‹ Voyage autour du monde (volume 5)Chapitre 5 sur 30 · PL · texte numérisé non relu

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La grande ile de Bornéo, cet espace blanc sur la carte du monde, comme l'a dit judicieusement sir Raffles, recèle sans doute beau- ÉOup d'animaux inconnus ; mais ceux qu'on y indique plus particulièrement, tels que l'orang-outang et le pongo, existent aussi, à ce qu'on assure, et dans la Cochinchine et sur la presqu'ile de Malacca. Java, si particulièrement explorée dans ces derniers temps, a fourni à nos species un assez notable accroissement. On y trouve surtout la panthère noire , les tupaia Javanica et.ferruginea, Horsf.; la mustela nudipes, F. Cuv.; mydaus meliceps ,; F. Cuv.; un nycticèbe, et autres espèces remarquables. Si Madagascar n'a aucun individu de la famille des singes, elle possède en revanche les makis; et les Moluques ont en propre les euscus ou phalangers à queue prenante, et les ga léopithèques, dont une espèce s’est propagée à l'Est jusqu'aux Carolines occidentales, c’est-à-dire,-aux Pelew ou Palaos. Ce n'est guere que sur l'ile de Bourou que vit de nos jours le co-

Chon-cerf(sus babyrussa), animal rare, qui manque à nos musées.

Les phalangers à queue nue appartiennent presque exclusivement aux Moluques orientales, et surtout à la terre des Papous, jusqu'à la Nouvelle-rlande. En s'avançant vers le Sud-Est, le nombre des mammifères diminue. Déja à la Nouvelle-Guinée, on ne trouve plus que le cochon nommé par nous sus papuensis,

‘le pélandoc”, et le couscous tacheté. La-roussette Kéraudren,

voisine du ptéropus edulis, parait s'étendre depuis les Philippines, sur les Marïannes, jusqu'à Oualan, où nous l’observames en abondance ‘par 160 degrés de longitude orientale : mais cette espèce parait ne point avoir pénétré au-delà; etaux Sandwich, par

: La panthère melas, figurée par M. F. Cuvier, dans la 49° livraison de son bel ouvrage sur les mammifères, ne serait, suivant M. Temminck, qu'une variété accidentelle du léopard : ce qui semble exiger de nouvelles observations.

2? Le pélandoc, et non pélandor, est commun à la Nouvelle-Guinée : les Papouas

du havre de Doréry le nomment podin, et estiment sa chair.

exemple, il n'existe qu'un petit vespertilion. Il est à remarquer qu'on ne connait aucun quadrupède comme véritablement indigène de la N ouvelle-Zélande, excepté le rat, si abondamment répandu sur les îles de l'Océanie , comme sur presque l'univers entier. La Nouvelle-Hollande seule a produit des genres qu'on ne retrouve que sur son sol; mais le *angurus, un des plus singuliers, avait son type, aux Moluques, dans le lapin d’'Aroé (kangurus Bruni, Desm. ).

Quant au cochon et au chien, leur histoire se rattache à celle de l'homme, qu'ils ont suivi. On remarque que ces deux animaux utiles ont été rencontrés dès la découverte des archipels des Sandwich, des Marquises, des Amis, de la Société, des Fidjis, de Rotouma, et sans doute des iles des Navigateurs. La Nouvelle- Zélande n'avait seulement que le chien, du moins d’après le dire du capitaine Cook, qui assure que le cochon n'y existait pas, et qui y déposa des femelles pleines, tandis qu'aujourd'hui il y est commun. Ces deux mammifères se rencontrent également dans les iles avancées de la Polynésie, jusqu'à la Nouvelle- Calédonie, où le chien est la même espèce à oreilles droites qu'on trouve au Port-Praslin, àla N ouvelle-Bretagne, et qui suit les misérables tribus de la Nouvelle-Galles du Sud. Mais cet animal parait avoir été inconnu des Carolins et des Mariannais jusqu'au temps de leurs relations suivies avec les navigateurs. Wilson dit qu'il était ignoré des habitants des Pelew ‘; et nous pouvons assurer que les naturels de l'ile d'Oualan , où très-probablement jamais Européen n'avait mis.les pieds avant nous, n'avaient pas la moindre idée du cochon et du chien, qui leur

* Le capitaine Wilson ( Relation des iles Pelew, 2 vol. in-8°, Paris, 1793), qui séjourna sur les îles Pelew, ou mieux de Palaos, après son naufrage, y vit un chat et aussi un Malais, qui tous les deux y avaient été apportés sans doute par la perte de quelques pros des Philippines.

ispiraient une grande frayeur, et qui attiraient vivement leur attention. M. de Chamisso a observé le même fait à Radack, chaine d'iles bien plus reculée dans l'Est.

Les reptiles sont d'autant plus communs, et d'autant plus développés dans leurs proportions, qu'ils se rapprochent davantage des climats brülants et humides de la Zone torride : on les voit peu à peu diminuer en nombre à mesure qu'on séloigne des tropiques, et qu'on s’avance dans la Zone tempérée. Le crocodile, si abondant à Java, à Bornéo, à Timor, à Bourou, existe encore à la Nouvelle-Guinée ‘; mais il n'est plus représenté à la Nouvelle-Irlande que par un grand tupinambis, dont la peau sert à recouvrir les éamtam. D'après le récit de Mariner, on ne peut se dispenser d'admettre que des crocodiles, portés par des courants, n'aient été vus sur les iles Fidjis; car les habitants en ont consacré le souvenir par une tradition orale qui parait complétement assurer ce fait. Les lézards et les scinques sont d'autant moins nombreux, qu'on s’avance vers l'Est. C'est ainsi que plusieurs espèces fort intéressantes s'arrêtent à Oualan, tandis que toutes les iles de l'Océanie ont indistinctement le joli petit scinque à raies dorées et à queue azurée des Moluques. Il en est de même des geckos : le /acerta vittata, par exemple, se trouve depuis Amboine jusqu'à la Nouvelle-frlande; et à Taiti comme à Borabora, on ne rencontre plus que l'hémidactyle. Enfin, ces pythons de forme colossale des iles de la Sonde se trouvent remplacés, même à la Nouvelle-Guinée, par de longues couleuvres ?, dont la taille diminue à mesure qu'on s'en éloigne ;

© Les Papous de la Nouvelle-Guinée suspendent à leurs cabanes les têtes desséchées de ce gigantesque saurien, peut-être comme trophée de la mort d’un ennemi dangereux : ou bien, environnent-ils sa dépouille des hommages qu’arrache la peur, chez des peuples superstitieux ?

2? Ce dernier fait ne se rapporte qu’à des observations recueillies pendant notre court séjour dans cette contrée.

et c'est ainsi que ces reptiles paraissent ne s'être pas introduits , jusqu’à ce jour, au-delà de l’île de Rotouma, par 175 degrés de long. O. Pour les batraciens, on n’en connaît aucuns de propres aux iles du Grand-Océan, phénomène intéressant, et qui semble concorder avec l'opinion ingénieuse d’un de nos savants distingués, le colonel Bory de Saint-Vincent; savoir, que les batraciens n'ont, jusquà ce Jour, été rencontrés sur aucune ile volcanique, à moins que les espèces n'y aient été portées par les Européens, comme on l’a fait à l'ile Maurice.

Les oiseaux de l'Océanie, comparés à ceux de la Polynésie, n'offrent point d'analogie dans les espèces. Chaque système de terre a ainsi des individus de genres qu'on rencontre dans un grand nombre de localités ; mais un fait qui n’est point inutile pour l'histoire de l'homme, c'est que sur toutes les terres hautes existe la poule domestique, bien que, dans certaines iles, elle ne serve point à la nourriture. Java, Sumatra, possèdent un grand nombre d'oiseaux d’une rare beauté ; quoique rien n'égale, sous ce rapport, le groupe d'iles nommées Terre des Papous, la patrie des somptueux oiseaux de Paradis et des grands promerops. Il est à remarquer ‘ que déja quelques espèces de ces oiseaux à plumage si splendide traversent le détroit de Torrès, et habitent la portion chaude de la Nouvelle-Hollande, tels sont l'epimachus regrus et le sericulus regens, entre autres. Les Moluques sont essentiellement peuplées par les calaos; et le genre nouveau des mégapodes remplace, aux Philippines, aux Mariannes, à Guebé, comme à la terre des Papous, les tinamous d'Amérique , près desquels doit venir se placer le beau mænure de la Nouvelle-Galles. Mais c'est surtout la grande famille des

! Le genre eurylaime est tout-à-fait polynésien : plusieurs espèces de Sumatra ont été décrites récemment, et nous y ajouterons l’e. de Blainville, de la Nouvelle-Guinée. 1] en est de même du genre nouveau de M. Horsfield, nommé pomatorhinus.

ZOOLOGIE. 25 psittacidées, qui compte sur les îles de la Polynésie de nombreuses tribus, communes sur presque toutes, et dont le plus grand nombre des espèces a reçu le nom de loris, de la teinte de leur plumage. La Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, de même sans doute que les iles Bouka et Bougainville, partagent une portion des espèces de ce riche groupe, qui surtout est très-répandu à la Nouvelle-Hollande. L'analogie des espèces de perroquets est tellement grande entre la Polynésie et l'Australasie, que nous ne pouvons nous refuser à en citer quelques exemples. Ainsi, l'ara à trompe (pszttacus goliath, Kuhl) est remplacé par les kakatoës noirs ( ps. Banks et funereus, Shaw ), tandis que le kakatoës blanc à huppe jaune est aussi abondant aux Moluques que dans les environs de Port-Jackson. Les perroquets et les perruches, qu'on sait ne point s'avancer à l'extrémité Sud de l'Afrique, et qui n'ont qu'une ou deux espèces égarées dans les pampas de la Patagonie, sont bien autrement multipliés sur les terres australes. Leurs espèces, belles et nombreuses, peuplent la Nouvelle-Galles et la terre de Diémen. Ce dernier point du globe a même offert un ordre qui lui est particulier, celui des perruches-ingambes. La Nouvelle-Zélande a ses perroquets propres, dont le Vestor est sans contredit le plus remarquable. Mais il n'y a pas jusqu'aux îles Macquarie et Campbell, par 52 degrés de lat. Sud, qui n'aient également leurs espèces; et certainement on eût été bien éloigné, il y a peu d'années, d'admettre que ces oiseaux eussent leurs représentants dans de si hautes latitudes. Malgré l'étrangeté de formes que le sol sec de la Nouvelle-Hollande à imprimée à tous les êtres, et plus particulièrement aux oiseaux , que les naturalistes européens eurent à étudier de 1788 jusquà nos jours, on trouve cependant tous les types des espèces qui y sont les plus abondantes, dans les archipels d'Asie. Tels sont surtout le cygne noir,

J'émiou (casuarius), qui diffère peu du casoar à casque des Voyage de la Coquille. — Z. Tom. I. 4

Moluques, le philédon moine, et la perruche des montagnes Bleues, dont toutes les nuances semblent appartenir à la perruche ornée, etc., etc. D'un autre côté, il est vrai, rien ne nous rappelle ailleurs et le scythrops et le cereopsts. La plupart des oiseaux voisins des merles ont, sur ce continent, offert la singulière organisation de présenter l'extrémité de la langue hérissée de longues papilles roides pénicillées, destinées à sucer les sucs miellés qui exsudent des fleurs d’un très-grand nombre d'arbres aromatiques dont tous les fruits sont ligneux. Presque tous sont remarquables par quelques autres singularités; M. Cuvier les a réunis pour en former le genre philédon. Mais le beau merle à cravate frisée * habite seulement la Nouvelle-Zélande, et c'est à tort qu'on l’a indiqué comme propre à la Nouvelle- Hollande. Ces deux grandes iles, si opposées à l'Australie par l'aspect et la végétation, ont également le casoar, s'il faut en croire les naturels; mais tous les autres oiseaux terrestres different absolument.

Les iles de Norfolk et de la Nouvelle-Calédonie ont aussi des espèces particulières, et surtout des cassicans. Les iles Sandwich offrent quelques perruches du genre psittacule et des héorotaires : ce dernier genre se retrouve aux Fonga et à Taïti, et dans plusieurs autres iles de l'Océanie. L'archipel de la Société a la sterna alba, Spar., deux belles perruches, l'evini (ps. taïtensis ), et le phigy, ainsi que le coucou taitien de Sparmann. Enfin, les Carolines hautes, et notamment l'ile d'Oualan, ont plusieurs oiseaux des Mariannes et des Philippines, qui paraissent ne point avoir été au-delà du 160° méridien. Ce sont un soui-manga rouge et brun, le pigeon océanique, et le merle des colombiers, si commun à Manille et à Guam. L'ornithologie ne peut donc être, pour les iles vraiment océaniennes, que d'un faible secours dans

* Poé de Cook, philedon circinnatus des auteurs.

nos recherches; car il serait assez inutile de s'occuper des oiseaux organisés pour vivre à une certaine distance des côtes, ou même des échassiers qui fréquentent les grèves. Tant de causes peuvent les transporter d’un lieu dans un autre, quil suffit qu'ils y trouvent leur subsistance pour s'y multiplier. Nous dirons, toutefois, que le pluvier doré, le chevalier, les hérons blanc et ardoisé, se représentent à peu près sur tous les rivages de ces iles.

Il serait très-difficile de pouvoir grouper les faits généraux de l’histoire des poissons, parce que trop de chainons manquent. Cependant l'ensemble de l'ichtyologie du Grand-Océan, des mers d'Asie et des Indes, se compose presque entièrement d'espèces analogues. C’est ainsi que nous avons retrouvé à l'ile de France un grand nombre des poissons de Taïiti, et que nous avons pu très-souvent les suivre d'archipel en archipel. On doit donc conclure que les espèces sont identiques, depuis les Marquises jusqu'à Madagascar, dans les mers situées dans la Zone équatoriale , et qu'il en est de même pour les parallèles placés hors du Tropique du Capricorne. La plupart des poissons de la Nouvelle-Zélande, en effet, sont les mêmes que ceux des côtes de la terre de Diémen ou de la Nouvelle-Galles du Sud; et l'on sait, par exemple, que la Chimère antarctique se retrouve à l’extrémité des trois grands caps avancés du globe , ceux de Horn, de Diémen, et de Bonne-Espérance, et semble être fixée dans les mers qui sont renfermées dans l'intervalle du 60° au 35° degré de lat. Sud. Entre les tropiques, les récifs de coraux, qui, par les riches couleurs des polypes qui les habitent, ou les innombrables zoophytes qui y pullulent, forment comme des parterres sous-marins enchanteurs, sont habités par des poissons revêtus des plus brillantes parures, et dont l'éclat est vraiment fantastique : ce sont surtout des girelles nombreuses, des chel-

mons, des balistes, des serrans, des pomacentres, etc. ; tandis .

que, sur ces mêmes récifs, que recouvre à marée basse très-peu d'eau, nagent en rampant les nombreuses tribus des murénophis et des ophisures. Mais plus on s'engage dans les canaux étroits et sans cesse réchauffés par le soleil équatorial, qui séparent en tout sens les iles innombrables de la Polynésie, plus le nombre des poissons augmente; et la seulement on observe certains genres Où certaines espèces qui n'existent sur aucun autre point. Le squale à ailerons noirs ne vit que dans les Moluques et sur les côtes de la Nouvelle-Guinée : il en est de même de quelques aleutères, du diacope macolor, de quelques acanthures, de la lophie histrion, etc., etc. Dans toutes nos relàches, depuis Oualan et le Port-Praslin jusqu'a Java, nous observames le nason licornet, des scombres, des priacanthes identiques, etc. La partie intertropicale de l'Océanie est très-pauvre en testacés. Plus on se rapproche des iles de la Polynésie, plus le nombre des espèces s’accroit d'une manière rapide. On doit donc supposer que les plages de sables uniformes de ces iles de l'Asie orientale, et leurs eaux peu profondes, et par conséquent plus faciles à échauffer, renferment toutes les conditions favorables pour la multiplication facile des belles espèces qu'on y trouve. A Faiti, comme à Borabora, on n'observe guère qu'une sorte d'arche, la vis tigre, la cérithe blanche, l’ovule, les porcelaines, la mitre épiscopale, le cadran escalier, etc. ; et ces mollusques, ainsi que l’aronde aux perles, la tridacne bénitier, le murex chicorée, le ptérocère, la harpe, des rouleaux, etc., etc., se retrouvent, sans exception, sur toutes les iles océaniennes et po- Iynésiennes, jusqu à l'ile Maurice inclusivement , et sont également observés sur les îles africaines de la mer des Indes. Mais aux Moluques particulièrement, dont les baies sont paisibles et abritées, où la mer ne brise point avec fureur, où de longues plages sablonneuses déclives permettent à des testacés fragiles de vivre sans compromettre leur existence, naissent et se dé-

ZOOLOGIE. 29 veloppent de précieuses coquilles, telles que la carinaire vitrée, ces nautiles papyracés, ce scalata si recherché, etc., etc. Sur toutes les grèves, nous trouvames en abondance et la volute éthiopienne et l’argonaute flambé rejeté par les vagues; ce qui autorise à penser que ce céphalopode, extrèmement commun, ne vit qu'à une certaine profondeur. Les nautiles, qu'on retrouve dans plusieurs mers, et notamment dans la Méditerranée, et qui s'y sont propagés sans doute à l'époque où cette mer communiquait avec la mer Rouge et la mer des Indes, alors que n'existait point l'isthme de Suez, ont une espèce qui les représente, même dans le Sud de la Nouvelle-Hollande; car c'est dans le détroit de Bass qu'on observe communément le beau nautile dit à grains de riz, dont la patrie a long-temps été ignorée. En dépassant le Tropique du Capricorne, les mollusques ne sont plus les mêmes : leurs espèces sont propres à tel ou tel point, d’où elles ne s'écartent guère; et c'est ainsi que l'extrémité australe de l'Amérique a des espèces trèsremarquables, qu'on ne retrouve point ailleurs, telles que des moules, des monocéros, le concholepas entre autres, et que la Nouvelle-Zélande, comme la terre de Diémen, et la Nouvelle-Holiande, ont des genres qui leur sont propres, et remarquables par leur rareté plus ou moins grande dans nos collections. C'est alors que serait rigoureusement applicable cet aphorisme trop vague de Péron : : « Qu'il «n'est pas une seule espèce d'animaux marins bien connue qui, «veritable cosmopolite, soit indistënctement propre à toutes les «partres du globe ; et que les animaux originaires des pays. froids «ne sauraient s'avancer impunement jusqu'au milieu des zones « brülantes.»

D'apres l'indication sommaire que nous avons présentée de

‘ Notice sur l'habitation des animaux marins, chap. xxxix, tom. IV, pag. 275.

V’oy. aux terres australes, 2° édition.

toutes ces iles, on a dü préjuger que les crustacés étaient, à peu d'exceptions près, identiques. Ce n'est guère que sur les côtes de la Nouvelle-Guinée et au milieu des Moluques que vivent ces singuliers phyllosomes au corps aplau et nacré, et les smerdrs et les alëma, qui rendent parfois la mer étincelante par les feux qu'ils émettent sans interruption. Il en est de même des insectes : ils sont très-rares sur toutes les iles de la mer du Sud, et se bornent. communément à quelques diptères, à quelques papillons qui sont indiens, et qu'on rencontre aux Moluques. C'est ce qui a fait dire au plus profond entomologiste de notre époque, à M. Latreille ( Géographie des Insectes, in-8°, pag. 181 ) : « Plu- «sieurs des iles de la Nouvelle-Zélande, de la Nouvelle-Calédonie «et des mers circonvoisines, sont américaines par leur position «géographique, et peuvent être asiatiques quant aux produc- «tions animales et végétales de leur sol.» Nous ajouterons, comme fait particulier, que partout, sur les eaux du vaste Océan-Pacifique, en dedans comme en dehors des tropiques, nous avons observé le velia oceanica, insecte de la tribu des ploteres, mentionné par Eschscholtz près de l'ile de Pâques, et qui couvre la mer, par les temps de calme, loin des terres, comme proche de Taïti, de la Nouvelle-frlande, ou de tout autre point.

Nous avons esquissé à grands traits le sol des contrées dont nous devons maintenant essayer de peindre les habitants : ce sera l'objet du second paragraphe.

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