‹ Voyage autour du monde (volume 5)Chapitre 11 sur 30 · DES TASMANIENS · texte numérisé non relu

DES TASMANIENS

Nous placons à la suite des Papouas, et comme deuxième variété du rameau Cafro-Madecasse, les habitants de la terre de Diémen. Nous ne les indiquons ici que pour mémoire, parce que la corvette la Coquille n’a point visité cette partie du globe, et que les naturels ne nous sont connus que par les récits des voyageurs. On s'accorde généralement à peindre les Tasmaniens comme une race d'hommes d'un noir peu foncé, dont le crane est déprimé, et qui a des cheveux courts, laineux, très-recoquillés. Le nez est écrasé, et l'angle facial médiocrement aigu. On peut, toutefois, s'en faire une idée assez juste par les planches sept et huit de l’atlas de Labillardière , et par les figures quatre à huit, dessinées par Petit dans l’atlas de Péron. Ce qui semble

autoriser à placer les Tasmaniens à la suite des Papouas, ce sont quelques ressemblances d'organisation, et une certaine similitude dans plusieurs usages, qui paraissent dériver d'une source commune. Ainsi, ils ont l'habitude de se couvrir les cheveux d'argile ferrugineuse très-rouge ; de se faire naître des mamelons ou des cicatrices en relief sur la peau; de cuire leurs aliments sur des charbons incandescents; de coucher sur la terre, près de grands feux; de fabriquer des paniers élégants avec des tiges d'arbustes; de façonner des ornements divers, et surtout de se servir d’un petit oreiller en bois, nommé roëré ( Labtillardière, Voy.t. IL, pag. 43); de placer des huttes coniques sur les tombeaux de leurs parents décédés ( Péron , t. IV, pag. 99), et, enfin, d'être polygames. Seulement, on ne retrouve point chez eux l'art de construire des cabanes, dont la pauvreté du sol et l'inclémence du ciel auraient dù leur imposer la nécessité; car ils se bornent à élever des abris temporaires, des abat-vents en écorces, insuffisants pour les garantir des rigueurs du climat austral. Leur langage diffère tellement des idiomes barbares et sans nombre des peuples de la Nouvelle-Hollande, que déja, dès avant qu'on sût que la terre de Diémen en était séparée par le détroit de Bass, M. Labillardière avait dit (t. Il, p. 60 ): Z7 prouve que ces peuples n'ont pas la même origine. Des détails utiles à consulter sur les Tasmaniens sont consignés dans le tome IV ( pag. 77 et suiv. ) de l'Historique du voyage aux terres australes, rédigé par Péron et le capitaine de Freycinet.

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