PASSERI-GALLES
1220 TAVON OÙ MÉGAPODE.
Megapodius, Quoyx et GAïmaRD.
Il y a à peine quelques années que ce genre est établi, et déja il se trouve enrichi de plusieurs espèces naguère inconnues, et qui toutes proviennent des iles dela Malaisie et des Mariannes. Ce sont des oiseaux dont les formes et le port sont ceux des gallinacées, mais que M. Cuvier place parmi les échassiers, à cause de la nudité de la jambe au-dessus du genou. M. Wagler y réunit le Ménure de la Nouvelle-Hollande. MM. Quoy et Gaïimard ont caractérisé ce genre dans la Zoologie de l'expédition Freycinet ( pag. 124 ), en ces termes: Bec grêle, faible, droit, aussi large que haut, et aplati en dessus à sa base ; mandibule supérieure plus longue que l'inférieure, légèrement courbée à son extrémité ; mandibule inférieure droite, point cachée par les bords de la supérieure ; narines ovalaires, ouvertes, placées plus près de la pointe du bec que de sa base; fosses nasales longues, couvertes d'une membrane garnie de petites plumes ; tour de l'œil nu; pieds grands et forts, placés à l'arrière du corps ; tarse gros et long , couvert de grandes écailles, comprimé surtout eu arrière; quatre doigts très -allongés; trois en devant
presque égaux, réunis à leur base par une petite membrane plus apparente entre le doigt interne et celui du milieu qu'entre ce dernier et l'externe; le postérieur horizontal posant à terre dans toute sa longueur ; ongles très-longs, très-forts, plats en dessus, très-peu recourbés , triangulaires, à pointe obtuse, presque comme ceux des ménures ; ailes médiocres, concaves arrondies ; les troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes ; queue petite, cunéiforme , dépassant à peine les ailes et formée de douze pennes.
L'espèce la plus anciennement connue : du genre mégapode est le tavon des Philippines , mentionné par Gemelli Carreri”, en 1719, et récemment déposé dans les galeries du Muséum de Paris par M. Dussumier. Cette espèce de gallinacée paraitrait avoir quelques traits des mœurs de l'autruche, en abandonnant ses œufs dans le sable ( d’où vient son nom de tavon, qui, en langue fagale , signifie enfoutr), et laissant à la chaleur solaire le soin de les faire éclore. Mais les habitudes des mégapodes de la
1 Dès 1521, par Pigafetta qui dit en parlant des îles Philippines : « On y trouve « aussi des oiseaux noirs et gros comme une poule, qui font des œufs aussi gros « que ceux de canard, et qui sont bons à manger. On nous dit que la femelle pond «ses œufs dans le sable, et que la chaleur du soleil suffit pour les faire éclore » (p. 88, trad. franc. ).
2 Gemelli Carreri, dans son Géro del Mondo, décrit le Tavon de la manière qui suit, et consacre sans doute bien des erreurs, mais aussi probablement quelques faits exacts. « C’est un oiseau de mer, noir et plus petit qu’une poule, mais qui a « les pieds et le cou assez longs : il dépose ses œufs dans les terres sablonneuses « où il a fait un trou, et se contente de les recouvrir de sable. Ces œufs sont de « la grosseur de ceux de l’oie. Les tavons pondent en mars, avril et mai, époque « où la mer est plus tranquille, et où les vagues ne avancent point autant sur le « rivage et puissent les noyer. Les matelots cherchent avidement ces nids le long « des bords de la mer : lorsqu'ils trouvent la terre remuée, ils l’ouvrent avec un « bâton, et prennent les œufs et les petits qui sont également estimés. »( ist. génér. des Voyages, 1. X, p. 411.)
Nouvelle-Guinée , et des iles environnantes , nous sont entièrement inconnues, et tout porte à croire que, vivant dans des forêts profondes et humides, ils n’abandonnent point au hasard leurs œufs et leurs petits. À l'espèce de tavon, jusqu'à ces derniers temps mal caractérisée, MM. Quoy et Gaimard ajouterent le megapode Freycinet (fig. pl. XXXIT), que nous trouvames très-communément à l'ile de Waigiou, et le r#egapode la Perouse (fig. pl. XXXIIL), qui provient des iles Mariannes et qu'on indique également aux iles Philippines, où il porte le nom de tavon. M. Temminck, dans ces derniers temps, a fait connaître une espèce d'amboine qu'il a nommé meégapode à pieds rouges ; il a indiqué l’analogie qui existe entre ces oiseaux, quil regarde comme les véritables représentants, dans lesiles de la Polynésie, des ttnamous des régions chaudes du nouveau continent. Nous ajoutons ainsi à ce genre, composé jusqu'à présent d’espèces essentiellement polynésiennes et asiatiques , le neégapode Duperrey et le nouveau genre alecthela, qui a les plus grands rapports avec les mégapodes, et qui ne renferme qu’une seule espèce de l'ile de Guébé, une des Moluques orientales.
Les mégapodes sont des gallinacées des régions chaudes, qui viventdans les forêts des Moluques orientales et des iles Papoues, et qui pondent des œufs excessivement gros pour leur taille. On en connait aujourd'hui quatre espèces.
123 MÉGAPODE DUPERREY.
Megapodius Duperreyü, N.
Mangoipe dans la langue des Papous.
M. capite cristato ; collo , pectore , abdomineque griseis et ardoisiaceis ; uropygio atro-rubente; cristà, alis et dorso rufis ; rostro pedibusque subalbidis.