‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 19 sur 98 · PLANCHE X · texte numérisé non relu

PLANCHE X

Falco cerd, rostro, pedibusque luteis ; corpore supra nigro bruneaceoque, subtus fulvo-albo, longitrorsum flammis nigris ; caudé fasciüs nigris et albidis

intersecté.

Mancaiké des naturels de la Nouvelle-Guinée. -

Il est difficile d'assigner à cette espèce de faucon, que nous avons nommé longicaude, le rang qu'elle doit occuper : comme les aigles et les buses, c'est la quatrième penne qui est la plus longue, et de même que les gerfauts, la queue dépasse de beaucoup en longueur les ailes ; et de plus, elle est étagée comme dans plusieurs espèces d’aigles de la Nouvelle-Hollande : la forme de son bec et la disposition de ses tarses nous engagent à placer cet oiseau de proie parmi les autours.

L'autour longicaude, de la grosseur du faucon ordinaire, se distingue par la couleur noire du corps en-dessus, parsemée de taches brunes ; tandis que des lignes longitudinales, flammées noires, ressortent sur le blanc rougeâtre du dessous du corps; les plumes qui recouvrent les tarses sont finement striées. Les ailes, longues de quinze pouces, sont traversées par quatre bandes brunes, qui vont en s’élargissant du haut en bas : la quatrième penne est la plus longue, et la première est très-courte. La queue étagée, plus longue de trois pouces à peu près que les ailes, est annelée par trois à quatre bandes noires et blanchâtres en-dessous, et noires et brunes alternativement en-dessus ; sa longueur est de dix pouces.

Le bec, la cire et les tarses sont d’un jaune pâle; ces derniers, courts, sont emplumés dans la moitié de leur longueur. Les ongles sont noirs; celui du doigt du milieu est le plus long et le plus fort.

La longueur totale de cet oiseau de proie est de vingt-un pouces.

Il vit dans les bois de la Nouvelle-Guinée, où il a été tué par M. Bérard, et rapporté

par M. Lesson.

> PIE-GRIÈCHE MÉLANURE, ZLanius niger, Garnot. Lanius niger, capitis, collé, pectorisque nigredini, cæruleo colore intermixto.

La pie-grièche mélanure est de la grosseur, à peu près, de la pie-grièche fiscale, et a huit pouces de longueur; son plumage, noir lustré, est remarquable par ses reflets bleuâtres, notamment sur la tête, le cou, la poitrine-et le croupion. Les narines sont rondes et recouvertes de plumes serrées, entremélées de soies rudes. La queue, longue de trois pouces, est étagée. Les ailes, croisées, dépassent la naissance de la queue d'un pouce. Le bec est fort droit, long d’un pouce. L'arête supérieure est arrondie. Les pieds sont grêles, noirs comme le bec. Le tarse plus long que le doigt du milieu, qui luimême est un peu plus long que les autres. L'’ongle du pouce est à peu près semblable à celui du médius. La première penne rémige est la plus courte, la quatrième la plus longue, la septième très-courte, par rapport à ses voisines.

Cet oiseau, qui a quelque analogie avec la pie-grièche noire (Zanius pacificus, Lath.),

habite la Nouvelle-Guinée au havre de Doréry.

3 GOBE-MOUCHE A TÊTE D'ACIER, Muscicapa chalybeocephalus, Garnot.

PLANCHE XV, fig. 1°.

M. capite chalybeo ; dorso, alis caudäque castaneæ colore ; colli parte priori, pectore abdomineque subaibidis; pedibus et rostro plumbeis.

Le gobe-mouche à tête d'acier, voisin du gobe-mouche huppé {muscicapa borbonica), est paré des trois couleurs, bleu d'acier, brun marron et blanc. La première occupe la totalité de la tête; la seconde, le dos, la queue et les ailes : quelques-unes cependant des rectrices et des rémiges sont bordées de brun. La troisième enfin est départie au col, à la poitrine et à l'abdomen. Sur la poitrine il y a une légère teinte fauve; l'iris blanchître ressort avec éclat au milieu d’un encadrement noir à reflet bleu d'acier. Le bec et les pieds sont de couleur plombée. Les narines arrondies sont recouvertes par des plumes veloutées. Les faisceaux de soies roides qui naissent de la base du bec prennent diverses directions : les uns se portent en arrière, tandis que d’autres se dirigent en avant. La longueur du bec est de onze lignes; celle des tarses de sept lignes. L'ongle postérieur est le plus long et le plus fort.

L'oiseau a six pouces de l'extrémité du bec au bout de la queue. Il habite la forêt de la Nouvelle-lrlande.

Le gobe-mouche, tête d'acier, plumage de mue. La tête est gris de fer, mélangé de fauve, le dos d’un brun marron uniforme; le cou est fauve, la poitrine plus jaune, le ventre blanc, les sous-caudales sont également blanches; les ailes sont marrons; les grandes pennes présentent du brun sur le croupion : on voit quelques plumes brunes; la queue est également marron passant au brun; les soies du bec sont longues serrées noires. La première penne de l'aile est très-courte, la quatrième la plus longue, et on compte dix-huit pennes dont neuf primaires.

4 GOBE-MOUCHE RUBISOLE, Muscicapa toitoi, Garnot. PLANCHE XV, fig. 3.

M. fronte, abdomine, mediä alarum parte, exterioribus rectricibusque albis ; alis partibus corporis, rostro pedibusque nigris; infra pedes colore cinnabari.

Mireo-mrro des naturels de la Nouvelle-Zélande.

Ce petit gobe-mouche, de la grosseur de la mésange bleue, n'offre que deux teintes, le noir et le blanc, dans l’ensemble de son plumage ; mais leur distribution ne laisse pas encore que de donner à cet oiseau de la gentillesse. Au-devant du front s’apercoit une petite bande blanche. Cette couleur se reproduit encore de la terminaison de la poitrine à l'abdomen, sur les ailes où elle présente un petit miroir, et enfin dans quelques points des pennes extérieures de la queue. Cette dernière est très-légèrement étagée. Le reste de l’oiseau est noir; maïs il est à remarquer que cette couleur est moins foncée sur les ailes, qui sont plutôt d’une teinte brun-noire. Le bec est très-court, effilé vers

sa pointe comme celui des bec-fins, garni de quelques soies à sa base, qui est un peu

aplatie, percée de deux narines arrondies. Les tarses sont grêles, allongés, et ainsi que le bec ils sont noirs. Les doigts sont très-grands, comparés à la petitesse de l'oiseau. Le doigt postérieur est le plus fort; l'ongle dont il est armé est aussi le plus grand. Le dessous des pieds est d'un rouge de cinabre. C'est à cette dernière considération que cet oiseau doit le nom que nous lui avons imposé. L'iris de ce gobe-mouche est de couleur brune.

La longueur totale du rubisole est de quatre pouces et quelques lignes. Le bec a six

lignes de longueur; il est court comme celui de la nonnette. Les tarses ont dix lignes. La queue un pouce six lignes.

Cet oiseau habite la Nouvelle-Zélande.

ZOOLOGIE. és

5° GOBE-MOUCHE SIMPLE, Muscicapa inornata, Garnot. PLANCHE XVI, fig. 1°.

M. capite, collo, dorso uripygioque griseis et subcærulers; alis caudäque cinereis fuscis ; abdomine castaneæ colore ; rostro pedibusque plumbets.

Le gobe-mouche est de la grosseur du verdier, et n’a point un plumage éclatant. Il est voisin du moucherolle tchitrec (m#uscicapa cristata), dont il diffère par la couleur de la tête. Le brun-marron de son abdomen, des plumes sous-caudales et de celles qui recouvrent la naissance des tarses, tranche vivement avec le bleu-cendré clair du reste du corps. Les ailes et la queue sont d'un brun-léger. Les pennes alaires secondaires sont bordées d’un luisant couleur de rouille. La queue, longue de deux pouces et demi, est coupée carrément. Le bec est assez fort, aplati du haut en bas à la base, qui est percée de deux grandes narines rondes, recouvertes de plumes écailleuses, d’où sortent de longues barbes rudes. Il est long de dix lignes; sa couleur est plombée, ainsi que celle des tarses. Ceux-ci sont grèêles, longs de dix lignes, et les doigts courts ; celui du milieu est le plus long. L'ongle du doigt postérieur est le plus fort.

Get oiseau habite la Nouvelle-Guinée, où il a été tué par M. Roland.

6° GOBE-MOUCHE A GOUTTELETTES, Muscicapa guttula, Garnot. PLANCHE XVI, fig. 2.

D. fronte colloque nigris villosis; dorso alisque leucophæis ; quatuor guttulis insuper alas niveas; pectore abdomine exterioribus pennis caudæ albis; caudä nigré ; rostro pedibusque plumbeis.

Ce gobe-mouche à gouttelettes, de la grosseur du père noir, a le front et le col d'un beau noir velouté ; les plumes de la tête sont écailleuses. La tête, le cou, le dos et les ailes sont d'un eris-cendré bleuâtre. Sur le moignon de l'épaule de chaque côté, on 8 $ ; distingue quatre gouttelettes blanches, qui ressortent avec éclat sur le fond noir des couvertures des ailes. La queue se fait également remarquer par la blancheur du bout des pennes des trois rectrices extérieures; dans les autres parties, elles sont noires ainsi à 2 2 ue les autres pennes. La poitrine, l'abdomen et les plumes sous-caudales, de même 2 2 u’un petit liséré autour du plastron noir du col, sont aussi blancs. Le bec, lécèrement 2 2 o

aplati à sa base, donne naissance à de longues soies noires qui se portent au-devant des

narines ; celles-ci, placées près de la base de la mandibule supérieure, sont rondes. Sa couleur est plombée comme celle des pieds, qui sont grêles, entourés de plumes noires à l'articulation de la cuisse avec le tarse. Les doigts sont faibles. L'ongle postérieur est le plus fort.

Ce gobe-mouche habite la Nouvelle-Guinée.

7° GOBE-MOUCHE DE MAUPITI, Muscicapa Maupitiensis, Garnot.

Muscicapa Pomarea, Less., Man.

PLANCHE XVII, fig. À, B, C.

Muscicapa nigra; corpore toto nigro; capite, dorso, rectricibus alarum nigris, nebulosis subcæruleis, rostro pedibusque plumbeis. N.

Bien que ce gobe-mouche ait été décrit par Sparmann, nous croyons devoir cependant en donner une nouvelle description, afin de faire connaître avec exactitude le mäle et la femelle de cette espèce. Celui-ci, comme nous nous en sommes souvent assuré par la dissection, est le mâle. Son plumage est généralement d'une couleur noire dans toutes ses parties; cependant la tête, le dos, les couvertures des ailes, sont d'un noir plus foncé, reflétant une légère teinte de bleu de Prusse. Le bec et les pieds présentent une couleur plombée. La queue, longue de trois pouces, est lésèrement étagée. Le bec a dix lignes de longueur, les tarses un pouce; l'ongle postérieur est le plus fort. La longueur totale de cet oiseau est de six pouces et quelques lignes. Ce gobe-mouche habite l'île de Taiti; il est connu par les naturels sous le nom d'Omamao. Il ressemble parfaitement à un gobe-mouche rapporté du Brésil, Villa de Castro, capitainerie de St-Paul, par M. Saint-Hilaire. Le nôtre a le plumage d'un plus beau noir brillant; il est aussi plus grand, et le bec et les pates sont plus forts.

La femelle, dont on a fait une espèce distincte dans les ouvrages d'ornithologie, en la décrivant sous le nom de moucherolle jaune d'O-tahiti (muscicapa lutea, Lath.), est, nous n'en pouvons douter, la femelle du gobe-mouche noir de la mer du Sud. Nous ajouterons fort peu de chose à la description qu’en a donnée Latham.

Muscicapa obscurè flava, rectricibus alarum remigibusque nigricante nebulosis, caudé ad apicem nigricante... lutea, Lath., Syst. ornith., gen. 4o, Sp. 46.

De la grosseur du précédent, dont il ne diffère que par la couleur du plumage, ce gobe-mouche est remarquable par sa vestiture jaune d’ocre, répandue sur la presque totalité de son plumage. Les couvertures des ailes, quelques-unes des pennes alaires, et l'extrémité des rectrices, offrent une teinte noirâtre. Le bec et les pieds sont plombés.

Cet oiseau vole toujours de concert avec le premier; les naturels nous ont fait entendre que c'était la femelle. Nous-mêmes nous avons constamment trouvé par notre inspection anatomique des ovaires chez cette espèce. Il se tient généralement dans les arbres à pain et de cythère, ou evi (spondias dulcis), où il fait la chasse aux insectes.

Le vieux mâle (pl. XVII, fig. B) diffère de la livrée précédente par les teintes de son plumage, qui ne se composent que de deux couleurs, le noir et le blanc. La première occupe la tête, le col et la poitrine, et quelques-unes des couvertures alaires : la seconde appartient aux autres parties ; mais cependant plusieurs pennes alaires sont brunes. Le bec et les pieds sont plombés.

Cet oiseau a été rapporté de l’île de Maupiti par M. de Blosseville.

8° GOBE-MOUCHE A LUNETTES, Muscicapa telescopthalmus, Garnot,

PLANCHE XVII, fig. 1°.

1. ateralbo; capite, malis, gul&, tergi medio, alis, caudaäque nigris : orbitis nudis membranaceis cœruleis : rostro plumbeo, pedibus subnigris.

Ce gobe-mouche, de la grosseur de la mésange charbonnière, n’est point, comme la plupart des oiseaux des régions intertropicales, brillant des plus vives couleurs; le noir et le blanc font sa parure. La tête, la gorge, l'encadrement qui entoure les yeux et le milieu du dos, offrent une belle couleur noire, moirée dereflets bleu-foncés. Les plumes de la tête sont écailleuses; les ailes, la queue, et les plumes qui s'arrêtent à l'articulation tarsienne, sont d'un noir tirant un peu sur le brun. Les autres parties de l'oiseau sont blanches : vu par derrière, on distingue deux bandes blanches : la première est composée de plumes fines, gaufrées; la seconde, qui se trouve au milieu du dos, ne recouvre qu'en partie les ailes. Lorsque celle-ci contourne le corps, il part de la partie moyenne de cette dernière des plumes blanches qui recouvrent la naissance de la queue. Il y a autour des yeux de ce gobe-mouche un cercle membraneux festonné, bleuâtre, caractère qu'il a de commun avec le clignot ou traquet à lunettes. Ce dernier est un véritable gobe-mouche. Le bec est de couleur plombée, droit, légèrement aplati à la base, d’où sortent de nombreux poils roides et noirs. Les narines sont grandes et rondes. La mandibule supérieure présente un petit crochet. Les ailes pliées se portent à peu près à la moitié de la queue, qui est longue, coupée carrément, Les pieds et les doigts sont grêles et noirs; le doigt postérieur est le plus gros; celui du milieu est le plus long. Longueur totale, six pouces. Longueur de la queue, deux pouces et demi. Longueur du bec, neuf lignes. Longueur des tarses, sept lignes.

Cet oiseau habite le havre Doréry, Nouvelle-Guinée, et nous le devons à M. Blois de la Calande, lieutenant de vaisseau.

Foyage de la Coquille. — Z. Tom. I, Partie IL. 7b

9° GOBE-MOUCHE ORNOIR, Muscicapa chrysomela, Garnot. PLANCHE XVIII, fig. 2.

M. corpore aureo, malis albis; fronte, oculorum parte priori, et gulé villosis atris; dorso, pennis alarum externis, caudäque nigris; rostro et pedibus plumbeis.

Ce charmant gobe-mouche est orné des plus vives couleurs; l'or le plus pur prend un nouvel éclat par le noir foncé, autre couleur dominante de l'oiseau. Les teintes de jaune-doré et de noir ne sont pas les mêmes dans les diverses parties : c’est ainsi que le jaune de la tête et du croupion tire un peu sur l’oranger, tandis qu'à la poitrine, à l'abdomen, sur les pennes secondaires, les couvertures des pennes, la couleur jaune à du rapport avec celle qu'on obtient par la gomme gutte. Une demi-couronne, qui prend son origine à la moitié antérieure de l'aile, au-dessus de la paupière supérieure, se rendant, en s'élargissant, à la base des mandibules, est d’un beau noir velouté; le noir qui occupe le col et la naissance de la poitrine est remarquable par sa teinte moirée. Les plumes qui composent cette large plaque sont écailleuses, d’où résulte cette couleur chatoyante qui lui donne l'aspect soyeux. On voit au-dessous et au-devant des yeux un petit espace d’un blanc d'acier. Le noir sombre que l'on apercoit sur le manteau, aux pennes , à la queue, et au tarse, tire un peu sur le brun. Le bec et les pieds sont d’une couleur plombée. Des soies noires, grêles et longues, sortent des côtés du bec, et s’'avancent au-devant des narines, qui sont percées très-près de la base du bec : celles-

ci sont arrondies.

Ce gobe-mouche habite les bois épais de la Nouvelle-Zélande.

10° GOBE-MOUCHE AUX LONGS PIEDS, Muscicapa longipes,

Garnot.

Miro-miro dans la langue des Nouveaux-Zélandais.

PLANCHE XIX, fig. 1°.

M. corpore omnind brunneo et griseo : abdomine albo : pedibus longis subrufis : rostro nigro.

Cet oiseau a une livrée triste et sombre, et nulle couleur agréable n’en relève les teintes brunes, mêlées de gris-cendré, qui revêtent tout le corps, excepté sous le ventre,

qui est blanchâtre à son milieu. Chaque plume, en effet, est brune en son bord, et gris-cendré au centre. Celles du dos sont plus foncées en brun; celles de la gorge et de la poitrine, au contraire, sont plus grises. La queue est courte, longue de deux pouces, à pennes régulières brunes, plus foncées en-dessus. Les ailes sont également noiratres, à quatre pennes plus longues, et s'étendant aux deux tiers de ia queue. Le bec est noir, moins comprimé que dans plusieurs espèces, garni de soies assez longues. Les tarses sont très-longs, ayant une scutelle antérieure de presque toute la longueur du tarse. Les doigts sont courts à proportion, et celui du milieu est plus long que l’externe. L'interne est le plus court. L’ongle du doigt postérieur est le plus fort. La couleur des tarses, des doigts et des ongles, est fauve.

Cet oiseau a de longueur totale cinq pouces, six lignes. Le bec a huit lignes, les tarses dix-huit lignes ; le doigt postérieur, l'ongle compris, neuf lignes; celui de devant et du milieu a dix lignes.

Ce gobe-mouche vit dans les broussailles qui entourent l'immense baie des îles à l'extrémité Nord de la Nouvelle-Zélande. M. Lesson le tua près de l'Hippah de Kaouera, dont Toui était le chef.

11° EURYLAIME DE BLAIN VILLE, £urylaimus Blainvillü, Garnot.

PLANCHE XIX, fig. 2.

Formé dans ces derniers temps par le savant voyageur anglais Horsfield, le genre Eurylaimus se compose de quatre à cinq grandes espèces de gobe-mouches de l'île de Sumatra, dont on trouve de bonnes figures dans les planches coloriées de M. Temminck, et dont MM. Diard et Duvaucel envoyèrent des individus au Muséum. L'espèce qui y est ajoutée est de la Nouvelle-Guinée, et autorise à penser que le nombre des espèces de ce genre s'augmentera encore, et qu'elles doivent exister sur toutes les Moluques indistinctement.

L'eurylaime de Blainville a le bec allongé, aplati, convexe supérieurement, à arèête simple, terminé par une pointe recourbée et crochue. La mandibule inférieure est trèsaplatie, large à la base, ‘pointue et droite au sommet. Les narines sont latérales, très-

distantes, arrondies, ouvertes, garnies de soies simples et droites. Les pieds sont

grêles à tarses courts. Les doigts sont très-peu prononcés; celui du milieu et l'externe sont réunis fortement à la base. Les ongles sont très-petits. La longueur totale de loiseau est de six pouces, y compris la queue, qui offre deux pouces, quatre lignes, et le bec, qui a dix lignes. La queue est un peu échancrée au milieu , composée de deux pennes. Les ailes vont jusqu'à la moitié de la queue; elles sont pointues, à première penne plus courte, à deux, trois et quatre pennes d'égale longueur.

Le plumage de cet oiseau est remarquable par les trois couleurs distinctes qui le revêtent. Le corps entier est noir, passant au brun sur les ailes et la queue. Deux larges

De

taches d’un blane vif, partant de l'œil, se dirigent sur les côtés du cou; une troisième tache blanche, placée sur la nuque, va se rendre sur le dos. Le croupion et les plumes du dessus de la queue, celles de l'anus et des couvertures inférieures de la queue, sont d'un rouge de sang extrèmement vif.

Cet eurylaime a été découvert par M. Lesson aux alentours de Doréry. Il n'a pu se

procurer aucun renseignement sur ses MŒUrs.

12° DESCRIPTION ANATOMIQUE DE L'OISEAU DE PARADIS, PETIT ÉMERAUDE, paradisæa apoda, L.

Langue allongée, étroite, triangulaire, bifurquée à sa pointe; l'une etl'autre fides sont divisés en un grand nombre de filaments; ce qui leur donne l'apparence de deux petits pinceaux. À la base, on trouve deux prolongements mucronés bifides. La langue à dix lignes de longueur de la pointe au bout des prolongements de la base; ces derniers forment avec la base une espèce de croissant. La forme générale de cet organe est la mème que dans les passereaux.

Il y a deux larynx, deux muscles supérieurs et deux inférieurs de chaque côté, prenant leur insertion près du larynx inférieur; on compte soixante-six anneaux dans la trachée-artère proprement dite, La longueur de cette trachée, depuis le larynx supérieur jusqu'à l'inférieur, est de trois pouces. Les anneaux sont complets. Les cornes de l'os hyoïde ont un pouce deux lignes de longueur; le deuxième larynx ou inférieur correspond à l'extrémité antérieure ou supérieure du sternum ; il est un peu enfoncé dans la poitrine. Ÿ

Les côtes sont au nombre de sept de chaque côté; la première est libre; les cinq qui suivent se rendent à la portion osseuse qui remplace le cartilage sterno-costal; la dernière se rend au dernier cartilage osseux.

Le sternum est beaucoup plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. La partie de la base, comprise entre les deux échancrures, est coupée carrément, Il y a cependant un très-léger enfoncement dont l'angle est saillant en avant. La longueur de cet os est d’un pouce quatre lignes; la largeur à sa partie moyenne, correspondant à la dernière surface articulaire qui unit le cartilage à la côte, est de huit lignes. La queue, longue d'un pouce quatre lignes, présente à sa base une étendue de cinq lignes. La base du sternum, ou l'extrémité abdominale, a un pouce deux lignes. A l'extrémité claviculaire , on aperçoit tfois apophyses : celle du milieu est la plus épaisse; elle présente trois côtés ( figurés en Y), de plus, deux larges échancrures, fermées par l'extrémité sternale de la clavicule. Sur les bords du sternum, très-près de l'extrémité claviculaire, on voit cinq surfaces articulaires. A la base, ou extrémité abdominale, il y a deux larges échancrures ovaliformes; les apophyses qui les bornent en dehors ont la forme d'un

marteau à deux pointes. Le sternum est beaucoup plus étroit à sa partie moyenne qu'à

ses extrémités. Par la forme du sternum jointe à celle des pattes, c'est un faux passereau de M. de Blainville.

Le cœur est assez volumineux, long de huit lignes.

L'œsophage est long de quatre pouces; l'estomac est volumineux et fabiforme; ses parois ont deux lignes d'épaisseur; sa grosse extrémité est à droite; les ouvertures cardiaques et pyloriques sont presque vis-à-vis l'une de l'autre. La surface gauche à droite.

Le pancréas est double : le premier a sept lignes de long; le second est plus long et

interne présente un grand nombre de replis saillants qui se dirigent de

plus étroit. Ils correspondent à la première courbure que présente le commencement des intestins grêles. La longueur des intestins est d'un pied quatre pouces. À un poute de la terminaison du rectum, on aperçoit deux cœecums de trois lignes. A la première inspection, nous crûmes que ces deux derniers organes n'existaient pas. Il nous à fallu granulations des ovaires sont situées au-devant du rachis entre les lobes antérieurs des reins; elles sont

examiner de nouveau pour être convaincu de leur présence. Les

en quelque sorte flétries, disposition qui est sans doute le résultat de l’époque à laquelle l'oiseau a été tué (mi-septembre 1823). Le foie n'est pas très-volumineux; il occupe la région hypocondriaque droite, s'étendant dans f'épigastre ; la vésicule biliaire est allongée, pyriforme , longue de huit lignes. La rate est très-petite; les reins sont allongés, logés dans la gouttière du bassin, ils sont rétrécis à leur partie moyenne ; le droit s'unit à gauche au-devant de la colonne vertébrale derrière le rectum.

La mandibule supérieure présente une échancrure vers la pointe; l'inférieure en offre également une très-légère : au premier apercu, on serait tenté de croire que cette échancrure est due à l'usure que doivent occasionner les rapprochements fréquents de l’une et de l’autre mandibule. F

L'omoplate, lengue d’un pouce quatre lignes, est extrémement étroite, falciforme : on ne peut mieux la comparer qu'à la figure d'un couteau de cuisine dont l'extrémité est recourbée. Cette extrémité est tronquée à deux lignes dans sa plus grande largeur.

La clavicule, longue de quatorze lignes, a son extrémité sternale très-élargie, L'os furculaire a la forme de celui des passereaux. L'ouverture que forment les deux extrémités claviculaires est de onze lignes. Les branches ont un peu plus d’un pouce de long.

L'appendice qui se fixe au sternum est très-saillant.

Les narines sont arrondies, placées près de la base de la mandibule supérieure; les plumes qui s’avancent vers la mandibule ne les cachent pas.

L'oreille externe est arrondie, évasée. On apercoit deux conduits : l'un intérieur plus petit, se dirigeant vers l'extrémité postérieure de la mandibule inférieure; l'autre est plus large, et se porte vers l'oreille interne.

Il y a dix pennes primaires ; on n'en retrouve que neuf chez les corbeaux : la première penne est la plus courte; elle se rend à peu près à la partie moyenne de Ja seconde. La cinquième est la plus longue. Elles vont en diminuant jusqu'à la dixième inclusivement. Les pennes secondaires sont au nombre de dix.

Il y a à la queue six paires de pennes. La queue est très-légèrement arrondie; les deux pennes croupiales sont plus étroites et plus effilées que les autres. Six larges

écailles couvrent l'articulation du tarse avec le carpe et l'extrémité tarsienne des orteils. Les écailles du tarse sont larges et lisses. La glande du croupion est très-développée. Dans l'inspection d'un autre oiseau de paradis femelle, nous avons trouvé la troisième penne de l'aile à peine sortie. La quatrième était plus avancée. Celles de la queue étaient également à peine formées. Cette disposition, comme l’observe M. de Blainville,

n'a-t-elle pas quelque analogie avec la sortie successive des dents dans les mammifères?

13° PHILÉDON A CRAVATE FRISÉE, Cuv., Lhiledon circinnatus. Vieill.

Merops Novæ-Zelandiæ, Gm., Brown, Zool. illustr., p. 18, pl. IX. Merops circinnatus, Lath., Shaw, Gen. Zool., t. VII, pl. XXII.

Merle à cravate frisée, Levaill., Afr., pl. XCIL.

Étourneau à cravate frisée, Buff , Ois., p. 208.

Stourne à cravate frisée, Sturnus crispicollis, Daudin, Ornith., t. IL, p. 314. Poë des naturels de la Nouvelle-Zélande, Cook, 3° voy. |

Toi, idem.

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