‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 6 sur 98 · RADE DE SOURABAYA (ÎLE DE JAVA · texte numérisé non relu

RADE DE SOURABAYA (ÎLE DE JAVA

(Du 28 août 1824 au 11 septembre suivant. )

Ce n'est que pour mémoire que nous mentionnerons notre relâche dans la baie de Sourabaya, non loin de l'ile de Madura. Le long trajet qu'il nous fallait faire de notre vaisseau avant de parvenir à la ville; l'intervalle de celle-ci aux lieux où l’on pouvait espérer de faire quelques récoltes d'histoire naturelle ; enfin l'épuisement de nos ressources individuelles, qui jusque-là nous avaient soutenus, ne nous permirent point de tenter les moindres découvertes dans une ile explorée par des naturalistes célèbres, et sur laquelle nous possédons aujourd'hui les travaux ou les récoltes de Leschenault, d'Horsfeld, de Reinwardt, de Blume, de Kuhl, de Van-Hasselt, ete. C'est à Sourabaya que nous vimes le babi-russa, mâle et femelle, en vie; nous en avons donné une courte description dans la première partie de ce volume. Nous avons aussi dit un mot de la panthère noire (felis melas), que nous regardions comme une espèce parfaitement distincte. Depuis la publication de ce passage, nous avons eu occasion de voir, dans les galeries du Muséum d'histoire natu-

ZOOLOGTE. 449 relle, des peaux de cette panthère, prises sur des individus d'âges différents, qui prouvent la justesse de l'opinion de M. Temminck, en montrant que la couleur noire de son pelage est loin d'être constante et spéciale, puisque certains individus l'ont mi-partie de noir et mi-partie de jaune-clair, comme la robe du léopard, dont le rnelas ne serait qu'une variété, suivant le même auteur. L'ile de Java nourrit dans ses vastes et profondes forêts, où sont aussi relégués les affreux poisons oupas et tschettick*, plusieurs espèces dangereuses de grands chats, tels que les felis javanensis, minuta et Diardi. Les Javanais du peuple aiment beaucoup élever des oiseaux : on rencontre chez eux la plupart des beaux loris des Moluques, et plus spécialement le notra. Ils prennent les plus grands soins du £éo ou mainate (gracula religiosa), qui apprend à parler et à siffler. Il n’y a pas jusqu'au grand casoar ou émeu qu'ils ne conservent dans leurs basses-cours, etc. j

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