‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 84 sur 98 · CASOAR ÉMEU OÙ A CASQUE · texte numérisé non relu

CASOAR ÉMEU OÙ A CASQUE

Casuarius emeu, LatH., Synop. pl. LXXI.

Struthio casuarius , L.; Brissox , t. V, pl. I, fig. 2.

Le casoar, Burr. Ent. 313 ; Frison., pl. CV ; MarécH. Menaz. du Museum.

Casuarius galeatus, Vrerzz. Gal., pl. CCXXV.

Le premier Casoar qui parut en Europe y fut apporté par les Hollandais, en 1597. C'est un oiseau massif dont la tête est surmontée d'un casque osseux , dont la face est recouverte de peau nue vivement colorée en bleu ou en violet , à pendeloques charnues imitant celles du dindon. Ses plumes sont lâches, noirâtres, assez analogues à des poils effilés. Sa taille est d'environ cinq pieds de hauteur totale. Les plumes de la région anale, remplacent la queue et sont tombantes.

Le casoar est un oiseau stupide, glouton , vivant de fruits, d'herbes et même de petits animaux. Dans l'Inde on l'élève en domesticité, et l'époque des amours est marquée chez le male par une sorte d'effervescence qui le rend furieux et méchant. La femelle pond trois œufs verdâtres pointillés , qu'elle couve

pendant la nuit , l'espace d’un mois. Les jeunes ont leur plumage d’un roux clair mêlé de grisätre. Cet oiseau court avec une grande rapidité et se défend des chiens avec courage à l'aide de ses pieds. On le trouve dans les îles Moluques à Céram, à Bourou, mais surtout à la Nouvelle-Guinée. IL vit le plus habituellement par couples solitaires.

1350 ÉMOU PAREMBANG.

Dromaius ater, Virirx., Gal. pl. CCXX VI.

Casuarius Novæ-Hollandiæ , Larx.; PÉRON, V’oy. aux terres australes, pl. XXX VI; Waure's Journ., pl. à la pag. 1209.

New-Holland Cassowary, Paiviipr, 74. to Botany-Bay, p. 271; Cuv. Res. an. t. I, pag. 497; Sxaw, Nat. mise. pl. XCIX.

Sa longueur est d'à-peu-près sept pieds. Son plumage est très-épais, très-fourni et brunâtre. Les jeunes ont une livrée orisätre, sur laquelle se dessinent quatre bandes d'un roux vif.

Les plumes sont remarquables par les deux tiges centrales qui s'unissent à leur base, et qui portent des barbes le plus sou-

vent simples ou parfois garnies de barbules trèscourtes. Ses

formes sont lourdes et massives, son dos vouté; le tour des yeux, les joues et les côtés du cou, sont recouverts d’une peau dénudée, violâtre. Le dessus de la tête est revêtu de plumes rares, simples et comme poilues.

White dit que l'émou n’a point de gésier, que son foie est trèspetit, mais que la vésicule du fiel est très-large ; que son tube digestif a près de six aunes anglaises de longueur. Il trouva l'estomac d'un individu rempli de six à sept livres de fleurs, de baies et d'herbages de toutes sortes, et il ajoute que sa chair lui parut avoir le gout de viande de bœuf.

M. Knox a publié un fort bon mémoire sur l'anatomie de l’'émou comparée à celle du casoar (Ediëmb. philos. Journ., n° 19,

ZOOLOGIE. os janvier 1824), d'ou il résulte que cet oiseau a la plus grande analogie dans la structure de plusieurs de ses viscères avec l’autruche. Une large poche membraneuse est formée par la dilatation de l’œsophage, qui aboutit à un gésier très-peu apparent. Le tube intestinal a seize pieds environ de longueur. Le cloaque parait servir uniquement de réservoir à l'urine. La trachée-artère trèslongue, se trouve composée d'anneaux qui, au cinquantedeuxième cercle, s'ouvrent dans une immense poche musculeuse dont l'usage est problématique. Les os du carpe, suivant M. Wagner, manquent chez l'émou, et les os de l’avant-bras supportent immédiatement le métacarpe.

Les naturels de la Nouvelle-Galles du Sud donnent à l'émou le nom de parembang. C'est un oiseau farouche, courant trésvite, dont la race inoffensive diminue chaque jour aux environs de Sydney, et qu'ont relégué au-delà des Montagnes Bleues les défrichements des colons.

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