‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 81 sur 98 · COLOMBE OCÉANIQUE · texte numérisé non relu

COLOMBE OCÉANIQUE

Columba oceanica, Less.

Moulouesse ou mouleux dans la langue des naturels d'Oualan.

C. dorso , alis caudäque æneo-viridibus ; capite et collo ardoistaceïs ; gulo, pectoreque cinerers ; abdomine ferrugineo ; rostro

nigro et pedibus rubris. (PI. XLI.)

Remarquable par la pureté de ses teintes adoucies, ou par le vert métallique des ailes ou de son manteau, la colombe muscadivore, très-bien figurée dans le superbe ouvrage de M. Temminck et de M" Knip, et aussi dans la Zoologie de l'Urante, paraît se rapprocher singulièrement par l'ensemble des formes de la colombe que nous décrivons sous le nom d’océanique. Celle-ci en diffère toutefois par la taille, qui est d’un tiers moindre, et par la distribution de quelques couleurs. La muscadi-

ZOOLOGTE. 709 vore vit plus particulièrement dans les Moluques orientales, et surtout à la Nouvelle-Guinée et à Waigiou , tandis que l'océanique peuple abondamment le petite ile d'Oualan, au milieu de l'immense archipel des Carolines, et parait exister aux iles Pelew où la mentionne Wilson sous le nom de eyep. Il serait donc fort possible que cette espèce se fut aussi répandue sur les iles Philippines, et à Magindanao.

La colombe océanique ne mange point de muscades ; elle vit d'une baie fort abondante dans les bois touffus de la petite ile d'Oualan , et n'est jamais inquiétée par les naturels. Sa longueur totale est de quatorze pouces, y compris la queue qui en a cinq.

Le bec, long d'un pouce, est noir, fort, et surmonté à sa base d’une caroncule arrondie et tres-noire. Les pieds sont forts et d'un rouge-orangé vif. Les tarses sont emplumés presque jusqu'aux doigts, qui ont un rebord assez développé. Les ailes sont aigués, et n'ont qu'un pouce de moins que la queue, qui est à-peu-près rectiligne.

Les plumes du front, des joues et de la gorge, sont d’un blanchâtre mêlé de gris. La tête et le derrière du cou sont d'un gris ardoisé assez foncé. Le manteau, le croupion, les couvertures des ailes, les grandes pennes et celles de la queue, sont d'un vert métallique uniforme, passant au brun sur les rémiges et les rectrices. La poitrine et le haut de l'abdomen sont d'un gris avec une teinte de rouille. Le ventre, les plumes anales, les couvertures des cuisses et du dessous de la queue, sont d'un gineux foncé. Le dessous des pennes de la queue est

$ vert-rougeàtre clair.

rouge-ferru

C'est très-probablement cette espèce, très-peu éloignée d'ailleurs de la colombe muscadivore, que mentionne Forster, qui observa dans l'ile de Tanna , l'une des Hébrides, un pigeon mangeur de muscades (t. IT, pag. 170, in-4°, deuxième Voyage de

Cook) de même espèce que celui des îles des Amis ou de Tonga.

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