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COLOMBE AMARANTE

Columba puella, Yess., Bullet. des scienc. nat., n° 3, pag. 400, mars 1827.

Var. A? de la columba magnifica de Temminck ; mapouha dans la langue des Papous.

C. minor ; capite , colloque subalbido-srisers ; dorso, alis caudäque supra lætè virentibus ; gulis aurets super alas ; pectore et collo ante, abdomine rubro-amaranthinis; ani plumis flavis ; pedibus nigris ; rostro plumbeo.

Parmi les espèces nombreuses et à riche livrée de l'intéressante famille des colombes, la magnifique est remarquable par

grande taille ; et celle que nous décrivons, et qui lui ressemble parfaitement par toutes les teintes de son plumage, en diffère seulement par desproportions qui sont de moitié moindres. Ainsi, vivant dans la Nouvelle-Galles du Sud et sous une zone beaucoup plus froide, la colombe magnifique acquiert des proportions robustes, tandis que l’Æmarante, affectant dans son plumage

Sa ©

limitation la plus servile, et très-commune sous les zones brülantes de l'équateur, n'y a conservé que des formes greles et délicates.

C'est à la Nouvelle-Irlande et à la Nouvelle-Guinée que nous observämes la colombe amarante , dans les forêts vierges des alentours du port Praslin et du Ho de Doréry. Elle a la tête et le cou-de couleur grise ou plutôt d'un cendré blanchitre. Le dos , les ailes et le dessus de la queue, sont d’un vert agréable et changeant. Les grandes pennes alaires sont d’un vert noir. Des

D souttes arrondies, formant une ligne sur les couvertures moyen-

nes, sont d'un jaune doré tres-vif, et se terminent par une tache élargie et ovalaire sur les deux dernières pennes moyennes. Les côtés de la gorge sont verts; une large bande d’un beau rouge amarante prend naissance au tiers supérieur du cou, en devant, descend sur la gorge en s'élargissant , et occupe tout le dessous du corps jusqu'aux cuisses. Les plumes de la région anale sont du jaune le plus pur; les couvertures inférieures de la queue sont verdatres, et le dessous des pennes est brun. Les ailes, en dedans, sont jaunes et d’une belle teinte de rouille à la naissance des grandes pennes. Le bec est noïratre à sa base, et blanc rosé à son extrémité. Les pieds sont d'un brun noir.

La colombe amarante ne forme sans doute qu'une variété de la magnifique, elle n'a toutefois que onze pouces de longueur totale. Le bec, du front à sa pointe, a six lignes, et la queue, qui est arrondie, a quatre pouces huit lignes. Nous n'avons

point figuré cette jolie espèce, parce qu'elle ne diffère point par

ZOOLOGTE. 713 les couleurs de la columba magnifica de la CLXIIT"* planche de M. Temminck, qu'elle représente en miniature. Cette dernière, dont nous avons rapporté plusieurs beaux individus, n’est point

rare à Vew-Castle aux environs du port Jackson, à la Nouvelle- Hollande.

131° TOURTERELLE BLEU-VERDIN.

Columba cyanovirens, Less.

Manasope , dans la langue des Papous.

C. viridis ; occipite cæruleo; maculis cyanets super alas ; abdomine luteo-albido ; remigibus brunets, luteo marginates ; rostro nigro ; pedibus rubro-luteis. Mas.

C. omnino viridis; fronte et gulo cinerers; macula rubrä pectort; plumis griseis sub alas ; ant plumis albo et luteo variegatis ; rostro subalbido, et pedibus rubro-luters. Fomina ?

( PI. XLIT, fig. r (male), et fig. 2 ( femelle ? ).

Cette tourterelle habite les forêts profondes et encore vierges de la Nouvelle-Guinée. C'est dans les environs du havre Doréry que nous nous en procurames plusieurs individus. Leur roucoulement sourd se faisait entendre fréquemment sur les grands arbres, au milieu des lianes qui les enlacent , et tout indique que l'espèce y est commune.

Le bleu-verdin a de longueur totale, du bout du bec à l'extrémité de la queue, huit pouces six lignes. Le bec est mince et noir; l'iris d'un rouge brun; les tarses courts et presque entièrement emplumés. Les doigts, garnis d'un rebord membraneux, sont d'un jaune-orangé vif. La tête, le croupion, le dessus du corps, des ailes et de la queue, sont d'un vert-pré agréable. Une large calotte d'un beau bleu-ndigo couvre l'occiput. Des

taches bleues allongées occupent le centre des plumes sub-alai- Voyage de la Coquille. — 7. Tome I, Partie 11. 99

res, qui sont bordées d’une ligne étroite jaune. La partie interne et cachée des mêmes plumes est brune. Les rémiges sont entièrement brunes, et bordées , à leur portion extérieure, d’une ligne d'un jaune serin.

La queue est carrée et rectiligne. Les pennes qui la composent, au nombre de quatorze, sont brunes à l'extrémité, blanches en dessous, d'un vert analogue à celui du dos en dessus, passant au noir au milieu, chacune d'elles se terminant en dedans par une tache blanche. Les deux plus extérieures sont noirâtres, bordées de jaune extérieurement , ainsi que les deux ou trois suivantes. Leur tige est brune. La gorge, jusqu'à la moitié du cou, est d'un gris cendré. La poitrine est d’un vert grisatre. Le ventre et les flancs sont d'abord d'un vert mélé de quelques petites bordures jaunes, puis une large plaque d’un blanc jaunûtre les recouvre, et sétend de chaque côté en formant une sorte de ceinture. Les plumes qui revètent les cuisses sont vertes, celles de l'anus sont blanches et jaune pale : les tectrices du dessous de la queue sont jaunes mélangées de vert.

Un autre individu que nous nous procurames était un peu plus petit que l'espèce précédente, dont il est probablement la femelle ou peut-être le jeune âge. Le bec est blanchàtre, et les pieds sont de couleur orangée. Le plumage entier est d’un vertpré, mêlé de quelques nuances bleues sur les ailes, mais la calotte indigo n'existe point. Les autres différences qu'on remarque sont d'avoir le front cendré comme la gorge; d'offrir une tache d'un rouge ferrugineux au milieu de la poitrine, d'avoir quelques plumes d'un gris blanc sur les grandes couvertures des ailes, l'abdomen uniformément d’un vert mélé de jaunàtre. Du reste, la disposition des teintes générales du corps et des ailes, de la queue et de leurs couvertures inférieures, ainsi que des plumes anales , est parfaitement analogue.

GALLINACEES.

1320 TALÉGALLE.

Talegallus , Less.

L'oiseau qui sert de type à ce nouveau genre a été découvert dans les forêts de la Nouvelle-Guinée. Il est entièrement noir, de la taille d’une poule commune, et retrace quelques-unes des formes des talèves ou porphyrions : aussi est-ce pour rappeler ces analogies que nous avons forgé le mot hybride talegalle. Ce genre est très-remarquable, et doit prendre place à côté des peintades(numida), dans les gallinacées. Les caractères que nous assignons aux talégalles sont les suivants :

Le bec est très-robuste, très-épais, de la longueur de la tête, comprimé en dessus, à mandibule superieure convexe entamant les plumes du front. Les narines sont latérales, ovalaires, oblongues, percées dans une membrane large. La mandibule inférieure est moins haute, mais plus large que la supérieure, presque droite en dessous, obliquement taillée en bec de flute à sa pointe , à bords lisses, à branches écartées à la base, et l’écartement rempli par une membrane garnie de plumes. Les joues sont entièrement nues; la tête et le cou garnis de plumes à barbules simples. Les ailes sont arrondies, médiocres; la première penne très-courte, la deuxième un peu plus longue, la troisième la plus longue de toutes, les quatrième et cinquième diminuant de longueur après la troisième ; queue assez longue, arrondie, composée de douze rectrices. Les tarses sont assez robustes, médiocrement longs, garnis de larges scutelles en devant; doigts assez longs, celui du milieu le plus allongé, l'externe le plus court , les trois de devant garnis à leur naissance d'un re-

bord membraneux plus large entre le doigt externe et médian ; ongles convexes, aplatis en dessous , légèrement recourbés et médiocrement robustes. Le pouce est long , appuyant en entier sur le sol, et garni d’un ongle également robuste.

133° TALÉGALLE DE CUVIER.

Talegallus Cuviert, Less.

T. rostro incarnato ; pedibus subflavis ; corpore toto rigro.

(PL XXXVIIL.)

Le Talégalle à quinze pouces de longueur totale , et, dans ces dimensions, la queue entre pour cinq pouces, et le bec pour treize lignes. Les tarses ont, du genou à la première articulation du doigt du milieu , deux pouces cinq lignes , et le doigt médius, qui est le plus long, a moins de deux pouces. Les ailes, amples et concaves, dépassent à peine le croupion. Leurs rémiges , de même que les rectrices, sont larges assez résistantes, à tiges minces mais fermes et luisantes. |

Le bec robuste et dur de cet oiseau, les joues dénudées, l'ouverture du conduit auditif non revêtue de plumes épaisses, le cou garni de petites plumes décomposées et comme poilues, donnent au talégalle un aspect particulier qui , sous ce rapport, le fait ressembler à certains mégapodes. Ses tarses sont forts, très-réticulés, et terminés par des ongles robustes bien que médiocres. Ils sont colorés en jaune assez intense, et semblent indiquer que la vie de cet oïseau se passe aussi bien sur le sol, dans les broussailles , à la manière des gallinacées domestiques, qu'à voler d'arbre en arbre lorsque sa sécurité est compromise.

Cet oiseau a le bec d'un jaune rosé assez vif, et la peau nue des joues jaune. Les petites plumes courtes et rares de la tête et du cou, plus épaisses sur l’occiput où elles affectent une teinte brune, sont partout ailleurs d’un gris brunâtre. Elles sont

ZOOLOGIE. se à barbes munies elles-mêmes de barbules d'une extrême finesse. Toutes les plumes sur le corps aussi bien qu'en dessous, les rémiges et les rectrices, sont d'un noir brun assez intense.

Cet oiseau a été tué par M. Bérard, lieutenant de vaisseau, dans les forêts des alentours de Doréry, à la Nouvelle-Guinée, et cet officier a bien voulu en enrichir nos collections. Les Papous le nomment mangoipe.

ECHASSIERS.

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