigués pendant le séjour que j'ai fait au Cap*.

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