PORT-PRASLIN (NOUVELLE-IRLANDE
(Du 12 août 1823 au 21 du même mois. )
Le Port-Praslin est situé à l'extrémité méridionale de la Nouvelle-Irlande , à YOuest du cap Saint-Georges , par 11° 49 48°” de latitude Sud, et 150° 28 29° de longitude Est. Ce nom lui fut donné par Bougainville, en l'honneur d'un ministre de la marine qui ordonna le premier voyage autour du monde qu'aient exécuté les Français. Vers la même époque, Carteret, navigateur d'Albion, relàcha dans le havre placé plus à l'Ouest et appartenant à la même baie, qu'il appela 4nse aux Anglais. Bougainville, en séjournant dans ce port, crut qu'il était situé au fond d'un golfe et qu'il dépendait de la Wouvelle-Bretagne découverte par Dampier. Tandis que Carteret, au contraire, ne craignit point de senfoncer au fond de ce prétendu golfe, qu'il trouva ouvert par un détroit assez long, qu'il nomma Canal de Saint-Georges , en imposant le nom de Nouvelle-Irlande à la terre où le Port-Praslin offre une rade süre et abritée. Pour attemdre ce mouillage, deux passes servent aux vaisseaux, qui laissent à droite ou à gauche l’/l-Ferte de Bougainville, dite Latao par les naturels. Il est protégé au Sud-Ouest
par un petit cap appelé Tavuaolai ; et la baie, qui s'enfonce Voyage de la Coquille. —Z. Tome 1. . 42
dans l'Est au milieu des terres, se termine au pied de la montagne de Cambatore en prenant le nom d’'Æbataros. Au Nord s'avance la pointe d'Embrambia, de sorte que le Port-Praslin se trouve parfaitement abrité de toutes parts, et protégé par une ceinture de montagnes nommées Lanut. Il se continue dans la portion Nord par un bras de mer étroit avec l'Anse aux Anglais ou Siourou ; car ces deux havres ne formeraient qu'une vaste baie, si l’//e aux marteaux,ou Lambonne, n'était interposée entre eux. Cette ile peut avoir environ deux milles de longueur, dans une direction de l'Ouest-Nord-Ouest au Nord-Ouest, en présentant la forme d'un grand fer à cheval, due à ce que sa partie méridionale est découpée par une vaste baie. Son extrémité occidentale, nommée Lamassa par les habitants, a du jadis être couverte de cocotiers, à en juger par son nom.
Le canal qui sépare le Port-Praslin del Anse aux Anglais a six milles marins; ce dernier est abrité par deux montagnes dont l'élévation parait considérable, et qui, par leurs pitons, attirent sans cesse des nuages noirs et épais, de manière que, lorsqu'il fait un temps superbe au Port-Praslin, la pluie y tombe fréquemment par torrents. Les arbres qui couvrent ce point de la côte sont constamment, même par les plus beaux jours, entourés d'abondantes et épaisses vapeurs. Les nègres papous, qui habitent cette partie du monde, paraissent nommer la ÂVouvelle-Irlande, Enlourou ; mais ils appellent sans nul doute la Nouvelle- Bretagne, Birare, et sont dans un état perpétuel d'hostilité avec ses habitants.
L'ancrage du Port-Praslin est sûr et commode; la mer, pendant la durée de notre séjour , y a été constamment unie comme une glace, et le vent du large ne s'y faisait jamais sentir. Des grains violents nous amenèrent cependant une fois une légère rafale, dont les efforts, brisés contre le sommet des montagnes, descendaient sans force au fond de la baie. Quelle que püt être
d'ailleurs leur intensité, ils ne seraient jamais redoutables, parce que la chaine qui protége les rivages est régulière à son sommet, et nest point déchirée par les ravins. Les vents régnants, pendant notre relâche, furent de légères fraicheurs de l'Est, de l'Est-Sud-Est et du Sud-Est; mais plus souvent on éprouvait un calme tel, que la feuille la plus légère semblait immobile : en général, la brise ne se faisait sentir que dans l’aprèsmidi. La mer, dans ce port, est partout également profonde ; et; quoique mouillés très-près de terre, nous n'avions pas moins de trente-trois brasses sur un fond de gros sables madréporiques mélangés à beaucoup de débris de coquilles.
La chaleur n’a pas été aussi considérable que nous devions le croire par notre position presque immédiate sous l'équateur. Les vastes forêts dont la Nouvelle-frlande est couverte en totalité, sans cesse arrosées par des pluies abondantes qui permettent une vaporisation continuelle, résultat d'une chaleur intense, rafraichissent l'atmosphère. Ces forêts ombreuses, en effet, retiennent dans leur intérieur une humidité défendue des rayons du soleil par des dômes épais de verdure : il en résulte une chaleur humide dont les effets sont moins sensibles sur le corps que ceux de la chaleur âcre et sèche que l'on ressent dans les déserts d'Afrique, par exemple. Le médium du thermomètre à midi était de 26° 6, et, dans la nuit, il ne descendait jamais plus bas que 25°6’. La température de l’eau, prise au milieu de la baie, ne différait de celle de l'air que d'un degré. L'hygromètre varia de 103 à 108°, et le baromètre se maintint à 28 pouces. Les orages se reproduisent avec une fréquence qui étonne; ils se forment en un clin-d'œil et se dissipent de même. Les nuages les plus inférieurs sont ceux qui donnent de la pluie sur le Port-Praslin; tous les autres sont attirés par les hautes montagnes des rivages ou de l'intérieur
de l'ile. D l2.
Les bords du havre qui nous occupe sont garnis de bancs madréporiques nombreux; ils sont interrompus devant les courants d'eau douce qui descendent du sommet des montagnes, en formant des sortes de petites rivières. Pour que les embarcations puissent s'approcher de la terre, il faut les diriger dans ces canaux. En décrivant une de nos excursions sur le pourtour de la baie, nous donnerons à nos lecteurs une idée exacte et pittoresque des végétaux qui se pressent de toutes parts sur ce sol fécond, et des animaux qui y vivent. Les alentours du Port-Praslin sont donc bordés de coralligènes que la marée laisse presqu'à sec en se retirant; tandis que, à la haute mer, les eaux s'avancent sur les sables jusqu'au pied des arbres qui en forment la lisière. Dès qu'on débarque sur la grève, on observe une végétation tellement active et vigoureuse, qu'on la voit envahir le littoral, et ne cesser que là où la mer lui dispute la possession du sol. D'énormes troncs d'arbres renversés encombrent les rivages, et leur vétusté, comme un terreau fertile, nourrit encore des colonies de plantes charnues, qui s'en disputent les moindres parcelles. Cette végétation n'y présente point d'éclaircie; elle couvre toute cette portion de l'île d'une seule forèt. Les arbres magnifiques qui la composent, les arecs qui les dominent, et une foule d'autres, se pressent et croissent avec vigueur. Des lianes de toutes sortes s’entortillent autour des troncs, grimpent jusqu'aux sommités des branches, et semblent avoir pour but de tendre des filets impénétrables. Parmi ces lianes, il en est une dont les fleurs légumineuses, d'un beau jaune, flattent la vue, et dont les tiges volubiles se trouvent armées de crochets épineux qui déchirent impitoyablement le voyageur qui s'engage sans précaution sous leurs lacis. D'éclatants papillons se croisent en tous sens sous ces dômes de verdure ; des coquilles terrestres variées en habitent le feuillage, et sur les branchessse rencontrent fré-
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quemment le tupinambis noir, ponctué de jaune. Des Baringtonia, qui prennent un développement énorme, des hibiscus à feuilles de tilleul, des Xeneo { Guettarda speciosa), et surtout des scævola Lobelia, de Vahl, croissent le pied dans l’eau, et paraissent avoir besoin, pour l'entretien de leur vie, d'une exposition toute maritime. Il en est de mème d'un très-beau pancratium qu'on ne trouve que sur le rivage. Ce végétal ( pancratium amboinense?), remarquable par une hampe florale élevée, que couronnent des corolles blanches à étamines purpurines, a de larges feuilles roides, charnues, dans les aisselles desquelles nous trouvames en abondance la coquille terrestre, type du genre scarabe, que M. de Blainville a décrite comme nouvelle en la nommant SCARABE DE LESsON, scarabus Lessonü(Dict. Sc. nat.,t. XLVILT, p. 32). Le therates labiata, Fab., à tête dorée, volait sur les branches, et annonçait son passage par une odeur de rose fragrante qu'il laissait derrière lui. Ca et là s'élévaient les tiges droites des rotangs, si estimés en Europe pour faire des cannes ; et sur la plupart des troncs d'arbres, s'enlaçaient les tiges grimpantes des poivres cubèbes ; le faux sagou {cycas ctrcinalis), ayant par ses stipes droits le port des palmiers, était alors chargé de fruits. Les Papous de la Nouvelle- Irlande les recherchent, et font, avec sa moelle intérieure, des pains analogues à ceux qu'ils retirent des vrais sagoutiers. Les plantes nourricières de ces profondes forèts se trouvent être le Zaka, si commun sur toutes les iles de la mer du Sud /énocarpus edulis); le sohest, qui est le pya des O-Taitiens [tacca pinnatifida ) ; le chou caraïbe [arum esculentum). Les arecs (areca oleracea), dont nous abattimes un grand nombre pour en obtenir le bourgeon terminal ou le chou, formaient des groupes épais dans certains emplacements, en s'unissant aux tiges épineuses du caryota urens, des lataniers et des pandanus. On doit remarquer que les forêts équatoriales des Moluques,
de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-frlande, remarquables par les gigantesques proportions des arbres de toutes sortes qui les composent, ont très-peu d’arbustes et de plantes herbacées. La chaleur solaire pénètre à peine sous l'épaisse et haute verdure qui couvre le sol, sans cesse humide, toujours ombragé, et où règne une fraicheur qui fait place, aussitôt qu'on a franchi quelques espaces dénudés, à l'action d'une chaleur insupportable. La vapeur qui s'exhale du sol, lorsque le soleil monte, se condense en nuages au-dessus des arbres, et n'imite pas mal la fumée qui s'élèverait de dessus un village. Toute l'épaisseur de ces vastes forêts vierges est jonchée de troncs énormes, déracinés par leur mort naturelle, et couchés sur la terre qu'ils embarrassent , et à laquelle leur décomposition lente rend les principes qu'ils en reçurent, en se réduisant en humus. Sous leurs écorces crevassées, se logent de froids reptiles; mais cependant la nature, qui aime à présenter le contraste de la vie et de la mort, voile encore ces traces de destruction , en les couvrant de fougères au feuillage découpé et grèle, d'épidendrum, parasites à corolles bizarres et vivement peintes, de lichens ét de bolets de formes et de couleurs diverses. De tous les végétaux arborescents, l'inocarpe est sans contredit un de ceux qui atüirérent le plus notre attention. Sa taille, à Taïti, n'avait rien d’extraordinaire; tandis qu'a la Nouvelle-Irlande il acquiert des proportions considérables, élève sa cime à de grandes hauteurs, et envoie au loin ses racines, qui rampent à la surface du sol, en présentant des parois minces et en même temps élevées de plusieurs pieds, de manière à former des sortes de cabanes naturelles, séparées par de légères cloisons, et capables de contenir sept ou huit personnes. Tel est l'ensemble bien imparfait du paysage aux alentours de Port-Praslin. Par cette esquisse grossière, on doit penser quel effet imposant il imprime dans l'ame du voyageur
ZOOLOGTE. 335 européen. Le silence de ces lieux profonds et inhabités, où les nègres indigènes ne se présentent qu'accidentellement, n'est interrompu que par le bruissement des jeunes tiges des arbres sur les pas de l'explorateur, par les cris rauques et discordants du lori vert, ou par le bruissement des élytres des grosses cigales. Tout dispose l'ame, même du naturaliste le plus exclusivement porté vers les collections, à un sentiment indéfini, à des émotions profondes, à un plaisir mêlé de quelque chose de vague et de triste que rien ne peut rendre, et qu'aujourd'hui nous ne nous rappellerions point, si nous n'en trouvions l'expression dans notre journal écrit sous l'inspiration des sensations du moment.
Les rivages du Port-Praslin sont parcourus par un grand
nombre de sources qui descendent des montagnes placées autour du havre qu'elles abritent. La plus remarquable, comme la plus abondante de ces sources, est celle que Bougainville à décrite dans sa relation, et que nous avons nommée Cascade de Bougainville. Le marin français qui la vit dans la saison de l'hivernage, époque où le volume d’eau qui en descendait était considérable, en parla en ces termes : :« Nous avons tous été voir « une cascade merveilleuse, qui fournissait les eaux du ruisseau « du navire l Étoile. L'art s'efforcerait en vain de produire dans les « palais des rois ce que la nature a jeté dans un coin inhabité. « Nous en admirâmes les groupes saillants, dont les gradations «presque régulières précipitent et diversifient la chute des «eaux. Nous suivions avec surprise tous ces massifs variés pour « la figure et qui forment cent bassins inégaux, où sont recues « les nappes de cristal, colorées par des arbres immenses, dont « quelques-uns ont le pied dans les bassins mêmes : cette cascade
«mériterait le plus grand peintre. » Or, pendant la durée de
* Voyage autour du monde, en 1766 à 1769, p. 282 de l'édition in-4°; Paris, 1771.
notre relache, la source ne fournissait que peu d’eau ; car nous étions à la fin de l'été, dans cette partie du monde, et au moment où la saison des: pluies allait recommencer. Les chutes de la cascade de Bougainville sont à peu de distance du rivage à l'Est du Port-Praslin ; elles sont formées par cinq gradins s’élevant rapidement les uns au-dessus des autres, dans une élévation d'environ trente à quarante pieds. L'eau s'est creusé une ouverture à la moitié de la montagne, et jaillit en nappes écumantes, limpides et fraiches, dont le murmure se meéle au bruissement des feuilles, à la chute des vieux arbres qui tombent de temps à autre et encombrent son lit, ou jettent en travers des ponts chancelants. Ces eaux, très-chargées de sels, ont comme ciselé la surface des roches qu'elles baignent, et les strates d'où elles tombent en nappes sont bordées de stalactites calcaires, groupées d’une manière agréable. Le lit et les strates sont formés de chaux carbonatée, due, sans aucun doute, à des masses madréporiques qui ont moulé sur le noyau primitif un terrain récent. Les pores de ces coraux, depuis long-temps éteints, sont remplis par des cristaux d'un spath que l'eau tient en suspension, et celle-ci est rendue purgative par plusieurs autres principes salins. Comme site romantique, cette cascade mérite de fixer l’attention; mais nous l'avons trouvée bien inférieure à celles de Kiddi-Kiddi à la Nouvelle-Zélande, et de l'Ile de France. Son plus grand charme dépend des masses de végétaux qui se pressent dé chaque côté, y forment d'épaisses fourrées où se marient les feuillages les plus opposés, les teintes les plus diverses, les formes ligneuses les plus variables. Une voûte de verdure, due à d'immenses figuiers, à de gracieux arecs enlacés de tiges volubiles, recouvrant des eaux fraiches et limpides, peuplées de coquilles fluviatiles ‘, de crevettes, et em-
1 La néritine et le clithon.
ZOOLOGIE. 337 bellies par les papillons ornés qui éclosent sur leurs bords, estencore animée par les oiseaux qui viennent s'y reposer. De grosses fourmis, dont la morsure est douloureuse, sont très-communes en ce lieu ; et le calme de la forêt est, de temps à autre, interrompu par le cri d'un corbeau analogue à notre corneille, et qui imite, à faire illusion , l'aboiement d’un chien. Bougainville avait déja indiqué cette particularité en disant dans sa relation: « Nous y remarquämes une espèce d'oiseau dont le cri ressem- «ble si fort à l'aboiement d'un chien, qu'il n'y a personne qui «ny soit trompé la première fois qu'on l'entend. »
L'ile Lambonne, que Bougainville a nommée //e aux mareaux, parce que les gens de son équipage y trouvèrent un grand nombre de ces coquilles bivalves, alors rares dans les collections, est très-riche en productions naturelles remarquables. Nous y cherchâmes toutefois infructueusement ces testacés , dont nous ne vimes aucuns débris. Une anse considérable entame la partie boréale de cette ile, et se termine, sur le rivage, par des grèves sablonneuses déclives, et par des bancs de coralligènes. Jamais nous n'avions vu des points aussi riches en zoophytes; ils pullulaient dans cet espace resserré , abrité des vagues du large, qui déchirent et mettent à nu les rochers de la côte méridionale où s'arrêtent leurs efforts. Ces plateaux de coraux sont au contraire recouverts d'une petite masse d'eau dont la surface est toujours paisible, et réchauffée par l'influence directe du soleil. La lumière, pénétrant avec force sous cette couche, y fait développer un luxe de vie que nous n'avions encore observé nulle part: aussi nous arriva-t-il de passer fréquemment des heures entières en ces lieux, ayant de l’eau jusqu'à moitié des cuisses , pour y dessiner des zoophytes, et saisir leur éclat fugace , leur forme, qui, sans cette précaution , eussent échappé à notre étude. Dans le deuxième volume de cet ou-
vrage, nous aurons OCCasion de décrire les rares et curieuses €s- Voyage de la Coquille. — Z. Tom. I. 43
pèces que nous recueillimes sur ce point, et il nous suffira de dire ici que nos collections et nos dessins s’accrurent considérablement en éponges, en actinies, en zoanthes, en ascidies , etc. Des serpules ou tuyaux de mer, dont les animaux à tentacules d’un azur doré, brillants de teintes vraiment fantastiques , étaient entrelacés au milieu des coraux, et le zoophyte sortait de son tube pour s'épanouir comme une belle fleur , et s'y cachait avec vivacité au contraire, lorsque l’eau, agitée par quelques mouvements lointains , lui donnait, par ses ondulations même lésères, la conscience d'un danger quelconque. Des holothuries , des étoiles de mer à six rayons droits et linéaires , l'asterias discoidea, la fongie avec ses larges polypes en ventouses, une actinie verte à tentacules rouges, une actinie du pourpre le plus vif, des aplidium, couvraient cette partie de la baie. Sur le rivage, attachés aux troncs couchés des arbres abattus par vétusté, adhéraient de larges huitres minces, très-délicates. De nombreux fragments de nautiles {rautilus pompilius) jonchaient les sables des grèves, et attestaient que ce céphalopode doit étre très-abondant à certaine profondeur. À ces objets se joignent des cônes , des porcelaines , des trochus, etc.
La végétation de l'île Lambonne s'étend dans la plus grande partie de la côte jusqu'à la mer; partout elle est d'une rare beauté. Les cycas s y montraient en plus grande abondance que partout ailleurs. Son pourtour entier était festonné par des guirlandes de lianes suspendues de branches en branches, d’'entre lesquelles sortaient des arbres à pain sauvages. Des frégates noires volaient à de grandes hauteurs, et sur le bord de la mer se présentait fréquemment un assez gros martin-pêcheur à tête blanche /alcedo albicilla). Sur la côte occidentale, qui est assez élevée, mais coupée par une ravine au fond de laquelle coule une petite rivière d'eau douce, nous trouvàmes des débris de repas que les naturels y avaient faits; et un ajoupa
ZOOLOGIE. 339 temporaire, consistant en quelques feuilles de cocotier, jetées négligemment sur des branches fichées en terre, avait servi à abriter la cuisine de ces nègres, qui visitent, à ce qu'il parait, de temps à autre, leurs districts maritimes, afin d'y recueillir des vivres. Des tas de gros coquillages épars auprès du foyer, nommé Pal dans la langue du pays, témoignaient de leur appétit. Pres de là, nous remarquâmes un calophyllum inophyllum, dont le tronc avait pris un développement monstrueux. Cet arbre , en effet, était couché sur le sol, et donnait naissance, par la partie supérieure du tronc, à une douzaine de branches, toutes plus grosses que nos plus forts chênes de France, et ayant plusieurs brasses de circonférence : qu'on juge par suite des dimensions du tronc principal. Des orchidées magnifiques , de grandes et fraiches fougères, couvraient l'écorce, et se mélaient au vert gai et lustré qu'on sait être propre à ce beau végétal, et contrastaient avec ses fleurs blanches disposées en grappes. Les vaquois, les inocarpes, les Baringtonia, divers palmiers, étaient d’ailleurs les arbres les plus communs sur ce point de la Nouvelle-Irlande. La portion méridionale de l'ile Lambonne ne ressemble guère à la partie boréale. Baignée par la haute mer, dont les vagues viennent se briser sur les rochers qui la bordent, cette côte, haute et accore, est déchirée et crevassée. Sourvent la mer s’engouffre dans des cavernes qu'elle s’est formées par le choc impétueux de ses bouleversements; et comme ces crevasses profondes sont parfois ouvertes à leur sommet par des sortes de soupiraux étroits, il en résulte que la vague heurtée par une puissance immense contre la barrière qui recoit le choc, s'élève en gerbe par l'issue supérieure, et se disperse dans l'air en pluie que les vents emportent. Sur les rocs sans cesse minés, s'avancent, pour en voiler les injures, des plantes rampantes, des faisceaux de feuillage, et souvent s'en élèvent les branches tombantes et comme filamenteuses du filao ou casuarina indien.
Une ceinture de coraux protége toutefois ces rocs, qui semblent former un ouvrage avancé, destiné à protéger le corps de la place. Nulle coupure y existe pour donner passage à une embarcation. Revenons au Port-Praslin. La côte orientale, bordée aussi par un large plateau de rescifs desséché à marée basse, mérite toute l'attention d'un naturaliste. On y trouve un bon nombre de poissons , de ceux qu'on doit appeler saxatiles, et qui tous gracieux à l’œil, appartiennent aux genres chétodon , aleutère, baliste, etc. L'astérie à six rayons bleus ou cicénbone des naturels, les gros casques ou sasanmak , le bénitier tridacne ou sabourkess et marenoa, des lepas, des haliotides , étaient les productions marines les plus abondantes. Des murénophis et des scorpènes se tenaient cachées sous les pierres , et deux de nos matelots blessés par les aiguillons de ces dernières éprouvèrent des douleurs qui furent assez longues à se dissiper. Ce point de la côte est le seul où nous reconnüumes des muscadiers sauvages /myristica mas, de Rumphius ?) Les Tournefortia à feuilles satinées, des Eugenia entourés de pothos, des ketmies à feuilles de tilleul, des tecks /tectona grandis) , des caryota brülants, des ixora , des orangers , formaient les masses principales des fourrées; partout on rencontrait les toiles assez solides de deux araignées (araneæ aculeata et spinosa) déja mentionnées par M. de Labillardière, et toutes deux remarquables par la magnificence de leur coloration variée de pourpre, d'azur et de blanc. Aux troncs des arbres, pendaient d'énormes nids spongieux et celluleux , bâtis sans nul doute par une espèce de thermite ou fourmi blanche. Lorsque la nuit commençait à couvrir de ses voiles la nature entière , dans les soirées calmes et sereines , des milliers de vers luisants, que les naturels nomment kaltote, sortaient de l'épaisseur des bois, et lancaient de petits faisceaux de lumière qui se croisaient dans tous les sens, et dont les lueurs expiraient pour se rallumer de nouveau et de
ZOOLOGIE. 34 nouveau s'éteindre. À ces détails se borneront nos tableaux de ces sites lointains, et sans analogie avec les nôtres; et quel que soit encore le nombre des observations qu'il nous faut passer sous silence, nous ne devons pas nous arrêter à des peintures pleines de charmes pour nos souvenirs, mais qui doivent faire place à un compte rendu plus austère de nos recherches.
Une ile vaste comme la Nouvelle-Irlande doit nourrir sans doute plusieurs espèces de grands animaux, et quelques-uns de ceux qu'on trouve dans les Moluques et à la Nouvelle- Guinée. Mais les courtes reläches des voyages de mer ne permettent guere que d'effleurer quelques points du littoral, et par suite des endroits toujours pauvres en créatures animées. Nous n'y vimes point le babi-russa, bien que nous ne puissions douter qu'il y existe, car les naturels nous l’affirmèrent ; et ce qui est plus positif, ils nous en apportèrent les dents canines, si reconnaissables par leur forme caractéristique. Les cochons que ces Papous élèvent en domesticité, sous le nom de bouré, appartiennent à la race de Siam, et dans tous les cas ils ne nous parurent pas y être nombreux. L'animal indigène le plus commun est le couscou blanc ou Æapoune, décrit page 158 de ce volume, que les naturels estiment à cause de la délicatesse de sa chair. Un vespertilion est le seul chéiroptère qui s'offrit à nos regards; car jamais nous n'y rencontrames de roussettes, bien que ces animaux aient des espèces répandues dans toutes les terres environnantes. Nous avons déja eu occasion de dire que les chiens, nommés poull, tiennent beaucoup de la variété répandue chez les habitants de la Nouvelle-Hollande.
Les Papous du Port-Praslin appellent les oiseaux mani, et ce nom à la plus grande ressemblance avec celui de manou de la langue océanienne. Les espèces se ressentent du voisinage de l'équateur, mais en même temps des rapports de création de la
Nouvelle-[rlande avec les systèmes d'îles Papoues et Moluques. Elles y sont en effet nombreuses et variées; mais elles appartiennent en même temps à quelques-unes de ces familles précieuses si recherchées dans nos musées. La poule domestique, commensale de l’homme, ne diffère point de la race de nos bassescours ; mais, par une singularité qui serait fort remarquable si l'on ne pensait que le nom de cet utile oiseau doit son origine à un son euphonique dans la plupart des langues, les nègres du Port-Praslin lui donnent le nom de coq, nom qu'ils articulent nettement : d'un autre côté, l'auraient-ils reçu de quelques navires européens ? Les loris ‘, ces perroquets à vestiture écarlate ; les gros loris papous *, dont la voix est rauque ; le perroquet vert à plumes lustrées des Moluques ‘; la perruche de Latham, étaient tués en grand nombre dans nos chasses habituelles.
Plusieurs espèces du riche genre des columba habitent les alentours du Port-Praslin ; et parmi elles, nous citerons le pigeon de Nicombar ( columba nicobarica , L. ); la colombe Pinon (columba Pinon, Quoy et Gaim., Zool., pl. XX VIII ); la colombe demoiselle (columba puella, N.). La colombe Pinon, observée par nous dans son pays natal, diffère un peu de la belle figure donnée par MM. Quoy et Gaimard ; car nous trouvons dans notre Journal cette description : La tête et le cou sont d’un gris glacé mélangé à une teinte rose légère ; le ventre
ï Psütacus lori, L., Enl. 168; Levaill., pl. CXXIIT et CXXIV.
? Perroquet grand-lori, Levaill., pl. CXXVI, CXXVIE et CXXVIIT; Psittacus grandis, L.
Cette espèce est rarement apportée en Europe; car elle vit très - difficilement en captivité. Cependant, en ce moment ( octobre 1828 ), M. Kéraudren, inspecteurgénéral du service de santé de la marine, en possède à Paris depuis assez longtemps un bel individu vivant.
3 Psittacus sinensis, L., Enl. 514; Levaill., pl. CXXXII.
ZOOLOGIE. 343 est d’un roux vif ; le dessus des ailes et du dos est d'un vert doré, brillant de quelques reflets de cuivre de rosette ; les rémiges et les rectrices sont d'un vert noir; les tarses sont d'un rouge vif, ainsi qu'une caroncule arrondie, qui surmonte le demi-bec supérieur. La chair de cette espèce est savoureuse, et elle a l'habitude de se percher sur les sommités des rameaux les plus élevés. Un corbeau à duvet blanc, nommé coco par les naturels, dont le plumage est entièrement noir, ne parait pas différer de l'espèce de la Nouvelle-Galles du Sud, que MM. Vigors et Horsfeld ont nommée, par rapport à son analogie avec
la corneille d'Europe, corvus coronoïdes sur les rivages, était assez commun l'aigle océanique (falco oceanica, Temm., pl: col. 49). Deux espèces du genre cuculus habitaient les bois, l'une à plumage d'un vert uniforme, et l’autre inédite, que nous avons figurée sous le nom de Coucal atralbin, centropus ateralbus, pl. XXXIV.
Parmi les oiseaux les plus vulgaires, nous citerons les suivants : Trois espèces de martin-pécheurs ; l'alcedo albicilla à plumage sur le corps couleur d’aigue marine, à tête et cou entièrement blancs ; l'alcedo ispida, var. moluccana ; Yhaleyon cinnamominus de M. Swainson, nommée ktou-kiou par les insulaires : cette dernière espèce a environ six pouces de longueur. La tête et le dos sont d'un vert brun, et les ailes et la queue seules ont une teinte d’aigue marine. Un collier fauve*entoure ge sont de cette dernière couleur devenue plus vive, et légèrement pointillée de brun. L'extrémité
le cou, et le ventre et la gor
des rémiges et des rectrices est brun. La moitié de la mandibule inférieure est blanche, l'iris noirâtre, et les pieds sont rouges. Des drongos ; des stournes (/amprotornis metallicus , Temm. pl. CCLXVT ), qui vivent en troupes, et dont l'iris a
! Trans. Soc. Linn. de Londres, t. XV, p. 261.
l'éclat du rubis; des hirondelles ; un soui-manga à gorge bronzée, nommé sic-sic ‘; des gobe-mouches * nouveaux; un échenilleur * ; quelques chevaliers gris ; des frégates, etc.
Nous décrirons toutefois trois espèces d’après nos notes manuscrites, dont les individus ont été perdus lorsque notre collègue M. Garnot fit naufrage au cap de Bonne-Espérance, en revenant en France, après nous avoir quitté au Port-Jackson. Ce sont les gobe-mouches suivants : le tenourikine, long de six pouces, à plumage complètement noir, lustré avec des reflets verts métalliques, le bec plombé, les tarses noirs, et l'iris d’un jaune pâle; le 7ouquine, a de longueur totale sept pouces, le dessus du corps, les ailes et la gorge noirs, le ventre blanc, un sourcil de cette dernière couleur sur l'œil, enfin à bec et tarses bruns. La troisième espèce dont il nous reste à parler appartient au genre drongo, edolius, Cuv.; dicrurus, Vieillot. Cet oiseau a la queue fourchue comme celle du forficatus, et a de loneueur totale environ dix pouces. Le dessus du corps est en entier d'un gris cendré, plus foncé sur les ailes, tandis que cette teinte est beaucoup plus claire et d’une nuance plus douce sur le ventre. Le bec et les pieds sont noirs, et l'iris est noirâtre. Nous l’appellerons edolius comice, du nom qu'il porte dans son pays natal, à moins qu'il ne soit, ce dont nous doutons, qu'une variété de l'edolius cineraceus ou chenta de Java, décrit par le docteur Horsfield.
Les reptiles trouvent au Port-Praslin toutes les circonstances les plus favorables pour leur multiplication paisible : chaleur
‘ Ce soui-manga est olivâtre, excepté la gorge, qui est d’un noir d’acier bruni, et le ventre, jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, qui est d’un jaune pur. > Muscicapa chrysomela, N. pl. XVII, fig. 2, pipimaloumé des naturels.
5 Figuré dans notre Atlas, pl. XIL, sous le nom de pie-grièche karou ( Lanius caru), mais que nous avons reconnu être un ceblepyris, auquel nous conserverons
le nom trivial et indigène de caru.
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et abondance d’eau sont les deux premières orandes conditions
eo) de leur existence : aussi, bien que nous n’en ayons point vu, les navigateurs qui nous précédèrent sur cette partie du monde y indiquent des caïmans ; or, comme le crocodile bicaréné n'est pas rare à la Nouvelle-Guinée, on ne doit pas un seul instant douter que ce ne soit la même espèce. En revanche, nous nous y procurâmes plusieurs espèces de lacertains, et notamment le lézard de Pandang des Amboinois, ou gecko à bandes ( /acerta vittata, Gm.), tres-bien figuré par M. Brongniart dans le Bulletin des Sciences : ; quelques ophidiens, et des tortues. Les habitants nomment ces dernières poules, recherchent leur chair, et font des hamecons pour la pêche avec leur écaille. Les poissons comptent une grande variété d'espèces dans cette baie, et toutes rivalisent en éclat. Ce serait nous entrainer trop loin que de les citer, d'autant plus que, dans le second volume, nous aurons occasion de revenir sur ce sujet. Nous ne passerons point sous silence toutefois le requin à ailerons noirs (squalus melanopterus , Quoy et Gaïm. ), qui est multiplié d'une maniere étonnante, ni le blennie sauteur de Commerson, sorte , gravit les rochers, sy promène pour attraper les petits insectes dont il se
de poisson amphibie, qui s'élève sur les vagues
nourrit, et, courant avec assez de rapidité sur le sable des grèves, imite , à faire illusion, les allures d'un scinque. Enfin, ce qu'il y a de plus singulier dans les mœurs de ce poisson, c'est de le voir nager indifféremment dans l’eau des petites rivières qui se perdent dans le Port-Praslin, se plonger dans la mer, ou en sortir pour gravir sur les branches de quelques arbrisseaux maritimes. Ses yeux placés verticalement sur le sommet de la tête, ses
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nageoires jugulaires soudées et à rayons solides, sa couleur g
de lin linéolé, font de ce périopthalme un être fort bizarre.
* Et dans les Misc. de Shaw, t. IT, fig. 89.
Voyage de la Coquille. — Z. Tom. I. 44
Les crustacés se composaient de langoustes, de cancers, de grapses peints, de palémons, de crevettes, d’un pagure et d’un ocypode qui se creuse des terriers dans les bois. Les insectes y sont très-variés et nombreux, et les papillons les plus riches et les plus colorés s'y trouvent en grand nombre. Parmi les coléoptères, nous citerons le therate à odeur de rose, type d'un nouveau genre, quise tient sur les feuilles; le trzcondyle bleu, qui ne quitte point les écorces ; un bupreste doré, etun très-gros scarabée bicorne. On y rencontre plusieurs phasmes, l’un filiforme et vert, et l’autre très-grand, noir, à corselet trés-dur et hérissé de piquants. C'est de cet insecte que parle Bougainville, lorsqu'il dit, p. 279 : « Il est long comme le doigt, cuirassé « sur le corps ; il a six pates, des pointes saillantes sur les côtés, «et une queue fort longue. » Quant à la mante-feuille mentionnée par ce navigateur, et si commune à Amboine et aux Seychelles, nous n'en eùmes point connaissance. Les scorpions et les scolopendres, ainsi que plusieurs fourmis très-grosses et des thermès, ne doivent pas être oubliés.
Les coquilles les plus répandues sont de gros cônes, des casques, de très-grands trochus, entre autres la veuve et la peau de serpent; des tridacnes, l’hippope, des porcelaines, des ovules œufs, des fuseaux, des haliotides, des murex, des huitres, l'une à bords sinueux, l’autre aplatie et mince, des patelles, etc. Le scarabe ne quitte point l'atmosphère marine, et se tient sous la mousse ou dans les aisselles humides d'un pancratium ; un petit bulime et une hélice noire, inédite, habitent les feuilles des arbres : une onchidie est très-commune sur les rochers de la pointe Tavuaolai ; elle est ovalaire, de couleur jaunâtre, avec des taches brunes. Dans les eaux douces se trouvent une espèce du genre faune; la melania setosa de M. Gray ( Zool. Journal, t. L,p. 253, pl. VIII, fig. 6, 7 et 8 ); une nérite épineuse, et la néritine fluviatile à lèvres rouges. Relativement à cette dernière
ZOOLOGTIE. 347 espèce, nous ne pouvons passer sous silence un fait très-singulier de son organisation. Les individus les plus développés, au lieu de vivre dans les eaux douces, où les fixent les lois de leur économie, se trouvaient répandus, au moins pendant la durée complète de notre séjour à la Nouvelle-Irlande, à de grandes distances dans l'intérieur des forêts, à plus d'une demi-lieue de tout ruisseau. Cette singularité de rencontrer à chaque pas cette coquille fluviatile attachée aux feuilles des arbres, et surtout à celles des pandanus, nous parut renverser les idées reçues; et nous ne concevons pas encore comment elle peut gravir sur les troncs pour atteindre les plus légers rameaux, à cause de son opercule calcaire très-solide. Quant à sa respiration, elle se continue par la précaution qu'a ce mollusque de réserver dans sa coquille et sous son opercule qui ferme hermétiquement, une provision d'eau, qu'il renouvelle peut-être chaque matin dans les aisselles des feuilles des vaquois, ou de quelques autres plantes dont le feuillage enroulé recoit toute l'eau qui est condensée pendant la nuit.
Peu de relàches nous ont été aussi favorables pour enrichir nos collections d'une quantité innombrable de zoophytes. Les holothuries, les zoanthes, les actinies, les salpa, les méduses, nous offrirent de nombreuses espèces. C'est au milieu de la rade que nous primes, par un temps calme, un acalèphe agrégé, de forme pyramidale, long de deux pouces, composé de pièces articulées, taillées à facettes comme du cristal, se désarticulant avec une extrême facilité, ayant son centre traversé par des cordons digestifs d'un beau rouge, et disposés en ganglions renflés de distance en distance. Cet animal, qui a de grands rapports avec celui nommé polytôme par MM. Quoy et Gaimard, sera pour nous le type du genre Plethosôma. Par la même raison, nous passerons sous silence les nombreuses espèces de madrépores, d'éponges, d’alcyonium, de vers à tuyaux, le tubipore
musique, et les disques des fongies, dont les interstices des lamelles sont occupés par le polype dilaté en larges et innombrables ventouses, de couleur marron-clair, etc., etc.